^^I* -i"i**»i T - riT'V^**' V ^V •*« "* -^ « "V "« «J^ **^ lifi I i^ .^. ^'> />, L^AOC^ HISTOmE ,-,'• '■ " -■". ■ )-. ■>" ^ GENERALE "*% DES RllGNES ORGANIQUES, PRISCIPALEMEST BTCOIEE CHEZ L'BOHME ET lES ASIHADX , PAR M. hiom GEOFFROY SAIi\T-HIlAIRE MteMBRE DE t'lNSTITUT (aCADEMIE DES SCIENCES), CONSEILLEU ET INSPECTEUR GENERAL HONORAIHE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE , PROFESSEUR-ADMINISTRATEUR AU MUSEUM D'HISTOIRE NATURELLE, PROFESSEUU PE ZOOLOGIE A LA FACULTE DES SCIENCES DE PARIS, ASSOGIB LIBRE DE L'aCADEMIE IMPERTALE DE MEDECINE, PRESIDENT DE LA SOCIETE IMPERIALE D'aCCLBUTATION ET DU C0N3EIL D'ADMINISTRATION DU JAHDIN ZOOLOGIQUE. 9 t TOME TROISIEME PREMIERE PARTIE. If ^L / PARIS LIBRAIRIE VICTOR MASSON / >/ PLACE DE L ECOLE-DE-MEDECJNE, MDCCCLX * li i L I •^ •^ *w ^ Li I •r^ ^' '^ y^ i--- U ; I rr ■mf « ^^ f- ■- ■ f r r ■tf^r-'^i t^ttt^ - ■ *„■ 1 1 J ■ 1 > >'V • . 1 - '• 1 L I t - ' ■ i i -M- / I h r f ! I 4 HISTOIRE NATUPiELLE 1 4 > GENEMLE i DES REGrNES OUGIANIQUES i i ! TOME TROISIEME t I PREMIERE PARTIE. 3 i I I w I V r I r i * J « 1|( I J t t t Hi » v.. *^_ ' + y s f >-.' I \ ■1 ^ f^ I F I \ I I I ft PARIS, IMPRIMERIE DE L. MARTINET, RUE MIGNON, 2, \ ^ - 1- _ 4 - < ' 1 1 r- UrO HISTOffiE NATURELLE I GENERALE »i i I DES RfiGNBS ORGANIQUES, \ PRINCIPALEMEH ETUDIEE CUEZ L'HOMME ET lES ANIMAUX, PAK \ J li I IH. I SlDOllE y i I GEOFFROY SAmT-HlLAIRE 9 MEMBRE DE L'INSTITUT (ACADEMIE DES SCIENCES), CONSEILLER ET INSPECTEUR GENERAL HONORAIRE DE L'INSTRUGTION PUBLIQUE , PROFESSEUR-ADMINISTRATEUR AU MUSEUM D'HISTOIRE NATURELLE, PROFESSEUR DE ZOOLOGIE a la FACULTE DES SCIENCES DE PARIS, ASSOCIE LIBRE DE L'ACADEMIE IMPERIALE DE MEDECINE, PRESIDENT DE LA SOCIETE IMPERIALE D^AGCLIMATATION ET DU CONSEIL D'aDMINISTRATION DU JARDIN ZOOLOGIQUE. ■h 4* ■< : TOME TROISIEME PREMIERE PARTIE. i I PARIS LIBRAIRIE VICTOR MASSON, PLACE DE L'ECOLE-DE-MEDECINE. MDCCGLX I ( K -.H ^ b m ^ f L B i I « ■- s 1 ,-.r! V "t !! V •|y Svane.fsee \ t I V f f Tn ^ --T ^ i I * I HISTOIRE NATURELLE I GENERALE ^ i DES REGNES ORGANIQUES. \/v\^v\y s/v^y v'^' V ^J' V^V\y^^\/^ -/\/^ %-rw\rw V SECONDE PARTIE. \ L 1 LIVRE DEU (Suite.) 4k _ ^ ClIAPITRE VIII. 9 NOTIONS SUR LE5 ANOMALIES DE L ORGANISATION. i i I I ^ SoMMAiUE. — I. Modifications anomalGS do rorganisalion. — II. Confiidoii longleinps faitc dc la turatologie avcc ranatomic patliologique. — III. EsqiiissG dc la classification Icralo- logiquc. Hdmilcrics. Hctorotaxies. Hermajilirodisines. Monstruosites ; monslrcs unitaircs ct monstres composes. — IV. Regularite des etres anormaux. Inversion et redoublemcnl derordrc normal. — V. Conservation d'un ordre ancien. Arrets. dans le developpcmenl. VI. Similitude des anomalies d'une espcce avec Ics ctats normaux d'une autre. VIL Orii^ine accidcntellcd'un i^rand nombre d'anomalies. — VIII. Hcredite teratologiriuc. f • f. Vi« ) A la suite des diversites comprises encore dans le typ t>^ pecifique, viennent naturellement, dans I'ordre t de notre etude, celles qui excedent les limites de I : en d'autres tennes, les modifications anomales dc rorganisation, apres ses ctats normaux ; les exceptions ai)res la regie. 1 ill. 1 i M O i \ * < ^ ^^ » t H I- » ■^ r ^ - 4 2 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. VIII. Ces modifications aiiomales sont de trois genres prin- cipaux : celles qui se transmettent hereditairement sous rinfluence de la domesticite ou par la culture ; celles qui resultent d'unions sexuelles entredeux indiyidus de types irents; et les anomalies ou deviations organiques proprement dites, communement designees sous le nom dQ monstruosites ; nom qui n'appartient scientifiquement qu'aux plus complexes, aux plus graves d'entre elles. L'etude de Tanomalie, de la domesticite, de I'hybridite, se lie intimement a celle de I'espece. Les naturalisies ne I'ont reconnu que tres recemment pour la premiere : mais, a aucune epoque, ils n'ont discute la question de I'espece, sans tenir compte des principaux faits relatifs, aux races animales domestiques, aux vegetaux cultives, r . • meme, pour ceux-ci, il y a a revemr passe sur plusieurs points, pour streindre I'importance tres exageree (ju'on a attribue'( divers resultats, preuves decisives de la fixite de I'es- pece, selon les partisa de sy sens contraire, par quelques defe mvoques en plus ardents que geveres, de la doctrine contraire. Nous serons moins prompt a conclure. Ici encore, nous ne craindrons pas de nous eloigner d'abord du but pour y revemr plus surement, et de nous arreter, avant d'arriver a Tespece dive P jues et aux hybrides. L'examen prealable de ces ques introduire parmi les donnecs d per princi- pale quelques elements ordinairement negliges, comme i >^*^ ANOMALIES UE L OP.GAIS'ISATION 3 aussi d'en climiiier d'aiitrcs ({u'on ti'eiit jairiais du y i'aire intervenir. 11. 1 W J La teratologic , cultivee depuis i'origiiie mcmc de ranatomie et de la physiologie, par tout ee que ces sciences out possedc d'hommes eminents, et eiitre tons par Haller (1), etait restee jusqu'a notre siecle presqiit etrangere aux travaux des zoologistes. Baffon , qui a distingue trois classes teratologiques, les monslres par exces, par defcmt et par renversement ou fausse position des parties (^), et que cette division, souvent reproduite, r a fait citer comme un des legislateurs de la terato- logic, a ecrit, sur les monstres, cinq pages en tout; et encore s'y niontre-t-il bien plutot compilateur qu'au- leur original. Les autres nataralistes nc nous ont guerc" tr;uismis comnie lui que (juclques vues on quelques faits 1 le plus grand nombrc pletement en dehors d de leurs etudes. La raison en est sin)[)le : elle est dans ce classemcnt Vieieux qui a si longtemps liiit de la science des anomalies tine partie, indistincte, innomec, de Tanatoniie patho- logique. Presque de nos jours, Meckel lui-roenie ne songe pas encore a placer la teratologic en dehors # I i li > cup quee (1) : la meme deviation du type qui n'est dans une cspeccqu'unevaricte a peine digne d'attention, peiiteon- stitiier dans une aulrc inie conformation tres vicieuse, I |)arfois meine neccssairemcnt mortelle, si I'art cliirnrgical P T formation, tresimpor point de vue pai naire, on de tonte autre branclH sances ilieoriques ct prati(iues, s'agit d'une etude generate des ( float Ics autres se eonfondenten un sen! etmeme groupe pri- rnaire on embranchement. Nous avons propose le noui d po logique qui comprend tontes les anomalies qui peuvcnt etre dlieB simples, c'est-a-dire qui n'atteignentqu'un or- gane ou \m appareil, on qu'un sent ordrc de caracteres. * Les hemileries portent, tantot sur le voUime, tantot sur la forme, tantot sur la structure, tantot sur la disposition, lantot en(M}re sur le nombre des organes; et de la cini] groupes principaux on classes, on serangent, jiour nous homer a citerici en exemples les faits les plus connus r ciiez riiommc et les animaux : le nanisme et le gikmiisme, bemtltiries de la premiere classe; Valbinisme et le mela- nisme, qui appartiennent a la troisieme ; Vectrodactylie el + la polydaclylie, qui se rangent dans la derniere. (1) Log. cit., t. 11, p. 330. (2) C'est-a-dirc, demi-monslruosUf's.Dn radieal r.y.wj;, demi,eld Ttoa •'I iiionstre. f f I t I- ^- J B^ ^ *. r ^. \ } ANOMALIES DE L ORGANISATION. 7 Toutes Ics aulrcs anomalies sont comple qui encore innome en 1832; les hermaphrodismes ; et enfin les monstruosites, quatrieme embranchement, beaucoup pbis etendu que les deux laserie teratologique (1). Les heterotaxies (2 poui pect, croire impossibles a fois nar leur complexil P cui(e : un Ires grand nombre d^organes sont atteints, et cependant la vie s'exerce sans trouble. C'est que diPicalions anomales nc earacleres secondaires, ( « • por des presque toujours seulement d ; dans Vinversion splanchnioh .J ou desviscercs, etd cbez les animaux exterieurement telle qu'on Fobservc asymetriques. Les hermaphrodismes laissent encore s'accompl ouble la divid mais non la vie do espece, qui, le plus souvent meme, devient bl de vidu appartenant a une espece normalement dioique, des deux sexes ou de quelques-uns de leurs caracteres. Dans rhermapbrodisme, I'anomalie a tantot lieu sans exces *< il i 4 II il. Ji f (1) Dans sa savante et iiigenieuse Teratologic vegetak (Paris, in -8, 18/41), M. Moquin-Tandon distingue d'abord (p. 28), comnie nous le faisons en teratologie animate, les anomalies sm)p/es et les anomalies complexes; mais celles-cl ne sont pas subdivisees en embranchements : toutes sont comprises sous le nom de monstruosites. (2) De sT£oc;. autre, et ra'^t?, arrangement, ordre. •» ^ .1 / 1 A » I s -: \ ( I n f 8 :M0TK3NS FONDAMENTALES, LIV. IT, CHAP, VITI. iiombre des parties; taiitot, el bien plus ra •> d A la premiere appartiennent les hermapl n et feminin, ou I'appareil sexual, essen v> male ou essentiellement femelle, revet plus ou moins Ics apparences de I'autre sexe ; I'hermaphrodisme neulre^ ou I'appareil presente des oonditions intermediaires entre celles du mide et celles de la femelle, sans etre reelle- mentd'aucun sexe j et I'hermaphrodisme mixte^ oul'ap- pareil est en par tie male et en partie femelle. Dans la seconde classe, celle des hermaphrodismes avec ea?ces , I'appareil sexuel est tantot mCde avec quelques parties femelles surnumeraires, tantot femelle avec quelques par- ties males, ce qui constitue leshermaphrodismes mascuUn complexe et feininin complexe; tantot encore, compose d'un ensemble de parties males et d'un ensemble de par- ties femelles, ce qui constitue I'hermaphrodisme hisexuel. Les anomalies auxquelles doit etre reserve le nom de monstruosites ^ sont a la fois anatomiquement les plus complexes et physiologiquement les plus graves. Tandis que, dans les heterotaxies, la vie continue a s'exercer normalement, etque, dans les hermaphrodismes, un seul ordre de fonctions est trouble ; les monsiruosites, selon r h leur nature ou leur siege, ne laissent s'accomplir la vie que dans des conditions tres anomales, ou meme, et le plus souvent, ne lui permettent pas de se prolonger au dela de la naissance. Le quatrieme embranchement teratologique, restreint dans ces limites,reste encore tres elendu, el presente, de ses premiers a ses derniers genres, des differences conside- I r > I i 1 * 'i ANOMALIES DE L ORGANISATION. 9 rabies. Lespliis importances sontcelles d'apres lesqiielles les monstres se partagent en deux grandes classes, les monstres unitaires et hs monstres composes. Chez les pre- miers, comme Fexprime leur nom, on ne trouve que les elements complets ou incomplets d'lm seul individu; les autres, au contraire, reunissent en euxles elements, le plus souvent incomplets, deplus d'un individu. Les premiers sont tantot aw^os^'^es, tantot omphalosites, et tantot parasites; et les autres tantot aiitositaires ^ et tantot parasitaires . Parmi les monstres unitaires, les autosites sont les r moins eloignes de I'etat normal ; ils offrent meme encore, dans plusieurs regions, la conformation ordinaire; aussi peuvent-ils encore vivre et se nourrir par le jeu de leurs propres organes : d'oii le nom sous lequel nous avons derable. P dre (1), qui est de beaucoup le plus c( li les nombreux genres qu'il compi exemples tres connus et tre nous citerons, comme exem m marquables,les monstres designes sous le nom de sireno- meles ou sirenes, a cause de la ressemblance que leur donne, avec les sirenes de la Fable, la fusion en un ap- pendice unique de leurs membres inferieurs, toujours plus ou moins atrophies; les thlipsencephales et nosence- phales, ou rencephale est remplace par une tumeur vas- culaire; les anencephales qui n'ont pas plus de moelle / . . ^ epmiere que d'encephale, et peuvent neanmoins vivre plusieurs jours ; enfm les rhinocephales et cycloceplv^les, vulgairement les Cyclopes, ainsi nommes a cause de leur ^ * (1) Aufosite,i\e aOTo'ciroc, qui se procure lui-nieme sa noiirrituro. i \ I i 3 i 1 ! t \\ it J I a I nt i ) * • f •i- u V % \\ i i 10 NOTIONS FONDAMKINTALES, LIV. II, CHAP. VIII. ? ; ffiil unique^ que surmonte souvent line trompe formec L ■ par les parties eutanees du nez. Lea omphalosites sont, a double litre, beaucoup [)li]s iiiiparAiits que les aulosites, D'une part, ilsmaiiquenld'un r f Ires graiid nombre d'orgaiies, et, de I'autre, tous ceux cjui existent sont tresmal conformes on meme seulcment ebaucbes. Aussi ' ees monstres vivent-ils seulement d'une vie imparfaile, et pour ainsi dire passive, qui n'est enlretenuc que par la eommunication avec la mere, et cesse des que le cordon est rompu ; d'oii le nom sous Icquel jls sont designes (1). Ce sont les monslres sans tete, si connus sous le nom (Vacephaks^ ou mieux, c'est lagrande familie des acephaliens, qni compose la presque totalite de I'ordrc des omphalosites. Toutefois, au-dessus de ce groupe, sc placent les parace'phaliens ^ iin peu moins incomplcts, puisqu'ils ont encore une tete,il est vrai tres mal conformee; et au-dessous, viennent les anidiens, monstres Ires singuliers et d'une simplicite extreme, cbez reduit a une sim I lesquels le corps se trouve pre; bourse cutanee. P pendant, sinon plus simpl moins plus imparfails encore ; et tellement, qu'ils ont ete confondus avec les moles. lis se pi n sous la forme de masses inertes, irr I composees principalement d'os, de dents, de polls et de graisse. Ces singuliers monstres n'ont meme plus decor- don ombilical, et c'est ce qui forme leur caractere essen- tiel. Implantes directement sur les organes de la mere, (1) Omphalosite, de oacaAo:, ombilic, et drc;, iiourriture. 1 1 T * f r] AN03IALIES DE L ORGANISATION. 11 ordinairement sur ses ovaires, ils vivent a ses depcns tVune vie obscure, vegetative, et sans terme assignable. r On a VM cette vie interieure se prolonger quarantc ans et pins, la naissanee n'ayant lieu, pour ces monslres, que Ires rarement et dans des eirconslances exceptionnelles. Les monslres composes no sont prcsque jamais qne doubles : on n'en connait aiicnn quadruple ou plus com- plexe encore, et a peine en peut-on citer quelques triples. U\ classifieation des monslres doubles so ratlaclie tres naturellement a celledes monslres unitaires. En effet, tout monstre double pent etre represente par bunion d'lui antosile^ soit avec un autre aulosite, offrant Ic meme degre de developpement que lui, et conlribuant a la vie commune; soit, an contraire, avec un omphalosite ou un varasite, Ires imparfaitcment developpe, incapable d e vivre par lui -meme, et qui ne subsiste qu'en se nourris- sant aux depens de I'autosite dont il n'est pbysiologiquc- ment qu'un simple appendice. Dans le premier cas, le J monstre double est dit antositaire, et dans le second, I - ^ ^ parasilaire. Chez les premiers autositaires, la duplicite est encore presque complete, et il n'y a guere entre les individus composants qu'une simple soudure, rcstreinte a (pielques organes; si bien qn'il y a ici plu tot deux vies -issociees qu'une vie commune. IMais, dans les groupes qui suivent, I'nnion devient de plus en plus profonde, la duplicite de plus en plus incomplete; d'ou les monslres doubles supe- rieuremenl, uniques inferieurement, ou doubles inferieu- i^ement, uniques superieurement. Ces deux series de modifications, partant de la dualite qui est ici I'etat normal, ( I t i f T I t 1 fh .!» r, ; t H i^ - .1 I II \ i\ t r t !» ♦ ■_> 12 NOTIONS FONDAMEINTALF.S, LIY. H, CHAP. \'lll. lliiissent presquc Tune ct I'nutre par nboulir fi I'linik'; offrant, en effef, a Icur tcrmc oxireme, rapparencc d'lin iiKlividii simple, diez Icqiicl exisleraiojit qiielqiics organcs surnumeraires. A la tele de I'ordre des parasilaires , nous Iroiivoiis aussi des monslres eomplelemerit doidjles, Ics Ijetcro- pages; puis viennent des monslres semi-doubles, les liete- rodymes et heteradelphes; et enfm, de presque unitaires. L'heleropagie, un des cas les plus rarcs de la teratologic, r est I'implantation, a la parlie anferieure d'un individu autosile et complet, d'un sujet aceessoire, Ires petit, tres imparfai!:, mais dont le corps porte encore nne lete et des membres. Le sujet aceessoire est seniblablement implanle dans I'heterodymieetrheteradelpbie, mais ne se compose plus, dans la premiere, que d'une tete, d'un cou etd'un tborax tres rudimentaire, et dans la seconde, dela moitie inferieure du corps. Plus loin, le petit individu se reduit i\ une tele avec un rudiment de cou attache par le sinciput nu sinciput de I'autosile; puis a une tete rudimentaire, greffee sur la machoire inferieure ou sous le cou de celui-ci ; et a des membres surnumeraires inseres sur divers points, parfois avec quelques parties accessoires. Dans les derniers enfm , les monstres endocymiens^ le plus petit sujet, ordinairement encore plus reduit, est a I'interieur du plus grand; il est comme emboite dans celui-ci. La monstruosite eonsiste iei en une sorte de S'rossesse orisinaire: et cette crossesse, qui n'est au fond lux et tres diffe- ^encontrer aussi que r union de deux j D par leur conformation, peu bi m \ \ t* Vj I 1 AXOMALiES DE L ORGANiSATION. 13 ■ - ' . elusion csttanlol, superficielle ct seulement sous culanec, interieure. Si le parasite inelus est, fait comme il arrive le plus souvent, d'un tres petit volume, le monstre double endocymieii peut otfrir uiie conforma- tion exlerieure presque entierement normale: en sorle des monstres doubles duit graducllemcnt, d dualite a I'unite. Ajoutons que le dernier de la de la double de ment difficile, dans quelques cas, de d I I'autre, 1 'inclusion abdominale d'un suje sitique dans sa sceiir jumelle pouvant s nionstre parasite dans sa mere. Tels sont les prineipaux groupes tera 1 que nous avons eru c de ficatio adopt champ ou nous aurons a plusieurs rep] ible 5 :les notions appli- et avant tout, a sa espece IV. II suffirait del'expose qui precede, siconeis, si ineoni- plet qu'il soit, pour faire au moins entrevoir le resultat capital de tons les travaux des teralologues moderncs, celui que Geoffrov Saint-Hilaire surtout s'est attache a (1) Nous aurons a revenir Bur cette classification, afin de inonU'or fiu'elle est a la I'ois, au moins pour le quatrieme embranchement, naturclle et paraUclique. (Voy. la Iroisiemc partie de cet ouvrage.) ( * I \ I I I'* I c ^m \- i* .* i \ ^ffr HI IP ■^1 ■i ':h } i ^ ■?i:.t r K-l It F * ^ ^ 1 *- »4 X ^ i \ ? iJl NOTIO^iS FONBAMENTALES, LIV. II, CHAP. Mil. meltre cii lumiere : la regularite des elres anomaux. Pour I'etablir completement, il faudrait enlrer dans des deve- loppements dont le moment n'est pas venu ; mais avons-noiis besoin d'allcr plus loin pour saisir quelques relations entre I'ordre normal, et ce qu'on a si longtemps appcle les aveugles desordres de I'anomalie , les jeux bizarres de la nature? Entre les etres qui ont leurs lois et fi et de preme » , et ceux qu'un eore, il v a un demi-si^ b and pi comme des « ecbantillons de la ereation sans Dieu » (i I y Entre « les especes, comparables aux pr « » des ehimistes » et les « melanges » , sans regie, de L la monstruosite, a-t-on dit de nos jours meme f'i), en essayant de rajeunir par une forme plus scientifique, de vieilles croyanees qui ont fait leur temps. Pour le montrer du moins en partie, il nous suftit des qui preeedent. Comment meconnaitre que p s anomalies que nous venons de mentionner, il en est dont faite ciue celle d pi Gitons deux series d'exemples, les uns des monstruosites, les antres parmi celles-ci elles-men les heterotaxies, et lesmonstres doubles autositaires. Ou'est-ceque riieterotaxie? La transposition, soi tousles viseeres, soit de I'elre tout entier.EvideinmenI n'y a pas ici desordre dans le vrai sens de ce mot, c'e: a-dire, defaut d'ordre, confusion; mais, ce qui est bi ^ (1) Chateaubriakd, Genie du chnstianisme, tiv. V, chap. in. (2) Blainville, LeQons orales a la Faculte ties sciences, 1833; Blainville etendait cette vue aux hybritles. 1 ^ I m *♦ 1. f _r J- :* >^f \ 5 ANOMALIES DE L ORGAINISATION. 15 diCfereiit, liii autre ordre, el toutaussi parfait, ale prendre oil lui-meme, que Fordre normal : ear il en est exaele- symelrique. I miroir devant ■ep Et ffecies d mort a soixaote-douze ans, et chez lequel on trouva une lieterotaxie splanchnique j usque -la ignoree de tons, a commencer par le sujet lui-meme (1 Les heterotaxies nous offrent do Pl d'anomalies, ni plus ni moins i. Oil Ton avait vu le desordre en debauclie » (2), il y a seulement substitution a I'ordre eommun d'un ordre inverse qui lui est equivalent. La regularite des premiers monstres doubles autosi- taires n'estpas plus contestable. Le pretendu desordre de ces organisations anomales n^est autre chose que V ordre normal redouble; par consequent encore, a le considerer en lui-meme, et a part la rarete ou la frequence des cas ot'i il se presente, un etat aussi regulier qu'aucun autre. Kt meme est-ce assez dire ? Sans alter jusqu'a cette asser- tion paradoxale que les premiers monstres doubles sur- * ■ (1) Uemoires de I'AcacUmie des sciences, i6Q6 a 1699, t. II, p.Zi/i, ct t. X, p. 7ol, — VoyeM aussi Vvinsloay, Mem, pour 1733, p. o7/(; L'heterotaxie de Mery occiipa, vers 1G60, le public parisieii, et meme le public de toute TEurope, presque autant que le monde savant. C'est ce fait teratologique qui inspira a Moliere Tidce de faire placer, par le Medecin inalgre lul^ le coeur a droite et le foie a gauche. (2) ExpressioDs tirees d'uiie piece de vers sur rheterotaxie deMerv; > }i '' i wii 1 V-- . 1 . _> 1_ i _ ^ ' i W\ M n ^ \ I M ( ^^ 1 i 10 NOTIONS iONDAMENTALES, LIV. 11, CHAP. MIL passciit en regularite I'etat normal lui-meme, il est vrai que leur organisation est soumise a des regies plus mul- tipliees encore; car elle est assujettie a deux genres de symetrie, une double symctric partielle, et une symctric generate: la premiere, comme dans I'etat normal, entrc lesdeuxmoities de chacun des individus composantsj et la seconde, entre Fun et I'autrc de ces individus. En d'autres termcs, et plus exactement, les organes sont coordonnes, dans I'etat normal, par rapport a un seul\Am\ median ou evine ; ils le sont. chez les monstres doubles autositaires ppoi epines elles-memcs par rapport a un troisieme pi a uppele leplan d'miion. . Voici done encore des etres anomaux qu'on ne saurait etudier, ne fut-ce que superficiellement, sans saisir, entrc les principales parties de ces organisations dites « desor- donnees », une symetrie parfaite, un encbainement aussi r bien ordonne (ju'entrc cclles des etres normaux. La regularite, ici, n'est pas sculement demontrable par la science, elle est manifeste avant loute etude. Pour la reconnaitre, il suffit de voir, et pour voir, do regardcr. [.'observation pbysiologique viendrait d'ailleurs ici en aide, s'il en ctait besoin, u 1 'observation anatomique. La double vie, ou plutot pour les premiers monstres doubles 4 autositaires, les deux vies associees pcuvent se prolonger jusqu'a I'etat adulte, et meme jusqu'a la vieillesse. Tout le monde a lu dans BuITon I'histoire des jumelles hon- groises, nees en 1701 a Szony, baplisees sous le double nom d'Helcne et de Judith, olTcrtcs a sept ans en spec- tacle a la curiosite publiquc, conduites successivemeut 1 If ^ ■u ft « r f i ri -J I ANOMALIES DE L ORGANISATION. 17 en Allemagne, en Italic, en France, en Hollande, en Pologne, examinees pendant ces voyages par tons les phy- siologistes, philosophes et naturalistes de TEurope, cele- brees par plusieurs poetes, au premier rang dcsquels se place rilluslre Pope, et mortes a vingt-deux ans dans un convent de Presbourg. De nos jours, les freres siamois Chanfr-cng. que Boston et New-York ont vus en 1829, Londres en 1830, Paris en 1835, le nord de I'Europe dans les annees suivantes, et que nous croyons encore vivants, n'ont pas moins fixe I'attention publique, et ont donne lien, de notre part, et de celle d'un grand nombre d'autres naturalistes et medecins, a des observations que nous avons ailleurs resumees (\). Ces observations, et plus ou moins analog faites sur des monstres doubles adultes qu'on avail dei meltent en lumie parfaite harmonic de I'organisation des par si ce n'est la coordination, Q physiolo de la coordination des modes , et le plus regularite anatomique ? V. La regularite de I'etre anomal etait saisissable des le premier aspect dans les exemples qui precedent ; ailleurs, et bien plus souvent, elle est cachec sous des apparences i"i travers lesquclles il appartienl a la science de la^cher- (1) UisL gen. des anomal., t. Ill, p. 86 a 92. — Et pour llclene- Judilh, ibid., p. 50 a 56. III. 2 I '* \ i \ (M / I - ■ /P I ( I t i I « J -a. M li i \ A f f L ^ 4 I 1 18 .NOTIOiNS lONDAMEiNTALES, LIV. II, CHAP. VUI. cher et de la decouvrir. C'est ce qii'elle a fait dans unc multitude de cas, comblant peu a peu I'abime qu'une vieille et tenace erreur avait creuse entre I'etat normal et Fanomalie : si bien qu'ou Ton avait vu partoutle desordrc, elle a tini par retrouvcr partout I'ordre. Sans la suivre en ce moment j usque-la conime nous Favons fait dans un autre ouvrage, indiquons du moins par des exemplcs la voie qu'elle a suivie ; et afin qu'iis plus decisifs, choisissons-les par « hideuses difformites ou mettent obstacle Pl Un enfant nait avec un bec-de-lievre, un autre avec e exomphale. Le premier est difforme, et il tette diffici- cond mal que peu de chances de vie. Comment ne serait-ce p desordres, et de graves desordres ? Dans ces d( de conformation, I'un hideux, I'autre mortel, c premier aspect, ne pas voir des fin, et ne pas donner raison a Pline du moyen age et d qu'onaiongtempsfait ^ dans I'anatomie et la physiologic de Vadulte, I'anatomie et la physiologic tout entieres, la science semblait justifier les impressions porte inevitablement a notre espr pi • ^ de ces productions imparfaites M P de toute regie? Ou ce qui est bien different ;lles simplement en dehors des regies ordin •anisation de renfant, au moment de sa naissa dr Ti-^r ^ ^^ 1 1 ANOMALJES DE L 'ORGANISATION. 19 ■mar definitif, est venu se placer, daus la science, dre normal embryonnaire, ou jilutot cette suite d'etats div succedant aux diver embryonnaire et foitale, sont tour a tour, pour I'ordi _ qu'appai deux dis Cost a ces ordi eonservees jusqu'a la naissance, ut, 1 une le bec-de-lievre, I'au ne, une foule d'autres anomalie; des perforations, des imperfor itroph pi !S, des divi- pareillement JUS, des eloisonnements, des atn plicables par la conservation partie' ■dre normalement propre a un autre. Serie 'auiourd'hui dev de )rganique qui constitue I'anomali ppe pas a toute regie, mais n'est p ? non-seu lenient espece ou on I'observe, et ne touche pas simpl nal, mais en derive, en fait partie. 'ordre nor Le bec-de et de phale ne sont ni les plus ordre ni plus facileme dr anterieur ; mais elles sont les premieres pi ment, un d / A uvons choisies, entre toutes, comme exemplc cation du bec-de-lievre i)ar la persistance dc L'expli-^ date d la science llarvev I'a indiauee des J deux Celle li mi ^ iWii ^ I jM I i m* (1) Eoc^rcimioms d^ gmeratione, exercit, LXix i9 I t 1 ; '} / I 3 lOfM TTi."J. iUi H^ I 11 ■£ I a I r i: ^0 x>OT10NS FONDAMENTALES, LIV. 11, CHAP. Vlll. de I'exoinphale, rameiiee a ce que nous appclons aujour- ci'hui uri arr^t de developpement, est tres aiieienne aussi : + Haller I'a doiinee en 1768 (1). Premier et seeond pas, a un siecle de distance, dans la voie ou devaient s'avancer si loin, Meckel en 1812 ■0 1 Geoffroy Saint-Hilaire en 1822 (3), et de nos jours M. Serres (Jx) et tant d'aulres en France et en Allemagne. VI ^ t } I i !Sl \ L'anomalie peut n'etre ni un ordre inverse, ni I'orc^re normal redouble, ni un ordre ancien conserve^ et n'efre pas encore le desordre. Est-ce le desordre dans le vrai sens de ce mot, que la presence, cliez un etre organise, de dispositions qui ailleurs, et souvent trcs pres de lui, constituent I'ordre normal lui-meme? Et de ce que cet ordre se deplace, pour ainsi dire, et passe d'une especc a une autre, suit-il qu'il ecliappe a toute regie? (1) Demonstr., loc. cit., p. 135. (2) Handb. der pathol. Anat. , t. 1. (3) Philos. anat., t. II. Geoffroy Saint-Hilaire a ete, corame on le volt, precede par Meckel pour rapplication de la Theorie des inegalites de developpement a la teratologic. II I'a an contraire precede pour la conception generate de cette meme theorie et pour son application a I'anatomie comparee. En attendant que nous ayons a traiter specialement dans cet ouvrage de la Theorie des inegalites, voy. pour I'histoire de cette grande 'ff 7 1847, Chap. V. (/i) Recherches cVanatomie trmisceiidanle et palhologlque, clans IcS Mem. deVAcad. dense. ^ t/Xlj p, 583 a 895; eta part, Paris, iu-Zi, 1832. \. I- ^;^ f' h ^fc . ^^ ^ ^ ANOMALIES DE L ORGANISATION. 21 h bond All ta n t cable par la persistance de caracteres emb nntant il Test, qu'elle resulte de la presenc d do conditions ganiqu a une autre. Et c'cst pourqiioi la teratologic a pu etrc di(e, non- seulement iinc embryogenie permanente, expression souvent employee de nos jours; mais anssi, une autre anatomic comparee, une autre zoologie. Nous citerons quelques exemples pour montrer jus- qu'ou peut etrc suivie la verification decette proposilion. Prenons-en d'abordun, deja mentionne plus haut, et qui, tres simple et tres generalement connu, est, a ee double litre, tres propre a servir d'introduction aux autres : I'absence du pouce aux membres thoraciques. Cbezrhomme, cette disposition est une anomalie, dou- u blemcnt nuisible : elle rend la main difforme, el la pre- bension difficile; elle constitue done un vice de con- rormation, une des formes de I'ectrodactylic , et une des plus uses. Mais la meine anomalie n'est deja plus chez le cbien qu'une variete, absolument insigni- liantc au point de vue pbysiologique , par laquelle Ic membre anterieur se trouve ramene au type du pled posterieur, normalement prive de pouce chez le meme nnimal. Et apres le cbien, viennent d'autres animaux, par cxemplc, a ses cotes meme, la cynhyene, chez lesquels le pouce anterieur, a son tour, cesse normalement d'exister; la tetradactybe devient I'etat typique. I n L'absenr'e rlii ponce esf rlonCj tour a tour, dans nn granrl *» Af ui I L^ . * I i 1 i itfl t ii ^ - ■^ Il ' .i L ! !=] M §\ ( J t ft ^r^ f II '} ^ t 't 1^ I ■ f 1 I / 22 nomb NOTION^; FONDAMRNTALES, LIY. 11, CHAP. Ylll. 5 1, le desorclre. que le develop) fo chez la femme, d raires, soit pectorales, soit meme inguinales ? La repe- tition, souvent tres exacte, de dispositions ailleurs nor- males : ear plusieurs mammiferes ont quatre mamelles r pectorales ; d'antrcs, one paire pectorale et ime inguinale. Qu'est - ce encore , pour prendre aussi quelques exemples parrai des anomalies interieures, et de genres tres different^; qu'est-ce, chez Fhomme, que I'existence de cinq tubercules a la derniere molaire inferieure, la division des reins en lobules, I'embranchement de la ca- rolide gauche sur le tronc brachio-cephalique , le cloison- nement longitudinal de I'uterus, I'hypospadias etla fissure palatine, sinon autant d'hemiteries, realisant les condi- tions normales, la premiere des macaques et de plusieurs autres singes, la secondedes ours et desloutres, la troi- sieme de divers rongeurs, la quatrieme des didelphes, la cinquieme de quelques oiseaux et d'une partie des rep- tiles, et la sixieme des poissons ? n, e de pi /I • derencephalie, sinon, dan eproduction de conditions ailleurs parf; taup pas selon expi de t les pho ubenton ■J J que les phocomeles ? Et la classe des myelaires, dont I'amphioxe est le type, n'est-elle pas caracterisee, hi ph P I'existence / I- .t- * X w ANOMALIES T)E L ORGANISATION. ^?> d eerveau epiniere, sans 1 de I'homme aux animaux, et recip (1) pour a de meme lieu entre les animaux compares entre eux Qu'un ffibbon normalement noir ou brun soit attaint d'al binisme imparfait : son pelage se trouvera reproduire plui ou moins exactement celui de rentelloide, singe qui est pour ainsi dire, normalement albinos. Que lesbois d'ui cerf ne se developpent que partiellement : ils se rappro- cberont des caracteres d'uue autre cspece. Que la tete S( deforme, que les deformations aillenl meme jusqu'a pro duire, comme on le voit souvent cbez la earpe, les appa I , n rences les plus bizarres : ces deformations_ rentreront presque toujours dans les conditions normales d'autres animaux du meme groupe : la carpe a bee ou mopse, la earpe « a visage bumain », a elle-meme son analogue dans le bane (2). Entin, pour prendre un dernier exemple parmi les anomalies complexes, I'inversion de tons les vis- ceres et de la forme generate ne fait encore que donner, ' par anomalie, aux poissons ou aux mollusques cbez les- r quels oiiTobserve, des conditions normalement realisees (1) D'ou il oe resulte nullement qu'un phocomele doive etre assimile a UR plioque, ou un derencephale a un myelaire. Les analogies que noussignalons ne sont que partielles. (2) Hist. gen. et part, des anomalies, t. I, p. 28Zi. — Nous avons indique dans ce passage les curieuscs analogies qui exislent enlreles diverses conformations anomales de lalete ehez la earpe, et les diverses eonformations normales de la memo region cliez les mormyres, pois- sons qui appartiennent aussi, comme cliaeun sail, au groupe des r malacopterygiens abdominaux. k -« H I 1 ! i ^Vt-n -II "i J r 1 k ■t s \i I ^ tli I *^ ■7^ ^ i 9 • ft l:: fe n } it "^ ■ t I f A 24 NOTIONS FONDAMENTALES, LTV. II, CHAP. VITI. dans un plus ou moins grand nombre d'especes d(3s memes groupes (1). , ' _ r Des centaines d'exemples, pris dans toutes les classes r du regne animal, et de meme parmi les vegetaux, pour- raient etre des a present cites apres ceux qui precedent ; et sans nul doute, une multitude d'autres viendront encore s'y ajouter, a mesure que se completera ce qu'on peut appeler Vanatomie comparee generale, c'est-a-dire I'ana- tomie etendue a toutes les organisations, transitoires ausst bien que definitives, anomales aussi bien que normales. Devant ces innombrables faits, et sans meme qu'il soit besoin de remonter a la theorie generate qui les embrasse et les explique tous, celle des inegaliles de developpement ; devant cette rencontre presque continuelle de la terato- logic avec la zoologie et la botanique normales, acheve enfin de tomber la barriere, si longtemps maintenue par les naturalistes, entre les etres « reguliers » etles « jeux de » la nature ». Nous apercevons bien, dans chaque espece, une limite entre ce qui est la regie et ce qui ne Test pas; mais il est impossible d'en tracer une, a un point de vue d'ensemble, entre I'etat normal et I'anomalie. La distinc- tion entre I'un el I'autre n'est applicable qu'a tel etre en particulier : elle n'a rien de general. Elle est relative, non absolue. * (1) Hist, yen, des anomaL, t. II, p. 2l\, pour les pleuronectes, et p. 26 et suiv,, pour les mollusques. Voyez aussi VexceMenie Histoire naturelle des mollusques de France^ recemnient publiee par M. Moquin-Tandon, Paris, gr. in-8, 1855, 1. 1, p. 320 ; — et plusieurs Lettres du meme auteur, Congres scien- tifiqiie de France, xix*^ session, Toulouse, 1852, 1. 1, p. 209 et suiv. \ I- * m.* ' % "1 .»■ ANOMALIES DE L ORGANISATION. 25 VII. Si I'etat normal etait le seul ordre possible et I'anomalie le desordre, que serait la teratologie, et quel fruit pour- rions-nous retirer de son etude ? Sans principes au point de depart, sans methode, sans applications possibles aux m autres branches de nos connaissances, elle reslerait ne- cessairement en dehors de la vraie science : inutile annexe J de la biologic, elle serait bonne tout au plus a occuper les loisirs de quelques curieux, amis du bizarre. L'idee de desordre est la negation meme de l'idee de science. r Si, au contraire, I'anomalie a ses regies, et si ces regies peuvent etre rattachees aux regies qui president aux orga- nisations ordinaires, la teratologie est, par la meme, res- tituee a la science, et elle s'unit intimement a la biologic r normale par la communaute des principes et la possibilite 4 d'applications reciproquement utiles. Parmi les resultats teratologiques dont pent s'eclairer I'histoire des etres normaux, il en est deux surtout qui interessent la question de respece, et que nous devons, a ce titre, mentionner des a present : I'origine acciden- telle des anomalies, et leur heredite, soit immediate, soit mediate. L'origine accidentelle , et non primitive, des ano- malies, fermement defendue au xviii* siecle par Le'mery centre Winslow (I), a ete demontree dans le notre par (1) Voyez les neuf mcmoires de Lemery, et les cinq de WmsLOw, dans la collection de VAcademie des sciences, 172Zi ;i 17/»;5. — Nous ,» I . M«(( i ♦ •*' 1 1 il i I* ;l I ■K ^ n ^ )# i \ ^ ^ I ! \%\% \ \ . I I ii \ \ I 26 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. VIII Geoffroy Saint-Hilaire (1). Grace a ses observati ses experiences siir les ammaux, nous poii apporter a deux genres les causes aeciden nmnlif • In ncrliirhniion brusfiue du deve loppement d fluence prolongee de circonslances exterieures, diffe Pl naire revolution. Au nombre des an causes, sont surtout • . / pscu dime ,& nee de I'etr troublee. d des violences exercees sur Tabdomen P des chutes, ou d'aiitres causes analogues ; on j^ncore par ■ H des impressions morales qui ont reagi sur I'organisme. Un monstrc pscudencephalien est, selon Fexpression de Geoffroy Saint-Hilaire, nn etre Ues^e pendant la vie V et qui, au lieu omber aux suites de J sa blessure, continue a vivre et a se develop avons essaye de resumer dairement cette tongue et memorable discus- sion, Bi^t. gen. des anomal., t. Ill, p. Zl81 k /i92. (1) Du moins pour un grand nombre d'anomalies. (2) Voy. Geoffroy Sahst-Hilaire, Sur un fcelus hles&eau iroismne mors, dans les Memoires de la Societe d'emulation, 1826, t. IX, p. 65, Et Sur un nouveau produit de I'espece humaine, dans la Revuf medicale, ann. 1829, t. II, p. 133 (extrait). Dans le eas qui fait lesujet de ce second memoire, la nature de la cause, et memeaussi rcpoque a laquelle eile avait agi, furent determinees par Geoffroy Saint-Hilaire, malgre les denegations formelles de la mere, qui voulait cacber un aetc de violence commis sur elle par son mari. Nous avons rapporte les circonstances Ires remarquables de cette observation, Hisl. gen. des anomal., t. Ill, p. 538. I- •s" . ^ ' -1 . *i I n ^ ) ANOMALIES DE L ORGANISATION. 27 '>* (lesormais en dehors des voies iiormales. Fails dont Ten chainement a ete trop souvent constate pour qu'il soit possible de rneconnaifre, entre les troubles de la gestation et la naissance anomale, unc relation de cause a effet (1). Ce sont, au contraire, des actions lentes qu'on met en jeii, lorsqu'on fait incuber dei s s en dehors des con ditions ordinaires, comme dans une serie d'experiences dues a Geoffroy Saint-Hilaire, et dont le double but etait demontrer la faussete du sv de la preexistence des germes, et d'eclairer la question de I'espece (2^ Dans ces experiences, deja citees, des ceufs maintenus durant une partie de I'incubation dans la nieme position vertieale ou horizontale, ou dont on avait partiellement 1 enduit propi poi s cou- de poulel de di verses anomahes, et parfois de graves monstruosites (3). Le meme resultat que cherchait et qu'a obtenu Geoffroy Saint-Hilaire, qu'a aussi obtenu recemment M. Dareste dans des experiences analogues (/i), se produit de lui- meme, et sur une plus grande echelle, dans les eta- blissemenfs d'incubation artificielle r on v voit souvent *^' (1) Nous ajouterons ici deux resultats dout la liaison avec ce qui ^ precede est facile a apercevoir : il iiait, proportionnellement, plus cl'etres anomaux dans les classes pauvres de la societe que dans les classes aisees. Tl en nait aussi plus de filles-nieres que de fenimes manees. (2) Voy. I. II, p. /rl7. (3) Nous avons deja menlioune ces experiences a Foccasion de la preexistence desgermes. (Voy. 1. 11, p. /i56.) (li) Vov. aussi, pourM. DAnESTR, ibicL y i t W * ? it ^ II *t I i 9 U f < > i > ,# ( i 1^ 1 .U-iF f )\ 1)1 i II » ♦ * » 1 1 t. » I t- 28 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. VIII. sur iin nombre donne de siijets, plus de poiilel d poule. Parmi les anomalies qui se pi cette cir- ente par Constance, la plus dans la longueur des jambes et des tarses : confoi qui est devenue, comme cliacun salt, constan dans m^me temps qu d to rand noinbre t VIII. { La teratologic ne nous enseigne pa individus peuvent acquerir des type de leur espece; elle nous i peuvent transmis pai descendants. L'he'redite de veritables monstruosites est tres rare; r , et il est impossible qu'il en soit autremenf. La naissance d'un monstre est par elle-meine un fait rare, et des monstres qui viennent a naitre, un petit nombre scule- ment est viable. On ne s'etonnera done pas que nous ne trouvions ici a signaler qu'un seul cas : celui d'une cbienne ectromele, mere, dans deux portees successives, dc petits atteints, comme elle , d'une double eetromelie tboracique (1). "^f (1) Hist. gen. des anomaL^ t. II, p. 223. La famille ties ectromeliens est la seule ofi Ton puisse observer la transmission heredifaire des monstruosites ; et encore cette trans- «\ , * 4 > m - *t^- -*^ ; AiNOiMALlES 1)E L OHGAKISATION. 29 Parmi les anomalies simples, an contraire, les exemples abondenl. Nousciterons, dans les deux premieres classes, chez I'homme et les animaux, diverses atrophies, hyper- trophies et difformites; dans la troisieme, I'albinismc tit qiielques accidents partiels de coloration; dans la quatrieme, chez Thomme, le strabisme, I'hypospadias (quoiqiie, dans certains cas, 11 entraine I'impuissance), le bec-de-lievre et la syndactylie (I); et dans la cin- quieme, chez I'homme et les animaux, I'ectrodactylie, ct surtout I'anomalie inverse, la polydactylie. Non-seulement I'heredite de cette derniere anonialic digitate est commune chez le chien et la poule, mais elle n'est pas rare chez I'homme. Parmi les exemples recueillis anterieurement a notre siecle, deux ont ete rendus presque celebres par Maupertuis, et par Godehcu et Reaumur, dont il est bon de mettre les relations en regard ; car elles se completent I'une I'autre, par la diversite des faits qu 'elles retracent. Dans un des cas, celui de Maupertuis, il s'agit d'unc mission y est-elle necessairement tres rare : la plupart des ectrome- lieiis (surtout cliez I'homme) sont infeconds. Des autres monstres unitaires, aucun n'est viable. Quant aux monstres composes, les conditions toutes speciales de leiir organisation excluent la transmission hereditaire, comme nous ravons montre {loc. ciL, t Ui, p. 379.) (1) Nous devons a M. le docteur Lecleuc (de Caen), la com- nuinication de ses observations (inedites en ce qu'elles ont de plus interessant), sur une faniilte ou la reunion partielle de:^ tloigts par des membranes avail ele conslalee chez vingt'trois per- son nes. Une d'elles avail eu huit enfanls, lous svndactvles, 7 »^ V \ A \ h 4 II i yii I s I * 3 p / i -r' -tl^Jf^ 15\ftj «iSt 1 '^ 1 fc^i r ll •> I ^ t» I ^ ^ m m 30 iXOTlONS FONDAMENTALES, LIV. 11, (JHAP. YIII. famille de se.ydigitaires ou la meme anomalic s'etait [)er- peluee duraiit quatre generations consecutives (1). Dans rautre, celui de Godeheu et de Reaumur, un homme ayant six doigts aux mains et aux pieds, devenu pere d'un fils sexdigitaire comme lui, puis d'un second fils et d'une fille, a cinq doigts, dontun, toulefois, offrait des traces de duplicite. A la generation suivantc, non-seulement le fils sexdigitaire, mais son frere et sa socur donnerent le jour a des enfants dont les uns n'avaient que cinq doigts, mais dont les autres etaient sexdigitaircs comme leur aieul. Un dernier fds, dont les extremitcs etaient exemptes de tout vice de conformation, cut seul Ic bonheur de n'engendrer que des enfants bien confor- mes ('i). (1) Maupertuis, OEuvres, Paris, in-S, 3756, t. II, lettrexiV; p. 275. Le sexdigitisme, comme disent plusieurs auteurs du xviir siecle, avait ete ici transmis d'une mere a sa fllle, de celle-ci a qiiatre de ses huit enfants, dont un eut, a son tour, deux fils sexdigitaires. Le sexdigi- tisme, conclut justement Maupertuis, « s'altere par ralliance des quin- » digitaires. Par ces alliances repetees, il doit vraisemblablement » s'eteindre. » (2) GoDEiiEU) dans VHist. de VAcad. des sciences pour I75I5 p. 77. Extrait sommaire, et tres insuffisant, d'une lettrea Reaumur. — Et d'apres cette lettre : Reaumur , Art de faire eclore les oiseaux domestiques, Psiiis, in-125 17Zi9, t. II, p. 377.L'observalion de Godeheu esticidonnee tres completement. — Et Bonnet, OEuvres, Neuchatel, in-/t,1779, t. Ill, p. 519 et suiv. L'auteur essaye d'expliquer Theredite du sexdigitisme. Voyez aussi, sur le sexdigitisme hereditaire, Rexou, Stir quelques families sexdigitaires^ dans \e Journal de physique, 177/1, t. IV, p. 372. Ce chirurgien assure qu'il existe en Anjou des families ou le sexdigi- tisme se perpetue « de temps immemorial ». Harris^ Highlands of /Ethiopia^ Londre?^, in-8; i8l\li^ parle de i I 1 y T ^ "^^ ■ \ r -J -^-. . 4 ^ Ah / J3I *' r i m i I 1 '■ J .. . y 1 ArsOMALIES BE L ORGAMSATIO.N. O I On voiL que la transmission des anomalies s'accomplit dans des conditions tres diverses. Les parents peuvent transmettre a tous leurs enfants, fussent-ils tres nom- breiix ! i),le triste heritage d que de leurs maladies; mais ils peuvent aussi ne le in mettre qu'a une partie, et a des degres tres differents ( comme dans I'observation tres remarquablc de Godehei ou nous voyons naitre, de I'union d'un liommc sexdi gitaire et d'une fennne bien conformee, un individ semblable au pere, tion intermediaire. Des faits analog' deux peu\ albin ' diverses que nous 5 de preference pour exemple, a cause de la des resultats qui se presentent ici a I'observation. albinos uni a un suiet normal, on voit fi quemment d poi des albi des individus normalement colores, et d panaches de blanc. La transmission des anomalies, comparable encore ici ^ celle des maladies, a lieu, sous un autre point de vue, dans des conditions non moins varices. Chacun salt que F les maladies hereditaircs epargnetit, ou, comuie on dit communement, saulent souvent une ou meme plusieurs nicme (t. I, p. 286) d'une famille arabe, vh-aiit dans Ic desert pi'es d'Aden, et « reiionimee pour la possession liereditaire de deux pouces Ji a la main droite. » — Lc nieme voya^^eur cite {ihid.) une autre famille dont les membrcs deveuaient presqde tous borgnes. (1) Comme dans Fexemple cile, p. 29, note. (2) lis peuvent aussi, heureusement, ne pas le transmettre. ,* 11 ^^^^T T (W i i \y \ w I II I Aim%i \ ^j-ft^ T=.-^^ -^ _^? r^* H It 1 I <.A \> 41 i i ■ri I f oi2 blei NOTIONS FONDAMEMALES, LIV. II, CHAP. YJII. itions. En teralologie aussi, I'heredite, leplus sou- nmediate et continue, peut etre mediate et discon- Un individu, et c'est encore ce que nous voyons observation de Godeheu, peut transmeltre ce que me ne possedait pas, mais ce qu'avait possede un parents 5 en sorte que le produit se trouve ressem- on a ses ascendants immediats, mais a son aieul ascendants mediats (1 L q les physiolo pi par descendants, pourrait done observation des etres ano- maux. Nous le verrons bientot mis en evidence par d'autres faits plus significatifs encore, el par lesquels aussi seront reliees la transmission des anomalies proprement dites, et celle des modifications constantes du type spe- cifique, produites par la domesticite et la culture. m l| (1) Ce mode de transmission n'avait pas echappe aiix anciens. Non- seulement Pline [Historice naturalis lib. VIII, \) Tindique en termes generaux : similes alii avo; mais il cite en exemple un vice de con- ^ formation {obdiictus membrana omhis) qui s'etait trois fois reproduil dans lafamilleLepide, intermisso ordine, c'est-a-dire comme traduit GuEROULT (in-8, 1803, t. ], p. Zj7), « de deux en deux generations >% I i 1 i V^ r,|-— * t t>4 V\/W^VV \/^-^v^/^/vvv'V\/^yv^/^/\/v\/\/v■v\/\/\/v\/v^/v\/v CHAPITRE IX. NOTIONS SUR LES RACES DOMESTIQUES ET DETERMINATION DE LEURS ORIGINES (*). SOMMAIRE. I. Petit nonibre des animaux reduits en domeslicile. Divcrsitc do ccs aui- II. Grand nombre des plantes cullivees. III. Origines des animaux domesliques. Hypothcse dela creation d'espcces originellenjent maux. domesliques. -— IV^ Insectes. — V. Poissons. temps modernes. VL Oiseaux domeslique's dans les VII. Oiseaux domcstiques dans ranliqnilc roniaine ; dans I'anti- quite gTccque; dans les temps antc-hisloriques. Poulc. Pigeon. — VIII. Mammifercs domestiques n'existant pas en France. — IX. Mammifercs domesliques dans les tenqis Insloriques. — X. Mammifercs domcstiques dans les temps ante-historiques. Cheval, Ane. XI. Suite. Pore. Chcvrc. Mouton. XII. Suite. Boeuf. Carnassiers. Chat. — XIV. Suite. CJiien. Xm. Suite. XV. Tableau synoptiquc. Distribution par classes zoologiques, epoques dc domestication ct palries ori-inaires. — XVI. Resume general et principales consequences. Predomi- nance des classes supcrieures.— XVII. Animaux cosmopolites et non cosmopolites. XVIII. Origineorientalc, ct parliculicrcmenl asiatique, des animaux trcs anciennement domestiques, ct des vegctaux trcs anciennement cullives. — XIX. Etat des animaux domcstiques et des vcgetaux cullives, chez les pcuplcs civilises et clicz les pcuples barbarcs ou sauvages. I. I 1 (I »f On comprend communement sous le nom d'animaux domestiques tous ceux que « Fhomme clove et nourrit demeure » (' 2) oil au voisinage dc sa demeiu^c. Mais eiitre ces de la science etablit une distinction tres importante. Des la (1) Travail preseiite et en partie lu ii rAcaderaie des sciences, dans seance du 17 Janvier 1859. Un extrait en a ete public dans les Comptes rendus des seances, L XLVIII, p. 125 etsuiv. — Voy. aiissi le bulletin de la Societe imperiale d'acciimatation, t, VI, p. 1. f'' III. o y- i \i f ^ toff UAA^iiKi*. . ^i.fki^ttKAE:x: > s J f.. tr* ~nLA^..%kfj.^j ?^*=a. 1 * .^ I ^ \^ I \ fr I ^' r 'f } s U NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. IX. * ■ possede sealeiix^-nt des inclimdus; des autres il a des 'suites d'individus, des races. Ces derniers animaux sont seiils domestiques dans le sens scientifique de ce mot ; les autres ne sont que captifs on prives (1). 11 y a loin de la simple captivite al'apprivoisement, do I'apprivoisement ilia domestication. Un animal captif e comparable a un prisonnier violemment arrache a ses habitudes, et toujours pret a reprendre sa liberie; un animal apprivoise Test a un esclave reduit en servitude des son enfance ou depuis de tongues annees, et qui vit paisiblement, sans espoir de liberie, sous un joug que I'habitude kii a rendu leger. L'apprivoisement a com- mence pour lui le jour ou le maitre a pu cesser d'en ■m enchainer le corps , parce qu'il a su en encbainer la volonte. Mais rapprivoisement n'est toujours qu'un fait individuel, local et passagcr. La domesliciSe, au contraire, pent etre dite un des fails permanents et generaux de la domination de Fhomme sur le reste de la creation; resultant, en effet, do Faction d'une suite indefmie do generations humaines sur une suite indefmie de gencra- 1 tions animates ; et n'ayant guere pitk. de li mites dans I'espace que dansle temps ; car la multiplication indefmie des individus entraine comme consequence I'expansion indefinie de la race ou de I'espece. S'il est difticile de faire vivre un animal en captivite ou a Tetat prive, il Test bien plus de passer dc la possession (1) Dii n]oins seion les definilioiis que J'ai proposees, ct qui out ete r acceptees par la plupart des zoologistes. (Voy. Vd.iiide Domestication des animaux, daus VE'iicydopedie noiwelle, t. iV, 1838; article repro- duit dans mes Esmis de zoologie generale, Paris, iu-8, 18:^1, p. 2/i8.) i ' L 1 \ t AINIMAUX DOMESTiaUES. 35 I'elat de fie riridividii a cclle de la race. En dehors nature, les animaux sont le plus souvent infeconds ou fecoiids ; et s'ils se reproduiseiit, leurs petit pas 1 peuvent propager leur race au dela de quelqu* lions. Pour vaincre d'aussi grandes difficultes difs enera *=• possession d'autres climals, il faut iine si longue suite d efforts, de soins, qu'on ne saurait s'etonner de I; de ces victoires de riiomme sur la nature ; eiit-il ici t d'ardeur et de oerseve- 1 d'nidecisi I d'incurie. Aussi, sur les cent quarante milie espe ( regn e U peu estimations les plus , combien sont au de quarante! Enc de 3 n'arrive-t-on a ce nombre qu'en reunissant les animaux domestiques do I'un quart pour les pays on doit le red bien davantage pour pi et de tude de pa d interet pour la theorie de I'espece. Leur di- Rep p oi n t ffei 1 re deux cmbranchc- ils sont, do plus, les aqiiatiques ; les uns herbivo ^es autres carnassiers ou omnivores ; les uns vivipares ^^s autres ovipares; les uns tres precoces, les autres lents ans leur developpement. Parmi eux, il en est de natu- N ■^ MtS { ■ I I L H \i F f-f 4 ' tr» U.ir\i W i|t t ^ . » i ^^^?f \ I tf^ i f OD NOTIONS FONDAMENTALliS, LIV. II, CUAP. IX. nt sociaux et, qiioi qu'on en ait dit, de nc ment solitaires; dc tres anciennement et de recemment domesliques; de si eompletement soumis a notre espcce, qu'on les concoit a peine sans elle ou elle sans cu: attaches a I'homme, qu'ils vivent pkitot que sous sa loi. Enfin, geograpliiquemen origines et ont encore les habitat les plm mt les uns d'Asie, d'autres d' Europe, d'ai s d'Afrique, d'autres d'Amerique, et de chaudes tantot froides, tantot basses tanto points du globe, tandis que les autres le couvrent de leurs inombrables races, ne se laissant pas plus ai homme lui-meme par les differences les plus e latitude et d' altitude. Par ces diversites organiques et pa que cond d' existence , nos domestiq coinme autant de specimens heureusement choisis parmi les animaux les plus differents. Quand nous en faisons une etude approlbndie, chacune d'elles vaut pour nous, aprcs ce qu'elle est en elle-meme, par ce qu'elle repre- sente; etleur comparaison, si faible qu'en soit le nombre, n'ouvre pas moins la voie a des inductions qui peuvent d'une grande valeur et d'un ordre B ^ u. A cote do cettc premiere scrie de fails, il en est d'ail- leurs une autre qu'on ne saurait neghger dans I'etude t **ite r" -*i ^ V ■" -x > PL ANTES CULTIVEES. 37 g'enerale dc In question de I'espcce. Ou cessc I'empire de rhomme sur les anlmaiix, n'est pas le terme de ses eon- quetes sur la nature vivante. Comme il a ses especes /" domestiques dans ses demeures, il a, autour d'elles, ses especes vegetales cultivees : et qu'est-ce que la culture, quand une espece y est depuis longtemps soumise, si cc n'est la domestication du vei^etal? Autre mot, mais, au fond, meme idee : celle de la possession par I'homme de races dont il a, selon ses besoins, moditie I'organi- sation et multiplie les individus. Aussi etend-on parfois aux le domest din ail m6me on 'on d reserve aux animaux(l et surtout des petites especes, non-seulement qu'on les a domestiques et qu'on les eleve, mais qu'on les cultive. Culture du ver a soie, de I'abeille , sericicuUure ' ai apiculture, et memo ciJm?^t^ du betail, sont autant de termes depuis longtemps en usage, et les mots piscicul- ture, aviculture, et d'autres encore, deviennent a leur lour d'un emploi tres frequent. II est bien plus facile a I'homme de s'emparer d'une espece vegetale que d'une espece animale. Le transport lointain de grands animaux, en nombre suffisant pour assurer leur reproduction, est une de ces difficiles et dispendieuses entreprises qui ne sont guere n la porlee que d'un Etat ou d'une puissanle association ; et si pour les petites especes, les depenses sont bien moindres, les difficultes restent considerables. Que d'efforts en vain (I) « Domesticatio plantarum^ plantce domesticce, plantce qiice dor meshcanher, » dit deja Albeut le Gkand, De vegetabilibus, lib. Ml tract. T, edit, in-fol. de Lyon, t. V, p. 488 et suiv. n 1 .'« f 1 V '9ii \ F I , ■ I I I 1 'I I f M i -U^i^X iFW: Vf, f i V J f I »* IP **^ f r i i \ s 58 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. IX. > ) :lep ro en En* ope de noiiveaiix vers a soie ! Et quand on a reossi, de vor a soie dii ricin ( 1 V fa] hi triompher! Pour fai isecte europeen et africa aduel] suiie ( par de de rinde a C pte Malte, de Malte a Turin, de Turin a P Que de plantes introduiles, au contraire, aussitot que connuesl Qoelqucs graines d t/ ont souvent suffi pour nous donner leur espece. Auss n fait eommun qu' ou rare celle d'un animal. De nos jours, f ^endre pied dans nos jardins, nos forels plus de plantes que nous n'avons, en tout, d'animaux domestiques dans nos demeures et dans ir dizaincs, mais par bre des plantes eulti- fermes. Aussi n'est-ce plus p lines, qu'il faut compter le non: . M. AInhonse DeCandoUe en en sept dans sa Geographie botanique; pros de trois fois au- tant que nous connaissons d'animaikx domestiques; etce nc sont la, comme il le dit, que des « exemples. choisis » (1) Ou plutot d'audes vers ;i soie du ricin; car pliisieurs especes vivent siir cette plante. . : Ces especes ont ete souvent confondues, ou meme le sont encore. Celle dont nous parlous a ete d'abord delerminee par tous les en- tomologistes comme le Bombyx Cynthia, Dr. On la vapporte mainte- nant au B. eria; mais les caracteres de la chenille nous paralssent infinner cette determination. 1^ i i N '<**-- ***% PL ANTES CULT1\'EES. 39 par esp Les vegetaux , comine les honnme , presentent possed pai (le s ond isentent des organisations Ires varices, ions ires diverses d'existence. II n'est pas d'embranchement bolaniqiie, et il est peu de classes et meme de families, qui n'aient parmi eux des represen- tants. Les uns sont vivaces , et quelques-uns d'lme longevite seculaire; d'aiitres, bisanniiels ou anniiels. La plupart sont lerrestres, quelqiies-ims aquatiques. Geographiquemcnt et climaiologiquement, il en est de toiites les parties du monde et presque de toutcs les lati- tudes el de toutes les altitudes, comme, historiquemcnt, Icur conquete s'est poursuivie presque dans tons les temps : les uns sont au pouvoir de I'homme depuis la plus haute antiquitc,lesautresdatcnt des epoques grecquc et romaine, de la renaissance, des temps modernes. La plupart ont ete propages hors de leur region originelle : un. grand nombre se sont meme etendas, sinon sous presque tous les climats, comme nos principaux animaux domestiques, du moins sur une grande partie dc la surface du globe, et dans des eontrees topographiqucment tres diverses. Les uns ont passe dans la grande culture; d'auires ne sont cultives que dans les vergers, les pares, les jardins ou meme les serres ; et souvent par des me- thodes et sur des sols si varies, qu'ils trouvent, sur les (1) Geographie botanique raisonnee. Paris et Geneve, 1855, in-8, t. II,p. 98Zi. Pour une liste plus complete des plantes cultivees, au moins de celles qui le sont sous notre climat, voycz les editions reccnles du + ^ Bon jardmier. ^ ^^^^^^B ' / iM ) r ri '' I If 4 ^ jCV 1 i I If* iB' U I "' f * m f fc» >t i. n m ^f fr» i / llO NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. 11, CHAP. IX. divers points d'un meme pays, comme autant de patries differentes. Voila done, a cote des residtats relatifs aux animaux domestiques, line autre serie de faits non moins varies et plus nombreux encore; et, par consequent, pour les naturalistes et les agriculteurs, deux voies parallelement ouvertes vers de semblables notions Iheoriques et de semblables applications pratiques. Entre ces notions tbeoriques, nous devons nous atla- cher seulement, dans ce Ghapitre , a celles qui inte- ressent la question de I'espece ; et selon le plan de cet ouvrage, c'est par I'etude des animaux que nous essaye- rons de les obtenir, cherchant ensuite a les completer et a les controler par quelques resultats empruntes a celle des vegetaux. S ^ * III. La premiere question qui se presente dans I'etude des races domestiques, est celle-ci : Quelle est leur origine? De quelles especes sont-elles issues ? Question simple, selon les anciens, et dont la solution ne leur parait offrir aucune difficulte. Les animaux do- mestiques sont des animaux apprivoisesou des descendants d'animaux apprivoises, et de ces descendants il est facile de remonter aux souches ; car, dit Aristote et redit Pline, « toutes les especes qui vivent a I'etat domestique ou f V -•, } ORIGINES DES ANIMAUX DOMESTIQUES. Ill » prive, se retrouvent a I'etat sauvage » (1). C'est ainsi, remarque Aristote, qu'il existe des chevaux, des boeiifs, des pores, des brebis, des chevres,des chiens, etmeme, ajoiite-t-il, des bommes saiivages ; ee que Pline ne manque pas de repeter. Aristote et Pline affir etendent , absolu especes dans C aussi a loutes les especes domesliqi auteurs modernes. non moins absolus que sens contraire, assignent une origine primordiale. Les ani- niaux domestiques, disent-ils, ne sont nullement des conquetes de rbomme sur la nature sauvage ; mais des dons initialement fails par Dieu a Thomme ; ou, selon les expressions elles-memes du plus eminent et du plus savant defenseur de cette opinion, « les animaux domes- » tiques le sont par nature, et ont ete crees tels » (2). Autrement, dit M. I'abbe Maupied, « tandis que tons les « autres etres ont ete crees dans leur etat parfait, I'homme » seul eut ete cree dans une sorte d'etat elementaire, 4 » contradictoire avec les consequences logiques des lois ^> des etres crees qui tons aborutissent a lui. » Yue ou \ pliitot hypothese deja admise par pliisieurs theologiens; (1) ITavTa -^ap odct xw-spa sart '^im, y.%t a-j'pta. (ARISTOTE, Histoire des animauXy liv. I, ii.) <( In omnibus animalibus, cujuscumque generis iillum estplaciduin^ /< (Pline, Naturalis historice lib. VIII, LXXIX.) Hjj-epov elplacidum^ c'est ici, sans distinction, Tanimal simplenient apprivoise ou dresse, et le veritable animal domestique. (2) Maupied, Dieu, Vhomme et le monde. Paris, in-8, 1851, t. I, p. 586, \ W II ■M ) t^M vi ^ \ H X i: V, 1 ;:^ \ I k \ h I J '*#> t^ w ^ilU^AA A^HX^XXMKJFtJI . IC V»«J>Kr m$ ft i ■> t» ^ It ^ t r r-i f I \ 1 1 ■ i- r\ i T> I « ' &2 NOTIONS FONDAMENTALES, LIY. fl, CHAP. IX, non par Sous : Bossuel. s'est netlemcnt declare contrc elle (i). En la reprenani, M. Maupied a, le premier, essaye de la revelir d'un caractcre scicntirique. On ne I'avait justifie'c, avanthii, que par iinmot mal compris de la Genese (2) : c'est paries fairs qu'il a cru pouvoir I'elablir. On ne saarait, selon Ic savant tbeologien et naturaliste, remonler a I'origine des animaux domestiqucs, I'liomme yant possed ossible de Si espc originellement sauvages : celles-ci pour ]i e(re apprivoisees, c'est-a-dire possedees; d'individus, et non do races. Mais, cst-ce bien a ces consequences que conduit I'ensemble des fails connus: Nous ne saurions I'admettre, L'impossibilite d'augmenter le nombre des animaux domesiiques est formeliement confredite par tout ce que nous savons des domestications accomplies depuis les temps historiques, et c'est en vain qu'on essayerait de presenter ces domestications comme de simples reprises de possession d'especes « originaire- raent soumises a I'homme » etplus tard « devenues sauvages Q de I'obscnrite des b r ^ W 1 ; I (I) Discoitrs sur VMstoire universelle, 2^ epoque, Noe et le deluge. BossFET nous moiitre rhomme, a rorigine de la civilisation, « s'instruisant a prendre certains animaux, a apprivoiser les aufres, » et a les accoutumer au service » 5 c'est-a-dire, conimencant la domes- H _ lication des animaux. : (2) Le mot Behemah. Voy. notre Introduction historique^ 1. 1, p. lu 4 4 I M.M- -A- ruj - >■-* ^ _ f ? f ORIGINES DES ANIMAUX DOMESTIQUES. h'' o (les objeclions de faii ; c! n'y en cut-il aucune, dcvrions- nous regarder la question comme iranchee ? Aiirions-noiis le droit, par cela sen! que les premieres domestiealions seraient sans date dans I'histoire, parce que le commcui- cement nous en eeliapperait, de dire qu'elles n'ont jamais eommence? C'esf. enlre raffirmation generale d'Aristote et de Piine la negation absolue des theologiens, que se sont plaees la piupart des naluralistes; etils ont eu raison, en ce sens du moins qu'il n'y a ici rien de general. La recherche des sonches de nos animaux domestiques parmi les animaux sauvages est, selon les especes que Ton considerc, nn des problemes les plus simpl 5 Pl t des plus obscurs de i'Histoire naturelle organique. Nous le moDtrerons en resumaiit les viies deju einises par plusieurs naturalisics et cnidits (1), et les recherchcs (I) Voyez particulierement Gueldexstaedt, Schacake historta, dans les Novi Comm.entarn Academice scientiarum petropolitance, 1776, I t.XX, p. [Ui9. — Pallas, Spicilegia zoologica; voy. !es fascicules IV, 1767, et XI, 1776. Nous aurons a citer plus loin quelqucs menioires speciaux de Pallas. — Zlmmeumakn, Specimen zoologice geographicw qiiadrupedum. Leyde, 1777, in-Z[, p. 81 etsuiv. — Liink, JJie Urivelt nnd das Altherthum, V edit., 1820; et 2« edit., 1831, Berlin, in-8 ; trad. parCLKMENT-MuLLET, Paris, 1837, in-8. C'estacette traduction que renvoient les citations ci-apres. — Bureau de la Malle , Economie politique des Romavns, Paris, I8/t0, in-8, t. Jl; trop souvent d'apres Link, dont il reproduit, avec trop de con fiance, et parfois copie les arguments et les determinations. II est plus original dans ses menioires speciaux sur le clieval etsurle chat, qui seront cites plus loin. — Pkicitard, Histoire naturelle de Vliomme, trad, de M, RouLTx, Paris, 18/i3, in-8, 1. 1, p. 35 et suiv. — Maupied, loo. ciL, p. 566. — Adolphe Pictet, Les origines indo-eiiropeennes, ou les Aryas primitifs, Pai'is et Geneve, 1859, in-8. Dans ce savant ouvrage, ) H r I t4 f i H i^ 4 J u ' I i Vt J) 1 '- I, ^. r- - _■, t- - -4 .^ , ^ . ^J^ ^ A^-JU^ I ^ 1 - J- ^- E !|- "^ i V 1*1 \i ^ if l! f * ^ i ^•^* Ilk NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. 11^ CHAP. IX. A foites pour obte le perinet I'etat La marche que nousavons suivie clans cesrecherches, d'indi est celle-ci : des b des naturalistes, et, a leui defa des liistoriens et des autres auteurs des diverses epooLies, les renseignements qu pi • ^ troductions des domestiq et pour les especes dont la domestication se perd des temp deter du moins I'etat ehez peoples de la liaute antiquite, a I'aide des livres anciens de I'Asie, tels que la Bible, Ic Zend-avesta^ les Fedas et les Kings, et des monumenis de I'Egypte et de I'Assvrie. V 2" Rechercher a I'aide des fails de I'Histoire naturelle, et par I'etude comparative des especes sauvages et des races domestiques, les souches de celles-ci. tLi - li 1^- \ r (lent la premiere partie vient de paraitre (depuis la redaction de notre travail), et qui est le fruit de longues reclierches philologiques, Tau- teur compare les noms actuels des principaux animaux domestiques avec leurs noms sanscrits, zends, grecs, latins, celtiques, germalns et slaves, afin de remonter, comme on remonte par des derives a leurs formes premieres, aux noms que Ces animaux portaient chez nos anciens ancetres asiatiques, les Aryas, et par celte voie, a la de- termination des especes qu'ils possedaient, de Temploi qu'ils en faisaient, et, par suite, du degre de civilisation auquel ils etalent parvenus. Nous avons nous-meme traite a plusieurs reprises dans nos cours des origines des animaux domestiques. Pour quelques-uns des points principaux de cette question, voy. Domestication des animaux utiles, o^^edit., Paris, 185^4, in-12, l'*^ addition, p. 121 etsuiv. t V m ¥ * I ORIGINES DES ANIMAUX DOMESTIQLES. 45 o" Comparer les resultals obteniis par ces deux me- tliodes, et les controler les uns par les autres. Les resLiltats de ces deux methodes concordeiit partout d'une maniere satisfaisante ; ce qui nc veut pas dire qu'elles suftiseiit partout. La solution exaete et complete, c'est ici la determination specifique et certaine de la souclie : on I'obtient dans la plupart des cas ; mais, dans d'autres, la determination specitKjue ne pent etre raise completement liors de doute, et la solution n'est que plus oumoins probable. Ailleurs on n'arrive qu'a circonscrirc la recbercbe de la souche entre deux ou quelques especes voisines, et la solution reste seulement approximative. \ IV. La repartition des iinimaux domestiques entre les divers groupes tebres 5 especes ne sont qu'au nombre de sept (1), et toutes lui ont ete fournies park meme classe, celle des insectes. Tels trois vers a soie, quelques abeilles et une cochenille re ici une reserve. Plusieurs des fie de domestiques sont loin de me- Lie litre que nos especes superieures. '.. des animaux introduits en Encore faut-il fa d divers lieux prop par I'homme, et non vraiment sou- empire. Nous lein^ prep d deme (1) Ce nombre ne doit etre que provisoiremeut accepte. II y a lieu de cruire a I'existence en Orient d'abeilles non encore distinguees. ( / , I I ;>' ■' * « 1 , ^ # ^. \-- ) •l %4 J 14 VI . 1 t ■ \m M« «, \ w I a ! I I •-11 k\ li ■ f i _F >" - i t M i 1 L 1 t \ 1 IJ * ■t i y S i i m i I J \ y I' ill / /l6 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV . H, CHAP. IX dans lesquelles nous les aidons a vivre a leur gre, bien plutot que nous ne les faisons vivre au noire. C'est co ue, pour noire qui est manifeste pour la cochenille d abeille, et pour ses congeneres dii midi de TEurope et do I'Egypte, Apis ligusiica et A . fasciaia. On seme, pour ainsi dire, la cochenille sur le nopal, et on laiaisse s'y develoit- r per. On dispose des ruches pour les abeilles ; elles-menies ensuite s'y etabhssent, et se nourrissent selon leurs iiistincts propres. Et c est poiirquoi la cochenille, ciiliivee depois plusieurs siecles (i), est encore presqne ce qu elle etait originairement ; et pourquoi les abeilles, bien plus aneiennement soumises au pouvoir deThomme (2), con- servent elles-memes, a de legeres differences pres, leurs (1) La cochenille du nopal etait ciiltivee au Mexique bien avant la clecouverte de FAmeriqiie. (2) L'abeille a ete connue par rhomme des la plus haute antiquite ; mais les documents qui attestent ce fait, par exempU^. les figures d'abeilles qu'on voit sur les monuments egyptiens, peuvent se rap- porter a des abeilles sauvages dont on recueillait le miel. Mais, a partir des Grecs, toute incertitude disparatt : Tabeille vit bien cer- tainement, dans de veritables ruches, sous la main de rhomme (voy. Aristote, loc. cit, liv. IX, xl). Les Grecs possedaient mcme un mot, aatTroupp; , dont Fequiva- lent, apiculteur, est d'un usage recent dans noire langue. Quelques auteurs ont vu unc preuve de la culture de Fabeille a une epoque tres anciennC; dans un passage d'HoMERE (Odyssee, liv. XIII, vers 106), oil le poete represente des abeilles deposant leur miel dans les amphores des Nymphes. Ccs vers ne supposent nuUement, dans leur auteur, la connaissance de Tabeille domestique. C'est bien, au conlraire, de celle-ci qu'll s'agit dans une des Fables d'EsoPE, dont le sujet est Tenlevement de gateaux de miel^ en Vah- seme du mMire. On s'etait introduit, dit rauteur, dansle w^sXtrroup^cVoj ; mot qu'on a rendu dans les versions latines par apiarium. La fable >^ OKiGINES DES ANIMAUX DOMESTIQUES. caracl:,eres priLiiiiifs et memo, dans lours dcmeures coii- sjriiiies par Tart humain, les inocurs deTefat de naliire : Naturas apibus qiias Jiippiter ipse Addidit (1). . . #4 5 versa sole soni bieii plus complefemeiit sous la % mam de Fhomme ; et iion-seulement celui du mi les Chinois possedent au moins depiiis le regne d 4 et qui est aujourd'hui dans toutes les parties du monde; mais le ver de I'ailante, tres cultive aussi en Chine, el I'espece dite eria(o), qu'on eleve tres communement sui le ricin.dans d 'autre? pr 5 soms & Indouslan. Ges insectes ne recoivent pas seulei is preeedenis, hors des habitations humaine; eneraux donnes en commun a toute une eolonie : eleves au sein meme des demeures de Thomme, ils tienncnt direetement de lui leur nourriturc dont it fixe la quantite meme varier la nature, comme il regie la temp peut pher a sole sont done, dans la magnanerie, au milieu de con ditioiis tres comparables a celles du betail a Tetable; ( par consequent, ils sont, comme lui, verilablcmcnt do niestiquee. A us voii-on , au moms sur uentpossede par I'homm le Bomby est intitulecM£"Ai7TO'J07oc; mais le tiUT. a pu etre ajoiite apres coup (1) ViRGiLE, Georgiquesy !iv. IV. (3) Voy, p. 38, note, f {'2) Voy. VJntrod action, p. 10. — La ciiUiire du verasoie en Chine \ remontc aiilhentiquemcnt a plus de quarante-cinq siecles, selon 1 M, P. JuLiEN. (Voy. les Coniid. vend, de I' Acad, des sc, t. XXIV, p^ 1071.) ) ^ "^ M i \t m j ) M t '(» ' 4 \ ^^ \ -\ .^**-^ -A^.Jk^ *^M ^^ i;-A .k'B ^^ I r- m ' **■ ^^ »■ ^T -4- J 1I» ^r ki X /l8 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. IX. fondement marquee de la domesticite. 11 existe de nom- breuses races de vers a sole tres distinctes, et assure- menttres modifiees. L'espece saiivage dont elles se rapprochent le plus, est h Bombyx religiosce ; et Ton a pense qu'elles pourraient entire issues (1). Mais ce bombyce est indien et vil sur le Ficus religiosa : la vraie souche de nos vers a soie reste vraisemblablement a decouvrir en Chine. 1 J \ A ■^^ % (rr '! Les vertebres qui neforment, comme nonnbre d'especes, qu'une fraction tres faible de I'cnsemble du regne, ont fourni a rhomme la tres grande majorite de ses animaux domestiques. Sur quarante-sept, quarante sontdes verte- bres, deux de la classe des poissons, dix-sept de celle des oiseaux, vingt et un de celle des mammiferes. Parmi les poissons, l'espece la plus repandue et la plus connue est la carpe, dont la domestication remonte a une epoque deja eloignee de nous, mais qui reste inde- (1 ) Conjecture eraise par M. Jenkins, ii la suite du memoire d'lIuGON, >f Assam, dans le Journal of / sciences iiaturelles, Zoologie, 2*^ serie, t. XI, p. 178. M. GuERm-MENEViLLE (art. Bomhijx de V Encyclopedic moderne^ noLiv. edit., t. VI, 18^7) resume bien ce qui a ete ecrit sur I'histoire ancienne du B, movi par plusieurs auleurs, et particulierement par Keferstein, Ueber den Bombyx der Alien ^ dans le Magazin der Entoniologie^ 1818, t. III, p. 8; et par Latueille, Cours d'entomo- logicy Paris, 1831, iu-8 , p, 95. \ \ / I *^ i ! I <«l ORIGINES DES AINIMAUX DOMESTIQUES. r terminee. Lacarpe est originaire, selon les uns, de I'Eun eentrale (i), selon d'aulres de la Perse (2), selon d'aiit encore de I'Asie Mineure (3), oii M. de Tchihatcheff recemment Iroiivee dans plusieurs lacs « en imme qu an tile k quelq 5 pen a pen propagee F dans le Nord. Outre I'Asie ■ lieu qu'elle soit venue, elle par toute I'Europe, en dernier et I'Afrique, elle existe d'hui en Amerique : on I'y a transportee points yenne (5) et a la Mar niq La carpe a ele assez modifiee par la culture, pour qu'on distingue, dans nos eaux, plusieurs races, et surtout plu- 1 frequemment reproduites, dont quelques- remarquables : telle est surtout la reine * f . f des der car pes ^ a grandes idee par places. pe ■ ordinairement (1) CmiFAi, Regne animal, S'^^edit., t. II, p. 271. (2) « Perse et contrees chaudes de I'Asie », dit M. Valenciennks, art. Carpe du Dictionnaire universel d'Histoire naturelle, I. Ill, P- 189. L'aiiteur indique d'ailleurs cette origine plutot qu'il ne admet. — M. Valenciennes n'est pas plus affirmatif siir I'origine de la carpe, dans VHistoire naturelle des poissons (voy. t. XVI, p. 52), si ce n'est sur un seul point, le transport de la carpe en Angleterre. L'introduction de ce poisson dans le nord de I'Europe continentale, ^otamment en Prusse et en Danemark, est aussi attestee par divers lemoignages historiques. (3) Auguste DuMERTL, Lemons orales au Museum. (/)) Asie Mineure, T partie, Climalologie el zoologie. Paris, 1856, gf- iii-8. p. 800. ■ (5) Valenciennes, loo. cit. (6) REfssER, Historique du jardin des planlcs de Saint- Pierre- ^lartinique. Fort-Royal, I8Z16, ii>8, p. 122. III. k \ /^ t y. h / i J ^ f ^ in i M \ f I ^ ■li:" vr ^^R~^^ VIA l» 19 U {« I ^Ib 1 ; r I % t I ,1 8 t 50 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. 11, CHAf. IX. La cari)e est done encore uue de ces especes doiit rhoinme a considerablement eteiidu la distribution geo- graphique et modifie les caracteres, et qu'il a pour ainsi dire marquees de son empreinte ; qu'il a faites siennes, et reduites a un etat de veritable domesticite. Nous pouvons d o cyprin dore de la Cb si commun a I'etat domestique, mais qu'on ne eonnait pas encore avee cer- titude a I'etat de nature. On le dit originaire du Tche- kiang. Sa domestication remonte en Cbine a une epoque reculee, a en iuger par le nombre et la diversite des races possedent les Gbinois, et qu'ils melang y"'^ pour obtenir de pire f . f & ands de plaiseiit a avoir dans leiirs demeures un grand • f ^ f nombre de ces races et varietes, et 1 empereur en poss la collection complete. Le cyprin dore a ete introduil dansl'Afriqueaustrale et en E d dans pi poissons, nourris dans et les b pas ete rendus veritablement domest pi ptifs. Celui de tons qui a ete I'objet livis, le gourami, si heureusement importe de Chine a Tile M voie de domestication , L'hi siblement modifie. n'est lui-meme qu en ne I'a pas encore sen- Le nombre des poissons veritablement domestiques se ^ reduit done presentement a denx, Tun et Taiitre du ;enre cyprin. f \ ■*f i_* I. ORIGIN ES bES ANIMAUX DOMESTIQLES. 5i Yf. «t .1 I 4 Parmi les dix-sept dont vellement aborder It Ces dei facile deretrouver les ancetres a I'etat sauvag ■ellement les especes qui en sont le plu sorties. Commencer par celles-ci, ser probleme par les cas les plus simples, liers venus sont au nombre de cinq done pedes alimentaires et surtout d et trois faisans, oiseaux par excellence d'ornement, en meme temp s ibiers Les deux palmipedes ^ nas cygnoides^ de I'Asie orientate, et VA . canadensis, d Vmerique du Nord ; I'un et I'autre intermediaires entr )ie etle cygne. Nous savons mal I'histoire du premier dgairement connu, selon les pays, sous les noms d'oi ' Chine, de Siberie et surtout de Guinee ; son introduc -J cravate ou du Canada date certaine. Celle lieu en Andeterr 1 milieu du xvur siecle, etc'est aussi dans le memo pays, a la meme date, qu'onteted'abord possedes et multipl le o faisans a collier, arg-ente et dare. La dome tion du faisan a collier parait avoir commence cliez le due de Northumberland, et celle de du celeb re fondateur du britannique lians ^r- Sloane. Ces cinq oiseaux ont sensiblement conserve les carac- 'fires du type sauvage : il y a parmi eux des varieles indi* Viduelles, mais point de races tres distinctes 4 f It •W > iHi 4 r r *^r: > V- K^^i__»l. ..^^ w f r* "^ iA-^t^^r l«.'^^^ Jl^ .^ JK ^_LJ~ h ^ V «(_ Jri ^ ^^ ^ ^ -x -^ .^^ , ^Id-k. ^_. ^^^ -Jh^ ^__ J-w ± I Vfti ¥^ I I I" I %i if « -J t Ir ^ I? 4- J J !» t- « >> Sr .**^ J ■_ #. ■\ '-'^ m. \ / m ( fs NOTlONo lONDAMEiNTALES, LIV. 11, CHAP. ^^- ■ ■• * L r ^,n est deja plus de meme du serin des Canaries, Ion de I'Amerique du Nord, et du eanard iiius- de Barbaric, quoiqu'il soit originaire de I'Ame- leridionale. Dans ces Irois espeees existent des )mesliques, plus ou moins differentes Si Ton voit eneore dans nos has de des dindons et surtout des pax talliq ^si a plumage eompletement t( •e, chez le dindon, des different Le canari s'est encore bien pi ditie •) Pl et jusqu'a vingt-neuf varietes de serins donicstiques ; on pourrait de nos jours en compter davantage encore. Dans quelques-unes il s'est developpe une huppe , et la taillea notablement augmente-, dans plusieurs, le plumage est devenu jaune, et cette couleur est meme aussi com- mune chez le canari que le blanc chezles autres animaux domesliques ; ce qui, du reste, ne saurait etonner, puisque I— le flavisme, ainsi que nous I'avons ralbinisme des oiseauX verts (1). montre espeees sidiversement modiliees, on pou prevoir qu'elles sont plus ancicnnement d IP les nrecidentes. Leur introduction da en (1) Histoire (lenerale et particuliere des anomalies, t. I, 18o2, p, 317. _- LUntensite que prend souveiit le jaune du serin est, a ce point de vue, tres remarquable. Le flavisrae est aussi I'albinisme des vegelaux, pour lours parlies vertes. (Voy. Moqul\-Tandon, Elements dc teratologie verjetale.VAna, jn-8, 18/4l,p./i5.) *t ^ if mt i :^l *m iHi 1 1 I ORIGINES DES AAIMAUX DOMESTIQUES, 53 y^ d ineme, malgre une croyaiice tres accreditee (1), avait precede les deux autres. Le « coc d'Inde » a ete importe AiiffleterresoiisHe el il etaitdeja « commun esmest?iries » vers 1550, comme 2). A la meme epoque, le le dit expre^ d'lnd G VA comme on appel ■s nas moschata, commencait aussi a se repandre en nee : on le vendait « oar les man^bez nonr s'en scrvir festins el noces » u-j ,. ''^ \ abondant aux Canaries qn'on y abat + * vidiis d'lm coup de fusil, son intro- de tres pres I'etablissement des Espa- . Nous vovons. en effet. au xvi' siecle. le com merce importer en grand nombre des canans, d des hengalis et des senegalis; p ■ dividus, et bientot un erand nombi nialer et se reprodinre, et 1 espece se repandre partout. Apres avoir orne, au xvi' siecle, « les palais des grands, r (1) " he premier dindon qui fat mange en France parut au festin ^' des noces de Charles IX, en 1575 », dit Temminck, Hisloire des i}(iUinaces, Amsterdam, in-8, 1813, p. 378; d'apres Sonnint, qui lui- '^^eme enipruntait a A^deuson ce pretendu fait, reproduit par une ^uiltltude d'auteurs. II ne suftit meme pas a certains auteurs de reporter au dela du '"^^ilieu duxvf siecle la domestication du dindon. Cetoiseau n'auraltete r •'^mene en Angleterre qu'en 162Zi, selon Lt^k, he. c?7., t. 11, p. 316. (2) Histoire de la nature des oyseaux, Paris, in-fol., 1555, p. 2^8. Je n'ai pas besoln d'ajouter que Belon se trompe lorsquMI dit le *lindon commun aussi « es mestairies romaines)). 11 le confond ici avec la pinfade. - (3) Ihid., p. 17/1. '**,M I ^1' "l 1 k t I E r ( fK I ^ Hi « h . >i^ft 9 i ifc ! I 1^ I "»> fe > i I J u NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. 11 j CHAP. IX. magnatum cedibus alitum, dit encore Gessner en 1 595 (1), « I'oiseletdu SLicre» descend, an xvn% jusque dansles plus humbles demeures. Au nombre des oiseaux acquis par les modernes, de Yons-nous placer aussi le cygne? Non-seulement Aris- tote, mais Pline et les auteurs latins ne disent rien du cygne domeslique (2), tandis qu'ils reviennent, a plusieurs reprises, sur le sauvage ; et Albert le Grand ne fait guere encore, au xnf siecle, que repeter et commenter ce qu'avait dit Aristote (3). Des la renaissance, an contraire, et sans qu'aucun auteur en parle comme d'une conquete nouvellement faite, le cygne domestique est mentionne comme habituellement « nourri es douves des cbasteaux (1) De avhmi natura. Francfort, in-fol, p. 2/iO. (2) Et il en est de meme de Diodore be Sicile, dans le passage remarqual)le {Bibliotheque histoHqiie, liv. XI, xxi) oil il parle du lac artificiel d'Agrigente, de ses poissons et de ses eygnes. Les poissons vavaient ete mis, raais non les eygnes, comme on Ta quelquefois entendu. Xu/.vwv ts t^XxOcu; st; c/jtviv /-aTaTr-aa^'vcu, dit Diodore ; c'esi- * - + a-dire, mot a mot, s'y elant ahattii en volant, II s'agit done mani- festement d'une troupe de eygnes sauvages. Serait-on mieux fonde a considerer comme une preuve de Texis- tence du cygne domeslique chez les anciens, la 7A^ fable d'EsoPE, imitee par la Foxtaitse, liv. Ill, xii? « Un homme riche, dit S'sope, » nourrissait ensemble une oie et un cygne. Tune pour sa chair, Tautre » pour son chant. « Ces derniers mots disent assez que le pretend u cv£;ne domestique n'est qu'un des « heros de la troupe mensongere >* d'Esope. Autrement, Tanlique fabuliste n'eut pas manque de dire comme son immortel imitateur : CeUu~la destine j)Our les regards dn niaitre, Celiii~ci pour f:on gout. ' X (3) Albert le Graxd, De animalihm, (?'6.V]II, tract, it, cap. 3, Ailleurs, Albert parle dela possiblHte d'apprivoiseries eygnes quand on lenr a coupe I'aile. •^ \ I ^ n m I. ■ \ i ORIGINES DES ANIMAUX DOMESTIQUES. » situez enreaiD) \ La domestication du cygne d elle du moyen age? Dans tons les cas, il est pen vraisem- blable qu'elle ait ete accomplie dans rEuropeoccidentale, ou le Cygnus olor, souche du cygne domestique qui en conserve les caracteres, se montrebien moins commune- mentqueleC ferus{^). Nous restons dans nne semblable incertitude an sujet e la tourterelle a collier, espece voisine, mais bien dis- note, de la tourterelle d'Europe. C'est celle-ci, Columha wtur, que les Romains nourrissaient en si grand nombre t avec tant de soin dans leurs maisons de campagne (3) ; { dique qu'ils aient possede des de Asie. Comment et quand pouvonsen dire, c'est qu'elle est domesti E urope • \ colombe indienne, colombe turoue. » semblent indiquer la voie qu'elle a suivie pour nous arriver; r qu'elle conserve sensiblement, dans la varietela plus cc mune, les caracteres du type primitif, tel qu'on le troi dans I'Asic orientate, et parliculierement en Chine (li et y \ (1) Belon, loc. ciL, p. 15. (2) Aussi a-t-on pris d'abord le C. ferus pour la souche du cygne tubercule. (3) On Fengraissait comme la grive et tant d'autres, mais ou ne la faisait pas reproduire. Columelle le dit expressement, De re rustica, lib. VllI, cap. IX. f( Educatio supervama, dit Tauteur In oriri- thone nee parit nee exdudit (ou excudit, selon fl'autres Ie(jons). » (6) Elle est seulement devenue, en domesticite, plus grande et un peu plus pale. La C. risoria n etc souvent confondue avec d'autres especes, ce (fui a induit en erreor sur sa patrie. c^a^ ■kv' if ^ ^ b iH^ li t ■ ir t \f iffiu t "I i \ I t I ■ ( I i u i:i ■ i ■J i /■ /■ V* W '. (1 f '- * ~*T-. m -• i* 56 NOTIONS FONDAMENTALESj LIV. II, CHAP, IX. t A \ \ I S { it \ )■ I YII. Les autres biseaux domestiques le sont tons depuis iine date beaucoup plus ancienne. Nous croyons pouvoir, dans I'etat present de la science, faire remonter a I'antiquile romaine la donriestication du canard, a Tantiquite grecque celle de I'oie (quoiqu'on I'ait generalement attribuee aux Romains), de la pintade, du paon et du faisan ordinaire, et a la haute anliquite celle de la poule et du pigeon. \ \ - A regard du canard, nulle difficulte serieuse. Nous connaissons aussi bien le canard sauvage que le canard domestique ; et parmi les nombreuses races et varietes qu'on a obtenues de celui-ci, il en est, et ce sont les plus communes, qui conservent encore, sauf une taille sensi- blement plus considerable, tous les caracteres de VJnas boschas. La question d'origine est par la zoologiquement resolue; mais, historiquement, il reste quelques incerti- tudes. Elles ne portent, toutefois, que sur la date de la domestication ; encore cette date peut-elle etre determinee approximativement. Chez les Romains, a I'epoque de Yarron, il fallait encofe couvrir de fdets les enclos des- tines aux oiseaux d'eau, « ne possit anas evolarey> (1). La domestication etait done encore tres incomplete, et par (1) Varron , Be re rustica, lib. Ill, cap. xi. Bureau be la Malle aexactementcitece passage dans son Econom. polit, des Rom., t. II, p. 199. Mais, ailleurs, sa memoire Ta mal servi. Varron n'a pas dit : « Anas ant anser », comme le pretend Bureau, dans son me- moire Sur VinfJumce de la domestkite {S(kince puhlique des quatre -m ^ ■^ n I w ^ "^^ t« I i -» ^ ORIGINRS DES ANIMAUX DOMESTIQUES. 57 consequent recente, u la fin de la republique romaine, et rien n'indique que cette domestication eut ete meme com- mencee chez les Grecs. pa pas de meme de celle de W me fable pretendue antiq ne fet non, comme dans qui nous iiine, une poule) Pondant tous les jours un o&uf d'or ; maisun passage trop peu remarque d'Aristote sur les ceufs de vent pondus par les jeunes poules et les jeunes oies vierges (2), et meme, bien plusanciennement, deux vers d'Homere (3), attestent que les Grecs, quoi qu'on en ait dit, avaient devance les Remains dans Teducation de cet oiseau. Quant a ceux-ci, ils Font possede de tres bonne Academies, in-6 , 1830, p. 38); et comme d'autres I'oiU repete. « Clausce pascuntur cenates » (et non : cenates et anseres), dit aussi COLUMELLE, /oc. ciL^ lib. VIII, Cap. XV. (1) Recueil des Fables d'EsoPE, publie h Anisterdani, in-Zi, 171/(, fable intitulee : « Du paysan et de son oie. » Mais dans le texte grec, il n'est nullement question de Toie. Le litre est; Oovt; xf'j(j&To;co; (dans les versions latines, Avis ou gallina ^ aunpara) ; et oVn^esttantot, en un sens general, Toiseau; tantot, en \ parliculier, la poule. Cette fable est done bien, comme a traduitla Fontaine, celle de la poule, et non de To/e, aux ceufs d'or. D'apres une note interessante qu'a bien voulu me remettre M. Bour- Guiix, ancien magistral et homme de lettres distingue, « c'est 3> Avianus, auteur de la basse latinite, qui a maladroitement substilue » une oie a la poule du recueil esopique. » Plusieurs ontsuivi Avianus en croyant suivre Esope. (2) Hist, des anim.. liv. YI, ii. (3) Odyss., liv. XV, vers 163 et 17/i. M. A.PicTET(/oc.c/^,p. 387) fait meme remonter bien plus haul la domestication del'oie: elle auraiteteaccomplie, suivantlui, en Asie,et 1 * i — ■ \ I j t • HI'- t t It W' It ^ ■ "n * 'i I k il i if Huf ) I f:l i r>^ m /■■ f!| -".-AJ^ ^.J 4^ I ' I t« i ' .11 t* f :f iiii ■f^ -I r I 58 rNOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. IX lieure; temoin, lors de la prise de Borne par les Gaulois ? ■-J 4 c. la vigilance des oies dnC;ipitole, trabi par les cbiens, « comme dit Pline (1\ Nous avons une preuve d'liii autre genre, et non d'mie moindre valenr, dans I'exis- r tence a Rome, au femps des premiers Cesars, d'oies de di verses varietes, notamment de diverses couleiirs ; comme nous I'apprendrait au bcsoince versd'Horacesur le foie d'oie qui etait des lors im des mets privilegies de s gastronomes : ■ Pinguibus et ficis pas turn jecur anseris albi ('2) L'oie blanche est en effet indiqiiee par Varroii comme la meilleure variete alimentaire. I. Ce n'est plus Arisfote, mais un de ses disciples, Clytus, de Milet, et d'apres lui, Albene^e, qui si de la pintade. Clytus nous apprend qu' temps la me/ea^?'/s dans File de Leros, pi du temple deM \the I I \ ' ^ r Vi > t r des I'origine de la civilisation. Mais les mots qu'il cite comme les noms sanscrits de Foie riomesh"gwe,sont-ilsl3ienceiix de cet oiseau? Je ne vols, a I'appui de I'opinion de M. Pictet, aucune preuve, ni raeme auciin iiidice vraiment sigiiificatif. (1) Lib. X, XXVI. ^ (2) Aspice quam tumeat magna jecur ansere majus, Pone (iv7j.X, xxvii) dit aussi Martial , Epigrammata, lib. XIII, 58. On savait done deja obtenir des foies gras. a cru devoir Iransmettre a la posterite les noms des deux inventeiirs de cet art : I'un d'eux etait un personnage consulaire! (3) Dans un passage conserve par Atheinke, Deipiiosophistes , liv. XIV, XX. La pintade a caroncules rouges estbien decrite dans ce passage, et \ la similitude des deux sexes deja mentionnee. 1 ^^ - . / « I I I ORIGINES PES ANIMAUX DOMESTIQUES. 59 la coulree oii on I'a possedee d'nbord (1); Link suppose que la Grece I'avail re^ne de Gyrene on de Gartbage (2). Mais ces premieres ediications paraissent avoir en pen de resultals, et ce sont surlout lesRomains qni ont fait dela \ pintadeun oiseau europeen. llsavaient meme, et en abon- dance, deux especes de pintades, la Numida ptilorhyn- chiis, a caroncLiles bleues^ que ['Europe n'a pas eonservee, mais que nous" essayons anjourd'bui de lui rendre, et la N. meleagris^ a caroneules rouges (S); la meme Cju'on avait eue en Grece, et qui est aujourd'hui si commune en Europe, soit qii'on I'y ait perpetuee depuis les Romains, soitjCommelecroitBeion (i), qu'on I'y aitreintroduite, il y a quelques sieclcs, de la cote occidentale d'Afrique ; region on elle existe en effet, sur plusieurs points, a I'elat sauvage, etavec des caracteres qu'on retrouve, bien conserves, cbez un grand nombre d'individus domes- tiques (5). (1) Loc. cit,^ liv. XIV, Lxx. (2) Loc. cit., p. 315. — Voy. aiissi Pallas, SpiciL zgoL, fasc. i\, p. 10. (3) Ces deux especes sont Ires bien distinguees par ColDmellf, lib. VlII,, cap. n. C'est tout a fait a tort que cet auteur a ete accuse d'avoir pris les deux sexes d'une meme espece pour deux* especes. (Voy. BuFFGN, Histoire nahirelle des oiseaux, t.II, p. 16/i; etDruEAU w DE LA Malle, Econom. polit. des Bomains, t. II, p. iOo.) Notons en passant que la meleagris des Romains etait Tespece a I caroneules hleues. « In meleagride cceruha », dit Columelle, /«*fc. VIII, n. L'espece a caroneules rouges, a laquelle les zoologistes ont applique le nom de meleagris, etait appelee par les Romains gallina africana ou mimidica, (Zi) Loc. cit., p. 2/|6. (5) Voy. Hartlaub, System derOrnithologie Wesfafrica's. Breme, in-8, 1857, p. 199. f, V, ( f f ^ i 1 * \ I \ \ I ( I J (il I ^ 1 I \ I I I i 4 / A ■J >* i a Pii *(*' >§ 'ft 'M t t.j i% iH i^ V \ w *. \ t 60 NOTIONS FONDAMENTALES, L!V. II, CHAP. IX. L'origine asintiquedu pnon et dii faisan est. aiissi incon- testable querorigine africaine de la pintade ; nous devons certainement aux Grecs d'avoir fait de ces denx beaux oiseaux des especes europeennes. C'est I'expedition r *d 'Alexandre qui a enricbi la Grece du paon, comnie I'at- ^ testent plusieurs documents bistoriques (1); et c'est celle des x4rgonautes qui lui a donne « I'oiseau du Pbase », d'apres une tradition generalement acceptde par les an- ciens (^2). L'Histoire nalurelle confirme pleinement ces origines ; car les contrees d'ou Tbistoire et la tradition I font venir le paon et le faisan, sont precisement celles on on les rencontre aujourd'bui : le paon est de I'lnde, le faisan se tronve dans I'Asie Mineure. Et ici nulle incer- \. y a des paon f d'aulres gris, les couleurs les plus communes dans ces deux especes sont precisement celles qui les parent dans leur etat primitif. La libation se pronverait done au besoin par la resseniblance. » 'i I ! \ ' f ( ! i ? r 'i.i ^ (1) Le paon etait certainement domeslique du temps d'ARisxoTE. On I'a nie; mais VHistoire des animaux renferme un passage decisif. Voyez liv. VI, ix : « Les personnes qui elevent des paons, dit I'auteur. fontcouver leurs oeufspardes poules. » (Trad. deCAMUS, 1. 1, p. 0/45.) Dans Li phrase suivante, Aristote oppose au paon les oiseaux sauvages (a^pEwv ofvMwv). On avait vu quelques paons en Grece avanl Alexandre. A Lepoque de Pericles, on en montrait un a Athenes pour de Fargent. Le paon etait domestique a Samos, avant de Tetre dans la Crece propremenl dite. (Atiienee, liv. XIV, lxx.) (2) Et notamment par Martial, dans le distique suivant {Epi- gramm,, lib, XIII, 72) : w Argiva prhnnm sum transportata carina, Ante mlfii nolum nil- nisi PhasiSj crat. t I f 4 J. ^ '■ ^'■^. ^ I OKIGirSES DES .V^■|MAyx D0MEST1QUE6. 61 P de plus, le lien de sa premiere do f\ • P tpar I'histoire. C'est dans I'Asie, soil continentale, SLilaire, que soiit repandues toates les especes du Galliis, et partieulierement le G. Bankiva dont les c f; On basses-cours de Ic Bankiva. Tetnminek, qui a le premier d Bankiva el signale son etroite parente ave( disait originaire de J d I'ont dit Philippines. Mais nous pouvons affirmer oq se trouve sur le continent de I'lnde ; et par la I presque complctement la derniere des difiiculte s qu'avait rencontrees la ™ination de roriginc du & coq C'est en effet du continent de I'Asie, de la Per (1) Log. cit., 1. 1, p. 87. — Temminck admet, du reste, d'autros «souches ou especes premieres ». (Voy. p, 69.) Avant Temminck, on prenait pour le coq primitif, d'apres Son- INEUAT {Voyage aux Indes orientales, in-8, 1782, t. Ill, p. 139), une espece rapportee de Tlnde par ce voyageur, et qui porte aujourd'hui son nom. Mais le Galhs Sonneratii s'eloigne de nos coqs par la plupart de ses caracteres specifiques. ' ■ F Une Iroisieme opinion a etc recemment emise par M. Puciieuan, iionographie des especes du genre Cerf, dans les Archives du Museum d'HistoirenatureUe, 1853, t. YI, p. ZiOO. Selon ce savant zoologiste, la veritable souche serait le G. LafayeUii, de Ceylan. Mais on ne i'etrouve pas dans nos races domestiques les caracteres qui distinguent celui-ci (la coloration du dessous du corps et des remiges secondairCvS). r (2j Pour expliquer comment le coq avait pu venir des iles de la !^onde, LiiNK supposait (ioc. at. , t. II, p. 312) d'anciennes c« relalioii;-. i i i - n "M»| ► II ! lyrl ■ N *^ \ 44MI » t t i*. 41 i 'h b -■ r \* :, i SI ■ I I *tt *H:!| 1«. t i I 4 r t t: 52 >0T101NS FONDAMEISTALESj LIV, II, CHAP. 1\. qu'il est veiiii, unpeuapres Fepoqiie d'Honiere (1), dans la Grece, qui I'a, plusieurs siecles apres, doiine a I'ltalie. Persicus gallus^ persicus aAsxrwp, disenl a plusieurs re- prises les auteurs ancieris (2), sans nous apprendre tou- tefois si le coq est venu en Europe encore a Fetat sauvage, ou deja domestique. Mais le doute ou nous laissent les livres grecs et latins est leve par un monument d'une bien plus haute antiquite, par le Zend Ormuzd les crovances des Par avail lui-meme donne aux hommes le coq et la poule (3), et la religion mazdee prescrivait a tout fidele de nourrir dans sa demeure bceuf ch (^-) coq\ « representant du salut ma- donc, depuis une longue suite de IS. Y domestique dans I'Asie en dega de I'lnd n de commerce entre ces contrees meridionales et celles du nord ». Nous n'avons plus besoin de recourir a ces conjectures toutes gra- tuites. Le seul point qui reste a eclaircir est celui-ci : Le coq Bankiva exisle-t-il sauvage jusqu'en Perse? Ou avait-il (ite importe de I'Inde r en Perse ? (1) LmK, ibid., p. 310. — Le coq est mentionne dans la Batrachu- myomachie, vers 191 ; mais il est reconnu que ce poeme est d'une epoque posterieure a Homere. ('i) Voyez parliculierement Atiienek, lib. XI V, cap. lxx, d*apres Cratinus. (3) Zend-avesta, traduction d^AJiQUETiL-DuPERROis, 1. 1, 2' part., p. Zi06. II s'agit ici du coq celeste; mais il est question, dans le m6me passage, des soins a donner au Coq. r (Zi) J. Reynaud. Yoyez sur ce point, et sur le coq celeste des Mazcleens, le savant article :^oroasfre de VEncyclop, noiiv,, 18^1, t. VIII, p. 807. Sur la tres ancientie existence du coq domestique en Asie, voyez aussi A, PiCTET, loc. cit.y p, 395. '.■^T In •* L Jt >» .'■*' 'I* ^ I * ^ ORIGINES UES AMMALX BOxMESTlQIJES. 6 etait™il venii, plus ancieiineiiient encore, dela region oii w nous le connaissons aujourd'hiii a Fetat sauvage^^l)? Autant nos coqs domestiqiies ressemblent soiivent au Gallus Bankiva, aiitaul: il est commuii de trouver dans nos coiombiers des pigeons presque identiques avec la Columba livia ; nous avons meme vu des individus re- produire si iidelement les earacteres du type sauvage, qu'il etait presque impossible de les en distinguer. Nous done affirmer la uarente de nos bi domes- tiques avec la C. livia. Malheureusement, apres ce pi mier resultat aui est loin de nous suITire, nous somu P de conjectures. Le contraints d'entrer dans le chan biset sauvage est-il la souche uni ^ multiples de nos nombreuses races et de nos innomb; bles varietes soit de colombier^ soit de voliere ? Tout que nous pouvonsdire, c'est qu'on retrouveparfois jus( dans les races les plus modifiees une partie des earacte du biset sauvage, et jamais ceux d'une autre espece. L que la diversite d'origine puisse etre prouv une presomption en faveur de la communa soit cependant permis de I'affirmer. ^ ' Nous ne sommes pas plus fixes sur le lie s J done de la pre Vol' etc douiestication da Diseon. Oiseau de arand pi e dans trois parties du monde, en Europe^ d de I'Afriq s ande p (1) On ignore egalement a qaelle epOque la pdule est veilue d'Asie en Egypte, oil on Ta possedee fort anciennement, etoii lesprocedes de Fincubation artiflcielle etaient en usage des le temps d'Aristote. (Voy, Hist, des anim., liv. VI, fi.) "■ > ■• ^ \ \' i ■■■ *■ t- # ' i(! iW Wi 1 1 '\ 4t I I I I ) i^m \' i fl I I' ■ • i vJ $4^ I t - 1 — -i^ Ji I / /. (U • If ■ I \ I m ■ i 6/1 ?S I'OlXDAMEiNTALES, LIV. II, CHAP. IX. I'Asie. Meme en siipposant la queslion de I'originc zoo- logique exactenient delerminee, la question de Torigine geograpliique resterait done eneore tres ineertaine, a moins que I'histoire ne I'eut re'solue. Or, non-seulement elle ne I'a pas fait, mais il estpeu de points sur lesquels cite nous donne aussi peude luinieres (1). En des temps r deia le pigeon domestique d ge ; et I'E rope est la seule pour laquelie sa domestication ne se perde pas dans la nuit des temps. Le pigeon n'a ete gene- pandu chez les G a-l-il ete connu epoque au v' siecle avant noire ere qu pour la pi \ t (1) L'ouvrage de M. A. Pictet sur les Arxjas, public depuis que ceci est ecrit, ne nous a pas lui-meme apporte sur ce point de lumieres iiouvelles. Sur les anciens noms du pigeon (voy. p. 399 et suiv.). (2) Cette derniere opinion est celle de Likk, loc. cit./ p. 316, et de DuREAU DE LA Malle, qui copie Link, loc, cit., p. 185. Mais M. BouRGuiN, dans la note manuscrite deja cilee, oppose a cette opinion un passage d'HoMERE {Iliade, liv. 11, vers 502 et 582), oil le poete donne a deux villes, Thisbe, en Beotie, et Messe, en La- conie, Teplthete de TroA'jTjrlpor/, mot qu'on a rendu par cohimbis abun- dans. Dos pigeons, noinbreux dans des villes, ne sont-ce pas, se demande M. Bourguin, des pigeons domesliques? Le pigeon aurait done ete deja domestique, mais assez rarement « pour que la circonstance de Telever en grand nombre servit a dis- I f » tinguer certaines localites. » Le pigeon a d'abord ete eleve par les Grecs dans les temples (comme les pintades, voy. page 58, et comme d'autres oiseaux rares). C'estde r laqu'il est passe dans les colombiers, en grec TirsftaTcpswvec; mot qui prouverait au besoiu que -Ki^ian^k etait le nom grec du pigeon, au moins son nom le plus usite, et non rpxpwv, dont neanmoins Homere a pu se servir dans ses vers. Nos poeles aussl ne disent-ils pas sou- vent colombe pour pigeon? ^1 1 i^ I " r r^ : k: f I i M I OUlGliNES tS ANIMAUK DOMESTIQUES. ^ t • blableoient des individus a plumage bl le pi affir veniis de Perse (1). Avait-on aussi introduit d'Asie en Egypte (2)? II y a lieu, non de car I'histoire est muette sur ce point, mais de ie presumer, d'apres I'ensemble des resultats auxquels conduit Fetude des races. Quel animal afrieain voyons- nous, dans la haute antiquite, passer d'Egypte en Asie? Un seul peut-etre, le chat. Nous avons, au contraire, plu- 'E exemples d'animaux domesliques donnes pari ypte : tels sont le coq, parmi les oiseaux; et p niferes, le cheval, le dromadaire d bien effacees significati Afrique de r Afrique vers I'Asie, mais de I'Asie vers vm. On vient de voir qu'd n'esl aucun de nos dix-sept doniestiq s dont I'origine zoologique ne puisse etre determinee, et qu'il en est deux seulement, le cygne et le pigeon, dont I'origine geographique inconnu. pas en pi (1) D'apres un passage de Charon, de Lampsaque, conserve par Athenee, loc. cit., liv. IX, chap. li. Les Remains paraissent avoir possede de bonne lieure le pigeon. lis' ont quelquefois employe comme messager. (Voy. Peine, liv. X, liii.) (■^) Du temps d'AniSTOTE, loc. cit., liv. VI, iv, le pigeon etait "evenu extremeraent commun en Egypte. On en obtenait douze pontes par an. III. 5 C U ^t/ rV--* ^ I k//^* w iM lu^ frt^ ■-' fr / #/ I ■-r )if' ftM 1 > t t M ^1 i I ^ jr 41 ii )f 44, / / / l-l * m ► * tr- I 1 t >r ) ft / i' it I \ i l( » » ( 1 i 66 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. IX. Nous allons etre moins heureux a regard des i feres domestiqiies : les difficultes seront souvent ici plus graves, et en meme temps les eleraenls de solution moins nombreux ; par suite, les determinations demeureront plet s reeon naitrons bientot que cette difference depend surtout d moindre fixite des caraeteres exterieurs des raammife > s couleurs ; m autre liistorique facile et particulierement de leu cette raison zoologique, 11 en est une qu'on n'a pas moins laissee dans I'oubl qu'il fut de la signaler. Les modernes, qui ont double le nombre des oiseaux domestiques possedes par les an- ciens, n'ontpasdomestique un seul mammifere. L'unique espece que I'Europe ait acquise depuis I'antiquite est le cochon d'Inde, et les Espagnols, qui I'ont donne au reste de I'Europe, n'avaient fait que I'introduire d'un pays ou il etait deja domestique. Pour les mammiferes, il s'agit done toujours de faits V anciens, et souvent d'une date tres reculee ou meme completement perdue dans la nuit des temps. Une autre difference est celle-ci. Les dix-sept oiseaux r qui ont ete reduits a I'ctat domestique existent tons en Europe : les uns sont, comme animaux utiles, dans nos fermes et nos basscs-cours ; les autres ornent nos volicres ou naaent sur nos bassins de luxe. Au contraire, des vingt • A * r etun mammiferes soumis par I'homme, une moitie seu- lement vit parmi nous. Six ne sont meme pas sortis ou se sont peu ecartes de leur patrie originaire ; trois se sont repandusen Asie et en Afrique; unestvenu deplus dans I'Europe orientate etcentrale. Les onze autres non-seule- •t ^ ^ ni — — r ORIGINES DES ANIMAUX DOMESTIQUES. 67 ment existent chez nous , mais sont trcs repandus a Is surface du globe, et peuvent etre dits cosmopolites. Ceux-ci sont pour nous d'un beaucoup plus grand in- teret, non-seulement pratique, mais aussi theoriquc, en raison de Tetendue de leur distribution geographique el de la multitude de leurs races ; et c'est a leur etude que pleter par qu de preference ; non cepe les autres especes. Les mammiferes qui ne sont encore domestiques qu'au e de leurs lieux d'origine, et vraisemblablement depuis une epoque peu reculee, sont I'yak du Tibet et de la Tartaric; le gayal et rarnidelTnde; le renne des ions circumpolaires des deux continents ; le lama, des Cordilleres; tous cinq connus a I'etat sauvage comme a I'etat domestique (1) ; et un sixieme, I'alpaca, a I'egard duquel existent, au contraire, de graves difficultes, et par suite, des opinions tres divergentes. On donne pour souche alpaca, tantot tres conjecturalement, une espece pi et dont rien n'indique mt , le guanaco , tres souche du lama sauva generalement rcffarde '& Dans la secondc de ces supposi I'alpaca ne qu'un lama plus modifie que les autres races; dan sieme, nous aurions en lui la vigogne domestique (1) Mais tres imparfaitement en ce qui concerne le gayal et I'arni. 11 en etait presque de meme de I'yak, avant que M. de Montigny n'amenat en France, en iSbli, un troupeau qui s'y est deja heureuse- nient multiplie. De trois individus de ce troupeau, donnes au Museum en 185/1, 11 en est deja ne treize k la Menagerie. ^ * f" . '1 . IP I 1 ■ i^ m. \ ! n P I i*\ «M »4 M 1 ■1 i '#» 1* SMfi f .1' .. I 1 \ i y f f !i .« f' f * u i^# '|ri \ I I i tvi^-" 68 NOTIONS FONDAMEINTALES, LIV. II, CHAP. IX. Cette derniere opinion, qui a etc celled'un grand nombre d / - / ement de Buffon ct de C par eux que d'apres des r gnenients errones plus vraisemblable elle edevenue auiourd'h Les (luatre autrcs mammiferes domest non cos- sont les chameaux a une et a deux bosses, le zebu ou boeuf a bosse, ordinairement confondu avec le bo3uf ordinaire (S), et le buffle. Tous quatre sont pri- ■ 1 ! tt F It t- \ 1 X \ (1) D'apres ceux qu'avait reQus Buffon, et qii'il a publics, Supple- mentSy t. Yl (1782), p. 211, I'alpaca serait « absolument sauvage ». On peut juger par la de la valeur de ces renseignemcnts. Ouant a Cuyier, Regne anim., 2' edit. , 1. 1, p. 258, il avait etc 1 nduit en erreiir par son frere Fred. Cuvier, qui avait decritcomnie un alpaca {d^nsVHistoire naturelle des mammiferes, in-foL, livr. de 1821) un animal qui est tout au plus un metis d'alpaca. Pour la premiere opinion de Buffon, voy. Eist. naL, t. XIII (1765), p. 16 Et pour celle de Cuyier, Menagerie du Museum d'Hist naL, Paris, in-fol., I8OI-I8OZ1, et in-12, 180/i, article sur le lama (voy. dans Fedit. in-12, t. II, p. 17/i). ' ■ (2) La vigogne est tres facile a apprivoiser, Les Indiens relevent tres frequemment et la font reproduire. Plusieurs des caracteres de I'alpaca, notamment la forme tres carac- teristique de sa tete, le rapprochent beaucoup de la vigogne, et il produit tres facilement avec elle. ' (3) Partageant encore Topinion commune, j'avais, dans VIntroduc- Hon de cet ouvrage, rapporte, sans distinction , au Bos taurus, les passages des livres anciens oii il est question du boeuf. Mais il s'est presente depuis, a I'egard de ces passages, une diffi- culte tres grave; car i! faut aujourd'hui reconnaitre que le zebu a des caracteres propres et constants, au milieu detoutes les variations pro- duites par la domesticite: resultat que mon tils Albert Geoffroy Saint-Hilaiue vienl de constaler par Tetude comparative d'un tres grand nombre d'individus existantaujourd'hui sur divers points de la V r r -^ y I ORIGINES DES ANIMAUX DOMESTIQUES. 60 mitiveaient asiatiques. Cette origine n'est contestee, ni pour le biiffle qu'Aristote savait exister sauvage en Arachosie (i \ , c'est-a-dire dans le Caboul, et que les 'Oyageurs ont a diverses epoques retrouve dans I'lnde ; ni pour le chameau a une bosse qu'Aristote et Pline placent deja en Bactriane, c'est-si-dire dans le Turkestan oil il existe eneore, ainsi que dans le Tibet ; ni meme pour le zebu, dont le type primitif resle encore indeter- mine, mais que les traditions liistoriques, d'accord avec les analogies zoologiques, designent comme primilivement indien. La patrie originaire de I'autre chameau, du drorna- daire, est certainement plus meridionale et plus occiden- tale ; mais rien n'autorise a la reporter jusqu'en Afrique, comme I'a fait recemment, dans ses cours, un de mes savants confreres, en opposantames experiences d'accli- matation une objection tiree de la pretendue impossibilite de faire reussir le dromadaire en dehors de sa patrie africaine (2). Le dromadaire est du sud-ouest de i'Asie, particulierement del'Arabie (3), ou on ne le connait pluS; I '^ I t r (I ipH m *( ill 1 I France, en AngleteiTe, en Ilollande, en Belgique et en Ilalie. Outre la bosse, le zebu se distingue toujours par le grand developpement du fanon, des formes generalement plus legeres, et une voix differente. 11 y a aussi quelques differences crAniennes. On doit done en revenir ^i ropinioii de Linne, qui avait separ6 le zebu du Bos taurus, sous le nom de Bos indicus, (i) Yoy. la Sect, xiij oil nous auronsa revenir sur le zebUj a Toe- casion du Loeuf. (2) Objection a laquelle j'ai repondu, Anim. util.^ p, lZi7 et 109. (3) Tout au plus aurait-il existe primitivement en Afrique, dans quelqiies parties voisinesdela nier Rouge ; et encore n'a-t*^on aucune iir I tm i J i it h* > r K V J- i ) u I V I )r / 4 f rf lb f I t 70 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. IX. ancienne dans Fetat de nature , mais ou son st prouvee par des temoignages irrecusables Le nadaii 3 esf appele par Aristote yJ.[xn\oq twv Apagiwv, comme son congenere )caj;//i>.o<; BaxTpiav/i (1) ; et Pline en parle de meme comme d'animaux existant de son temps, I'un en Arabic, I'autre en Baclriane (2 L r Le buffle, le boeuf, Ics deux chameaux, sont depuis Ires longlemps possedes par I'homme. Le buffle a ete sans nul doute asservi des I'antiquite (3) ; car des documents authentiques nous le montrent introduit, an vp siecle de notre ere, sur les bords du Danube et jusqu'en Italic {h) : 11 avail done traverse des lors la plus grande partie de I'ancien continent. La domestication du zebu et celle des deux chameaux est bien plus ancieDne, et il serait impossible de leiir assigner preuve de cette origine, comme Fa fait voir Desmoulins, Sut la patrie du chameau aune bosse, dans les Memoir es du Mus. d'HisL nat., t. X, p. 221, et dans rarticle Chameau du Dictionnaire classique d'Hist, nat, t. Ill (1823), p. /i53. Malgre toute son erudition, E. Quatremere, qui croyait le droma- daire africain. n'a pu parvenir k Irouver un seul argument de quel- que valeur a I'appui de son opinion. Cons, son Memoire sur Ophir, dans les Memoires de I'Academie des inscriptions^ t. XV, 1845; voyez p. 39Zi. (1) Loc. ciU, liv. II, I. (2) « Camelos inter armenta pascit OrienSy quorum duo genera^ » Bactrice et Arabice. » {Lib. VIII, XXYI.) (3) Mais non tres anciennement- Aristote n'a connu le buffle qu'k I'etat sauvacie. M Buffi. ., \ Sac. imper. d'acclim.^ 1857^ LIV, p. /i70. 'h I n '; : . _v 1 ^ _ .- ^.^ y. ORIGIINES DES AIMMAUX BOMESTiaUES. 71 iiieme approximativement une date : elles se perdent com- pletement dans la nuitdes temps. Aiissi ees trois raammi- ieres se trouvent-ils aujourd'hui repandiis sur une tres grande partie de la surface du globe. Le chameau a une bosse s'elend sur plus de la moitie de I'Asie, remontant au nordjusqu'au lac Baikal; le dromadaire s'est avance, en Afriijue, Jusqu'au Senegal, et le zebu couvre, de ses races tres nombreuses el tres diverses, presque toutes les con- trees cbaudes de I'ancien continent. 1^ ^ Eji- m (VI J I 1 ., !, IX. 1 Les dix mammiferes que nous venous de mentionner sont tous des herbivores, du groupe des ruminants. Parmi les onze que nous possedons, se trouvent encore six herbivores, dont trois ruminants. Les cinq autres sont des carnassiers et des rongeurs. Sur ces memes animaux, huit, le chien, le chat et les six herbivores, sont domestiques de temps immemorial ; deux autres ont ete asservis dans I'antiquite, ee sont le furet et le lapin. Le onzieme, qui est le cochon d'Inde, a c(e domestique en Amerique a une epoque qui resle indetcrminee ; son introduclion en Europe dale du com- ■ meneement du xvi" siecle. r Gooime pour nos oiseaux domestiques, nous commen- cerons ici par le dernier venu. C'est Gareilasso de la Vega qui dous appreiid i'existence du eoclion d'Inde «' i I 1] I ) 1 * i«4 I! I I I *t i il mf T 4 i « . V a -t r *t ♦ « f ( - - ■- ■-_■£ , /f > ^J i fPJrw 1 J MV^ t iif V it >l * fW»' I i r .\ V *< f i ,0 V * X -^ r' ■>. \ J J I 72 NOTIOINS FONDAMENTALES, LlV. II, CHAP. IX. domesHque chez les Peruviens (1) ; et n'eussions-nous pas ce temoignage, ce que nous savons de son ctat au xvi" siecle atteste suffisamment que si le cochon d'Inde etait alors nouvellement introduit, il n'etait pas recemment domestique. Peu d'annees apres I'expedilion de Pizarre, on le voyait deja tel qu'il est aujourd'hui,^ c'est-a-dire a pelage bigarre de blanc, de noir et de roux, et variable d'un individu a I'autre : preuves non equivoques d'une domesticite deja ancienne. On ne peut non plus douter que le cochon d'Inde ne soit issu d'une espece du genre cobaye; mais est-ce bien de I'aperea, comme on I'a admis d'apres Azara (2)? II e(ait nalurel de le croire, tant qu'on ne connaissait pas d'autre cobaye sauvage , par conse- quent d'autre souche dont on put faire sortir nos races domesliqucs. Mais, depuis trente ans, plusieurs natura- lisles et nous-meme avons decrit de nouvelles especes de cobaye, tres voisincs aussi du cochon d'Inde, et Ton en decouvrira sans doute encore d'autres. Pour oue Ton nnt pte especes, il faudrait que le cochon d'Inde reproduisit parfois les caracteres de son type primitif, ce qui n'a jamais lieu, surtout pour t I (1) Ilistoire des Ynlms, trad, par Baudouin, Amsterdam, in-lS, 1775, t. II, p. 526. Garcilasso parle des cochons d'Inde comme de .( petits lapins champetres et domestiqiies »^ appeles coy^ et tres diffe- rents « de ceux d'Espagnc >^. Coy ou cuy est precisement le cri du codion dlnde : il s'agit done bien ici de ce rongeur. (2) Voyages dans VAmerique meridioimle , piiblies par WalckenaeRc Paris, in-8, 1819, 1. 1, p- 315. Plusieurs auteurs ont eu le boil esprit de n'admettre qu'rivec doute ia determination d'Azara. Voy. particulierement Cuvier, Regno anim.^ t. I, l^'' edit., p, 213 ; 2« edit., p. 220. f >f i > |H^» I -^. a*',/ ORIGINES DES ANIMAUS DOMESTIQUES. ticulier n'elre, on mieux, n'est Oil, au moins, qu'on connut plus exacte- 3S de la patrie de chaque espece, et en par- de I'aperea ; rongeur qu'on sait etre tres resil, mais dont ('existence au Perpu reste pour ne pas dire plus. L'aperea peut done blablement qu'un des congeneres, et non I'ancetre de nos cochons d'Inde. La question d'origine n'est pas non plus sans diffieulte pour le furet. Gen(^riquement, ce carnassier est un puto rius; mais qu'est-il specifiquement?Faut-il voir en lui L putois ordinaire, a I'etat domestique? La plupart des au teurs, et a leur tete Linne, Buffon et Daubenton, ont ni< D radmetlre. Les ences anatomiques qu'on poi ■oy furet et le putois semblent tresparfaitement» f2 furel putois par leurs couleurs. iMais I'h » « plique la question d fficulte qui, heureusement, n'est pas pour ble. StrabonetPlinc(3 parlentd'un petit quad \ (1) Daubenton, Hist. nat. de Buffon, t. \'II (1758), p. 218 et 221, avait signale, outre quelques differences sans importance, I'existence d'une paire de cotes de plus cliez le furet (15 au lieu de l/i). Mais les squeleltes du Museum n'ont que IZi paires de cotes. — Ce fait a dejii ete remarque par Blainyille, selon lequel on trouve chez le furet « absolument le merae nombre d'os, et dans les memes proportions » et avec la raeme forme » que chez le putois. (Voy. OsUographie, Alustelas, p. 13.) (2) Daubenton, ibid., p, 215. Voy. aussi Buffon, p. 209. (3) Strabon, Geographic, liv. 111.- PumE, /oc.cjV., liy.YIll, Lxxxr 9 .4 -i- -^J J /. '^ / A** I ■ / ) 1 \ I ¥ i I f i. ti !)( J I L V *w « I P >y I M 1| ( I - f H ^1 |b> t * I fTl H I 7/1 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. 11, CHAP. IX. pMe que le premier appelle yaV?,, et le second v dans lequel tons les auteurs ont, non sans fondc furet. Les Ro cbasse dii i furet. « On rintroduit, d P le faisons du s terriers qui » saisit a leur lusqu'ici nulle difficulte; mais Strabon, qui fait le meme recit, y ajoute I'indication de la patrie de la yakri : r, Ai^ju-n (pspei (2), dit-il expressement. La jvlri etait done du nord de I'Afrique : region oii le putois n'estpas connu. L'y decouvrira-t-on ? Ou Sirabon n'au- rait-il pas ici eonfondu le furet avec une espece africaine, comm'el'a fait, dix--buit siecles plus tard, Buffon lui-meme en prenant le nimse pour le furet sauvage (3)? , Strabon et Pline parlent, conime on vient de le voir, du lapin en meme temps que du furet. L'exact Polybe et Elien (fi lap k I I f r i t E I 1» ■i 1 ^ « i y ■ ■ 1 i' »f mt i ki' «^tV [ i) Traduction de Gueroult, 1. 1, p. Ml. (2) TficpcL, selon ime autre lecon; ce qui reviendrait au meme. TdXri a^pta, dit Strabon ; car le mot yxir^ avait chez les Grecs une valeur generique. On nourrissait souvent dans les maisons une des cspeces comprises sous cc nom; espece qui scrait la fouine, selon Bureau de la Malle, Recherches sur Vhistoire ancienne des animaux domestiques, dans les /Inn. des sc. naL, \S'29, t. XVII, p. 178. — Surle sensdu mot ^aX-?;, voyez aussi un remarqualjle memoire de M. Bazin, insere dans les Actes de la Societe linneenne de Bordeaux, 18Zi3, t. XIII, p. 97. (3) Log. ciL, p. 210. Buffon avait ete induit en errcur par Shaw, Voyages en Barbaric, ivad, fran^., la Haye, in-/i, illxo, 1 1, p. 323. Le nimse, nims ou nems, est une mangouste, comme I'a su plus tard Buffon, qui I'a fignve Supplem. , t. Ill, p. 17/i. (4) Polybe, Histoires, liv. Xll. Elien, Histoire des animaux, ^ >k-_ j.F-"__ $ II \ ArA., :-, ^.^ ■V./- -^: '< - ^ *- v"7 .- t\ \ ORIGINES DES ANIMAUX DOMESTIQUES. 75 passe sous silence par Aristote et de ce silence, il resulte que h ^ temoig Gr etait peu Corse habitait I'Esp /' Cost en Espagne qu'il parait avoir etc d'abord domestique ; de la qu'il s'est bientot repandu une grande partie de I'Europe, ou il a peu tarde a se multiplier aussi a I'etat sauvage. On salt que le lapin a ete appele par les anciens cuni- cuius, /tovi/.o<;, y/jvixlog. Ces noms, d'apres Pline etElien, ne sont que les formes latine et grecques d'un mot ibere ; ils temoignent done aussi de Forigine espagnole du lapin (S). liv. XIII, XV. filien dit le lapin noir; il I'a done vraisemblablement r decrit d'apres des individus domestiqnes. (1) Camus, loc. cit., t. II, p. 277, a le premier demontre (contrai- rementa I'opinion de Buffon, Hist, nat., t. VI, p. MO) qu'Aristote n'a pas connu le lapin. — A I'appui dela non-existence du lapin en Grece, voyez Polybe qui, dans le curieux passage plus haut indique, parle du lapin comme d'un animal encore a peu pres.inconnu de son temps. Polybe s'attache a le distinguer du lievre, avec lequel, dit-il, on le confond de loin; mais « en le prenant a la main, on recon- >' nait aussitut qu'il est d'une autre espece. » (2) Au premier siecle avant notre ere, le lapin sauvage existait aussi dansle midi de la France; il y etait meme extremement com- raun. Strabon nous dit que ce «pernicieux animal » etendait ses ravages depuis I'Espagne jusqu'ii Marseille. C'est pour repriraer cette excessive multiplication qu'on avait introduit le furet. II parait que le lapin etait encore plus commun aux^iles Baleares. Pline nous en montre les habitants reduits a implorer I'envoi de troupes contre les lapins : Auxilium militare a divo Augusto pe- titum ! (3) Nous devons dire que CtviER, apres avoir admis cette origine, ) I / ^:::- .J' :€ l^ n n f^' ^ y ^ ? / ,^f \ I i i \ 4 ■J Vx / I V f s / I" < 4 i il l>8! ^M w m M I ii t ? 41 k fi ir f i 76 NOTIONS PONDAMENTALES, LtV. 11, CttAP. IX X. I 1 ps ' §>.« ►- S' Y J ■»' * ' ' I: N f? *f ''1 f ♦J fe4\» 'i M 1 Parmi les huit mammiferes possedes par riionime de r temps immemorial, il en est deux dont on pent encore determiner, sans tropde difficulte, I'origlne zoologique et geograptiique : tels sontle cheval et I'ane. Des la plus haute antiquite, nous voyons le pre- mier au pouvoir des cinq grands peuplcs de I'Orient : les Cbinois, les Indiens, les Perses, en ont souvent parte dans leursanciens livres, et il est tres freqaemment figure sur les monuments de I'Assyrie et de rEgypte. En Asie, en particulier, la domestication da cbeval scmble se perdre dans la plus profonde nuit des temps. Ainsi que nous I'avons dit aillcurs d'apres le Rig-Feda et le Chou-king (i), les Indiens, aussi loin que peuvent remonter I'liisloire et les traditions, avaient deja des clie- vaux tres varies de couleur; et les Gtiinois cbez lesquels le cbeval avait eteintroduit ("2), I'employaient deux mille Regneanim., l"edit., t. I, p. 211, 1'a revoqueeen doute,/6^■c^., I'M., t. 1, p. 217, et dans inie note du Pline de M. Ajasson de Grand- SAGiNE, Paris, in-8, t. Ill, p. 559. Dans cette note, Cuvier explique le motif de son doiite : il croit reconnaitre le lapin dans un animal mentionne par Xeis^ophojx, Cyne- (jetiques, chap. V. Mais rien n'autorise h penser que ee passage s ap- plique a notre espcce. C'est par erreur que Cuvier dit le lapin (dres bien decrit » dans ce passage. (1) Tome I, Introduction historique, p. 10 eti2. (2) Nous lisons en effet dans le Chou-king: « Le Tai-pao (grand » personnage) dit : Un chien, un cheval sont des animaux Hranyers ii » notre pays. 11 n'en faut pas nourrir. >> (Trad, du P. Gaubil, in-^, 1770, p. 175.) I ( ^ ^ ■ ■ J ■ *'i"- -^ ' - --» ~ :^^ ■* I I r "\ I ^ ans avant dans cein de meme ORIGINES DES ANIMAUX DOMESTIQUES. f notre ere dans les travaux de la guern de la naix. La domestication du cheval 77 haut les Perses liq Zend- Avesta^ et en particulier le Vendidad, ne nous laisse pas pins de doute pour les peuplcs en dec/d de I'Jndus que les Fedas pour les Indiens. L'ane passe generalement pour moins anciennement domestique que le cheval, et nous n'avons aucune objec- tion a elevei opinion que nous ardons comme vraisemblable, mais rien de plus. Ce qui est cer- tain, c'est que nous trouvons I'anesoumis aussi a rhomme depuis la haute antiquite; mais non plus aussi genera- lement que le cheval, et surtout moins loin en Orient. C'est particulierement dans le sud-ouest de I'Asie et en Egypte que l'ane est de bonne heure domestique. Peut- etre meme I'est-il ici avant le cheval. Si les monuments egyptiens qui portent egalement les figures de I'un et de 1 'autre ne nous apprennent rien a cet egard, la Bible est tres explicite en faveur de I'anteriorite de Fane, comme deja nous I'avons fait remarquer (1) : a partir du voyage ,d' Abraham en Egypte (2), l'ane figure presque a chaque page dans les recits de la Genese ; il n'y est question du cheval qu'a I'epoque de Joseph (3). (1) Introd. histor., p. U et 5. (2) La Genese, xii, 16, cite rSne comme un des animaux donnes k Abraham en Egypte. (3) Nous nous felicitons d'avoir re^u le livre de M. A. Pictet sur les Aryas (voy. p. Zi3, note), assez tot pour pouvoir citer, a I'appui de ce qui precede, quelques-uns des resultatsde ses savantes recher- ches philologiques. M. Pictet n'a trouve ni dans le Sanscrit, ni dans le + zend, et il pense qii'il n'existait dans la langue des Aryas, aucun 1 I li ii ; ! I 1 I 14 m lilt I «4 4\ i •1 i II i I i i I ^ I wM ^ m I i '^ »*^ It M i i 4i^ ^ ^ !» It* * 78 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II. CHAP. IX. Si I'Asie centrale et orientale, d'une part, le sud-ouest de I'Asie et le nord-est de I'Afriqiie, de I'autre, sont les regions dans lesquelles le cbeval et I'ane ont ete primiti- vem^^nt ouprincipalementdomestiques, nous sommes con- duits, par une induction legitime, a chercher dans ces memes regions les patries originaires de nos denx soli- pedes. Or c'est precisement la que nous les trouvons ctablis de temps imme'morial : le cheval sauvage habile I'Asie centrale, particulierement la Tartaric ; etTonagre s'etend de I'Asie jusque dans le nord-est de I'Afrique (Ij. II est vrai que des animaux domestiques viennent parfois F f \ I 11 n \ f mot dont on puisse faire venir les noms europeeos de Tane : Svo-^ asinus, dne, Ass, Esel^ sont autant de derives de I'ancien nora hebreu de r^nesse, aton, ou d'autres formes semitiques dii meme mot. Au contraire, IWo; (forme eolienne, 'U'^o<;), equiis, et presqiie tons les autres noms du cheval sont d'origine arienne, selonM. Pictet. Aussi conclut-il comme nous : « Nous trouvons le cheval associe k Thomme « Chez les peuples les plus anciens Le Sanscrit n'a pas moins » de IZiO a 150 noms pour lui (p. MU et 3Z(5). ^j Mais (p. 35Zi), c( rien y> n'indique d'une maniere certaine que les anciens Aryas aient » (comme les Semites, ajoute M. Pictet, p. 356) dompte et utilise. » I'onagre. » Les resultats auxquels conduit la linguistique comparee concordent doncparfaitement avec ce qui precede, et avec les indica- tions dejk donnees dans notre Introduction his tor ique. Nous n'avons pas besoin de dire que le cheval avait ete introduit en Grece dans des temps tres recules, lors de la fondation d'Athenes, et par Neptune, selon une fable qui semble indiquer une importation maritime. L'4ne a aussi existe fort anciennement en Grece, comme le montre une comparaison tiree par Homere {Iliad,, liv. XI, vers 558 et suiv.) d'une de ces scenes populaires dont nous sommes encore chaque Jour temoins. (1) Ce point m'ayant ete conteste par mon savant ami le prince Ch. Bonaparte (dans les Compt. rend, de VAcad. des sc, t. XLI, '; t \ i r^ ..:- \ > ( I I I ORIGINES DES ANIMAUX DOMESTIQUES. 79 recruter les troupes sauvages; mais rien ri'atitorise a croire qu'elles ri'aient pour origiries, corame on I'a sup- pose, que des chevaux et des anes echappes (1). Ajoutons que la sitaalion des lieux ou vivent le cheval et I'ane sau- vage de parfi ce que nous savons di phique de I'ensemble G'est TAfriquc qui est ? Pt pati des especes zebrees; TAsie, de celles qui p. i220)j j'ai rassemble {Ibid., p. 1221) plusieiirs temoignages his- toriqiies qui etablissent Texistence de Fane sauvage en Afriqne depuis rantiquite jusqu'a iios jours. Sur ronagre, et aussi sur le cheval sauvage, voyez Bureau de la Malle, Histoire clu genre Equus, dans les Ann, des sc. nat.^ 1832, t. XXVJI, p. 5. — II y a relativenient k I'onagre, souvent confondu par les auteurs avec d'aulres solipedes, des difflcultes dont Bureau n'a pas assez tenu comptedans ce travail. Pallas lui-meme, malgre sa science egalea son erudition, n'a pas loujours surmonte ces difflcultes dans ses divers travaux sur les soli- pedes. (Voy. ses Voyages, s^ Zoographia rosso-asiatica, etsurtoutses Neue nordische Beitriige, Pctersbourg, 1781, t. II, p. 1 et 22, et son memoire sur VAne sauvage, dans les Acta Academice scientiarum petropolitanw, ann. 1787, part. II, p, 258.) (1) Rien, surtout, ne justifie une hypothese emise par Hamilton Smith, Horses (Edimbourg, in -12, 18Zil, dans The Naturalises Libranj), pour expliquer la tres grande diversite de caracteres, et parliculierement de couleurs, qu'on observe chez les chevaux. Ces animauxdescendraient, selon Smith, de plusieurs souchesou especes primitives, aujourd'hui confonducs entre elles, par suite d'innom- brables croisements. Parmi ces especes primitives, Smith a ete jusqu'a en imaginer une pajiachee, qu'il appelle Equus varius! Un savant d'une plus grande autorite, M. Fitzinger, a recemment repris, en la modifiant, mais sans la justifier davanlage, I'hypothese de la multiplicite desorigines du cheval domestique. (Voy. Versuch Pferdes Wissenschaft 4 l}M m 11 it' I M k\ H 11; u* I If^m i M litt « » i t ■> f i / V i 11* L k i 1^ 80 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. 11, CHAP. IX. imifornie (1). Ou done, a ce point de vue encore, devions- nous chercber les patries primitives da cheval et de Tane, si ce n'est precisement ounous vcnons de les trouver? Le clieval, de couleur uniforme, est asiatique ; I'ane , intermediaire entre les especes concolores et les especes zebrees(2), est aussi intermediairement place, partie en Asie, partie en Afrique. I tn¥ 4-1 fr H i i w h r* t !f * »V I \ Ifet t XI. Tandisquele cheval et I'ane appartiennent a un genre propre, dans I'etat de nature, a I'Asie et a TAfrique, nos autres herbivores domestiques se rapportent a des genres comnmns aux trois parties de I'ancien continent. Comme nous avons le cochon, la chevre, la brebis et le bcieuf dans nos demeures, nous avons le sanglier dans nos forets, le bouquetin et le moullon dans nos montagaes; et si I'au- rochs ou bison d'Europe n'est plus, comme au temps de Cesar, dans la foret Hercynienne, il se retrouve encore en Lithuanie et en Moldavie. Sont-ce la de simples rencontres ? i (1) Depuis que j'ai appele rattention sur ce fait general {Sitr le genre Cheval, et specialement sur riiemione, dans les Nouvelles An- nales du Mus. d'hist. nat., 1835, t. IV, p. 98), la noiivelle espece que j'ai fait connaitre sous le nom d'hemippe {Eqims hemippus), est venue fournir un exemple de plus. L'hemippe, qui est comme le cheval et Themione, de couleur uniforme, est, comme eux, propre a TAsie. (Voy. les Compt, rend, de I' Acad, des sciences, 1855, t. XLI, p. 121Zt.) L (2) L'anesauvage n'a pas seulementla croix, qui est un commen- cement de zebrure: il a le bas des jambes zebre, ainsi qu'on pent le voir sur Fonagre de la Menagerie du Museum. -I -I ^ ■ "^' ^W ^ H-.- r URIGIA'ES m$ ANIMAUX DOMESTiaUKS. Oil aurions-nous encore, reunis dans notre Europ ascendants sauvages et les descendants domestiqiic Cctte derniere supposition a ete admise avant etude scientifique, et les noms memes da bouquetin dc I'aurochs (2) en font foi. Les naturalistes eux-m jusqu'au milicQ du xvnr siecle, n'ont nas 81 toute et / ., / » hesite d'aller cherclier au loin les qu'il n'y 3tres de beta quand nous avons autour de nous des animaux qui blables ; ei sans discuter la question, on I'a Le bouquetin des Alpes et I'aurochs de Ger~ V manie ont declares les peres de des boeufs; et si ces erreurs, rectifiees I'une par Giildenstadt et par Pallas (3) science, le san par Cuvier disparn de de nos forets et le mouflon de Corse y h: s domes tiques (5) des pores et des On a peine a concevoir que ces pretendues filiatio 'lit pu etre si longtemps acceptees, malgre les demen s (1) Bouquetin n'est qu'une forme corrompue du mot germanique Sockstein, ou mieux Steinhock (bouc des rochers). (2) En allemand, Urochs, et plus ordinairement, Auerodis (boeuf primitif, originel). (3) Voyez ci-apres, p. 87. (4) Voyez la Section sii. (5) Le loup de nos forets a de meme ete considere comme la souche du chien, et le chat sauvage comme celle du chat domestique. De ces deux opinions, la premiere a etc abandonnee, mais la seconde est encore aujourd'hui tres generalement admise. (Voy. les Sections xm et xiv.) Parmi les oiseaux, on a fait descendre la tourterelle a collier de la colombe des bois, le cygne domestique du cygne sauvage d'Europe, etc. (voy. ci-dessus la Section vi.) HI. 6 r ,1 liiiti I (9 M n \ ! I I I \'-' Uf •i I ^ 4 I * t 4 M \ -^ — "^' 9 > * ' 1 I i 1. ^- fll » r I I ■k L Mil ) ;^' 4t I I Ml •» i I I ■—^^/' r .^ ^ -y 'V- j^ ^»»- %- V |r- *rfs ^A ^'^ «- -Hh^ # * .'*■ Ih } ^ -^ r t M 1 ^- \- I* A.; i f '^ tf '\ V. \ 82 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. IX. r (lonnait I'histoire. Comment I'Occident, s f. f a ete peuple et civilise apres et par I'Orient premieres domestications / . / domestications ont ete plies, comment les races d'abord soofflises a Fhomme auraient-elles pour anceires des especes de rOccideiit ? Ces deux suppositions sont egalement inadmissibles , et c'est manifestement faire coder le fleuve vers sa source, que de faire descendre tout le betail de Tantique Egypte et de I'Asie ante-historique des animaux de notre jeune Europe. Nous nous associons done pleinement, au moins d'une maniere generate et sauf quelqaes restrictions partielles, aux efforts deia fails par plusieurs auteurs pour demon- trer rorigine orientate, \ ' ■ , de la chevre et du moutoi ? i surtoLit asiatique, du cochon, et aussi, comme nous le verrons _ ^ -- rn bientot, du chat et du chien (1). Nous croyons meme dela, et restituer a I'Asie le b(Buf ; le seul entre tons les animaux tres anciennement domestiques, dont I'origine orientate fut restee generalementmeconnue. C'est Link qui a, le premier, insiste sur I'origine orientate du cochon (2), mais d'apres des arguments fort contestables. D'Aristote (3) a Pline(4), et de Pline a f » I I I m 1 4 I w « nf * i ^¥ ,^1 mi ^ (1) A ces quadrupedes peuvent etre ajoutes trois aiitres animaux tres anciennement venus d'Asie en Europe, la poule et le pigeon (voy. la Sect, vii), et lever k soie (Sect. iv). (2) EUe avait ete entrevue par Zimmeumann, loc. ciL, p. 151 et suivantes'. (H) En divers passages de VHistoire des animaux. Le sanglier est habituellement appele par Aristote, le cochon sauvage, h a^ptc^ (Zi) Log. cit., lib. VIII, Lxxix. Varron, /oc. oit.i lib, II; I. Parmi les Latins^ citons aussi t .- ') - - 1 ..-. ri --, '' :•-..'■ r-V ' I i-t ■f I \ ORIGINES DES ANIMAUX DOMESTIQTJES. 83 dans les races porcines des derives do sanglier d'Eiirope. Link, et d'apres de la Malle, les font descendre d'un sanglier oriental ; perse et egyptien, selon Link ; indien, selon Bureau; et qui est, disent-ils, d'une autre espece (2). II y a, en effet Orient, des sangliers differents du notre, mais par des caracteres d'une si faible importance, que la diversite specifique de ces anitnaux est loin d'etre admise. Blainville lui-meme, oui a fait v. [ V pu ? its de la question, dit n'avoi d'Europe et celui de I'lnde de rappoi d'espece » (3) J done plutot qu'a I'autre nos races por qui sont, les unes egalement voisines, les autres egale- ment distantes du Sus scrofa et du S. indicus. Mais oii Histoire indecis, Vh ^ (1) Begne anim., 1. 1, 1- edit., 1817, p. 235 ; 2« edit., 1829, p. 243. (2) Link, he. cit., t. II, p. 299. — Bureau de la Malle, Ecomm. polit. des Romains, loc, cit., p. 137 ; tres certainement, d'apres Link, quoique Bureau ne le dise pas. Avant ces auteurs, Frederic Cuvier, d'abord partisan de I'opinion commune (voy. I'art. CocJwn du Dictionnairedes sciences naturelles, t. IX (1817), p. 512), avait emis le doute que « toutes les varietes » fussent issues du sanglier commun. . (Voy. VHist. nat. des mamm., Cochon de Siam, 1S20.) Rien de plus ici que I'enonce de ce doute. Mais d'apres Bureau (^•6^•d.), Fr. Cuvier aurait plus tard, ainsi que lui, considere le Sus indicus comme la veritable souche des races porcines. Besmoulins, dans I'art. Cochon du Diet, class. d'Hist. nat., t. IV (1823), p. 271, a reproduit le doute emis parFr. Cuvier, et essaye, le Pi'emier,de lejustifierpar des remarquesqui ne sont pas sansvaleur. (3) Loc. cit., Des cochons et sangliers, p. 130. \. / \ i f iif I ! i ] j«l M ! II 1 ! ^ r I>I9 m M 'M f»] \ I ■* I f 't i4M |l>- t i ( II ■I * n ". Iv n I J b * 9i i iK- * : K w V \ f- i* i lif : i- > i > i / f \ h f A !. C R 8/1 >'OTIO]NS FONUAMEINTALES, LIV, II, CHAP. IX. de Ol ancienne- ment domestique. La Grece I'a possede de tres bonne heure, comme le prouve, sinon VI Hade, ou le est a peine indique pliisieurs reprises du Et cochon Odyssee^ ou il figure it a une epoque bien plus reculee encore en Orient j temoin, pour I'Asie occi- dentale, les prohibitions du Deuteronome, et pour la Chine, divers passages de I'antique Chou-king (1). Selon le premier de nos sinologues, la domesticite du cochon dans 1' extreme Orient daterait au moins de quarante-neuf ^ siecles ( liers d'Europe no sont done pas les peres des 2V. s de cochons de rx4sie et de I'Egypte ; et ce son les cochons d'Europe qui descendent d( I'Asie. Mais les races porcines ont-elles toutes cette meme origine? Les cochons de I'Oceanie, par exemple ceux des lies de la Societe, ne sont-ils aussi que le sanglier d'Asiemodifie? Question insoluble, tant qu'on ne con- ^ i ' L mt (1) Comme on Fa vu, Introduction, p. 10. C'est, au contraire, en vain que j'ai cherche le cochon dans les Nackas et dans les Vedas. Le cochon parait avoir existe tres anciennement en Egypte. (Voyez Herodote, Euterpe.) (2) Stan. JuLiEN, note coramuniquee a Blainville ; voy. VOsteogr., he. cit., p. 163. — On trouve dans VOsteographie plusieurs autres preuves de I'antiquite de la domestication du cochon en Orient. Blain- ville croit que cette domestication a d'abord eu lieu en Mesopotamie; mais rien ne justifie la designation de cette contree, de preference a cVautres plus orientales. *, * I ( r * ORIGINES DES ANIMAUX DOMESTIQUES, 85 naitra pas mieux, et les races oceanieniies, et les sus saii- vages de la Noiivelle-Guinee et de Celebes : especes propres a ces iles, selon plusieiirs aufeurs (i); simples races sauvages, issues de cochons domestiques, selon d'autres, et parficulierement selon Blainville (2). I/antique existence de la chevre et du mouton chez les peupl pas plus douteusc que celle du cochon. La Genese mentionne des ses pi mouton, bientot apres la chevre ). Tous deux sont nommes dans le Zend-Avesta et dans les Fedas, et re- presentes sur les monuments de I'Egypte, ou Ton voifc meme parfois des individus tres modifies. Le mouton est de plus cite dans le Chou-Ung. En sorte que, des la plus haute antiquite, nous voyons la chevre repandue de I'Egypte a I'lnde, et le mouton dans tout I'Orient, la Chine comprise. La chevre ne descend done pas d'un de nos bouque- tins, ni le mouton de notrc mouflon d'Europe, conime (1) M. FiTZlNGER, Ueber die Racen deszahmen oder Hausschweines {loc. cit., t. XIX, n" 10, avril 1858), est im de ceux qui considerent le Sus papuensis comme line espece distincte et comme une des souches du cochon. Ces souclies sont, selon le savant zoologiste, au nombre de six. Parmi elles serait un pachyderme qui ne fait pas ra^me partie du genre Sus proprement dit , le Chosropotamus ou Potamochcerus penicillatus, de I'Afrique occidentale. C'est alter cliercher bien loin, zoologiquement et geographiquement, I'origine des races porcines. L'auteur ne justifle nullement ces vues plus que liasardees. (2) Loc. cit.^ p. 131. (3) Pour le mouton, chap. IV : Abel pastor ovkm, lit- on au 2*^ verset. Yoy. aussi chap, XII, 16, etXlII, 5. — Pour la chevre, chap. XV, 9, ' 1 I r I I / 5 Jtif H > iin i n< I i») * 1 ■I. J V I f L r! - 'A> M / ■'1 \ r \ ■H \ *ii ■ 1 \ f ^* , f ! y ^ \ V p r t' i I / 86 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. IX. ■^ I'avait cm Buffon (1), et comme on I'a repefe jusqu'a nos jours, qiioique Pallas Vit depuis longtemps releve ces erreurs (2). Les fails de I'llistoire naturelle concordent ici avec les donnees de I'hisioire, et confirment les conclusions aux- quelles celles-ci conduisent. lis ne le font toutefois ard des que d dans rOrient pliisieurs mouflons dont approcbent aulant que de espece, mais sans qu'elles attachent a aucun d'eux en pa mouflons par une similitude plus marquee de Nous n'avons d'ailleurs sur ces fort difficiles a distinguer entre eux et a caracteriser par rapport a ceux d'Europe, que des connaissances insuf- fisantes. Aujourd'hui, comme il y a trente ans, nous croyons prematuree toute tentative de determination spe- cifique de la souche on des souches des moutons. Nos races ovines sont originaires d'Orient ; c'est a pen pres tout ce que nous pouvons en dire (3). La question est moins obscure a I'egard des cbevres. I ! ir •iif r m. \\ -% II r ■^ (1) Hist: nat., t. XI, p. 363, pour I'origine des races ovines, et _ _ X t. XII, p. lZi9, pourcelle des races caprines. Nous laissons de cote les vues inadmissibles de Buffon {Ibid., p. 157) sur le chamois considere comme la « tige feminine » de la chevre. Pallas les arefutees, Spic zooL, fasc. XI, p. 38. (-2) Ihid.,T^. I6et/i3. Toy. A. PiCTET, loc. cit, p. 357 et 365, pour les anciens noms asia- tiques du mouton et de la chevre. Ces noms sont venus en Europe, avec les animaux qui les portaient. Ovis, capra (par consequent chevre), etsurtout Bock, bouc, etc., sont des formes de ces noms primitifs. (3) L'argali a ete considere, d'apres Pallas, Spicil. f> » •i \ » •^i I 4 4 » OUIGINES DES ANIMAUX DOMESTIQUES. 87 Nos races caprines descendent certainementj aii moins en grnnde parlic, de la Capra cegagrus^ des montagnes de la Perse et de I'Asie IVlineure ; ce que Giildenstadt, Pallas, . et, d'apres Pallas, Cuvier, avaient deja admis et rendu tres r vraisemblable (1) ; et ce que M. Brandt a acheve de de- montrer dans \m memoire special, ou il indique en meme temps^comme seconde soucne, la Capra Falconep\ des p. 3 et suiv., comme la souche unique ou priucipale des races ovines. Voy. notamment Tilesius, De cegocerote argalichy dans \t^Nova Acta naturw curiosorum, i82li, t. XII, part. I, p. 128J . Mais Fargali n'est pas la seule espece asiatique a laquelle on puisse rattacher ces races. Elles ressemblent, par exempie, tout autant k un mouflon rapporte de FAsie iMineurepar M. de Tchihatciteff, men- V tionne par ce savant voyageur, Asie Min., lac. cit,, p. 726, figure .pi. IV, et decrit par M, Valenciennes, «6xd., p. 727, et dans les CompL rend, de VAcad. dessc, t. XLIII, p. 65. On ne connait mal- heureusement qu'un jeune male, et Tespece reste encore incomple- tement delerminee. Vovis tragelaphus, ou le mouflon a manchettes du nord et de I'est de TAfrique (figure par mon pere dans la grande Description de I'Egypte, Hist, nat,, Mammif.,pl VII, fig. 2, d'apres un individu tue pres du Caire), ne serait-ii pas aussi une des souches du mouton? Quelques races d'Afrique reproduisent les dispositions ires caracte- risliques du pelage de cette espece. 11 est bon d'aj outer que, chez le mouflon a manchettes, la laine se produit chaque annee spontane- ment en assez grande aLondance pour apparaitre a travers les poils ordinaires (remarque fai(e d'abord parM. F. Pkevost). Nous avons decrit avec detail cette belle espece (mais avant de Tavoir yue vivante) dans Fart. Mouton du Diet, class, d'liist. nat., 1827, I. XI, p. 26Z(, (1) Voy, Gueldenstaedt , Schacal. histor.^ loc. cit., p. /i52. Pallas, Spicil. zooL, fasc. XI, p. /i3, et Zoograph., t. 1, p. 22(3. CuYiER, Begne aniw., t I, V' edit. , p. 265 ; 2^ edit. , p. 275. Voyez ri aussi Menag. du Mus. Les individus figures par Cuvier nc sont pas des egagres purs. t 1 \ 1 H Hf f I 1 1 Ml it 1 ^ 4 u 4 1 Mi k 1 I * AMhL / i i'V li. ^ I ^ i 4 r s \ M till* I * H( ft tM t !;.. t _ , b ^Wlfli ^< f ^^ ii .Jt'O-i i'f :i ' > i» ..^ u ■ I i i I Si m J \ m f ft ■ ■ t I ' I '.■ H 4 ? I I ^ i' 90 NOTIO^S^S FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. IX la civilisation. Mais de ces antiques sources ne nous vien- nent ici que cles enseignemcnts incomplels. Sont-ce bien des boeufs du meme sang que ies notres, qu' Abraham recevait en don des Egyptiens (i); que les anciens Perses nourrissaient, par grands troupeaux, avec un soin reli- gieux(2), etque les Ghinpis atlelaient, il y a plus de quarante siecles, pour les travaux de V agriculture et pour le service des armees? Sont-ce bien des bceufs ordinaires rnii trainaient les chars des Indiens et leur servaient de char a n ti q Fed a (/i), sont-elles les ancetres de nos vaci Nous ne saurions I'affirmer. Des passag* ues, que nous avons trouvesdan (1) Gen., XII, 16. C'est la premiere mention du boeuf dans la Genese. Quelques auteurs veulent que Noe eut deja possede des boeufs; car, selon laGemse, ou plutot selon I'interpretation qu'en font ces auteurs, Noe labourait. Mais le labourage n'implique pas la possession du boeuf ; lebelier a ete attelea lacharruedansl'antiquel'gypte. L'homme a aussi lui-memetraine la charrue. En outre, la Genese ne dit pas que Noe labourait, mais quMl travaillait a la terre : exercebat terrani, cap. IX, 20. (2) On troLive souvent, dans le Zend-Avesta, des rocomnianda- tionsfaites parOrmiizd, on en son nom, en faveurdes boeufs. Voici, corome exeniple, une des plus breves : ^( Que vos troupeaux de boeufs soientenbon etat!»(Trad. d'ANQUETiL~DuPERRON,t.I; T part., p./i06.) (3) Rig-Veda, sect. Ill, lect. vi, htjmn, xiv, trad, de Lainglois, t. II, p. 169. On aitelait aussi les vaches. (Zi) Ibid., sect. Ill, lect. m, hymn. xvJ, p. 87. —Ce passage est le plus remarquable de tous. L'appareil mammaire etait done, des lors, hypertrophie comme dans nos races actuelles; et, par consequent, la domesticite remontait a une datedejk reculee. w f I I I I n m ■» i# .<\ \ \ >4.^ :/ v--::^/'' / F " ■ 1 -■ ■-x' .;.;-V-'i; .-■-.►■ '-■-V^ -r # * J i i I ORIGINES BES ANIMAUX DOMESTIQUES. 91 livres de A quelq peiivent se rappor ion ail buffle, du moins au zebu on boeiif a bosse (1); comment faire ici le partage entre le boeuf ordinaire et zebu? Chose impossible, au moins pour nous, si nom- eux que soient les passages que nous avons recueillis ns ces bvres, et surtout dans le Zend-Avesta. Mais il est d'autres preuves, et celles-ci decisives, de on a sur le dieu bffiuf en Orient. D'une part des temoignages precis qui per de reconnaifre en lui un veritable boeuf, et non un zebu; et de I'autre, nous trouvons le boeuf domesli que represente, et ici sans incertitude possible, sur les monuments de I'Egypte et sur ceux de I'Assyrie (2). Les peuples de ces (1) Sur le buffle et le zebu, voy. p. 68 et suiv. (2) Pour les anciens peuples de I'Asie centraleet orientate, qui ne nous ont pas laisse de monuments figures, il est un autre genre de temoignages qui peut nous conduire, non avecla meme certitude, mais avec vraisemblance, aunesemblable determination. Dans I'ou- vrage qu'il vient de publier sur les Jryas, M. A. Pictet donne la longue serie des noms sanserifs et zends du boeuf, avec le sens etymo- logique de chacun de ces mots. Nous venons de faire le depouillement de ces mots, et void ce qui en resulte : de ces noms, les uns se rap- portent au beuglement, corame le Sanscrit ^o {gu, gaus), et lezend^oo, d'ou viennent la plupart des noms europeens, fiou?, bos, boeuf, et aussi Huh, Cow, etc. D'autres expriment I'idee de force, comme le Sanscrit sthira, d'oii, dans la plupart des langues europeennes, le nom du taureau, reconnaissable surtout dans I'allemand Stier. D'autres encore rappellent la grandeur, la douceur, la soumission a I'homme, la fecondite de la vache, etc. Si bien que Fensemble de ces noms donne, en quelque sorte, le resume complet de toutes lesqualites de I'espece bovine. Si le zebu eut ete alors le boeuf le plus rcpandu en Orient, un caractere distinctif aussi remarquable que I'existence d une bosse n'eut-il pas ete rappele aussi par un des nombreux noms sanscrits ou zends? \ ,F r h I ; r \ i R 1 4 I H ^*w n i i 11 1 I J I t I ; ) r .f -* ^ P .1 K Z^-* ^ --J ■C DOMESTIQUES 95 sioii est !a meme : c'est en Orient que doit etre cherchee sa patrie originaire. Non cepenclant comme I'entendait Aristote (1). Selon lui, I'Arachosie « noiirrissait un boeuf saiivage, different » du bceuf domestique, comme Ic sanglier differe du »cochon». Mais ce boeuf sauvage etait tres robuste, a cornes renversees , a pelage noir : caracteres d'apres lesquels il est facile de reconnaitre le buffle. Non pas non plus comme Cuvier I'a un instant, nous ne dirons pas admis, mais conjecture, au commencement de notre siecle. Le boeuf, disait alors Cuvier, pourrait bien etre un « rejeton » du zebu, et celui-ci, a son tour, descendre de I'yak (2). Conjecture inadmissible, meme a cette epoque, comme Cuvier lui-meme Fa bientot re- connu ; on ne la trouve pas meme rappelee dans ses ouvrages iilterieurs, ou le boeuf est dit par lui, comme par Buffon, d'origine europeenne. C'est, du reste, le seul point sur lequel Cuvier s'accorde avec ses devanciers„ L Buffon (S), et d'apres lui Pallas (4) et tons les natu- ralistes modernes, avaient vu dans le boeuf un aurochs modifie ; Cuvier veut, au contraire, qu'il descende d'un animal « aneanti par la civilisation)), mais dont les osse- t t < h I I .ly ¥i "Il (■■ i| IV ii ♦ H I I ' t * I P I (1) Liv. II, I. (2) Menag, du Museum, art. Zebu. II y a, dans cet article, a cote de ces conjectures plus que hasar- dees, des notions tres exactes sur les caracteres des boeufs, et une idee qui, sans etre nouvelle, pouvait passer k cette epoque pour tresavan- cee : celle de I'origine asiatique de la plupart des aniniaux domes- liques. Voy. plus bas la Section xviii. (3) HisLnaL,tXh 175Zi, p. 307, Voy,aussi la Table, t.XV,p,LXV. (fi) SpiciL zooLy fasc. xi, p. A, etZoograph., 1. 1, p. 2/^0. I mi 1 r*M I i \ \4 I i.r*.r- $1' ( \i.j*^.. M.»t^i.»*^t. *^A: 8 •J i I fr I m m i »tti. I 1 '«t « 4 Mil ! i i ^ 9/t NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. IX. ments fossiles, tres peu rares dans les terrains d'alluvion, attestant Fantique existence sur notre sol (1). Do ces deux origines, la premiere est depuis longtemps rejetee. L'aurochs est, aujourd'hui surtout, trop bien connu pour que Topinion de Buffon puisse conserver un seul partisan. Pour ne citer qu'un des caracteres qui separent ce boeuf sauvage des boeufs domestiques, il a quatorze paires de cotes (2). Nos races bovines en ont treize, comme la plupart des ruminants. L'aurochs, malgre son nom consacre par I'usage, n'est done pas VUrochs, le bosuf primitif. Les boeufs fossiles decrits par Cuvier sont beaucoup plus voisins que l'aurochs de nos boeufs domestiquesj mais ils le sont moins que Cuvier ne I'avait cru. Son disciple et collaborateur Laurillard a fini, abandon- nant lui-meme I'opinion du maitre, par regarder comme I c( probable » que « ces boeufs fossiles differaient de nos especes;)(o). Et en fut-il autrement, I'origine eiiropeenne de nos races bovines en serait-elle mieux demontree ? On trouve aussi en Europe, et precisement dans les memos IS, des ossements fossiles qu'on a cru pouvoir rap- porte E quits caballus qui preuves de I'origine europeenne du cheval espece \ fossiles aussi p. 108. r (2) Fait dcja signale par Daubenton, Hist. nat. de Buffon, t. XI, p. Zil9. .fsf. Mammif. f I ii4- fti ^ t V i 1 I t I, ORIGINES 1)ES ANIMAUX DOMESTIQUES. 95 che valine a pti exister sur notre sol en d'autres temps geologiques; mais, dans les notres, c'est en Asia que riiomme en a fait la conquete, et c'est la que sont les vrais ancetres de nos races (1 Lesfaits sontparfaitement analogues, et par consequent la conclusion est logiquement la meme pour le boeuf ; et bien que nous ne puissions encore determiner pour lui plus que pour le mouton et le pore, quelle espece est par- ticulierement la souche de nos races domestiques, les faits zoologiques concordent trop bien avec les temoignages historiques, pour qu'on puisse recuser la conclusion com- des uns et des autres. Des quatre groupes d'especes entre lesquels on a recemment fractionne le genre Bos de Linne, c'cst, comme on salt, a celui des Taurus qu'appartient le boeuf domestique. Or les au- teurs, d'accord sur ce point, le sont egalement sur un autre : la patrie detoutes les especes connues dece groupe c'est I'Asie, soit continentale, soit insulaire. C'est done r en Asie^ d'apres les analogies zoologiques^ comme d'apres toLites les presomptions historiques (2)^ que nous devons (1) L'espece chevaline a existe a Tetat sauvage sur notre sol dans les temps historiques, mais parce qu'apres y avoir ete introduite a Tetat domestique, elle y elait redevenue sauvage. Cette explication, comme Tont deja fait remarquer M. Roulin, dans le Diet. univ. d'Hist. naL, art. Aurochs (t. II, p. 350), etM. Fabbe Maupied {loc, ciL, p. 576), pent etre etendue aux boeufs sauvages (differents de Faurochs) qui, au temps de Cesar, et plus tard encore, se trouvaient dans la foret Hercvnienne. (2) Fortiflees encore par les analogies philologiques, puisque le bosufporte encore aujourd'hui, dans presque toutes leslangues de I'Europe, des norasd'origine asiatique, et particulierement sanscrite, comme Font montre MM. Joly et A. Pxgtet, locis ciL i f \ ■I I i\ 1 1 \t ff- ■: M I !|ll I % »^ t W 1 ( ( ,; b I I ( 111 ^h \ 5 t f -■*. ■ »t T- J^.^ ^ ^^f^ ^2 ," I >kf I I ! r i » to * I I I I > 'r 4 4 a ■ ! * #* 96 NOTIONS F0NDA3iELMALES, LIV. II, CHAP. IX cherctier la patrie primitive du boeuf, aussi bieii que des cinq autres especes domestiques du genre 5os, le gayal, lezebu, I'yak, le buffle etl'arni (1). XlTl. Nous venous de voir que nos grands quadrupedes her- bivores domestiques sont tous, sans qu'il y ait lieu d'excepter ni le cochon ni le boeuf lui-meme, d'origine orientale, et particulierement asiatique. En sera-t-il de meme des deux carnassiers nourris a cote d'eux dans nos demeures, le chat et le chicn ? Les auteurs n'ont pas manque de reproduire ici leur conclusion ordinaire. Comme on a fait descendre les races porcines, caprines, ovines, de nos sangliers, bouquelins et mouflons, et les races bovines de I'aurochs, on a vu dans le chien un loup modifie ; et si cette opinion est depuis longtemps abandonnee, on a continue, jusque dans I'epoque actuelle, a dire le chat « originaire de nos » forets » (2) ; ce qui n'est pas plus vrai, comme I'ana- logic pent deja le faire pressentir. Le chat et le chien sont I'un et I'autre tres ancien- ■ nement domestiques en Orient ; non pas cependant dans les memes heux, aussi generalement, et dans une anti- quite egalement reculee. Nous ne saurions affirmer, avec ^ *K \ r (1) Voy. la Section VIII. (2) Cuyier, Regne anim.,L 1, 1" edit., p. 169; 2" edit., 1829, p. 165. La meme assertion a ete reproduite dans un grand nombre d'ou- vrages d'line date tres recente, > f ^ I a #^4 M f '- '- " :.'-','i i ■ ■ L '^-r\. ^f '' L > t» OIUGINES DES AINIMAUX DOMKSTJQUES. 97 Buffoii (1), que « le pr » cation cUi chien » ; pa art de I'lioininc a cte redii- mais ce qui est cej chat dans les deme ( Giildenstadt(2), imaux domestiqu ! chien a preced ( {lie nul ne I'etait moins seraient-ils venus ensemble 1 prepare a y prendre place que le chien (3 3 des lors y Dur de la Malle a, ccpendant, range le chat hommef/i). Le Felis pi possedes ele domestique, des la haute antiquite, de la Chine a rEgypte. Mais cette assertion est loin d'etre justifiee par des temoignages suffisamment Chinois est sans nul doute un chf Le miao des les livres ;5 Li compare au tigre, ces deux carnassiers se rendant sem- blablement utiles a ragriculture, comme destructeurs, I'un des rats des champs, 1 'autre des sanghers (5). Nous ne trouvonspas, pourlereste de I'Asie orientale. Pl pi de du chat do cette epoque reculee ou nous avons vu I'homme deja maitre de plusieurs autres animaux; et a peine a-t-on, (1) Hist. naL, t VL 1755, p. 188. (2) Voy. la Section suivante, p. 106, note I. (3) Comme nous Tavons fait voir, article Domestication, EncycL ^miv.^ loc. cit., p. 373, et Essai de zool gen., p. 289. {k) RecL sur les anim. domest. {Ann. des so. nat.,t XVII, p. 165 et siiiv.). (5) Li-ki, liv. V; passage dont je dois la traduction a M. Stanislas iir. 7 J^-^ IfM i I •*» ■ T , im 1 9 ■i i ^ i i. i % U t ,^\V "I I t t * , r [ {j9 « « *l i ill I if : I r i s f #« L 3r^i i^a-^jii-jj lIPW Ilk ■^ '\ I i H t ! t r- \ \ _ »<» I it f f i»r i ) ^ ' 98 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. IX. pour la Babylonie et les contrees voisines, des temoi- gnages oii mcme des indices sur lesquels il y ait lieu de s'arretcr (1). Au contraire, quand nous venons a I'Egypte, les preuves abondent, et plus decisives ici que pour aiicun autre animal; car, independamment des peintures et des figures qui representent le chat meme de momie dans les catacombes Ces faits historiques et ces documents nous conduisent manifestement a chercher surtout la patrie originaire do chat en Egypte ou au voisinagc de I'Egypte. L'Histoire naturelle va, ici encore, concorder avec I'hisloire, et meme mieux encore que pour aucune des cspeces precedenles. Non-seulement nous connaissons, dans le voisinage de I'Egypte, pkisieurs especes ou races de chats pen differenles de nos chats doinestiques ; mais, parmi elles, il en est une quipresente tous les carac- teres de ceux-ci, y compris les couleurs du pelage telles qu'on les voit encore chez un grand nombre d'individus; et cette espece est precisement celle qu'on trouve a I'etat de momie dans les catacombes de I'Egypte ; par con- sequenf, celle qui vivait, du temps d'Herodole, « dans les » maisons » (2). Ce chat a ete decouvert a I'etat sauvage, en Nubie, par M. Riippell : on I'a depuis retrouve en Abyssinie, ou il est a la fois sauvage et domestique. (1) Ceux doi^t s'appiiie Bureau, loc. cit., p. 166, se reduisent a quelques mots douteux des prophetes Osee et Isale. (2) Liv. II. — A la mort d'ltn chat « dans une maison » , dit Hero- dote, « ceux qui y demeurent se font raser les sourcils » ... Les chattes mortes sont inises « dans des scpulcres sacres ». (Trad, de Du Ryer.) «i --. 'leHl \ • i tt I i ( ORIGINES DES ANlMAUX DOMESTIQUES. 99 T et le savant collaborateiir de M. Riippell M. Cretzsclimar, I'ont decrit presque d domest espece primordiale pe de dete / J r a cte adm et confirmee, en France, par Blainville, apres I'examen comparatif d'un crane antique rapporte d'Egypte par Geoffroy Saint-Hilaire, et de plusieurs cranes recents de chats gantes sauvages et domestiques (2 J'ai fait les memes etudes a vet avec d'autres. Le chat gante, vu plus svelte, plus elance aue le \ les memes raateriaux et semble f • chat dome mais cette difference depend simplement de rabondance et de la longueur tres inegale du pelage chez ces deux animaux de climats si differents. Dans le squelette, la longueur des membres et celle de chacun de leurs segments en parti- culier sont proportionnellement les memos. Ces animaux, si semblables osteologiquement entre eux, le sont d'ail- leurs aussi au chat sauvage de nos forets; et c'est surtout ses caracteres de coloration que le chat domestique m'a paru s'e:ioigner de notre chat sauvage, et se rap- par du chat de diverses especes chat sauvage a le devant du cou, de bande ; presque tous les autres chats. r (1) Temminck, il/ono^rap/i/es demammalogie. Paris, in-k, 1. 1(1826), p. 130. Voy. aussi p. 77. — Cretzschmar, Atlas zu der Reise von E. RuEPPELL. Francfort, in-f., 1826, Sdugethiere, p. 1. (2) Osieogr., Felis, p. 89. —Travail qui renferme, avec un grand nombre de faits zoologiques et zootomiques, des notions tres interes santes sur Fliistoire ancienne du chat. / ♦ i L / \ / r J ¥i H 9 ■ II nl & i i !l * i ii i\ r I I 1 t fif ki i \ mi ! II a- h -T'-.^ ■_ w'U - / •♦ ri -fc^L *«^ A ^ JV A.,.^^ ^j iff * ^ V 1 / t 1*^ 'j» » ^: ^ M i ■^ I IP m • * I w i^ ji^ ^ n %i it % \ n 1^ »i 'H •? 100 NOT FO^DAMEINTALES, LIV. II, CilAl'. IX. et entre aulres lo chat gaiite, portent, an contraire, a la partie anterieure et Inferieure du coL!,iine baride transvcr- sale plus oil mollis foncee, et ordinairement le commen- r cement d'une seconde. Ces particularites se retroavent Ires communement chez le chat domestivque : similitude qui justitie, par un argument de plus, cette double con- sequence : felines ne sont certainement pas chat sauvagc de nos forets, et sont pas originaires d'Europe ; par ne Elles sont, tres vraisemblablement, issues du chat t • gante, et par consequent originaires Afrinue. ^ du nord-est de chat afi econde asiatique ? On I'a pense nanquent presque completement ais 5 ici, les faits aussi temc- raire d'affirmer que de nier. (1) Temminck, loc. cit. — Cretzschmar, loc, cit. Temmincli fait en particulier cette supposition pour le chat d'An- gora, comme d'autres (voy. p. 88, note) ont fait la supposition ana- logue pour les chevres du meme pays. Peut-etre, comme Je Fai fait rcmarquer {Anim, iitiL, p. 125), une L pareille conjecture serait-elle plus vraisemblable pour la Chine, oil parait exister une race a oreilles tombantes; par consequent, tres anciennement (lomestique. — 11 y a aussi en Chine une race a courte queue (d'apres des renseignements dus a M. I'abbe Hue). Depuis que ceci est ecrit, M. A. Pictet {loc. cit., p. 382), a admis a son tour, comme vraisemblable, une seconde origine indienne. Selon lui, la domesticite du chat serait tres ancienne en Asie, sans reraonter cependant jusqu'aux Aryas. On a cru trouver, en Afrique meme, une seconde origine dans le F. bubastes, qui a ete aussi momifie par les anciensEgyptiens. (Voy. Link, loc. cit., p. 308.) r r r f ORIGINES DES ANIMAUX D03IESTIQUES. 101 XIV. ^l /» \ de treme Asie, en possession desla plus haute antiquite, du r cheval, du mouton et vraisemblabiemenl du boeuf. 11 est un autre animal domestique qui se montre de meme par- tout, a cote de Fhomme, des le berceau de la civilisa- . Le Chou-king^ les Vedas^ le r^' lion : c'est le chien (1 Zend-Avesta et la Bible attestent, pour I'Asie, la haute antiquite de la domestication du chien (2) ; les monuments de I'Egypte la prouvent pour le nord-est de I'Afrique. Entre tous les livres de I'Asie, c'est le Zend-Avesta qui mentionne le plus souvent le chien, un des trois animaux que la reHgion mazdeenne prescrivait aux fideles de nourrir dans lears demeures (3). Tout annonce aussi domestication du chien en Egypte : plu- sieurs races dej modifiees sont repi sur Kt (1) Et chez presque tous les peuples. Le chien etait, avant rarrivee des Europeens, dans line grande painie de I'Afrique, dans les deux Ameriques, en Australie, dans plu- sieurs archipels do la mer du Sud, ct chez les peuples circunipolaires. (2) Elle est attestee aussi par les cinquante noms sanserifs du chien (A. PiCTET, loc. cit., p. 379). Le principal de ces noms, Cvan {Ibid., P- 376), est la souche de presque tous ceux que le chien a portes ou porle encore en Europe : Kuwv, caru'^, Hund, et leurs derives. (3) Voy. page 62. Voici un des nombreux et tres remarquables passages du Zend- Avesta, sur le chien : a Lorsqu'il a six mois, il faut qu'une jeune » fille le nourrisse : cette fille aura le raeme merite que si elle gardall » le feu fils d'Ormuzd. i> {Vendidad-sade, loc.cit^ p. 397.) 1 1- |) I i i 8 i t i \ M i H-^ t ( I i 1 \ ^ ka domestication du chien remonterait-elle a ime na moinTlre antiquite dans I'est, et aiissi dans le midi de I'Asie? Le Chou-Mng en comme d'tin « animal etraneei b » 7 qualification appliquee au cbeval dans le meme passage (1). Le Pentateuque est aussi tres signi- ficatif a cetegard : la Genese, qui ne mentionne le chevai qu'apres six autres animaux domesliques, se tait meme completement sur le chien (2) : pour le trouver, il faut allerjusqu'a I'iiajof/e (3). L'Asie centrale et I'Egypte sembleraient done a von devance, dans la possession du chien, les deux regions extremes de I'Asie. La domestication du plus intime com- pagnon de Fhomme aurait-elle eu deux oriaines, une vers le centre de I'Asie, une dans le nord-est de I'Afriq ue p L'histoire autorise cette induction, ou du moins cette conjecture. L'Histoire naturelle ya-t-elle la justifier, ou la dementir ? Dans une grande partie de I'ancien continent, I'Asie chaude et temperee, I'Europe orientale, I'Afrique tout entiere, sont des animaux aussi semblables aux races ca- nines les moins modifiees que le Felis maniculata au chat, I'egagre a la chevre, le sanglier au pore, et plus qu'aucun mouflon ne I'est au mouton. Ces animaux, qui rf \ f • 1^ ¥ t n I »^ t^t 'HI ! Vi (1) Voy. page 76, note 2. (2) Le chien et le chevai peuvent done encore etre ici rapproches. Leur domestication parait avoir suivi la meme marche. (3) Le chien n'est pas non plus dans le IJvitique. Voy. notre Intro- duction, t. 1, p. 5. 7^ - -' r - . '. ■ ■ . :..:■>. V - ■'. -■.:.■.'-■:. ^i J ^x n- iX.^ / ■v OniGlNES DES ANIMAUX DOMESTIQUES. 103 sonf. les chacals, varient dans qiielques-uns de leiirs caraclcres selcii les regions qii'ils occiipent, constidiant ainsi, on des especes bien tranchees comnie Ic Canis mesomelas du cap deBonne-Esperance, on des races plus oil moins dislinctes dont plusieurs aussi on{ ete erigees 4 en especes par ]es auteurs modern es Lc chien a la meme organisation anatomique que les r eliacals sans qii'une seiile difference conslante puisse i etre apercue (2). II en reproduit parfois exactement les formes exterieures, le systeme de coloratioi et jiisqu'aux teintes elles-memes. Sur plusieurs poinis de I'Asie, de I'Europe orientale el, de I'Afrique, on trouve en meme temps, a I'etat libre, des chacals, et a I'etat domestique, des chiens qui leor sont tres semblables; si semblables, qu'on ne saurait meconnaitre ici, nt les vovao'eurs, les ascendants et les descendants encore reunis dans les memes lieiix ^ et pour ainsi dire les (1) Nous avons decril la plupart de ces races ou especes dans VEx- pedition scientifique de Moree, Mainmiferes, 1832, p. 19. (2) Ce que reconnaissent eux-menies les deux Cuvier el Biainville, quoique ce resultat fournisse un argumenl puissant centre leurs vues sur I'origine du chien. Voy. Fred. Cuvier, Ilecherches sur les caracteres osteologiques du n ■ chien, dans les Annates du Mm. d'hist, nat., 1811 , t. XVlll, p. o3o. f' BlaiisyillE; Osteogr.^ Canis, p. 131. M. Marcel de Serkes, Observations sur les caracieres distinctifs icraniens) du chien (dans la Bibliotheque universelle de Geneve, 1835, U LVllI, p. 230), conclut, il est vrai, dans un autre sens; mais lui-meme reconnait n'avoir pas eu a sa disposition assez de matenaux. yls4 ~i ^ V ,4" r> J f V t K ■ » V }^ : ]}l 'n ■1 M* I i i 1 1 i I I I f ( im I "^ t* t n4 m i W i 4 t j^ -t -i '.* .-J ^• ^\j^i. » Hi r * M h^ i 'i t # ^ f 11 r » » it'll 1# u M *^ ft H ■i f i I 1 I oil NOTIONS FONDAMENTALES, LIV, II, CHAP. IX. rejetons encore implantes sur la soaclie commune (1). Si done nous raisonnons comme nous I'avons fait jusqu'ici, et comme Font fait les auteurs pour tons les autres animaux domesiiques, nous devrons dire : c'est parmi les chacals que nous avons a chercher I'origine du chien. ■ Si nature! qu'il fut d'etendre aux chacals et au chien une conclusion deju admise poin^ Fegagre et la chevre, le moutlon et le mouton, et plusieurs aulres, elle ne s'est od que trcs tard d la science. Dans la grande parlie du xvin^ siecle, lesnaturalistes, sans exceptei Linne et Buffon, connaissaient trop pen les chacals pour songer a en rapprocher le chien 7 A 2) ; et il semblait pter, pour les races canines, qu'entre deux de qui (l) Voy. comme exemples : Pour I'Asie et I'Europe orientalc GuELDENSTAEDT , Schac. MstoT., loc. clt., p. [ill. Chleiis russes. Pallas, Spic. zool, Fasc. IX, p. 3. Chiens calmouks. — Nordmann, Voijaye dans la Russie meridionale (avec le prince A. de Dkmidoff), t. Ill, Faune pontique, ISZiO, p. 20. Ctiiens d'Awhasie. Pour I'Afriqoe, Lichtenstelx, Reise im sudlichen Africa, Berlin, in-8, 1811-1812, p. hhh. Cliiens des Coschimans; tres semblables, r selon Fauteur, au Cams mesomelas. — IIemprich et Ehuenberg, Sym- bolm 'physical, Berlin, in-fol., dec. ti, 1830. Chiens de Doni?ola et ctiiens d'Egyplc, rapportes par ces savants voyageurs aux especes qu'ils nommenl Canis sabbar et C. lupaster {C. anthus, Cretz.) Bien d'autres exemples pourraient etre cites, mais d'apres des voya- geurs qui n'ont pas la meme autorite scientifique. En tYance meme , il nait quelquefois des chiens a pelage de cliacal. (2j LmNE lui-nicme Ic dit expresscment : ^ Descriptio vera etiam- n num deficit. » {Sy sterna ncUurw, 10' edit., 1758. Linne connaissait si \)m le chacal, qu'il crovait devoir intercaler U -» M ^ -F- i ' rr -^It. ' T- ■ h— h ■ -■ -^ -- -;-.^^' ^ - -- " 0,--"V .: r _ .- -^^ **■ ■^■[y^^^: r " " ,"- .1 J ■ r L - b .J^' ORIGINES DES ANIMAUX DOMESTIQUES. 105 dans le chien un loup app qui en faisait et en hit encore una espece a pai opinio derniere opinion qu'ont adoptee les deux srands dan du xviif sieele : Buffon a toiijours cru relrouver lien deberger le « vrai chien de la nature » ('2), et Linne a inscrit dans le Stjstema, ou son autorite I'a maintenu jusque dans notre sieele, \eCmiis famUiaris, si singiilierement distingue par uncaractere tire dela direc-" tion de la queue : cauda sinistrorsum recurvata (3) . enlre le chien et le chacal toiites les autres especes du genre, y eompris le Canis hycena. Le chacal n'a ete bien connu qu'en 1774, par la publication du voyage de J. G. Gmelin, Reise durch Russland, m-lx , Petersbour- Voy. la 3" partie, p. 81. ^ (1) Cette hypothese est fort ancienne, ainsi que le prouve le pas- sage suivant de Cardan, De subtilitate, lib. A-, « Canes pluribus gerierationibus, ditl'auteur, transeunt in agrestes » pnmo canes, inde in lupos ; stmt et lupi cicures post nmltas gene^ » rationes in canes transeunt. )• L'opinion que le chien ne differe pas specifiquement du loup a ete encore soutenue, vers la fm duxviii^ sieele, parZoiMEwiANN, loc. cit., p. 89 (1777);selon lui, les races canines descendentdes loupsdes divers pays ou elles se sont formees. Et par J. Hunter, Observations ten- ding to shew that the Wolf, Jackal and Dog are of _ dans les Philosophical Transactions, 1787, part, ii, p. 253 ; traduit danslesQBwtws de J. Hunter, parRicHEuoT, Paris, in-8, l8M,t. IV, p. l\ih. Selon cet illustre physiologiste et chirurgien, le loup'serait " le type priraitif ., du chien, et le chacal une premiere modification de ce type, produitc sous I'influence des climats chauds. Le loup, le chacal et le chien seraient done tous trois de la meme espece. (2) Eist. nat., t. V, 1755, p. 202, et Suppl. VH (posthume)! P- m. (3) Srjst. nat., loc. cit. Dans la Fauna siiecica, Stockholm, in-8, 17./ia, p. 5, LrNNii dit le chien «d'origine exotique ». F i m ■■^■^ i I, i 1, ■j I t ' t i i A k i! f« i ii\ i' 1 \ L J i f « -^ K ^-^3- * ^ *-_>»'• ir* * liLA ^db«&Mj *. tp- 1 -r' « 4i4 t.^ I 1ft *. S r»{ fr- it ^ ir ^ ^1 ^u ? 4 ^ A / r, 106 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. 11, CHAP. IX. parente des chiens epris de la jusliFi voy d et a tous les points de vue, les chaeals et les chiens de I. I'Asie (1). Selon lui, la nieme region qui a donne aux hommes iciir premier betail, le mouton et. la chevre, leiir foul e gardieii de b bet s che est le Canis aureus (2) . Giildenstiidt etablit animal vit a portee des habitations humaines penetre souvent ; qu'ii est cmincmment s( facile a apprivoiser, tres affectiieux pour so abl dont il se rappi par tout ce qui I'eloigne du loup Pallas parait avoir coricu de son cote, et pr au Giild si adt (3 4 « animal humanmimum prcecipuegue horaini ami- cum » (Zl s tirps , che premiere, priina et p du chien d souche absolument -r ion pas {dependant la multiplicite, rextreme PN M *H it ^1 (1) Lebeau memoire de Gueldenstaedt, Schacalce historia, a ete public, conime on I'a vu, en 1776 ; il avail ete commimique I'annee precedente a I'Academie des sciences de Petersbourg. II est done anterieur au travail ci-apres cite de Pallas. (2) Loc. cit., p. Zi/|9. — Le mouton, la clievre et le chien sont, selon I'auteur, les trois animaux les plus anciennement domes- liques. (3) Spic. zool, Fasc, XI, 177G, p. 3, note; eX Zoograph., 1. 1, p. ZiO et58. (/i) Mots d'Elien que Pallas applique au chacal. I I K. ^* L L J^ } ORIGINES BES ANIMALX DOMESTiQUES. 107 vanete des races canines ne pent s'expliquer, selon PaJIas, que par des unions hybrides avec les autres carnassiers du genre Cmiis, parliculierement avec le loup (\ r (i) Etaussi, selon Pallas, le renard et I'hyene. Ces deux animaux etaient alors places, comme chacun sait, dans le genre Canis, et con- sideres corarae tres voisins du chien. En ce qui concerne le renard et le loup, cette hypothesc de Pallas n'etait pasnouvelle. Daube^nton I'avait emise, il est vrai tres dubita- tivement, Hist. nat. de Buffon, t. V, 1755, p. 536. — On pourrait meme la faire remonter a Aristote, Hist, des anim., liv. VIII, xxviii, oil il est question, avec doute, de I'accouplement de la chienne avec le tigre, et, affirmativement, du melange des chiens et des loups a Cyrene, et de la fecondation de la chienne par le renard; fecondation par laquelle on obtient, dit Aristote, le chien de Laconic. Nous ne nous arreterons ni sur cette derniere assertion, qui n'est appuyee sur aucun fait positif, ni, k plus forte raison, sur ce que disent Pallas de I'hyene et Aristote du tigre. Quant aux loups, meme au loup d'Europe, plus grand, plus feroce que ceux d'Orient (comme le dit deja Plwe, liv. VIII, xxxiv), il est hors de doute que ces animaux melent parfois spontanementleursang a celui des chiens : temoin les metis envoyes k la Menagerie du Museum et a divers musees comme des loups fauves, et surtout comme des noirs (voy. le Chapitre ] Sect. VI). Ces faits, qui ne sont pas rares de nos jours, ont du I'etre bien moins encore quand notre sol etait en grande partie convert de forets, etquand, par suite, les loups etaient plus norabreux. Les Gaulois auraient meme eu I'habitude, disent les auteurs anciens, d'attacher des chiennes en rut dans les forets, pour les faire couvrir par les loups (Pline, liv. VIII, LXi). On verra, dans le Chapitre suivant, que les produits de I'accouple- ment du loup et du chien sont le plus souvent intermediaires entre I'un et I'autre, mais quelquefois aussi tres semblablcs au chien, et qu'en outre, ces produits sont feconds. Ces faits, de meme que la tres ;rande ressemblance de quelques races de chiens avec les loups, peu- vent etre consideres comme des arguments d'une grande valeur, quoi- I I I 4 rt 4 J III i i ^ 1 I, i? * M i I a 1 IS' ' ^ #li# J4 ■ J-. "■m. A^ f P' *■ f '* 4' II I m *' If ¥>Pi^ -^ IH I t ? * » ri ^ I I \ I U 1 h r i^P 11 it » v4^ 108 KOTIOISS FONDAMEINTALES, LIV. II, CHAP. IX. Parmi les naluralistes eminents qui, dans notre siecle, ont voyage en Asie et en Afrique, les uns ont pleinement adopte les vues de Giildenstadt: tel est surtout Tile- siiis, apres une etude Ires exacte de tons les elements de la question (1). D'autres les ont reprises en les etendant 3ains. Le chacal a dos noir r des autres chaeals, a paru a ichtenstein la souche d'unenartie des chiens deTAfrique qhiens et aux chaeals afri australe (•: ■7 MM leur tour , mais pi idees admis la domestication dans le meme ordre par les peuples de I'Asie et de I'Afrique, de plusieurs des especes ou races de chaeals qui vivaient a leur portee : par exemple, pour la region exploree par ces celebres voyageurs, de leur (C. anthus, Cr.), dont se rapprochepar ticulierement le C. sahhar^ dont modifiee, se ret: Dongola (3). de la pte, et de descendai pen pi otamment que noil encore suftisamment demonslratifs, en faveur de la parlie de rhypothese de Daiibenton et de Pallas qui se rapporte an loup : hypolhese admissible qu'on doit, se garder de confondre avec les suppositions, plus haut mentionnees (p. 105, note 1}, de Cardan, de Zlmmermann, et surtout de Hunter. (1) Naturgeschichte des Eisfuchses, des dans les Nova Acta naU cur., 18Td, t. XI, part, u, p. 393. (2) Log. af. — La descriptiou donnee par LidUenstein nous parait etablir plutot une ressemblance generale avec les chaeals qu'une iden- tite specilique avec le 6\ mesomelas en particulier. (3) Log. cit. Ces auteurs eussent sans doule ajoute ii leurs Cams lupaster et sabhar, s'ils Teussent alors connue, une autre especedu nord-est de f i r J 11 it 1 ->,-*-: T ^ V_ 1 ii| 1 ( '>» OUIGINES DES ANiMALX DOMESTIQUES. 109 Le chien, outre son origine asiatique, a flonc aussi, scion MM. Ehrenber sieurs origines dans d de FA friq le plu- si bien apres leurs Iravaux rapproches dc ceiix de predecesseurs , ce est precisement c relle (1). q 11 e hi ./ nous avait diq nous montre I'Histoire natu- rAMqiie, celle que M. Rueppell a decouverte dans les montagnes de \sis (vov. Neue Wirbelthiere von Afws- 'r J ses formes elancees, satetelongueet fine, a dents espacees,cecaraassier tient de tres pres aiix levriers. N'en serait-il pas la souche? Non-seu- lenient tout indique que les levriers sont d'origine orientale; mais, comme nous I'avons dit plus liaut (t. I, Introduction, p. 1/i), de pre- miers levriers, encore a oreilles droites, existaient, a une epoque tres reculee, dans le nord-est de I'Afrique. (i) Le chien, selon quelques auteurs, aurait encore d'autres ori- gines, sans parler du renard et des autres especes non congeneres (voy. p. 107, note). Pour le loup, ou plutot pour les loups, voy. p. 105 et 107, notes. Et pour le C. simensis, qu'on a quelquefois appele le loup d'Abyssinie, voy. la note precedente. Selon Desmoulins, article Chien du Diet, class. d'Hist. naL, t. lY (1823), p. 15, le chien se rattacherait a « quatre especes : dans I'ancien » continent, le chacal etle loup; en Amcrique, le chien des bois (et » peut-etre,un loLipdu Paraguay); et dans rAustralasie,le chien papou.)) Mais, a I'egard de ces origines australienne et amerlcaine, I'aufeur ne fait qu'emettre de vagues conjectures, a Fappui desquelles il ne cite aucun fait. On n'a aucune raison de penser que les chiens austra- liens, ou dingos domestiques, descendent des dingos sauvages : il est, au contraire, vraisemblable que ceux-ci descendent des do- niestiques, n'etant que ce qu'on appelle en d'autres pays des chiens marrons. Quant au chien des bois, ou crabier, il a pu, sans doute, etre domestique en Amerique, comme les chacals en Asie et en Afrique "I mais, dans ces deux parties du monde, on connait en plusieurs lieux, H r^ A I /^, - <. 4 I i (. 1 i u ni« ^m J ;l \ I i i i i i \ Iti J I m i I 1 1 ! Il t il : i i/i .-=^ ^-^ ,tf " ■--*' ■ ^-^ ^ .4 m^-^ AiA^^-f *^V ft ^ W- i » 4 fc ,* r fH'! m «' i » ft t I L ■■' I I * null 110 NOTIONS lONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. IX. Pour qii'on dut passer sur ces similitudes et sur ces concordances, sur ces preuves de la parenie du chien et des chacals, il faudrait qu'on eiit a leur de bien fortes objections. Or, il est facile de resoudre ainsi qu'on vient de le voir, des chiens tres sembiables k des chacals; au contraire, ni Yalco, ni les autres chiens trouves en Ameriqiie lors de la conquete, ne reproduisaient les caracteres du crabier. Et c'est pourquoi la meme opinion qui peut etre dite,-a regard des chacals. une induction justifiee par les fails, reste, pour celui-ci, a I'etat de simple conjecture. Onaemis, sur Torigine multiple du chien, une autre hypothese encore plus conjectorale : les principal es races canines auraient eu leurs souches particulieres, presentant dej^ les caracteres que nous montrent leurs descendants actuels. — Voy. Erxleben, Sys- temaregnianimalis, Mammalia, Leipzig, in-8, 1777, p. o57 ; simple doute emis. — Blumenbach, Handhuch der Naturgeschichte. « Quel- ques races, le basset, le levrier, par exemple, » dit Blumenbach, ont une conformation trop particuliere pour queje puisse croire poureux a une « simple degeneration ». (Trad, frang., d'apres la 6*^ edit., par Artaud, Paris, in-8, 1803, 1. 1, p. 119.) La conjecture de Blumenbach. a acquis quelque vraisemblance pour le levrier, comme on I'a vu (p. 108, note 3), mais pour liii seulement. Les vues de Blumenbach ont ete reprises tout recemment par M. Ger- VAis, Histoire naturelle des mammiferes, Paris, gr. in-8, 1855, t. II, p. 67, — Et surtout par M. Giebel, dans un memoire specia- lement consacre a la discussion de cette question : Hunderassen, oder Eundeaften? voy. Zeitschriftfur die gesammten Naturivissenschaf' ten, par Giebel et Hefntz, 1855, t. V, p. 31x9, Voyez encore: Link, loc. cit.^ t. II, p. 279. — JACQumOT, Voyage au pole sud (expedition de Dumont-d'Ukville), Zoologie^ t. II, I8/16, p. 79. / gr. in-8, 185/i, p. 381 et suiv. ; avec des documents interessants, relatifs a Thistoire du chien dans rantiquite. — Broca, Memmre sur VhybridMe en general^ dans le Journal de Physiologie de M. Brown- Sequard, 1858, 1. 1, p. IM. — De ces quatre auteurs, le premier fait sortir les races canines des chacals et d'une grande espece indienne. ^ ^ r- ji I \ ORIGINES DES ANIMAUX DOMESTIQUES. IH toutes celles qii'ori a mises en avant; bien plus, d'eii faire sortir de noiiveaux arguments en faveur des vues de Giildensladt et de Pallas. Le chacal, a-t-on dit, exhale une odeur dont lechien, s'il venait de cette espece, conserverait « au moins quel- Les vues destrois autres se rattachent surtout h celles de Blumenbacli. r De tons ces travaiix, celui qui merite le plus d'etre consulte est le niemoire de M. Giebel. L'auteur, qui est dans les memes vues que Blu- menbacli, cherche alesjustifier en comparant les caracteres des races canines a ceux des especes et merae des genres dela classe des mam- niiferes, et en raontrant que les uns ne sont pas cUune moindre valeur que les autres. Ce resultat est, pour nous comme pour lui, incomes- . table (voy. les Chap.suiv.) ; mais il pent se concilier avec toutes les hy- potheses sur Torigine du chien, meme avec la supposition d'une souche unique ; ce que l'auteur eut sans doute reconnu s'il avait juge a propos de discuter les motifs sur lesquels s'appuie Bdffon, pour dire, loc. cit. , t. V, p. 192 et suiv. : « Le chien est, de tous les animaux, celui dans » lequel on tronvcles plus grandes varietcs. )) — Fr. Cuvier {loc. cit., p. 350) et M. Prichard {loc. cit,, 1. 1, p. 67) ont fait remarquer, contre ce systeme d'idees, qu'il condulraita admettre au moins cinquante especes de chiens. 11 y a lieu d'ajouter que la paleontologie n'a jamais fourni aucune preuve, aucun indice meme de I'existence primitive de dogues, de bassets, d'epagneuls, etc. r II y a cependant une opinion encore plus contraire aux fails que I'hypothese de I'existence primitive de dogues, de bassets, d'epa- gneuls, etc. : c'est celle des auteurs qui, adraettant plusieurs . souches analogues aux especes sauvages actuelles du genre Canis, pretendent expliquer, par de norabreux croisements, la diversite con- siderable des races canines. Cette explication est absolument inad- missible. Comment le croisement de deux animaux offrant les carac- teres gencriques actuels du genre Canis eut-il pu donner un basset, un bichon, un dogue? Tout hybride ressemble k ses parents, tenant meme souvent le milieu entre eux (voy. le Chapitre X) : par con-- sequent, I'hybridite ne fait que combiner, dans les descendants, des caracteres deja existants dans les souches : elle n'en cree pas de nou- veaux. t w i ; i i I t iHi t i 1 i t \ 1 H4 J ,' » H 4«< ¥ » it» r J li «4 -^^ J^C-Arl^H-^ .h^ JtL ^r'- > f itt* t f^ 9 i% 1 I n T nf m ti *■ >■ ^ 1 'Vt « ft t ^ 1 1 2 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. 11, CHAP. IX. 'J qiies traces » (1). Ces traces existent; il y a meme bie ch bon d peu soignes et sur- 'aiouter nue I'odeur deja faible, compa d plus que des trt tout nourris de du chacal est renard. r La gestation serait plus courtechezle chacal, et meme beaucoup plus courte. Elle dure, dit M. Bellingeri (2), soixante-trois jours dans les grandes races de chiens, soixante-trois a soixante dans les petites; elle dureraitun mois seulement chez le chacal. Difference enorme, si elle existait; mais elle n'a ete admise que par erreur. Le chacal porte « cinquante-neuf jours », dit Blainville lui- meme, qui pourtant reprend I'argument que nous com- battons ici (3); et plus encore, de soixante a soixante- trois jours, exactement comme le chien, d'aprcs observations que nous avons recueillies a la Menagerie du Museum. On supposait aiissi autrefois que le chacal ue produit pas avec le chien (4). G'est encore une erreur : non- (1) Floureixs, Buffon, in-18, iSliU, p. 92. Cette objection que Fr. Cuvier {Histoire naturelle des Mammi- feres, 1819) a le premier emise, est d'ailleurs, selon lui-meme [Ibid., 1820), particuliere a certains chacals, notamment a celui du Bengale. Son odeur, selon F. Cuvier, serait meme un de ses carac- teres distinctifs,par rapport au chacal du Caucasc (voy. Supplement d ff^ Dans le meme ouvrage, p. 16^, Fr. Cuvier n'est pas eloigne d'admettre les vues de Giildenstadt et de Pallas. (2) Delia fecondita degli animali vertehrali. \\\~lx, Turin, 18^0, p, 36. (3) Osteogr., Cams, p. 1^2. (4) Argument repiDduit par quelques auleurs receuts, notamine par M. Marcel deSerres, loc.cit., p. 232. ! f t ¥ » r- I t i'..'"'-: h - ^ r ^ K v/^ 1 , J n r ORIGINES DES Ax\lMAUX DOMESTIQUES. 113 de f. f de rapprochements feconds • . f elques-iins depuis longtemp geiirs; mais, dans des expe , par les voya- isquelles nous reviendrons bientot (1), M. Flourens etmoi avons obtenu plusieurs generations consecutives. Le chacal et la chienne, le chien et la femelle du chacal, sont egalement portes I'un vers I'aiitre. Selon Cuvier (2), et selon un grand nombre d'auteurs, les chiens, redevenus sauvages, ne ressemblent ni an loup ni ail les chiens chacal i ils restent chiens. Non-seulement sauvages, mais les chiens domestiques eux- I'a vu, ressemblent sou vent aux memes, comme on I'a vu, : chacal s. Les chacals, a-t-on dit, et repete encore tout recem- ment (3), s'apprivoisent facilement, mais en conservant toujours de la sauvagerie ; il serait « impossible de les »laisserenhberte». Ce fait, fut-il vrai, n'aurait rien de concluant. Assurement, ce n'est pas des la premiere ge- neration que le mouflon s'est change dans nos champs en mouton,etque le chat a consenti a habiter nos demeures. Mais le chacal, Vanimal humanissimum , est si bien dis- / \ pose a entrer dans la societe de I'homme, que ce qui n' possible pouraucun autre Test pour lui. Nous avons vi Grenoble, en i8/i9, un chien, doux, affcctueux pour s maitre, familier avec tons, jouissant de la plus compl liberte, et en usant chaque jour pour alter jouer avec aulres chiens dans les rues et sur les places de la vil (1) Dans le Chap. X. (2) Regne anim., t. I, i" edit., p. 152; 2<= edit., p. l/i9. (3) Gervais, 7oc. cit., p. 161; 1855. III. 8 I \ Jlr § J f i * Ml !< I # I * ( ft i 44 If rr IS4 4 t ff» t uti i 1 r J it — * > mt M'* *i <% \ I % { ■T i \ lit I i M II -m TfJ m If I. iim :iL * A > { J ( I r I tl ft li/i NOTIONS FONDAMENTALES, LIY. II, CHAP. IX. Ce chien, ainsi que tout le monde I'appelait, etait un cliacal venu d'Alger (1). Plusieurs voyageurs en Orient t cile des faits On avait (lit a b aussi : le chicn aboie, le cbacal n'aboie pas. Tilesius a deja resolu cette objection en rappe- lant que Ics chiens de plusieurs pays n'aboient pas plus que le chacal(2). Nous ajouterons, non~seulement que ces chiens apprenncnt a aboyer lorsqu'ils vivent au milieu des notres, mais qu'il en est exactement de meme des cbacals. J'ai constate a plusieurs reprises ce fait, et je I'ai fait constaterau Museum par I'auditoire tout entier d'un de mes cours (S). Le chacal a d'ailleurs naturelle- ment les autres voix du cliien : « Vox desiderii canincB simillima, » disait deja Pallas (4) Voila pourtant en vertu de quelles objections dans un seul pays, le notre) on a Jeter tres generalement la determination de Giildensttidt, et a admettre comme une espece distincte le Canis fami- liaris de Linne. Mais on existe cette espece? Nulle part, on en convient. Elle aurait cte, selon les uns, conquise \ P (1) J'ai cherche ^ obtenir ce chacal qu'il eut etc tres interessant de suivre en continuant k le traiter comme un chien, et de faire repro- duire a Tetat libre. Mais son maitre, apres avoir consent! k le vendre, n'a pu se resoudre a s'en separer, et a rompu le marche. (2) hoc. cit., p. 395. (3) Un des chacals de la Menagerie, entre autres, aboyait exactement comme unchieii. Le loup apprend aussi a aboyer, mais non absolument a la maniere du chien, au moins dans les exemples que j'ai recueillis. (i) Svicil zool^ fasc. xi, p. 3. « Homini cauda eodem modo ablanditur, » ajoute Pallas. « ' * \ M I fr r '-:" \ ' QRIGINES DES ANIMAUX DOMESTIQUES. tout entiere | selon les autres, en partie conquise, en pa a-t-elle existe ? On 115 dit pas par I'homme (1). Et o\i Son existence est done pqrement conie , quel motif plausible de la maintenjr Quand nous voyons, ei] Qjient, designes par dan nature elle-meme po introduire un etre de d'ancetres possibles du chien r ■ dar^s une question dej qu'une difficulte de pi qui n'y / XY. faits que nous venons d'exnoser ^» resument pour la plupart dans le tableau synoptique suivant ou, le quarante-sept animaux domestiqiies sont en meme temp distribueszoologiquement, d'apresleur place dj^nsla das sification, geographiquement, d'apre§ leur patrie origi naire, et historiquement , d'apres 1 domestication epoq f} L ^ i 9 nque Orient ajiraient-ils detruit le chieji primjtif, quand poi]s voyons e loup et le renard resister, jusque dans les pays les plus civilises et les plus peuples, a la guerre continuelle qu'on jeur fait partout' L'Angleterre seule est parvenue a exler^inep les loups, etelle nV eut pas reussi, sans sa situation insulaire. ■ ■ ' . (2) Encore ne's'est-on pas contente d'en iipaginer un ! Quelques- pns veulent Jiutant de souches qu'il y a de races principales. fVoy p. UOetlUjnote.) ' ^ ^' 1r P ^ i» \ X s/ It *' ' % i e ! 1 1 f M" 5 ■ » 11 -^ zn xn en S5 o Ed 5S o ns lO Q f3^ l r 1^4 ^n \. ■ »i«4 \ 4 -^ i f U F I u: ,1 N !» I 141 * I « L.- - ■_ j_ ■ ^ •r ^^M ,^M -i M ±.^~ V^ (nil ; i I ff i^^ t^ r h 118 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. IX. ^ F xVi t I! I t ! i r » \' i &. II m .* » «M> 4 r n i I * n^ f p --\ ^ y 4 Les notions sur lesquelles se fonde la determination des origines des animaux dbmestiques sont empriintees, les unes a I'histoire, les autres a la zoologie. On pent dond prevoir que les consequences auxquelles elles recondui- ront aussi , les uties historiques , les autres zoologiques, ou plus generalement, biologiques ; car la plupart pourront etre etendues, comme on va le voir^ aux deux grands regnes organiques. Nous enoncerons ici suocinctement toutes ces conse- quences, sans excepter celles memes qui interessent surtout la science pratique. Kous reprendrons ulterieure- ment, pour les considerer dans leurs rapports avec 1^ I sujet que nous traitons, celles qui peuvent nous fournif des elements de solution ou de demonstration. Parmi ces consequences, les unes se presentent d'elles memes, a la seule inspection du tableau qui precede. Tell est celle-ci : t JT La tres grande majorite des animaux domestique appartient aux deux classes superieures du regno. Et plus specialement, pouvons-nous ajouter, aux her- bivores, parmi les mammiferes, aux granivores, parml les oiseaux ; et aussi, dans ces deux classes, aux groupes les plus remarquables par la precocite de leur developpe- ment. Sur 21 mammiferes, nous trouvons, en effet, un »ir.w ' i « a \ \ Ih I' ■? I ^, \ ^- i ^',H^^^^^ ORIGINES DES ANIMAUX DOMESTIQUES. 119 3 pachyder 13 font partic des genres Bos ct Camelus de De meme sur 17 palmipedes lame] des gallinaces et 6 des 2 Une nredominance aussi marnuce des vorcs pi for s vegeti- elle dcsiene b manifestement les groupes qui le fo conditions les plus f; la domestication 3 L'histoire des bienfaits que nous ont legues nos ance- peut que pouvonsrendrea nos descendants. Les pe deia le pi Et demander le plus de richesses nou- que confirme deja Fexpcricnce; car, parmi les animaux que de recents autorisent a dire ou a demi-conquis des a present, ou pi domestication proch plupart sont de meme des feres herbivores et de b Cette remarque pent etre suivie plus loin. Les groupes qui pi le • r\\ ',ti ammifei et !es Oiseaux , peu\ fournir a I'homme le plus d'animaux utiles, sont encore ceux qui deja lui en ont donne quelques~uns : les poissons et les insectes, et plus parliculierement dans ces classes, .7 "1* l^ \ i V ■ *1 i t ., 1 W !l ) h M . I 1 Ml ( i 1W t (1) Le cochon dlnde. Le second rongeur domestique, le lapin, est aussi herbivore, mais non precoce. E (2) El !2 sont des pigeons; ceux -ci eminemmentgranivores, mais non precoces. (3) Voyez notre article sur la Domestication des animaux {EncycL nouv,, loc, cit,^ p. 371, et Essai de zooL gener,, p. 275). I -r ^ r. I TJ I h ■^ ^ Ln . ^' r r J - .J i I r > If f ^1 «# »i| «E 1 n « » t i t ^1 U 11, \ Plt^ * f » ; lf» I I i^20 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. IX. les malacopterygiens et les lepidopteres sericigcnes. L'homme semble destine a etendre peu a peu son em- pire des sommites dii regne animal ades etres depresqiie tous les degres. II n'avait guere possede, dans les temps les plus anciens, que des mammiferes ; dans les temps modernes, il a presque egale a leur nombre celui des oiseaux. Le rapide mouvement imprime depuis quel- ques annees, en France surtout, a la pisciculture et a la sericiculture, atteste que le moment est venu ou vont se multiplier a leur tour les poissons de nos viviers et les insectes de nos magnaneries ; et le progres ne s'arre- r tera pas la (1). Pourquoi n'en serait-il pas un jour de nos domestica- tions animales commc de nos cuUures vegetales, oii pre- dominent aussi de beaucoup lesgroupes superieurs; mais ou les inferieurs ne sont pas sans quelques represen- tants? Sibien que la longue suite des vegetaux possedes par l'homme setermine presque, par les champignons, ou se termine, par les derniers cryptogames vasculaires, la serie ve^etale tout entiere. XVII. Notre tableau nous donne aussi quelques indications sur une question etroitement liee a celle de la domesti- cation, et qui, comme elle, interesse tout a la fois la (1) Si meme il s'y arrete. Les progres recents de VhirudinicuHure permetlent presque de placer des a present les sangsues au nombre des groupes qui renferraent des animaux domestiques. ! ' "S ^ r^X *W^^ t J ^ ORIGINES DES ANIMAUX DOMESTIQUES. theorique et appliquee : la question de ril r tres differentes disent la plupai des de celle ou la nature I'avait place? Oui Les fails qui viennent d'etre exposes et resumes indi- qiient ici la necessite d'une distinction entierement ne- gligee jusqu'a ces derniers temps, et faute de laquelle on ne ferait jamais que trancher la question, au lieu de la resoudre. Non-seulement ce qui est vrai d'un regno pent ne pas I'etre de I'autre; mais, dans le m6me regno, exis- t des organisations si differenles, des modes si divers de y des actions si variees de monde exterieur, et s'attendre a tronvpr c / • proquement, qu dans tous les groupes ptitude a racclimatation. D'ou I'on pent prevoir deja q dans cette question, le oui et le non sont des repon trop absolues; de I'un et de faits. faut appeler Or voici, pour le regne animal, ce que nous apprennent les faits : Les animaux domestiques ont des distributions geo- graphiques tres inegalementetcndues. Tandis oue les uns sont dire propres a un petit nombre de regions ou memo a nne seule. d dev pol a u tres sont en d'autres termes, communs, sinon absolument a tous les peuples, du moinsatoutes les parties du monde, et alafois a leurs regions chaudes, temperees et froides. Au nombre des animaux cosmopolites ne figure aucun de ceux dont la domestication est plus ou mdins recente Ce f r- in ) ,1 J X ,4 r \ I ■i t ^ f r i J I I f 1 f i \P i I I" I . 'A * I t t ) (t #1 I , \ . I i i I I -I f ¥ I I* n » _ - ■- L J _L ■- f- 4- »l f A . #4 t'i Mi r i r t vi n ti? « I I '. 1 ^■'^ t»|l I r-f \u \ \H srr »( # L H *>i i I 122 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. IX. fait s'explique de lui-meme et ne merite pas de nous arreter. Nous ne voyons non plus, parmi les animaux cosmo- polites ^ aucun poisson, ni surtout aucun insecte. Le ver a soie dont rernonte au pol II cinq siecles, est lui-meme loin d'etre , bien pu devesnir commun aux cinq parties du monde, mais seulement aleurs regions chaudes temperees, et rien n'annonce qu'il en doive sordr, plus que ne I'ont fait I'arbre dont il se nourrit, et un grand nombre d'autres vegetaux cultives, originaires, soit de forte raison, de des Au parmi les dont domestic mammiferes et les oiseaux es ancienne, non-seulement nous trouvons des' animaux cosmopolites ; mais c'est le plus grand nombre qui Test devenu. Le cheval, le boeuf, le mouton, la clievre, le chat, et meme le cochon, qu'on a souventdit, mais a tort, limite aux femperes; et de meme, dans Tautre c pigeon, sont repandus depuis cbauds ? ' de tres hautes latitudes, et pour notre hemisphere en parti- culier, jusqu'aucercle arctique. Mais le plus cosmopolite, c'est le chien, Ou cesse la vegetation, et ou s'arrete I'her- bivore, le chien vit encore des restes de la chasse ou de la peche de ses maitres. Le meme animal qui, au sud, veille sur les moutons sans laine de I'Africain et chasse sert de nourriture au au pour rindien de I'Amazone, qui sert Chinois et defend les huttes du Papou, nord, gardant les rennes du Lapon, et trainant I'Eskimau jusque sur les glaees polaires. V f it ^ I *r- '. -- - -^« -f_' ORIGINES DES ANIMAUX DOMESTIQIIES. 12:^ Les autres mammiferes tres anciennement domesti- ques, I'aiie, le chameau, le dromadaire etle zebu, sans distribution geographique aussi etendiie moins encore une grande partie de la j face du globe ; et il en est de meme de quelques autres especes une epoque beaucoup dont la dome remonte a buffle, I'oie, et memele canard Ce dernier arrive, lui aussi, sur plusieurs points quateur et au dela dans I'hemispt d T consequence pratiqii de ces faits se pr d distribution e pent modifier considerablement phique, sinon de tous les etres il peut lui convenir d'etendre son ^^ action; sinon des poissons, des insectes invertebres, a I'egard desquels, comme a des B d des pouvoir quoique semble beaucoup plus restreint, rand : du moins, des deux classes f • superieures du regne animal; en d 'autres termes, et des T doubl rande respiration, a temp , * 4 propre etindependantedecelledu milieu ambiant(l). Sur de derniers, I'homme, a la faveur du temps, peut qu'il veut : ce qu'il a fait dans le passe est la me qu'il fera dans Favenir. mammiferes et des oiseaux des regions chaudes, il a obtenu, il a done le • pouvoir d'obtenir encore, en menageant les transitions, (1) Nous avons Aejk fait {Anim.utiL, p. l/i7) la distinction que nous renouvelons ici. /^ ': c '? t^ ^ f : ^1 / A / . 7 A^ w^ \ i H l\' H« ^ f fi i f. \ 1 .1 I i » I ) } \ ' t I t« V ! f 1 ! f '^1 f i k \ ^ ) h » f ff M ^ ' F i k ■ T 4f hi T t^' I if f; 12/i. NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. IX. des races aptes a vivre sous le ciel du Nord, et recipro- quement; et, abaissant graduellement les barrieres qui separent les especes, il peut les acclimater partout, comme il s'y est acclimate lui-meme. J xviir. Hipfi \ »*•## w li » t \- \ ! ■ > t ^ ^ ^1 f It P^» » t MP* 4 .tt V i^ i I Un autre resultat, mis en evidence par notre tableau, et qui interesse aussi I'Histoire naturelle appliquee, mais encore plus I'ethnographie et I'histoire, est le sui- vant : parliculierement I'Asie, est la pati naire de la plupart des domestiques, et, sans exception, de tons ceux clont la domestication est la plus ancienne. La consequence de cettc proposition, au po de I'Histoire naturelle appliquee, est facile a s; nul en evidence In possi- nt le nombre de nos resultat n'est plus propre a mettre bilite d'augmenter considerablenK animaux domestiques. Quand une seule partie du monde, I'Asie, a donne a I'Europe plusde vingt animaux domes- tiques, et parmi eux tons ceux qui sont de premiere im- portance, est-ce assez d'en avoir obtenu quatre de I'Afrique, autant de I'Amerique, et pas meme un seul de I'Ausiralie et des archipels de la Polynesie? Et n'etions- nous pas fondes a dire, il y a quclqnes annees (1): (1) A la Societe d'accliniatatioii, seance preparatoire, BuUeiin de cetle Societe, t. I, ISoZi, p. 1!2. / : . ?: if?'-; ^ J ORIGINES DES AMMALX DOMESTIQUES. 125 " Une moitie du globe a ete seule exploilee ; il reste a » exploiter 1 'autre. » La predo des especes d tiqiie, n'est pas, au point de vueethnolo d'un moindre Lcs animaux domestiq de meme les vegetaux cultives, par les modifieations que I'homme leur a fait subir dans leur distribution et leur or- V . » gamsation primitives, sont eomme autant de monuments de Taction et du pouvoir de I'homme dans les temps an- ciens ; et la determination de leur origine geographique et du lieu de leur premiere domestication ne saurait manquer de jeter du jour sur I'origine geographique de I'homme lui-m^me et sur le lieu de sa premiere civilisa- tion (1). Si, comme I'attestent les plus anciennes et les plus respectables traditions, « les hautes terres de I'AsiPM / . f premier sejour » de I'homme rres, sont nes les arts de r dans » site » (2), c'est manifestement aussi dans « les hautes » terres de I'Asie » que nous devons chercher les souches de nos plus anciennes et de nos principales especes ; et si c'est la que nous les trouvons en effet, n'est-il pas vrai \' I Nil Ml %\ w w :j \ I m i ' I M 1^1 i i , * » ^(t I 4 (1) Comme nous Tavons etabli dans un Memoire special intitule : De la possibilite d'edairer I'Histoire naturelle de Vhommepar Vetude des animaux domestiques, dans les CompL rend, de VAcad. des sc, 1837, t IV, p. 662. + En raison de la similitude de nos vues et de celles de Dureau de la Malle (voyez ci-apres, p. 129, note 2), nous ferons remarquer qu'un extrait de ce Memoire avait paru a I'avance dans le Bulletin de la Societe des sciences naturelles, 1835, p. 53. (2) BUFFON, Suppl. V, 1778; Epoques de la nature, p. 190. * V I i V ' -\. ^ .^^■ /. . f I IF « i i- ^ \r} T 'II iitt ^ I ^ ! '►» 126 NOTIONS FONDAMENTALES5 LfV. II, CHAP. IX. \ de dire que ce qui etait deja une verite traditionnelle devient une verite de fait 1 Or, c'est precisement a ce resultat que la science nous conduit, et non-seulement pour les animaux, mais aussi pour les vegetaux ; si bien que tous les faits ici vers la ineme consequence historique. ^ II s'en faut, du reste, de beaucoup qu'ils soient par- ilement decisifs. La predominance des especes ?s semble, en botanique, moins g marquee outre, on y manque bien plus souvent de ces preuves directes auxquelles nous avons pu souvent recourir en zoologie. Si Ton connait en Asie les souches de plusieurs vegetaux tres anciennement cultiveSj par exemple, celle le en Armenie, en Palestine et sur d'autres r points encore, celles des plus anciennes cereales, et particulierementduble, n'ont jamais pu etre retrouvees de b ■ pent \ (1) i i r? .1 I ^ V t i , », ft^M (1) DuNAL, Introduction au Memoire de E. Fabre Sur la meta- morphose (pretendue) de deux aegilops en triticum (dansle Bulletin de laSociete d'agriculture AeMonlpeWier, aim. 1852, p. 11), resume ainsi I'etat de la science, en ce qui concerne Torigine du ble. « Herbdote et » Diodore de Sicile assurent que le ble croissait naturellement dans » la Babylonie... Olivier a vu du ble sauvage dans les plaines incultes » de la Perse; et vers 1787, A. Michaux, de Satory, a trouvesur une » montagne de Perse, eloignee de toute culture, quelques pieds bien )) sauvages de froment epeautre. Tous ces faits donneraient h penser ^ fi que les froments sont originaires d'Asie. Mais on a objecte que les » plantes ainsi trouvees a I'etat sauvage n'etaient peut-etre que des w individus provenant d' anciennes cultures, y> La science est done encore ici « dans I'incertitude >>: i t *r- . • ( t ORIGINES DES ANIMAUX DOMESTIQUES, 127 La determination de Torigine de ces plantes n'est ainsi fondee, de I'avea des botanistes les plus savants et les plus exacts (I), que sur des arguments indirects, et seule- ment historiques, tels que celui-ci : comment ne seraient- elles pas asiatiques, puisqu'on les voit cultivees en Asie des le commencement meme de la civilisation ? \ Argument qui encore fait defaut pour celles de ces plantes dont la culture remonte a une epoque tres reculee en Egypte aussi bien qu'en Asie; et au nombre de ces plantes, estle ble lui-meme. Ou faut-il chercher la premiere Ceres? Etcomment etablir aveccerlitude un ordrede prio- rite entre des fails qui se perdent dans la nuit des temps? On a done ici plutot des indices que des preuves, et Ton n 'arrive, au lieu de consequences demontrees, des conjectures plus ou moins vraisemblables. En zoologie, au contraire, ce que Thistoire indique, la science le confirme; le plus souvent, elle le demon- trerait par ses propres ressources. En meme temps, le resultat auquel on arrive est bien plus net, en raison de la predominance beaucoup plus marquee des especes asiatiques. Sur M animaux domestiques, 29, dont 13 tres \ aneiennement possedes par asiatique. En face d'un resultat aussi tranche, le doute n'est plus permis, et la notion de I'origine asiatique de nos princi- qu'a I'homme, sont d'origine (1) Au premier rang desquels nous citerons M. Alph. De Candolle, auteur du plus recent et du ineilleur travail que la science pt^ssede sur les origines des plantes cultivees. (Voy. Geogr. bot.^ loc. cit. Pour leble, p. 931.) \ \ »• I ] f I \ I I' i; ^ _, ■ - i I * 1' I k I '■ ( -^ I % II 1 t *.fr* 1 f ' ; 11 1 I i n r I ■ I "t » m !( -J ( * t » is- ffH 1 I fm % V i a 130 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. I!, CHAP. IX, » philologie, confirine ce fait remarquable, qii » ment temps histor il est venu dans )) Occident Line grande immigration des peuples qui nous ont apporte les elements de leur lan| L civilisation et leurs animaux (1). » t (1) Bureau, Memoire de 1837, loc. cit., p. 5/i8. . C'est au meme point de \ue que nous avions dit nous-meme {Bull. de la Soc. des sc. natiir., resume du memoire special, cite p. 125): L'etude des animaux domestiques peut eclairer I'histoire « soit sur » I'antiquite de la civilisation dans certains pays, soit sur les rapports » qui out (111 exister, dans les temps anciens, entre des peuples, depuis » separes lesuns desautres. » Je ii'ai pas ici k exposer et a discuter les consequences anthropolo- giques auxquelles peut conduire Fetude des animaux domestiques ; mais il ne sera pas inutile de donner du moins quelques indications generales, en reproduisant un passage du memoire ou j'ai pour la premiere fois aborde ce sujet (voy. les Compt. rend, de VAcad. des sciences, 1837, t. IV, p. 670) : « Les animaux domestiques presentent danstoutes les modifications )) qui les eloignent de leurs types primitifs autant de traces irrecu- » sables deFinfluence et du pouYoir humain, dans les ages anterieurs : » ce sont, en un mot, s'il m'est perrais de m'exprimer ainsi, des mo- » numents d'an genre particulier, monuments aussi durables qu'au- cun de ceux auxquels on reserve ordinairement ce nom... D'oii » » decoulemanifestement la possibilite d'eclairer Fetude de Fhomme )) par celle des animaux domestiques. Ainsi, pour citer quelques * * )) exemples, la determination de la patrie originaire des especes » peut Jeter quelque jour sur les relations anciennes de diverses na- » tions... En fixant Fordre relatif de la domestication des especes, oti » peut arrivcr a d'utiles inductions sur Fanciennete rel&tive de la J) civilisation chez divers peuples. Enfin, les idees emises par divers )) auteurs sur les analogies et les divcrsiles^ sur la comliuiliatite ou la difference d'origine de certains peuples, peuveiitetre confirmees oti )) infirmees, au moins dans quelques cas, par Fetude comparative de » leurs animaux domestiques, aussi bien que par celle de leurs langues i) el de leiirs monuments de tout genre. » I it % I M ■_j I .'s-^- . 1,^ -- I- ^ . f. ORIGINES DES ANIMAUX DOMESTIQUES. 131 XIX. Leg ftnimaux domes! pporfs zoologiqiies et leuf s orig abl eogra phiques, y sofit en meme temps distribues selon I'ordre chronologique de leiir domestication. De la d'autres resul- tats dont le premier est celui-ci ; Les especes leg plus utiles a I'homme ont ete domes- tiquees non-seulement des Tantiqiiite historique, mais des I'epoque la plus reculee de I'antiquite, des leg temps ante- historiques. Cette proposition, vraie, sans aucune exception, pour atix peut etre efendue, sauf quelq L'orimne de & la culture des principales plantes alimenfaires, le He, I'orge, la vigne, le dattier, perd dans la nuit des temps, aussi hien que celle de la mouton, de la chevre, du domestication du boeuf. d eheval, du chameau haute antiq possedait une plante textile comme un msecte ind fnel : le lin est peut-etre aussi ; le vef a soie. 11 deVait en etre ainsi. Les especes de simple agrement ce especes utiles sont atix superfUt. Aussi ont-elles de beaucoup precede les autres. Dans le regne animal, la plupart des premieres, et parmi elles, sans exception, toutes celles qu'on a si justement dites de premiere necessity potir I'homme, ont ete sou- mises par les peuples pasteurs de rOrient. Ce sont Ip« *' 1 I H 4 i ■ li 184 i ^ i: >« H* ^ s *4 !^ Y I * H 1 >* ^■_ k f •H tpw ! h I r 1^ i i i « #* > I 132 ^0T10NS FONDAMEINTALES, LIW II, CHAP. IX. Grecs, amis du beau sous toutes formes, qui ont c • • ommence a placer a cote des especes utiles des especes d'ornement : le faisan et le paon sont des trophees durables de leurs passageres conquetes en Asie. C'est chez les animaux tres anciennement domestiques qu'on rencontre les extremes des modifications produites par la domesticite et la culture : ce qu'on eut pu annc a I'avance ; car il existe des relations, faciles a saisir, entre Tanciennete de la possession par I'homme d'une animale, son extension a la surface du globe, le riombre et la diversite des conditions d'existence'dans lesquelles elle a ete placee, et le nombre et I'importance des variations qu'elle a subies. Eut-on pu prevoir de meme cet autre rcsultat de I'ob- espece des Chez meme qui ont le pi • f on trouve encore des races tres semblables au type primitif. Pour la couleur elle-meme, apeiney a-t-il quelques especes, et pas uneseule parmi les oiseaux, ou ne subsistent, dans une ou quelques des ancetres sauvages per sislance de la coloration primitive peut se rencontrer chez des animaux a d'autres egards tres modifies ; elle reste parfois le seul indice d'une filiation partout ailleurs effacee par le temps. Nous avons, chez nous, parmi nos animaux les plus rustiques et les plus abandonncs a eux-memes, quelques- unes de ces races voisines du type primitif; mais la plupart d'entre elles existent chez les peuples encore barbares et surtout sauvages ; et chez cenx-ci, fait tres digne de remarque, il n'y en a pas d'autres. i lT^ <£ . :--'.■ . *H i { J| I - f N.. V * ORIGINES DES ANIMAUX DOMESTIQTJES. 133 Si bien qu'en comparant dans leur ensemble les ani- maux domestiques des differents peuples, on arrive a ces resultats dont le premier a depuis longtemps fixe rat- tendon : Ou I'homme est tres civilise, les animaux domestiques comme espece, soit, dans ch ie espece, comme race; etparmi les races, il en existe tres differentes entre elles, et de tres eloignees du type primitif. All contraire, ou Thonime est lui-meme pres de I'etat de nature, ses animaux le sont aussi : son mouton sans laine est encore presque un mouflon; son cochon res- semble au sanglier ; son chienlui-meme n'est qu'un chacal apprivoise; etainsi des aulres, s'il en a. Ou, en d'autres termes, et ce sont ceux dont je me suis servi pour exprimer cette relation lorsque je Fai k\t con- naitre: Le deere de domestication des animaux est en raison du degrede civilisation des peuples qui les possedent (1). Proposition qu'il est meme possible de rendre plus (1) Histoire generale des anomalies de Vovgamsationy 1. 1, p. 219, 1832. II n'est encore ici quesUon que du chien. — Et article Domes- iicatioUy EncycL nouv., t. IV, p. 376, 1838, ou Essais de zooL gener.^ p. 306, 18/11. — Voy. aussi une courte note inseree dans les Compt, rend, de I'Acad. des sc, 1850, t.. XXX, p. 392, et relative k une communication de M. Tremaux, ibid.y p. 391. Sur le Nil Bleu, disait ce voyageur, les honimes ont les cheveux lisses, et les moutons sont laineux; au contraire, un peu plus haut, et « la meme ou Thomme » prend des cheveux laineux, le mouton n'a plus de laine ; il est cou- » vert de polls. » Ce contraste, qui avait paru fort singulier, renlr parfaitement dans le fait general que je viens d'enoncer. M J # i Ls '*! I I t i ^ (I i M9 \ n 44 4 1 t I -J 1 v- \^ i 'A tm I , T T M( il I m t I w* t t '^ w: ^14 13/l NOTIONS FONDAMENTALES, llV. II, CHAP. l^C. generale : car des faits analogues se presenteiit dans le regne vegetal, mais ici bien moins (ranches. An dernier echelon de la vie sociale, rhomme, senlement chasseur ou pecheur, pent bien avoir encore et a le plus souvent un ou quelqucs animaux domcstiques •, rnais il n'a pas de ve- gelaux cultives; et, par oonsequent, nous n'avons pas a opposer ici au plus haut degre de la civihsation le terme extreme de la barbaric. Telles sont les premieres consequences des laits qui precedent, et que nous aurons bientot a reprendre, pour les considerer dans leurs rapports directs avec la question de I'espece. -^vn ■ U'^^r^ b T^ ^^1 '_ B-i -h ^ — — i — »- — il L, ft k il I ■u L. r I t ^ _" J X, * * - .■.^■■'•- ^t ^"hl I h r i ^\j'\j\jj\4\.-\y\j\f\r\^^\/\/\rj\r\r\/\j\/\j\^ \ CHAPITRE X. M * NOTIONS SUR I.ES METIS ■- » e SoMMAlUE. — I, NomoncIalurG. Metis liomoides et metis lijbrides. Hybrides sldriles ou millets. — II. Credulile des auteiirs jusque dans le xvilP siecle, Pretendus liybrides d'animaux de deux classes, do deux ordres differents. — III. Scepticisme exagcre des auteurs modernes, partisans du systenic de la fixiie de I'espece, Negation des unious niixles a I'etat de iialnrc, et dos liybrides Ligcneres. IV. Hybrides eigeneres fabulcux; tres douteux; douteux. V. Hybrides big-eneres autheutiques. Mammifercs. Giseaux. Exemples ?i Tetat sauvage. VI. Hydrides congeneres. Mammiferes. — VII, Giseaux. Exemples aTelatsauva^e. VIII. Poissons. Insectcs, IX. Hybrides vogetaux. X. Rapports des metis avec les types originels. Distinction proposee par Kant entre les metis de deux varietes, et ceux de deux races. Distinction entre les metis horaoides et les bybrides. Etat variable des premiers. — XI. Etat mixte des bybrides. XH. Aptitude a la reproduction cUcj: les metis. Fecondite des homoules. Pretendue infocondite iles hybrides. — XIII. Hybrides infeconds et pen feconds. Faux exemples dp fecondile ; exemples contestables, — XIV. Hybrides feconds diezles mammiferes. XV. Aulres bybrides feconds. — XVI. Objections centre la fecondite des hybrides. f J « ^ I I. Apres les etres dont traile la teratologie, et ceux qui ont subi, en domesticite ou par la culture, des modifica- tions devenues indefiniment hereditaires , viennent les point de vue general, peuvent aussi etre dits anomaiix ; car lis sont aussi, au moins par gine, ordinairement suivies par la nature, et presenlent des caracteres qui ne sont ceux d'aucune de ses formes permanentes, precisement parce qu'ils sont en partie ceux de deux, 4 m I 4« * «l 1 1 -w^ J I t Fi^ «|! \ I .' \y. '!■*'■■'■ : '-i'. w r" F - 1 I a I it i ft P fit it It ^tii f V 4 * <) «i' (X w ! vt J w: /i»« * .* : I - 136 NOTIONS FONDAMENTALES , LIV. II, CHAP, X. Maisicil'anomalie resulted c causes d'un ordre par- ticulier, I'union de deux etres d'organisation diffe rente ; et si Bonnet a pu appeler les metis « des especes de fait Une similitude ri'est pas identite Un grand nombre d'auteurs ont employe indifferem- ment, et emploient encore comme synonymes, les mots metis, hybride et mulet. Mais chacun de ces termes a sa r valeur propre. Tons les metis ne sont pas des hybrides, tous les hybrides ne sont pas des mulcts. Les Latins nommaient deja mulus, comme chacun sait, I'animal que nous appelons mulet. Ce produit, ordinaire- ment infecond, de I'ane et de la jument, est devenu comme un type autour duquel ont ete groupes, sous le nom generahse de mulets^ tous les animaux, et meme, par une nouvelle extension, tous les etres organises qui lui ressemblent, soit par leur origine mixle et leur infecon- dite, soit meme, sans origine mixte., par leur infecondite, comme les neutres des ruches et des guepiers (2 L'appHcation du nom de mulets a ces neutres, et de meme aux bourdons non sexues, est depuis longtemps consacree par I'usage, et lait voir que des deux idees rt^iW ► •» 4 \ m ii 4i I m i s\ » » I (1) Considerations sur les corps organises. Amsterdam, in-8, 1762, t. I, p. 17. « Mulet, espece de monstre quadrupede)), dit aussi le Dictionnaire de Valmojnt de Bomare, qu'on peut consulter et citer utilement comme expression des idees les plus generalement admises au XYiii' siecle. — Voy. le tome IX de Tedition de 1800, p. 91. (2) Vov. le Chap. VII, Sect, vri, t. II, p, 48/i. I k^-h^L — :'.:';-^'- ' -->: 1 »_ 4 t w ^ + i ! I » *i • • METIS HOMOIDES ET HYBRIDES. 137 qu'exprime ce mot, celle qui s'y rattaclie le plus essentiel- lement est encore celle de Tinfecondite. Mulet, a moins de s'elever contre I'usage, et par la meme de tomber dans de graves inconvenients depuis longtemps signalespar Buffon (1), doit done se dire, non de tous les etres d'origine mixte, mais de ceux de ces etres « qui n'engendrent point ». Definition qui est aussi bien celle de 1' Academic francaise (2) que de la plupart des naturalistes. I Le mot hybride est aussi d'origine ancienne. Les Grecs appelaient dejaugpU (3), et les Latins, d'apreseux, hybrida, ibrida, hybris ou ibris (4), I'animal engendre de deux (1) Des mulets, dans les Supplements, t. Ill, p. 19, 1776. (2) Dictionnaire , 6* edit., 1835. (3) Tgplc, et non uSpu. Ce dernier mot, qui signifie outrage, et par extension, viol, adultere, a ete souvent confondu avec OSpW. L'hybride a ete a.insi nomme, parce qu'on I'a considere comme le fruit d'une union illegitime, d'une sorte d'adultere. De la meme assimilation derive le nom qu'on donne encore aux metis dans plusieurs langues: par exemple, en allemand, ou Bastard est beaucoup plus usite, meme dans les livres scientifiques, que le mot gerraanise Hybrid. (Zi) Hybrida ou ibrida, meme sens que uSolj. « Hyhridas ceu semiferos », dit Dependant Pune, liv. VllI, lxxix. Dans ce passage, le nom d'hybride est applique au produit d'un ani- mal domestique etd'un animal sauvage, et particulierement du cochon et du sanglier. Hybris, ou ibris (mot de la. basse latinile), parait avoir ete plus specialement employe dans ce dernier sens : Apris atqtie sue setosus nascitur hybriSt (ou selon d'autres Ici^ons, ibris), dit un auteur du vn'siecle, Eugenius le jeune, dans une curieuse piece de vers, De ambigenis, qu'on trouve dans le recueil de ses opuscules (public en 1619 par Firmond, i i \ \ r -4 L m L I t f »■ I 1 ^ i I f. ;J ■r i \ \ J I! . ( a i! * H I i ^ 6 I* I Mt ■^ t iu I J I I \ ■ M L r- :v ., V". T— J ^ J _ 1 I ! A I #H ft •-^ .^ ■ ^ ^ 1 I '■\ J 38 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP, X. especes differentes, Les naturalistes ont depuis longfemps fait passer ce nom dans la science, en lui conservanl la meme signification. Plus tard, la decouverte des sexes et de la feeondation cliez les plantes en a fait iin terme de bolaniqiie aiissi bien que de zoologie (1) . Le mot metis a un sens plus etendu que les precedents. Donne d'abord par les Europeens etablis en Amerique au fruit de I'union du blanc avcc I'lndienne (2), il a ete suc- cessivement etendu, par analogic, aux animaux et aux vegetaux d'origine mixfe, et aussi bien a ceux qui pro- viennent de deux races ou vorietes d'une meme espece, II ^ 1 ^J" i *H I if i f I il . i I Paris, in-8, 1619), et dans d'autres ouvrages, tels que VHistorin naturce maxime peregrince de Niekemberg, iii-fol., Anvers, 1635, p, 90. ^ (1) Voy. la these de Haartmann, Plantce hybridw (1751), dans les Amcenitates academicce de Linne, Holmiw, 1756, t. HI, p. 28. Haartmann , ou plutot Linne , distingue (p. S/i) les hybridw bige- 7ieres, issues de deux especes de genres differents, et les congeneres, issues de deux especes du meme genre. (2) En espagnol, mestizo (c'est-a-dire mele, mixtus). En latin metif'i metif (Yoy. Labat, Nouveau voyage, in-12, 1722, t. II, p. 132.) metif. /, avail cours dans la langue trancaise, aux xvi*= etxYii^' siecles, avec le sens general que nous donnons aujourd'hui k metis, et de plus, comme nom parti- Mastiff f' Y{A\, Synopsis methodica animalium quadrupedum, Londres, in-8, 1693, p. 176. D'autres auteurs voient dans masiivus one alteration de mastinus qui parait en effet plus ancien. Mdtiner est, comme on le voit, presque le meme mot que metisser (terme de zootechnie); anssi a-t~il c^ pen pres le m^me sens. *• ^ '' ' ] I \ METIS HOMOIDES ET HYBRIDES. 139 que de deux especes distinctes ; par consequent, a tout etre organise tirant son origine de parents non sem- blables ; a tout produit d des En ce sens, qui est consacre par I'usage le plus gene 1), lesiiybrides forment une des divisions principale metis, celle des metis issus de deux especes. Et d'eux doivent etre places, comme seconde division netis qui proviennent de deux races ou varietes d'un menie espece. N de / • b le nom d'ho vioides (2) ces derniers metis, bien moins remarquables i i I 4 1 i 1 J ^ 14 I '"4 I W" (1) Selon le Bid. de I' Acad, frang., 1835, « metis se (lit d'ani- i> raaux, de fleurs, de fruits, nes dii melange de deux especes. » Ce dernier mot est pris ici, comme on I'a fait si longtemps (voy. le Chap. V), pour sor. - — T^PJ^^ ^ ^s-^ It l1H A / »'* ft » IP I If r ^ > I x-' t ^ I U iki > w ^ > III) ft Etf W ^ } »tt r 4 Wl tt ^111 :§ ^ \ ili'2 NOTIONS FONDAMENTALES, LW. II, CHAV. S. pas ete entierement des erreurs qui leur avaient donne naissance. Voltaire, et il n'etait pas le seul parmi les phi- losophes de cette epoque, croyait que « des femmes en- » ceintes de la fa^on des singes » avaient pu enfanter des « especes de satyres » (1) ; et plusieurs natura- listes admettaient, entre divers animaux^ des unions fecondes, plus impossibles encore. Pour ne citer qu'un exemple, et pour le prendre dans les hautes regions de la science , Reaumur, temoin des « etranges amours d'une » poule et d'un lapin », esperait en voir naitre « ou des wpoulets vetus de polls, ou des lapins couverts de » plumes (2). » Buffon, Haller, Bonnet, ont pris tons trois (1) Voy. Les singularites de la nature (sans noni d'aiiteur). B&le, in-8, 1768, p. 121. Dans notre siecle, I'existence d'hybrides humains a ete rejetee, sinon par les voyageurs, du moins par les naluralistes, comme unegrossiere erreur. Quelques-uns cependant se sent tenus dans le doute, ou meme ont incline a admettre la possibilite d'alliances entre rhomme et les singes. — a Ces alliances sont, sinon impossibles, du moins fort » rares «, dit Yiuey, article Races du Dictionnaire d*Histoire natii- Telle de Deterville, nouv. edit., t. XXVII, p. 501, 1819. — Plus pres de nous, Bory de Saint- VmcENX dit encore, dans Tarticle Orang du Dictionnaire classique d^Histoire naturelle, t. XII, p. 271, 1827 : n On cite plusieurs exemples... de Texistence de metis,)) ties de femmes gnlevees et violees par de grands singes d'Afrique. Non-seulement il ti'y a pas, dans la science, un seul exemple de Texistence de tels metis (voy. t. IT, Additions, p. 5l/(); mais Tenleve- ffient de femmes par des singes n'est etabli par auctin temoignage digne d'etre pris en consideration. II n'y a ici que des fables popii- laires et deS contes de voyageurs. On peut consulter k ce sujet le me- moire que j*ai recemment public Sur le gorille, dans les Archives du Museum d'Histoire naturelle, 1858^ t. X, p. 58. (2) Art de faite eclore les oiseaux. Paris, in-12, 1769, t 11^ p. 322. \ » % fe i i Ill -\ ^ f. \ I HYBRIDES. US y peine de discuter ce recit et cette prevision ; et Bon 3se pas les condamner absolument : Reaumur, dil ait « probablement trop espere » (1). A cote de ces hybrides de deux classes differentes, auteurs p] multitude d f . • de mais non ad deux ordres de la meme classe, missibles, en raison des diversites de taille ou d'organi- sation sexuelle qui separent les especes dont on les supposait issus. Entre autres exemples, on a cru a Funion feconde du sanglier avec la chamelle (2), et Ton a admis I'existence de metis de coq et de cane, d'hvbrides de ge et de chienne , de mulcts de cerf axis et de les premiers sont tres serieusement cites par Bonnet par Haller lui-meme (3) ; les seconds, par Blumen- (1) Loc. cit., 1. 11, p. 251. LiNNE lui-meme paratt avoir cru, non-seulement a la possibilite, mais a I'existence de I'tiybride prevu par Reaumur; car il a laisse son eleve Haartmann dire, dans les Amoenit . , loc. cit., p. 61: t( Pullus » exclusus erat yallus lanatus, observante Reaumurw. » II a ete aussi question, dans le xviir siecle, d'un pigeon a poil et a chair de lapin, « provenu d'une pigeonne couverte par un lapin ». Voy. les Remarques de I'abbe Dicquemare sur la possibilite de liai- sons etranges entre divers animaux, dans le Journal de physique, ins, t. XII, p. 212. (2) On y croyait encore au xvii" siecle. Voy. Nieremberg, loc. cit., p. 91. - 4 (3) Haller, Sut la formation du coeur dans le 'poidet, 2*^ partie, Lausanne, in-12, 1758, p* 189; et BorwET, loc. cit., t. I, p. 2/i. Les pieds, dit Bonnet, etaient « parfaitement ressemblants h ceuxd*un B coq ». ~ Cette histoire, ou plutot ce conte a ete introduit dans la Science par Taube , Beitrage zur Naturgeschichte des Herzogthums Zelle, tlh p. 257i Ce pretendu hybride de coq et de cane n*est pas le sent qu'on ait ^ . ^ L^ ■ ■* 1*^ > ' II 'i pw { i ^ «« *ff 1 J Mil f H I i i/l \ .4 i I 1 I * - ' -i - - ..- 7^ 1 ' I ¥ tf f.^ ;/ \ % i-- if i» 4( ttif / # ^ I \ IM NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. X. bach (1) ; les derniers, de par Hamilton par Morton (2). Et ces contes ne sont pas 5 plus incroyables de tons ceux auxquels on :», croire : Locke assure avoir a cru et essaye de fair \u un de chat et de rat (3) peu scnipuleux Rafinesque parle de didelphes, nes dan admis dans le xyiii* siecle. Schoepf, i?e^■se durch die vereinigten nor darner thanischen Staaten, Erlang, 1788, in-8, t. I, p. 138, en menlionne trois autres. II dit avoir vu un de ces hybrides qui etait semblable en avaui au coq, et se rapprochait en arriere du canard. Dans noire siecle, ce metis et celui de Taube out ete encore admis par quelques auteurs. Meckel lui-meme semble porte a croire a Fas- sertion de Schoepf (voy. son Anatomie compares, 1821, 1. 1, p. 309; trad. fran(?., p. 601). Un pretendu metis de coq pintado et de cane est mentionne par M. ScHEiDAVEiLER, Sur les principes des croisements, dans le Journal vMerinaire de Belgique^ et le Journal (fran(;ais) des haraSy ann. 18Zi8. Pour ce dernier journal, voy. t. XLV, p. lliO. (1) De generis humani varielate nativa^ edit, de Goettingue, 1781, p. 9. (2) Smith, Horses^ dans The Naturalist's Library^ t. XII, 18/il, p. SZiO. Le nom de cerf-cochon, sous lequel les naturalistes designenthabi- tuellement le cervus porcinus, parait avoir donne lieu a cette erreur, que je ne rappellerais meme pas, si le Hog-deer de Smith n'avait ete admis par des auteurs ordinairement plus scrupuleux que lui; entre autres par G. Morton. ~ Voyez son memoire intitule : Hybridity in Animals^ dans The American Journal de SILLIMA^^^, 2^serie, 18/i7, F t. in, p. [\o (travail que Ton consultera d'ailleurs avec fruit sur d'autres points, ainsi que la suite inseree. Ibid., p. 203). (o) Human Understandig, liv. Ill, chap, vi, 23. <( / once saiv », dit Locke. — L'illustre philosophe cite ce pretendu hybride pour prouver que nous n'avons waucunsujet de croire im- possible )) que des femmes aient ete fecondees par des singes. Pour ce meme pretendu hybride, voy^ Dicquemare. loc.cit.^ p. 213. 4, i, HYBRIDES. du Kentucky 45 c hi r et I'on lie s'est pas fait t'aute dans le Massachusetts, de quel- par des hrehis dont ils etaient nes avec les loutres des du voisinage (2) ! de res ces hybrides impossibles , on a rejete science les cinq produits mixtes de solipedes et de ru- minants, designes par les auteurs sous le nom dejumarts; d'abord, et sans hesitation, ceux qui naitraient frequem- ment, a en croire divers auteurs, de I'union de la vache avec rane(3) ou avec le cheval (4), et quelquefois de celle (1) Sur quelques animaux hybrides, dans les Annates generales des sciences physiques de Bruxelles, t. VJI, 1820, p. 85. / Sheep Philosophical Transactions de Londres, 1813, p. 85. L'auteur ne presente qu'avec beaucoup de reserve cette explication de la naissance de Vancon ou mouton-Ioutre (Otter-breed) animal dont on a fait depuis une race. - J'ai vu un semblable mouto'n basset ne en France. ' Apres tons les contes qui precedent, citons encore, a cause de la classe dont il s'agit, et ou nous ne counaissons authentiquement aucun metis, une conjecture de Treviranus {Biologic, t III p z,i5 1805), relative a de pretendus hybrides de grenouilles et de sala' mandres, dont on aurait vu paraitre une multitude en Silesie a la suite d'une inondation. Voyez, pour le fait qui a donne lieu a cette inadmissible conjecture, Kundmann, De singulari eluvie, dans les Acta Academiw natural curiosorum, t. V, p. 366; 17/,o, (3) Shaw, Voyage en Barbaric, m-li, la Haye,'l7^3,'t l' p 309 parle de ce jumart comme d'une « petite bete de charge, de fort grand usage « en Barbaric, ou on I'appelle Kurnrah. C'est, sans nul doute, ou un bardot, ou un petit mulct. BuFFON, loc. cit., p. 38, se raontre tres dispose a adraettre le junlart d'ane et de vache. ill) Union hybride tres vaguement indiquee par les auteurs. Je n'en HI. 10 r N 4 I* I * t1 I i ! i ' (! I V « i u •t 1 «H «♦ * ■/ I I 146 NOTIONS FONDAMEiNTALES, LIV. II, CHAP. X. i(i debats, le iumart d'anesse et de 3 , apres de longs et meme le ju- proprement dit, fruit de la fecondation de par te pas eau, L'exi&terice de ce dernier ^lybride a etc ^ testee depuis trois sieclcs ; il ne serait meme issure-t-oDj dans le Dauphine et dans le Pie- Le savant Boyrgelat dit I'avoir possede, dis- secmej et vu dissequer a I'ccole veterinaire d'Mfort et, sur ee grave temoignage, Haller a fmi par I'ad ▼ pres i avoir me. bon existence par zani tres digne de foi. que decrit. On anatomiq type des solipedes. On n'a pu fait voir, sous le nom de iumart, q bardot jiuiourd'hui a laisser en dehors de la science ce produit, extremement douteux, sinon decidement fabuleux, d'une union qui est d'ailleurs loin d'etre sans exemples (3). F cennais pasun seal qui dise avoir vu lui*meme le jumart de cbeval et de vache. (1) NiEREMBERG, loc. cit, — Voy. Bussi Ic Bulletin des sciences naturelles de Fekussac , t. XI ^ p. 106, 1827, et le memoire de SCHEIDAYEILER, loc. cit. r Q2) Les jumarts de jument el d'anesse seraient connus en Piemoiit sous les nonis de Baf (celui de la jument) et de Bi^ (celui de Tanessejj selon J. Leger, Hisloire generate des eglises evangeli(jues du Piemont^ Leyde, in-fol., 1669, p. 7. (3) Sur les jumarts, et particullerement sur le Jumart proprement dit, voyez, cntre autrcs auteurs : BLi'MEKBACii, D& jumaTis excurmt dans Je Degen. hum.var. naL, p. 12. I Et dans notre siecle : Tupputi, Lettre sur laphysiologie v'eterinairt, / f -^ ti HIBRIUES. Mil y III. I 1 ^ - Si les ancieiis, les auteiirs dii moyen age et quelq moderiies ont pousse jusqii*aux dernieres limifes la c dulite a I'egard des metis, n'aurait-on pas, deuosjoi exagere le sceplicisme?Est-ce a bon droit qii'apres toi les eliminations qui pre'cedent, apres le rejet dc tous metis de deux classes ou de deux ordres, on en est veil retrecir encore le champ de la generation hybride; a plus taisser place qu'a de rares exemples, observes d des circonstanccs cxpfinfinnTipIlp . Cu de idite un qui a fait prevaloir d . La limitation des ph s petit n ombre de ci notre par consequence presquc necessaire de la fixite', de mutabilite de I'espece 5 et Cuvier n'a pas hesite, non-seu- lement a tirer cette consequence, mais meme a rejeter, en dehors de I'ordre de la nature, les naissances dans les Amales de I'agricultuve fmimise, t, XXXI, 1807, p. 204 et §uiv. L'auteur resume id tous les temoignagcs qui lui paraissent mettre hors de doute I'existence des juraarts. II convient, du reste, n*en avoir « jamais vu » un seul. — Huzard, Reponse d'M. Tupputi, Ibid., \). 237. — Et TuppuTi, lUpliqw a une Mre de M. Huzard, Paris, in-8, 1808, avec figures d^m des pretendus jumarts de Bourge- lat. — Oil trouve rappele et discute dans ceS trois ecrits a peu pres tout ce qu'on pouvait dire alors pour et contre Fexistence du jumart. Au- cune publication importante n'a ete faitc depuis sur le meme sujet. Pour des exempres d'accoupremeiltsfe'ri'/e du taureau avec la juraent, Voy. BuFFON, loc. ciL, p. 37. Selonlui, « la nullite du produit .., dans les cas qu'il rapporte, prouvefait « qu'au moins dans notre climat, le *> taureau n'engendre pas avec la juiiient. » * % )i ^1' t * ^ \ I I ) III 4» ff«i *t «*r tt* ■ \ ^'^i.i l/i8 NOTIONS F0NDAMENTALE8, LIV. II, CHAP. X. hyb rides et meme les unions mixtes dont elles resuUent. « La nature, dit-il, a soin d'empecher I'alteration des » especes qui pourrait resulter de leur melange, par » I'aversion naturelle qu'elle leur a donnee ; il faut toutes » les ruses^ toute la puissance de rhomme, pour faire con- V tracter ces unions, meme aux especes qui se ressemblent »le plus (i). » Guvier n'a ete, sur aucun point de sa doctrine, plus lidelement suivi par ses disciples. Les hybrides, dit Fre- deric Cuvier « ne sont point, a proprement parler, des » etres naturels ; ils sont essentiellenient le produit de iifi ? desordres dan » » « a de la Providence, jamais leur existence n'aurait ete con- nue. » Les hybrides ne peuvent naitre, ajoute I'auteur, sans une interruption dans les lois generates (2). » « Si Ton se represcnte », disait de meme Duvernoy il y pen d'annpes, « le desordre qui serait la suite de ce me- lange fecond qui modi fierait les especes, on en conclura logiquement que les especes ne se melent pas dans leui etatde complete libertc... C'est I'homme seul qui pro- approcliements forces... L'a rocher de son espece et de » gner des de choisir ses ali » ments et (Veviter les poisons (3). » t /< de 1821-1823, 1. 1, p. lix). ;/' mulet de macaque, 1830. (3) Dictionnaire universel tVBistoire naturelle^ t. X, 18^7, art. Vropagation, p. 5/i5 et 5Zi7. I r^: + I I ► rF ■ .^- ^ t HEBRIDES. U9 End de Cuv ordinairement mees : il ne se produit d'hybrides q-i'entre animaux rediiits domes tiq i). Et chez ces animaux eux-memes, Fhybridite ne seraif possible qu'entre especes tres rapprochees par les rapports naturels : aussi rapprochees que peuvent Tetre des etres specifiquement differents. « Pour que la femelle soit fe- « condee par le male d'une autre espece, dit Frederic » Cuvier (2), il faut que toutes deux appartiennent a un » meme genre nature!. » Idee que M. Flourens a reprise, en la precisant encore mieux, en ces termes (3) : « Les « especes seules du meme genre produisent. Le renard et « le chien, de genres sivoisins, mais de genres differents, »> ne produisent pas. » Gette opinion n'est pas encore la plus restrictive qu'on ait recemment emise. Selon G. Moi niers travaux, la fecondite ne sera / d possible qu'entre especes auiees et surtout voisines du (1) Encore cette formule n'a-t-elleete admise que recemment. On etait d'abord bien plus absolu. On voulait (opinion encore soutenue en 1835, par M. Marcel de SepxP^es, dans la Revue du Midi, t. IX , p. 345) qu'il ne put y avoir d'hybrides qu'entre des especes, toutes deux ou une au moins a I'etat de domesticite. Contre cette erreur, voy.F. CmiER,Hist.nat. des mamm., art. sur les chacals metis, 1821, et Flourens, Travaux de G. Cuvier, Paris, in-12, ISZil, p. 265. M. Flou- rens cite ici en exeraples des metis de lion et de tigresse, nes dans une menagerie ambulante. Pour ces metis, et pour un grand nombre d'autres exemples, voy. les Sections iv a viii. (2) Diet, des scienc. nat., loc. cit. (3) De I'inst. et de I'inteU. des anim., p. 125. Voy. nussi le meme ouvrage, p. 121, et Trav. de Cuvier, p. 263. I •^ «« \ \) *i 1 ^11 I *■* A I H i i T I ,;"---. ■-^ - n v If f UN 150 NOTIONS F0NDAMENTALE8, LIY. II, CHAP. X. Los nutP^s, on les especes eloignees ^ ne produiraient jamais d'hybrides (1). II n'y aurail done, selon Frederic Gavier, M. FloLii?6ns, r et Morton, et selon un grand nombre d'autres natura- listes, que des hyhr ides congener es (2), et point de hige- F neres (3). Encore les premiers seraient-ils « en tres petit nombre », ajoiite Frederic Guvier ; ce qui doit etre, si L les metis, eomme il le veut, et comme le veut son illnstre (1) Les teriiies employes par Tauteur sent les suivants t proximated, allied et remote species.- Les hybrides des especes voisines seraient fceonds; ceux des especes seulemeiit alliees seraient infeconds. Yoy. Types of Mankind , par G. MortON (oeuvre posthiime), Nott et GLtDDON, Londres, gr. in-8, 185/i, p. 81 ct375, Morton n'est arrive a ces vues que dans les derniers temps de sa vie. Vovez, pa^es lliix, 152 et suiv., les citations relatives a un travail anterieurement publie sur Thybridite par le celebre anthropologiste amerlcain. (2) Pour les mols congmeres et bigSneres^ ternies depulslongtemps r introduits en botanique par Linne, voy. p, 138, note 1- (3) « Cette regie », disaitdejii Rafinesque en 1820 {loc, cit.,) a est » h pen pres regue maintenant comme axiome. j) Ce pretendu axiome a cependant trouve des contradicteurs. Voy. BtjRDACH, Physiologie, Leipzig, in-B, 1. 1, p. ^62, 1826; trad, frang. par JouuDAN, 1. 11, p. 183. a Un accouplenient fecond >), dit burdach, ou plat6t son traductenr, en termes plus prAdft que les siens, « pent J) avoir lieu entre des individus appartenant k deux genres differents. » Mais Burdach ne cite a Tappul de son assertion qu'un tres petit nombre d'exemples, tous inadmissibles oil pour le moins douteux, comme Thybrideducerfet du b(Euf, du chamois et de la chevre, etc. Ces deux exemples, et d'autres, sont emprUntes an Neujahrsgeschenk fur Jagdli&bhaber, recueil peu dl parait lui avoir accordee. Quelques autres indications, puisees h d'autres sources, n'ont pas plus de valeur. A pres toutes les restrictions qui viennent d'etre indiqil^es, en voici une autre encore, mais telle que personne n'a prls et ne prendra Li I H I / ^ « I } HYfiaiDES. 151 frere, soiit etrangers a I'etat de nature et dus seulement a I'intervention de I'homine, ^ sa « puissance », ses a artifices ». ■ L Plus grande est Fautorite des naturalistes qui ont ^mis ces assertions etles ont jusqu'a ce jour maintenues dans la science, plus nous devons dire qu*elles ne sont pas fondees. Nous ignorons, disait Bonnet il y a un siecle, quelle « latitude »j on doit accorder a la fecondite des unions hybrides, et « I'experience seule peut nous la faire connaitre « (1). Nous n'oserions dire encore qu'elle I'a completement fait ; mais du moins nous met-elle en I droit de dire qu'il faut de beaucoup reculer les limites assignees a cette latitude par Fecole de la fixite de I'espece : I'hybridite n'est ni rare, ni etrangere a Tordre de la nature, ni limitee aux especes d'un meme genre nafurel. IV. C'est par faits que justifier propositions, nnais non par tous ceux auxquels on a donne place dans la science. Pour faire le choix de nos preuves selon les regies d'une sage critique, il faut, apres le rejet en masse des pretendus metis de deux ordres, et surtout de deux classes, eliminer encore, par un examen de de- peine de la refuter. Selon un auteur tout recent {Revue de zoologie^ 1852, p. 5o9), la possibilite de I'liybridation serait limitee aux especes Chez lesquelles Ics spermatozoules et les ovules ont entre eux « une 1 sympathie reelle et reciproque » ! (1) Loc. cit.f p. 250. ! I f ^ I f4 t I . 4 ^ t ( 1 M * J A 1 I * it . - : '-.-■'^: >^J I i» 4 tf* i t ? 1^ iir p- 15-2 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. X. tail, un grand nombre d'hybricles seulement bigeneres ; les unsmanifestementfabuleiix, parfois meme absolument ijTipossibles ; d'autres seulement doiiteux. All nombre des premiers, parmi lesqiiels il siiffira de quelq pies, nous pi ces metis de yait Fantiquite tigres et de chiennes, auxquels cri Aristote liii-meme (1): la crocula ou lycus (3), fruits de Funion de I'hyene, I'une avec la lie I'autre avec le loup ; et, pour citer aussi, apres ces vi fables, Line erreur contemporaine, le metis du taure de la brebis (4). Non-seulement I'existence de ces d hybrides n'est etablie par aucun t et ge serieux: qui leur auraient donne physiquement impossibles, en raison des differences d'or- * ■ ganisation ou de taille qui separent les prelendus pa- rents. Les hybrides du chevreuil et de la chevre, de la chevre et du lama, sont physiologiquement moins inadmissibles. Mais sur quelles preuves repose I'existence, certaine, dit (i) Non cependant sans faire quelques reserves (voy. VHistoire des animaux, liv. VIII, xxyiii). — Pline copie le passage d'Aristote en supprimant les reserves (voy. Historice naturalis lib. VIII, lxi). NiEREMBERG , loc. cit,, admet, au xvii^ siecle, non-seulement le tigre-ehien, mais aussi le lion-chien. (2) Ou encore, selon une autre le^on, corocotta (voy. Pline, lib. VIII, XLV) ; passage ou Pline oublie qu'il a deja fait naitre {cap. xxx) la crocotte de la chienne et du loup, d'apres un passage de Ctesias sur le Cynolycus. { HYJ?RIDES BIGENERES. 153 1 1 Meckel lui-nieme (1), de ces deux metis? Celle dii che vreuil-chevre, sur le temoignage d'lin auteiir, Hellenius qui n a pas ecrit un seul mot de ce qu'on lui prete (2^ Et celle du lama-chevre, sur un passage du savant Mat thiole (3), qui parle, il est vrai, de ['accouplement du lama avec la chevre, mais pour le dire sterile (4) ! Pour d'autres metis, s'il n'est pas permis de nier, il y a du moins lieu de douter. On a souvent, mais vaauement. parle de metis de chiens et de chats. et nous avons vu meme deux de ces pretendus hybrides fait seulement sur d pas plus convaincu que les indications donnees par )) . Les metis du chat et de la fouine, du chat et de qu'ont mentionnes quelques naturalistes, ne nous semblent pa s abri du doute (Q). Ceux de (1) Loc.cit., p. 310, et trad, franc, p. Zi03. (2) Voy. plus has, p. 155. Voy. aussi Bechstein, Gemeinnutzige Naturgeschichte Deutsch- lands, Leipzig, in-8, t. I (1801), p. Z,91. Vague mention du croise- ment fecond du chevreuil avec la chevre, et aussi avec le mouton. (3) Epistol(B medicce, Lyon, in-12, 156Zi, lib. V, p. 630. Le lama est appele par I'auteur EXaoo/.mrAo?. ill) « .Yon concepere caprcB, n dit expressement Mattiiiole, p. G31. (5) II est bon de rappeler ici que Spallanzani a essaye, mais en vain, d'obtenir des hybrides de chiens etde chattes, par les procedes de la fecondation artificielle (voy. Lettera, dans les OpuscolisceUi de Milan, t. VI, p. 76; 1783). Spallanzani remarque judicieusement que ses insucces ne prouvent nullement I'impossibilite de reussir dans d'autres experiences. Le metis de chien et de chat est place par Haller {Elementa phy- siologiw, t. VIII, p. 8) sur la meme ligne que les hybrides de chien et de singe, de chat et de lapin, et autres manifestement fabuleux. , (6) Je ne vols que des chats d'une robe particuliere, soit dans les ,1 1 t > i t 4 . fi I 4 i i i i I I * f \- - *--,- i 4 V »- ■^\ » 4 i I H U' V " wit friif r 15/i iNOTIOAS FONDAMiENTALES, LIV, II, CHAP. X I et de la chierine, du renard d'Amerique et du ralon, i bien molns admissibles encore ; ce dernier n'est qu rJique par Rafinesqiie (1), et eiit-il affirme, on salt ce ( valent ses affirmations. Pa ruminants, I'illustre chirurgien Larrcy (2) parte d'une vache fecondee ji Terre- Neuve par un caribou (Cervus canadensis) ; mais la question de paternite reste ici tres indecise ; et divers hy- brides de cerf et de vache, mcntionnes soit par le meme chirurgien, soit par d'autres auteurs, ne sont pas mieux mis hors de doule (3). Nous en dirons meme autant d'un cas d'hybridite qu'on a presquetoujours cite coinme aussi au- ue que curieux : Hellenius et Holmberg auraient suivi, durant plusieurs generations, la descendance d'une / pretendus chats -fouines de Pallas {Zoographia rosso - asiatica , + Petersl)Ourg\ in-Zi, 1821, 1. 1, p. 87); soit dans les chats-martes dont Vsr.vOLOJSKi a presente la quatrieme generation a la Societe des naturalistes de Moscou, et qui, bien qu*autrement denommes, etaient les descendants des precedents. — Voy. Sur un chat-marte^ dans les Wmo/re5 de cette societe, t, I, p. 2/i9, 1806, et par extrait, dans les r Ann. gen. des sc. phys. de Bruxelles, t. Ill, p. 339; 1820. (1) Lac. cit,, p. 86. Pour le pretendu liybride d'ours et de chienne, voy. J. A. Fischer, Nalurgeschichte von Lioland, Koenigsberg, in-8, 1791, p. l/i6. Bkchstein {loc. cit , p. 702), el a son exemple, plusieurs autres auteurs, ont adniis cet hybride, qui aurait ete fecond. (2) Memoires de chirurgie et campagnes, t. I, p. 30; 1812. (3) Yoyez, entre autres, le cas recemment public dans les Sitzungs- berichte der Akademie der Wissenschaften de Vienne, t. XIII, i85/i, p. l/il, et (travail de M. Fitzinger), p. 163. — A Toccasion de ce pretendu hybride, M. Hyrtl a donne. Ibid.^ p. 163, un travail etendu sur les metis. BuFFON avail un instant cru a rexislence d'livbrides de cerfs et de vaches, comme on le volt par un passage (hVHist. nat. des oiseauxy t IV, p. 15; 1778. i >:..' I HYBRIDES BIG^NERES. 155 (Cervus capreolus) fecondee par iin be'l La prelendLie cbevrette, siijet de ces observations, faites Finlande, y aurait ete amenee de Sardaigne : ne serait pas una mouflonne ? Cette derniere bien peu connue en Finlande, il y a soixante ans, i medeeins ont pu s'y tromper (2). Plusieurs auteurs citent aussi, d'apres Span des^hybrides de phacochere et de truie, nes dan ferme de I'Afrique (3) ? Mais Sparrman n'a pas 5 phacochere- cochon r( donne de resiiltats. L essaye en Hoi experience nc saurait d'aillcnrs autoriser iine conclusion negalive oene'rale. Aunombre des bybddcsdouleux, devons-nous p) d blable que celle de la plupa d ? Leur existence est bien | de bien precedents, en raison des rapports qui Canis et Vulpes ; et elle a po grands noms, eelle d'Aristote dans I'antiquite, de Pallas (Ij Hellenils {prases) et Holmberg {respondejxs), Cogitationes qumdam de animalibus hyhridis, Aboce, in-^, 1798. Rudolpiii, qui aUachait la plus grande valeur a cette obsemtion, en a donne plu- sieurs extraits dans divers ouvrages, particullerement dans un travail etendu sur les metis, qui fait partle ties Beytrcge zur Anthropologie, Berlin, in-8, 1812, p. 165. (2) Cette conjecture a deja ete emise dans le Catalogus hibliothecce " h Banks, Londres, in-8, t. II, 1796 (voy, p. /,26). L'auteur, Dryander, ^ ajoute. d'apres Cetti, qu'll n'y a point de chevreuils en Sardaigne. (3) Comme il le dit lui-meme, Voyage au cap de Bonne-Esperance, chap. X; trad, frang. de Le ToimNEUR , Paris, ln-8, 1787, t. 11,' p. 21Zi. • ' I' [- i < f V J i ( I i J i \ 1 H ^ i^ I I vd% Ml \ \ -4 \ f i i r -1t*4 i 1 i I J / 1 * ■m . >'. :-'V il f r »!■ ■ 156 xNOTIONS FONDAMRNTALES, LIV. II, CHAP. X et de Daiibenton dans le xviii* siecle, de Bliimenbach dans le notre (1). Mais, en science, les plus grandes autorites sont insuffisantes, si elles ne s'appuient sur des averes, et nous n'avons pas encore ici une seule obser- vation exacte ! Enfin nous ne tenons pas non plus pour cerlaine I'existence des metis de chevre et de chamois, si sou- present, par d brievete permet de de elements (•2). m #- *■ i X U {- V - \ f k f r I (1) Voy. Aristote, loc. cit., liv. VIII, xxviii. Le chien de Laconie vient, dit-il, d'un reiiard el d'une chienne. Daubenton, dans VHist. nat. de Buffon, t. V, p. 236, 1775, et surtout dans un dis- cours prononce a I'Ecole veterinaire d'Alfort dont Bernardin de Saint-Pierre donne le resume dans son Memoire sur un projet de Menagerie (Paris, in-12,' 1792, p. 5i). « II resulte des observations de )) Daubenton » , dit Bernardin. Mais il ne donne pas les observations r sur lesquelles il s'appuie. — Pallas dans plusieurs de ses ouvrages, et particulierement dans sa Zoo^rap/^. rosso-asiat,, loc. cit., p.,58 et 61. — Blumenbach, loc. cit., p. 6. « Non est quod dubites », dit ^ I'auteur, etil cite des descendants, encore existantk Goettingue etvus par lui-meme, d'un renard femelle, feconde par un chien, Mais I'orl- gine avait-elle ete authentiquement cbnstatee? Dans notre siecle, I'existence du chien-renard a ete de meme admise comme certaine par plusieurs auteurs. Voyez, entre autres, Meckel, loc. cit., p. 310, et trad, fran?., p. Zi03. Haller {Elem. phys. , t. YIII, p. 8) avait cru devoir se borner a dire : « Ea: vulpe et catella, satis probabiliter », et tel nous parait etre encore aujourd'hui I'etat de la science. (2) Voyez, par exemple, Berthout van Berchen, Lettre, dans le Journal de physique, t. XXIX, p. 75 ; 1786. Berthout, qu'on a cite comme tres prononce contre ce cas d'hybri- dite^ dit positivement I'avoir constate. Mais il ne i assertion. point son (' ■--■l I f HYBRIDES BIGENERES. 157 Quant MUX chainois-chevres CM divers lieux, il en est dont mixtes entrc ceux des especes dont on les disait issus ; mais sans que les ressemblances avecle chamois fussent assez prononcees pour autoriser une conclusion absolu- ment certaine(l). Parmi les oiseaux, on aurait, selon G. Morton (2), im Pl ( fecond 8' canari femelle. Mais, s'il y avait eu societe antra ces daux oiseaux, et si I'un s'etait accouple avec I'autre, rien n'etablit qu'il I'eut feconde. L'oeuf pondu par la serine I'auteur la dit lui-memCj ne vint pas a eclosion (3) : ce n'etait, selon toute apparence, qu'un de ces ceufs clairs que pondent meme les femelles sans males. L'hybridite du coq avec le grand tefras, celle du dindon avec ces deux especes et avec les hoccos, sont moins invrai- semblables, mais nous ne voyons pas qu'elles soient mieux tUtestees. On invoque a Tappui du premier de ces croise- de Bechstein mais che dans o de ce celebre ornitholo s 1 attn^alion qu on lui prete. Les croisements du dindon avec le coq et les hoccos, et celui du meme oiseau avec (1) Sur d'autres hybrides fabuleux ou douteux, cites par divers au- teurs, voyez le savant travail de Hyrtl, loc. cit., p. iliQ et suiv. L'auteur rejette plusieursde ces metis, ou en revoque I'existence en doute. Parmi ceux qu'il adraet, plusieurs ne nous paraissent pas plus authentiques que ceux qu'il elimine. (2) Hybrid, in Animals, loc. ciL, T partie {Birds), p. 206. i'6} -. 7 I ^ ^ ^ f^J « 'St I I fr ,* 1 i ^_\ r ^ 158 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. 11, CHAP. X. la poule_, sont admis par des savants d'une grande premiers par Temminck ? der par Meckel (2), mais sans que ni I'un ni I'autre de ees fait. II faudrait ici des observations 1 que des assertions. Nous voyons encore mentionne nou dindon et de faisan description et une figure, un hvbride b Ang du xviH^ siecle , et que George Edwards a fait connaitre avec soin, revenant deux reprises Sur cet oiseau (3). Mais ici s'elevent des difficuKes. I'origine, admise par Edwards, n'est point directement etablie, mais seulement determinee d'apres des carac- teres de forme et de plumage qui ont paru mixtes enlre ceux du faisan et du dindon. Nous croyons cette deter- minalion juste. Mais elle n'est pas si bien h riA de doute, qu'elle n'ait trouve des contradicteurs. Buf- fon (4) admet, dans ce cas, I'union du faisan et du grand de celle du faisan et du dindon minck (5) partag donner plus d'in opinion qui tend * A + obsei d'Edwai reste, a :1s: car (1) Hisloire naturelle des pigeons et des gallinaces, Amsterdam^ in-8, t. Ill, p; 75, 1813. ^* |2) Lo€. eit. , p. aoi, d'apres de V&gues indications qui iie merilaient pas d^ett^e relev^es par* cet iHustre anatoniiste. (S) Vo-yez An account on a Bird, dans les Phttos, Transact, de Londres, t. LI, \mn. H, p. 833, 1761 ; etGlanures d'Histoin naturelle, Londres, in-/i, 3*^ part;, p, 267; 1764. r l" {Ix) Hist, nat. des oiseaux, U II, p. 16©. Loc: eit., p. 389. Temminck copie ici textuefieincnL Buffon, qu'il oublie de citeh *ii ^ ^-^ I \ HYBRIDES 159 fqisans SQnt, dans la seria oroiljiologique, bien pUi loin des tetras que des dindons. I Un croisement plus remarqiiable encore que le prece dent, et auquel pourtant il n'y a pas moins lieu d'ajoute foi, est celui d'une espece du groupe des Jnas et d harle Anas clang de ornithologistes recents) , et le Mergus albellus : leurs noms vulgaires, le garrot etla piette. II s'; ici d'un hybride tue a I'etat sauvage (1), et par c dont rprigine n'a pu etre determinee que par ( sur lesquelles on peut ne pas s'accprd tildes Aussi produit des opinions contrairesj discutees, k eprises, dans des reunions d des mands. Oii la plupart ont vu et yoient hybrides (2), quelques-uns ont cru a une espece distinct us fois des harles et des canards bien intermediaii entre les uns et les autres qu'on I'a tour a tour noramee - |f Mergus anatarius (3) ? clangula merqoides Nous partageQns entierement, pour notre part / V opnuon rande majorite des ornithologistes allemand (1) Trois individus, deux males et une femelle, ont ete pris sur divers points de FEurope, en 1825, 1829 et 18^3. (2) Voyez le savant memoire de M_. Qloq^r, U^ber JSeigung zum Verbastardiren, dans le Journal fur Ornithologie de M, CABA.is^is,i85/i, p. i05.— Voyez aussi Selys-Longchamps, Recapitulation des hubrid^s /' par 11845; et surtout Additions, ibid., t XXIII, part. II, p. 21 ; 1856, MM. Hartlaub,Naumann, BaldaiijuSj croiejit aussi a i'hybridite. (3) EpiBECK, danst7«/s, IgSIt {h) KjAERBOELLiNG, daus la Naumannia, 1853, p; 327; -\ 1 */ ' 1 I f^ #•4 h* f f U I 44>l4t I i> * I f • . .- -■ ■ ^■'-r.-'■ .■■.■. m % - t « 160 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. 11, CHAP. X. nous croyons que le harJe-garrot ne tardera pas a etre inscrit, d'un accord iinanime , sur la liste des hybrides authentiques (J). f* J i ! '^ % m I m ti. i »»■* > i t? I V. < Les nombreuses eliminations que nous venons de iaire sont loin d'avoir epuise la liste des hybrides bigeneres. Nous allons en trouver plusieurs, parmi les mammiferes, et presqueun grand nombre, parmi les oiseaux, al'egard desquels on ne saurait elever le moindre doute. Dans la premiere de ces classes, Fhybridite bigenere est surtout connue chez les ruminants. Non-seulement, parmi les Bos de Linne,, la vache est fecondee par I'yak, espece generiquement differente, selon plusieurs auteursf2), et (1) Nous laissons de cute les pretendus hybrides de grenouilles et de crapauds, mentionnes par plusieurs auteurs, entre autres par BuuDACH, loc. ciL, p. k62, trad, fran?., p. 183, et par G. Mokton, Hybr. in Amm.Joc. cit.,p. 208.— L'origine de ces fausses indications est dans un passage, lu avec inattention, des Kleine Schriften de Blumenbach, Leipzig, in-12, 1800. Get illustre savant parle bien de raccouplement, qu'il parait meme croire peu rare, des grenouilles avec les crapauds, Maisil ajoute qu'il ne connait aucun exemple de la tecondite de ces unions contre nature. Pour une autre indication aussi peu admissible, relative au menie groupe d'animaux, voy. p. \hb, note 2. (2) Voy. la Section vi. La femelle du zebu est aussi fecondee par Fyak, et reciproque- ment. L'hybride du taureau yak et de la vache zebu est le dzo , I ( 1 HYBRIDES BIGENEUES. 161 V _ par Je bison, qui s'en eloigne davantage encore (1) ; mais il y a aussi des faits d'hybridite entre deux genres deja distingues par Linne, 6>m et 0ms. La cbevre est fecon- dee par le belier, et surtout la brebis par le bouc. Ces derniers faits etaient deja connus des anciens. On doit meme penser que ni le produit de la brebis et du bouc, ni celui de la cbevre et du belier, n'etaient tres rares Chez les Remains; carl'un et I'autre avaient leurs noms, cites par Eugenius dans ces deux vers , qui font partie d'une courte piece deja mentionnee (2) : Tilirus ex ovlbus oritur hircoque parente, Miismonem capra verveco (3) semino gignit 3s modernes. le nremier dp. ppc rio 1/ habituellement employe dans I'Himalaya, comme bete de somme (Voy. p. 17 li.) (1) Sans cependant que la valeur verltablement generique des caracteres distinctifs soit generalementadmise, et c'est pourquoi nous n'insistons pas sur ces exemples. On voit dans les galeries du Museum d'Histoire naturelle un jeune metis de bison et de vache, ne dans la Menagerie de cet etablissement. On obtient souvent de tels metis aux Etats-Unis, mais, le plus ordi- nairement, la vache ne pent mettre bas, et perit dans le travail, a cause du volume de la tete du produit. Je ne connais ni le metis du buffle et de la vache, ni celui du taureau et de la bufflesse. Fouciier d'Opsonvjlle, Essais pJulosophiques sur les mceurs des animaux etrangers, Paris, in-8, 1783 (sans nom d'au- teur), cite, page 1A5, des exemples decelte seconde sorte de metis; mais ces exemples sont tresdouteux. (2) Page 137, note li. (3) Verveco, d'apres les bonnes legons ; et non verbeno, barbarisme reproduit meme par des erudits. Vervex correspond exactement a notre mot mouton. C'est, a pro- f III. i 1 i-< I ■/ I! i %\ *l % i k i il 'i * I- i ^ ^1 1 ■I j (. i^ift 1 i I: t i i 162 NOTIONS F0NDAM1<:NTALES, LIV. II, CHAP. X, est de beaucoup le plus connu par Baffon sur le croisement dii bouc ont donne, en 1751, uri produit, et en 1752, huit a aussi par Daubenton, qui les a deerits 5fait( breb observe s Depuis, d nomb pays, le Chili, ou le croisement du bouc avec la brebis est pratique indastricllement et sar une immense eclielle : les pellones, sortes de chabraques dont Tusage est tres pandu au Chili, etqu'on exporte en quantit side Amerique du Sud, sont des peaux de metis de bouc et de brebis (S). prement parler, le male coupe; mais c'est aussi, par extension, I'espece ovine . On lit dans Cardan, De rerum varietate, Bale, in-fol., 1557, p. 179, sans doute par suite d'erreurs de copiste : « Cinirus ex hirco ct ove, musinus ex ariete et capra. » (1) Quoique le second soil seul mentionnepar Bechstein, loc. cit., I, p. /l27. (2) Voy. Eist. nat., t. XI, p. 365, 175^ ; passage ou Tauteur men- tionne la fecondite de Thybride ; ~ Ibid., L XII, p. ilik, 1764 ; I'auteur donne ici, mais par hypothese, cette fecondite comme indefmie ;— et surlout, Supplem., t. Ill, p. o, 7, et 15, 1776. La description des hy- brides, p. 7, est redigee par Daubenton, ainsi que Buffon le dit en note. Nous voyons cependant Tillustre coUaborateur de Ouffon douter, vingt ans plus tard, de la fecondite de Faccouplement, non-seulement clu belier avec la chevre, mais aussi du bouc avec la brebis. (Voy. Plan cV experiences, dans les Memoires de Vlnstitut, t. I, p. 378 ; 1798.) J'ai fait rapprocher, a plusieurs reprises, des boucs et des brebis. L'accouplement a eu lieu sans difiiculte^ mais il est restc impro- (3) Voy. C. GaYj Historia de Chile, Zoologia, t. I, p. 166; 1847. Et Vicuna 'Magkenna, Le Chili, Paris, in-12, 1855, p. 92. Ces metis soiitconnus au Chili sous le nom de carneros limidos I 44JMI \ HYBRIDES BICxENERES. On fait aossi des pellones dans qiielq Perou, particLilierement dans la Cordillm du Cerro de Pasco. Mais ini on prni«A f.n / 63 dii brebi s 1 belier avec la chevre 5 et ce dernier Pl apres M. de Gastelnau serai t meme le \ On a eu ? Jardin zoologique de Londres, deax pies de la fecondation de la chevi par le moiiflon a mais Dans le meme etablissement, on a obtenu un produit du pore-epic ordinaire et de I'acanthion de Java (3). Chez les oiseaux, les exemples d'hybridite bigenere - nt beaucoup plus nombreux, et qaelques-uns beaucoup us remarquables. Nous en connaissons dans trois mipes ornithologiques tres differents. P Parmi les p i jours du CE ? obtenu et Fon obtient tons de sa femelle, de nom- brcLix hybrides, la plupart congeneres, mais quelq b oduit menfc proches allies ; avec les linottes, qui effet, non-seule- qui sont ses plus produits chardonneret, croisement dont 3ment communs et connus de (1) Note manuscrite. (2) Note de M. Mitchell. -D'apresM. Giievreul [Jia^^on sur I Ampelographie de M. le comte Odart, dans les Memoires de la Sooiete royale et centrale d' agriculture, 18/j6, p. 339), M. Flourens aurait obtenu im hybride du mouflon de Corse et de la chevre. '•es, T partie ; Parisj gr. in-8, 1855, p. 153. m s «1< tt J I 4t ^ I ^ i i L-- 7 .- ':.- ./ i ft ? 16^ IS'OTIOINS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. X. monde; avec le pinson et le verdier; ct meme boiivreiiil et le bruanl (1 ). c Dans la meme famille, temps possede et obser nous offre im exemple d'hybride bigencre trouve a I'elat sauvage. D apr plu I Vieillot Fa determme c dier etd'un chardonnei Nous avons un plus grand nombre de faits, et surtout de plus varies, parmi les palmipedes. Sans parler ici des ^ees entre des palmi- fecondes obser 1 f i ! l)edes congeneres, on a des exemplcs d'hybridite (3 Entre le souchet ordinaire et la sarcelle d Entre I'oie cendree, et aussi I'oie rieusc, et la bcr- nacbe ; Entre I'oie cendree et le canard musque ; (1) Sur ces divers croisements, voy. Hervieux, Nouveau traite des serins deCamrie, -Paris, in-12, 1713 (2« edit), P- 258 et suiv. BvFFO^, Hist. nat. des oiseaux, t. IV, p. 11 et 379; 1778. — Bech- STEm, loc. ciL, t. Ill, p. 196; 1807. -Vieillot, articles Bouvreuil,^ Bruant, et Fringille du Diet, d'hist. nat. de Dcterville, iioiiv. edit. , t. IV et XII, 1816 et 1817. — Et G. Morton, Hybr. in Anim., loc. cit., T parlie, Birds, p. 206. Pour le chardonneret-seriu en particulier, nous citerons I'exemple rapporte avec detail, d'apres Von Aren, par Linne, Wastgotha Resa, Stockholm, l7Zi7, in-8, p. 11 ; traduct. allemande, Halle, 1765, in-8, p. 1/1. — Et pour le linot-serin, des observations dues a Sprenger, et relatives non-seulement a des metis, mais a leur progeniture. Voy. la Section xv. (2) Voy. Particle Fringille, loc. cit., t. XII, p. 162. (3) Pour ces divers exemples d'hybridite, voyez I'excellent resume sur les anatides hybrides, dii a M. de Selys-Longchamps, locis cit., t. Xll, p. 335, et t. XXIII, p, 6. II I liii. > V. i 'r 2 nM HYBUIDES BIGENEP.ES. loide et le tadorne d 165 Et produit du t ier- nieres espcces, est ne a la Menagerie du i^Iuscum en 1S08. Son authenticite est mise a I'abri de toatc objection par des observations dues a Frederic Cuvier (1). Parmi les gallinaces, nous avons des exemples d'hy- bridite bigenere dans le vaste groupe compris par Linne sous le nom de Tetrao^ et entre plusieurs des genres qui se groupent autour de la poule. Chez les premiers, nous citerons, d'apres Naumann et M. Gloger (2), I'hybride, plusieurs fois rencontre a I'etat sauvage, du tetras a queue fourchue(7\ tetrix) et du la- gopede des saules. Dans le croisement qui donne nais- sance a cet hybride, le male appartient au tetras. Un autre croisement bien plus remarquable, est celui de la femelle de ce meme tetras et du faisan ordinaire: deux oiseaux consideres par presque tous les ornitholo- gistes comme appartenant a deux families tres distinctes. (1) Notice sur Vaccoiiplement d\m ctjgne chanieur et cVime oie^ dans lesAnnales du Museum d'histoire naturelle, t XII, p. 119 ; 1808. L'hybride, sujet de celte observation, elaitned'une oie femelle et d'un cygne sauvage male {Cygnus musicus, et non C. oloi\ comme le uit par inadvertance, Fr. Cuvier; ce qui a ioduitquelques auteurs en erreur, et fait croire a Thybridite de Foie avec les deux cygnes). Dans le cas rapporte par Fr. Cuvier, neuf hybrides avaient etc pro- duits par la meme union ; mais un seul etait eclos. (2) Naumainn, Naturgeschichte der Vijgel Deutschlands, Leipzig, in-8, t. VI (1833), p. 333; figure en tete du volume. — Glogkr, Handbuch der Naturgesohichte der Viigd Europa's, Brcslaw, in-8, t. I, p. 533 ; 183/1. r m ^ > « I Mf •H *;. I 4« 44 .t ♦ / L ■ r h' + ^ - ^ ^ 4 b . . ' -* r* K L ■ i ' ^ -; ^ , H ■ ^ W >■ 4 t ^ , h 4 ^ n ■ J ■ h ^ :.'.■. ■-'■■■' i m n 166 NOTIONS FONDAMENTALES X , LIV. II, CHAP. X J pa qu An cles In b xN metis : d'etiidier p n avons croy ments 5 poovoir en prese] d'apres I'ensemble possede pii recu / a pre Selon Temminck, qui a fait des gallinaces iine etude speciale, non-seulement « ja plupart des faisans et « tous les hoccos s'allient entre eux en domesticite»- mais faisan a dind Entre domesticite s'unissent avec le dindon divers hybrides bigeneres, nous n'admet » pi faisan et de la poule (4) de la poule et de la pini qiie eelui du ceux .aci pintad e d 3, celui du faisan et de la poule est 1 c Guvier, dont le pretendu princip dementi une fois de plus par I'existence de cet by plus eonnu. Fredei e Zoological Society de Londres, 1835, p. 62. zum VerbasL, lac. cit., p, Zi08. > les Proceedings of the Et Gloger, Ueb. Neig, (2) Plusieiirs de mes savants confreres, et particulierement le prince C. BoNAPARTK, ont bien voulii recueiUir en Angleterre, a ma demande, sur les oiseaiix designescbmme des faisans-tetras, des renseii^nements qui confirment pleinement leur origine Iiybride. (3) « Je crois meme, ajoute I'auteur, qu'avec quelques soins, on » viendrait a bout de tirer des metis de la majeure partie des gallina- » ces dont le naturel est susceptible d'etre cultive en domesticite » {Loc. cit., t. II, p. 75.) (/() Pourplusieurs autres de ces hybrides, voy. laSection precedents 4 ■ i£S. S F'- ■ H t m •t HYBRIDES BIGENERES. 167 bride, a pris le parti de le revoqiier en doiite. Mais il n'y a pas de fait mieux etabli que son existence. Le faisan ordinaire s'allie presque aussi volontiers avec la poule qii'avec les autres faisans, et donne tres communement naissance, avec elle, a des metis connus sous le nom de coquarts (1). Frederic Cuvier eut pu en voir de nombreux individus, non-seulement dans les volieres des amateurs d'oiseaux et dans les musees, mais jusque dans les basses-cours ; car le coquart est parfois eleve pour la table (2). Ce n'est done pas assez de dire ce metis parfaitement authentique ; il est tres pen rare , presque F commun. Les pintades sont, dans la serie ornithologique, bien plus loin, soit des paons, soitdes pontes, que celles-ci des faisans ; et a ce point de vue, les deux metis qu'il nous reste a faire connaitre, sont bien plus remarquables que le coquart, lis sont aussi beaucoup plus rares, mais non moins autbentiques. I Le paon-pintade a existe recemment, et pendant plu sieurs annees, au Jardin zoologique d'Anvers. Tous les natural istes ont pu I'y voir vivant ou en examiner la de- pouille dans la collection de I'etablissement, et en constater par eux-memes les caracteres , presque exactement moyens entre ceux du paon et de la pintade. La pintade-poule, fruit d'un croisement non moins -^1 i A ' (1) Nom qu'on a donne aussi aux vieilles poules faisanes, a plu- mage de males, que nousavons dej^ eu occasion de mentionner (t. II, p. 500). (2) Et mcme, depuis plusieurs siecles. — Voy. Cardan, loc. ciU^ p. 212. %\k ^ t M I i 1 I 11 \ r i-im M n i _ H- Ix -^ "- ■.. ^- I u % I 4 t f »i M 168 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV, I[, CilAP. X. able fois 1). Onl'a aid Lie do Londres et a la Menagerie de Paris, ou ont vecu deux individus nes en Angleterre, dans une ferme dii Wiltshire, d'une poule appariee avec im male de pintade. Les carac- teres de cet animal, mixles entre I'une et I'autre espece, etaient parfaitement d'accord avec celte origine, commc chacun peuts'en convaincre par I'examen de I'un d'eux Muse depose dans les galeries ornitholofficfues d Voila done, dans deux classes d de nombreux pies d'hyb genres differents. De entre des especes de suivent de tres pres dans la serie, et il en est dont la va- leur generique a ete contestee. Mais d'autres presentent des caracteres assez tranches et assez importantspour que les zoologistes s'accordent non-seulement a les admettre mais a les rapporter a des tribus ou sous-families dis- '(2). . possibilite de Fhybridation est done de se enfermei Si une femelle ne pent etre fecondee par douteux qu'elle puisse 1 etre par un individu d'wn ordre different; si 1' un seul exemple irrecusable de fecondation par A\ine mire famine; I'existence d'hvbrides hit (1) Loc. cit., 1. 1, p. 11Z|7. (2) Et meme a des families, PhasianidcB et TelraonidcB, selon plu- sieurs classifications recentes. Mais ces deux groupes ne sont, en lite, que des tribus d'une seule et meme famille naturelle. rea- Ki il ; \ i. i HYRRIDES CONGENERES. 169 aiissi cerlaine, quoique plus rare, que cellc des melis eono'eneres. \- i VI. Nous passerons plus rapidement sur les hybrides neres, et surlout sur les metis homoi'des. Les uns par des exempl d'aufres plus ou moins analogues, rec memes classes zoologiques, soil dans nombre domestique ou pi e. iferes, nousciteronsd comme ayant donne soit des hybrides homoides Ires remarquables , quelques sieurs carnassiers. primates et pi [Macacus cynomolg dinai bonnet-chinois (M lememeet le maimon (M. nemestrinus); et les cynoce- phales papion et cbacma {Cynocephalus sphinx et C. por- carius), dont un metis est ne a la Menagerie du Museum d'histoire naturelle (1); Et parmi les carnassiers : le lion et la tigresse ; cinq portees ont ete obtenues du meme couple, en Angleterre, (1) Voyez, pour le premier des hybrides de macaques, Fr. Cuvier, Hist. nat. des mamm., article publie en 1830, sur un metis crui venait de naitre ii la Menagerie du Museum. Et pour le second, M. Hvrtl, Mc. cit., p. iz,9, d'apres M. Fitzinger, qui avait vu ce metis, en 1852, dans une menagerie particuliere. Pour le troisieme hybride, ne d'un chacma male et d'un papion femelle, voyez une note sur la menstruation et la gestation chez les / t J v^ ( ) i rn J ( im W4* » f « 'I \ U Hi ^ L ' ^ r ■ 4 J -:Vi .' ... ( Ml r I fe*. lit I 170 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. X. dans one menagerie ambuiante (1); le jaguar et la aussi en Angleterre (2) : le there, metis observes fur et putoi \ 7 le chat domestique et divers autrcs chats, tels que le chat sauvage d'Europe, le chat Cafi et d'autres encore, selon quelques uthenti loup et la chienne. bien des de designaient le produit (1 dont on avait doute, sur la foi r primates, que j'ai redigee a la demande de Breschet, et que mon savant confrere a annexee a im de ses memoires, publie dans les Memoires de VAcademie des sciences^ t. XIX, p. /i06; 18/|5. Selon M. Gekyais, loc. cit,,t II, p. 153, nous aiirions aussi possede a la Menagerie on metis bien plus remarquable, un hybride bigenere de macaque et de grivet. Mais dans le cas dont il s'agit, la paternite etait restee tres incer- laine : la mere, qui etait une macaque, avait ete sailliepar plusieurs males. (1) Pour ces remarqilables faits d'hybridite, dont se sont occupes un grand nombre d'auteurs, il nous suffira de citer Fred. Cuvicn, Hist. nat. des mavim,, 1826; bonne figure d'un des jeunes lions- tigres; — et M. Geuvais, loc. cit., 1. 1, p. Six; resume sommairede ce qu'on sait sur les cinq portees. (2) D'apres des notes qu'abien voulu me remettreM. Mitchell. (3) EnxLEUEN, Systema regni animalis, Leipzig, in-8, 1787, p. Zi67. Les metis du furet et du putois sont-ils de veritables hybrides? Ou ne doit-on voir en eux que les metis homoides d'une race domestique croisee avecson type sauvage ? Sur cette question que pose Erxleben, voyez le Chapitre precedent, p. 73. La meme question doit etre posee a I'egard de plusieurs autres croi- sements entre animaux sauvages et animaux domestiques. , W formant dit Eugenics, a la fin de ses vers dejacites../)^ ambigenis.yoy, p. 137. CArvDA^% loc. ciL^ p. 179, ajoute que lyncisius etait lenom du pro- ./ * \ _^ _ , T»-JX HYBRiDES CONGENEP.es 171 de Buffoi] pour rectifier V observations recueillies et f; r, par ce grand natnralisfp meme fS Ic chien ct le cbacal, a I'egard diiquel (}c semblables doufcs, quelcjue pcu fondes qu'iJs fusseiit (3), duit du chien et de la louve. Mais ce passage, rempli de fautes de copiste (voy. p. 162, note) , ne merite aucune confiance. (1) Hist, nat., t. V, p. 210, 1755, et t. YII, p, Zt3, 1758. (2) Supplem., t. Ill, p. 7, 1776, et surtout, t. VII, p. 161, 1789 (volume posthurae). Parmi les cas reciieillis depuis, !e plus remarquabie est sans nul doute celui qu'a fait connaitre Geoffroy Sawt-Hilaire (voy. Chiens. millets, dans les Jnn. du Mus. d'hist. nat., t. IV, p. 102, IBOZi). Tandis que dans les cas publics par Buffon et par d'autres auteurs, corame dans la plupart de ceux que nous avons obtenus ou recueillisi les metis etaient intermediaires, souvent memo moyens, entrele chien et le loup, ceux qu'a observes Geoffroy Saint-IIilaire, et qui etaient au nombre de huil nes dans la meme portee, ressemblaient tous a leur pere beaucoup plus qu'a leur mere. La ressemblance paternelle s'est de plus en plus prononcee chez ceux qu'on a conserves. L'un d'eux, qui a ete eleve jusqu'a I'etat adulte, a fini par devenir un vrai dogue, comme je I'ai souvent fait voir dans mes cours. Un second cas, tres analogue, s'est produit depuis a la Menagerie du Museum : un metis de chien et de louve s'est trouve aussi tres sem- blable a son pere; tout le monde le prenait pour un chien. Mais, ici, le pere appartenait a une race de matins, peu differente du loup; les resultats de cette seconde observation sont done loin d'etre aussi tranches que ceux de la premiere. Pour les resultats tres divers de plusieurs accouplements entre le chien et le loup , voyez le travail deja cite de M. Scueidweiler. (3) On avait des 1787, outre de vagues indications donnees par quelques voyageurs, une bonne observation due au celebre physio- logiste et chirurgien Jean Hunter. — Voy. Observations tending to shew that the Wolf, Jackal and Dog are of the same Species, dans les Philos. Transact., 1787, part. II, p. 253; ou Q&?■^:.^-■ -^ . -■ J _ ■ I ^ *■_ r^'li: n I 'j I _- ^ X i ■- ' -L ■ 1 r . hh I - b I L -^ q I s H ^ 11 li NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. X. le mouflon de Corse, dont Pline raentionne les produils sous le nom d\mbri (1) ; les divers boeufs, et particiilie- rement I'yak femelle et le zebu male dont le produil, le dzo, tient le premier rang, comme bete de somme. parmi les animaux domestiques du Thibet (2) ; divers sangliers et cochons; et enfin, les solipedes qui se melent tous plus ou moins facilement entre eux, comme le prouvent un grand nombre d'experiences faites en France et en An- (1) Lib. VIII, Lxxv. — Umbri, imbri, ibri; formes diverses d'un seul et meme mot, suivant qiielques commentateurs. Ces metis, qui sont feconds, sont parfois couverts de laiiie fvov. Marcel de Serres, Note sur Vaccouplement du mouflon avec le mouton, dans les Compt. rend, de I' Acad, des scienc, t. VII, p. 72Zi, 1838).— Nous avons nous-meme fait de semblables observations a la iMenagerie du Museum. Una mouflonne de Corse, saillie par un belier anglais, y a mis bas, en 18/(9, un metis couvert d'une toison compa- rable, pour sa longueur et presque pour sa beaute, a celle de son pere. Le meme metis ressemblait au contraire a sa mere par la con- formation tres robuste de ses membres. (2) Voy. Jacquemont, Voyage dans I'Inde, Journal, t. 11, IS/il, p. 212, 3/i5, 370 et 400. — Voy. aussi sur le dzo notre travail zoolo- ique dans le meme ouvrage, t. IV, p. 73. Une belle figure du dzo a ete publiee par M. Mitchell dans les Proceed, of the Zoolog. Soc. de Londres, 18li9. Voy. encore, sur le dzo, Campbell, Notes on Eastern Thibet, dans le Journal of the Asiatic Soeiety of Btngal, 1855, n" 3, p. 215. Campbell donne aussi quelques details sur le produit du zebu male et de I'yak femelle. On voit en ce moment a la Menagerie du Museum, outre un dzo femelle amene d'Asie par M. de Montigny avec onze yaks purs, un metis male de taureau yak et de vache ordinaire. D'autres metis de ces deux especes ont ete recemment obtenus dans les Alpes. Pour les autres hybrides du meme groupe, voy. G. Morton, Hybr. in Anirn., loc. ciU, p. i2, — Hyrtl, loc, ciU, p. 151. — Voy. aussi plus haul, p. 361. r 1^ ] \ i. \ X 1- --J :S^>i»-^ «« hi I S HYDRIDES CONGENERES. m gleterre : I'liemippe (Equus hemippus fait recemment connaitre, est le seul 175 avons solipede dont on point obtenu d'hybrides Nous n'avons pas, chez les mammiferes, d'exemple (1) Outre le mulct et le bardot, nous coimaissons les produits hy brides des especes suivantes : i" Cheval et zebre. — Voy. Fr. Cuvier, Sur I'accouplement d'un zebre (femelle) et d'un cheval, dans les An7i. du Mus. d'hist. nat., t. XI, p. 237; 1808. La mere est morte avantd'avoir misbas. Accou- plee anterieurement avec un ane, elle avait produit un metis qui sera mentionne plus bas. 2° Cheval et couagga. — Lord Morton, Singular Fact in Natural History, dans les Philos. Transact. deLondres, 1821, part. I, p. 20 ; et EvERARD Home, Lectures of Comparative Anato^ny, Londres, in-A, t. Ill, p. 307; 1823. Jument arabe fecondee par un couagga. Le muletest figure par Hamilton Smith , he. ciL, pi. xxix. La meme jument, fecondee les annees suivantes par un cheval arabe, a donne, a trois reprises, des produits dont les formes etaient celles de la race chevaline arabe, mais dont le pelage rappelait, par des zebrures tres, marquees, le couagga, perc du premier poulain. lis ont ete figures par Smith , pi. xiv , xxvi et xxvii , d'apres des dessins fails d'apres nature par Agasse. 3° Ane et zebre. — Buffon, d'apres Allamand, Suppl. VI, p. /|0, '/ / t. H, p. 267; 1799. Femelle de zebre fecondee, chez lord Clive, par un baudet qu'on avait peint des couleurs du zebre. « J'ai de la peine a « croire, dit justement Buffon, que la femelle zebre ait regu I'ane » uniquement h cause de son bel habit. «— Giorna, Sur un zebre metis, dans les Memoires de V Academic des sciences de Turin, t. XII, p. /i53, 180Zi» Autre exemple de la fecondation du zebre femelle par I'ane. Geoffroy Saint-Hilaire, Sur un metis d'dne et de zebre femelle, dans les Ann. du Mus., t. IX, p. 223, 1807 (voy. aussi t. VII, p. 2/i5). Fr. Cuvier, Hist. nat. des mamm., 1820, a donne une figure de ce meme hybride , ne a la Menagerie du Museum, oil il a vecu trente ans. Comme dans le cas precedent, le baudet avait (5te accepte sans V i I * ^ r t^ ip u 1 1 4 I J 4- I ^ , _ e I I . p- 1 i . I I 176 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. X aulhentiques de croisement fecond entre deux & liber 1 ; mais nous en connaissons plusieurs entre un animal devenu momenlanement libi et un animal sauvage, comme entre le chien et le loup, 1 chien et le chacal, le ehat et plusieurs de ses conffeneres: difficulte par la femelle zebre. — Pour d'autres cas analogues, voyez encore Fitzinger, dans le rapport de M. Hyrtl, loc. ciL, p. J 51. Et J. E. Gray, Gleanings from the Menagerie at Knoivsley Hall, Kiiowsley, in-fol., 1850, pi. lvii, fig. 2. — H. Smith aaussi cite et rc- presente un ane-zebre {loc. cit., p. 3li3, pi. xxviii); mais celui-ci, dit I'auteur, parait issu d'un zebre mfile et d'une anesse. k" Ane et dauw {E. Burchellii).— FYTzimEi\, loc. cit. — Gniy, loc. cit., pi. LViii, fig. 1. —Dans le premier cas, le dauw etait femelle; dans le second, le croisement inverse parait avoir eu lieu. 5" Ane et hemione. De nombreux hybrides d'hemione male et r d'anesse ont ete obtenus a la Menagerie du Museum. — J'ai figure le premier d'entre enx, Animaux utiles, 3*^ edit., Paris, in-12, 185i, p. 71. Voy, aussi, sur ce metis, Richard (du Cantal), Rapport sur I'hemione, dansle Bulletin de la Societe d'acclimatation, 1. 1, p. 387, pi. y; 185i. — Le meme croisement a eu lieu avec succes h la Mena- gerie de Rnowsley. Voy. Gray, loc, cit,, pi. lyiii, flg. 2, -^ G" Hemione et zebre. — Ilybride obtenu a Knowsley, d'un zebre femelle feconde par un hemione. Le produit a ete figure par Gray, loc. Cit,^ pi. LYII, fig. 1. 7" Hemione et dau\Y {E. Btirchellii), —Gray, ibid,, pi. liy, fig. 1. L'hemione est encore ici le mSle, d'apres le Catalogue of the Mena- gerie at Knoivsley, xa-li, Liverpool, 1851, p. 8. Apres les hybrides qui viennent d'etre cites, Touvrage de M. Gray sur la Menagerie de lord Derby fait connaitre le produit d'une jument fecondee par un hybride d'ane et de zebresse. Voy. pi. lix, fig. 2. L'auteur appelle ce produit double mulet, (1) Le croisement de deux otaries des mers arctiques a ete ad mis par KuDOLriiT {loc, cit., \j, 165), et a son exemple par G. Morton {Hybrid. inAnim., loc. cit., p. 50), etpar plusieurs autres auteurs, r d'apresSiELLEU, disent-ils. Mais j'ai en vain cherche dans les ouvrages I « } i...: . _. r t > ! I t 1 1i 1 ^ HYBRIDES CONGEINERES. le cochon et le sanglier (1). Dans ces 177 mixles. qui ne sont nullement rares, la femelle appartient ordi- nairement a I'espece ou a la race domestique : mais le contraire peat aussi avoir lieu. La Menagerie du Museum d'Histoire naturelle a recu plusieurs fois^ sous le nom de jeunes loups, des individus pris a la suite de louves qui les allaitaient, mais tenant du chien par leurs formes et leur coloration, et dans lescmels il etait e de des metis de chien et de louve ('2). Ces de ce celebre voyageur, le fait qu'on lui attribiie. En outre, Rudolphi lui-meme mentionne seiilement le croisement, sans le dire fecond, (1) Metis tres commun chez les Romains. « In nullo generc ceque facilis mixtura cum fi Ce metis etait pour les Romains I'hyljride proprement dit. (Voy. p. 137, note li.) Les hybritles nes tie chattes ou de chiennes cchappees ne sont pas rarcs non plus. Pour le chat, je connais des exemples eu Europe, en Afrique et en Amerique. J'ai du recemment a M. Guyon, ancien chirurgien en chef de Tar- mee d'Algerie, un exemple de rhybridite, plus rare, de la chieone, Ji Tetat libre, et du chacal. La note (manuscrite) de M. Guyon renfernie aussi des observations d'hybridite entre la truie et le sanglier, la chatte domestique et le chat sauvage d'Algerie. (2) Ces metis out ete plusieurs fois pris pour des individus de cette pretendue espece de loup, que les auteurs ont designee sous le nom de Canis hjcaon. Pour des faits plus ou moins analogues a ceux que j'ai moi-meme recueillis, voy. Buffon, Supplem., t YII, 1789 (posthume) p. 209 et suiv. — Et Mauduyt, Du loup et de ses races et varietes, Poitiers, in-3, 1851. Un nouvel exemple vient encore d'etre recueilli depulsla redaction de ce Chapitre (voy. IIollard, Nouvel exemple du croisement fecond du Canis lupus et du C. familiaris, dans les Compt. rend, de I'Acad. dessc.,[. XLVIII, p. 1072; 1859). M. IIollard a bien voulu nrenvoyer, pour la Menagerie du Museum, deux des siijets de ceLte observation. III. 12 i! \ « 3 i I' i» If K\ w >^ I t f / t Vl nil »i i 1 478 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. X. sont bien coniius des chasseurs, qui les ont designes sous le nom de loups-chiens (1). VII. Chez les oiseaiix, les hybrides congeneres ne sont rares ni a I'etat domestique ou prive, ni meme a i'etat sauvage. En domesticite ou a I'etat prive, oil en obtient tres frequeminent, dans les trois memes groupes ou nous venons de trouver des hybrides bigeneres : les passe- reaux conirostres , les palmipedes lamellirostres , les vrais galHnaces ; et de plus, dans un quatrieme, les pigeons. Dans le premier de ces groupes, nous citerons les pro- duits si connus du canari, et surtout de sa femelle, avec ses congeneres eurdpeens (2), etun hybride des Frin- ■t gilia punciularia et molucca^ ne chez un marchand d'oi- seaux, et qu'on voit aujourd'hui dans la collection du Museum d'histoire naturelle. Au second se rapportent uh grand nombre de metis d'oies, et surtout de canards, parmi Icsquels le mulard, n ■ produit tres commun, dans le Midi surtout, du canard miisqueet de la cane commune (S). On connait aussi des hybrides de bernacheSj et meme de cygnes; entre (1) MAUbUYT, loc. Clt., p. 8. r (2) Yoy. p. 163. (3) le canard mulard est eleve ch grand dans plusieurs de nos departements du Midi, pour les foies gras, comme les oies dans d'autres pays. Le mulard est aussi servi sur les tables, pour lesquelles I * ; ( » HYBRIDES CONGlENEllES. 179 autres, I'hybride, tres curieux par sa coloration mixtej du Cygne blanc domestique et du cygne noir (1). Nous mentioiinerons, dans le troisieme groupe, les metis des divers faisans, et surtout ceux, si communs dans ^ les oiselleries, du faisan ordinaire croise avec les faisans a collier, argente et dore (2) ; ceux du dindon et du paon primitifs, el de divers coqs sauvages, avec les dindons, paons et Coqs domestiqugsj ceux des divers hoccos, de toutes les especes, dit Temminck (3), qu'on nourrit en captivite ; enfin de deux colins recemment importes en il est recherche, k cause de sa taille tres superieure k celle du canard ordinaire. La culture de ce metis parait etre, en France, une Industrie de date recente. En 1783, Buffon, Ois., t. IX, p. 167, ne signale I'existence du mulard que dans les basses-cours de Cayenne et de Saint-Domingue. (1) Glencon, dans les Proceed, of the ZooL Soc. deLondres, 18/i7, p. 97. — Ce tres remarquable hybride m'est en outre connu par une note manuscrite de M. Mitchell, Six oeufs furent pondtis par une feiiielle de cygne domestique qu'a- vaitcochee un cygne noir. Quatre jeunes vinrent k eclosion • mais uh seul fut el eve. II ressemblait beaucoup plus k sa mere qu'k son pere ; la plus grande partie de son plumage etait blanche ; mais la tete etait noire. Ce metis rappelait ainsi par ses couleurs lespece americaine a col noir {Cygnus nigricollis). Pour les autres palmipedes hybrides, Voy. Selys -Longchamps , r locis cit* (2) J'ai figure plusieurs de ces metis dans mes Essais de ioologie ■ 4 gmerale, Paris, in-8, 18Zil, pi. vi, vii et viii. j'ai vu depuis de tres beaux hybrides de faisan k collier m&le et d^ar- gente femellechez M. A. Mitivie, d'argente male el de dore femelle, dans le beau jardin zoologique de M. le docteur Le Prestre, pres de Caen. , ' (3) Hist. nat. des pig. et gallin., L II, p. 76, et t. HI, p. 13, 19, 25 et 39 ; 1813 et 1815. ? » \ f^ t I t \ t , f ■-4H* ! ' i' 4 fi t I >* » I 1 ; ; -; ■ _ I ^ ■■r\- \ ■ ',;:-.-' :r:-::.-^:. H ■ '->-V' ' L , :r ; ^ :■■ - . « ■ t F -.■:^."". ■ ' n ■ I L r-+_ - ■ '.' - ■]^:- -.:-',. - ^^ - , L H It it i it ■■' 'if z^- ( r- i » 180 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II j CHAP, X. Europe, le hoiii et celai de la Californ nus et 0. californicus) . IJn grand nombi ^ hybrides existent en ce moment a la Orty Menauerie du Mu div Les metis ne sont pas plus difficiles a obtenir parmi pigeons. Entre les hybrides don famille, nous cite- Columha risoria) \ d'Europe (6\ turtur)^ et de biset domestique, les pi A f/ i ;s seconds tres peu rares ; ceux, plusieurs fois obtenus ^ Menagerie, de la colombe a oreillon noir iC. aurito I / / avec C. cambay s), et avec la Colombo enfin, celui, beaucoup du aoura couronne, et v/ a nuque periee {C: suratensis)-, plus remarquable et plus rare, d'un congenere, reeemment decouvert, de ce geant des pigeons, le goura Yictoria (2) . On peut affirmer que les croisements hybrides ne sont pas especes sauvages d Mais les metis qui en resultent echappent le pi obsei diffi qu hybi • . f appartiennent pour la plupar Parmi les perdrix, Bureau de Telrao de Linne. F • (1) Surces metis,voy.P.PjciiOT, Les colins, Paris, in-8, 1858, p. UO. (2) Voy. Mitchell, Notice of a Croivned-Pigeon, clans les Proceed. oflheZooL Sac, de Londres, 18^9, p. 170, pi. \uu (3) Metis de bartavelle grecqiie, dans les Compt. rend, de I'Acad. dessc.,tXUllj p, 783;J856. . * A . ^ X. HVBRIDES CONGENERES. 181 mals trop sommairement, et sans jiislili ses asserlions, Fexistence, frequente dans Ic Per depLiis qiielques annees, d'hybrides de la ba femeJle, fecondee, an defaut par la perdiix grise roquelti unie a la perdrix rouge, et 7 de Pl males de son espece, . La meme bartavclle grand tetras aecouple meme, et tres sou- metis qui sont sur- tout connus, ceux deux perdrix, d deux tetras, dans le nord de I'E Alp les uns et les autres ont ete pris, en raison de leur fre- quenee, pour des especes distinctes, qu'on a nommees Perdix Lahatiei (2) et Tetrao medius (3). Deja le Tetrao (1) P. cinerea, minor; race erigee par plusieurs auteurs en une espece, P. damascena, Briss. 11 y aurait aussi, selon plusieurs ornithologistes, des metis de per- drix grise et de rouge. La P. montana de quelques auteurs serait etablie sur ces derniers metis. Mais cette opinion est conlredite par plusieurs faits. (2) Decrite comme espece par M. Bouteille, Ornithologie du Dau- phine, Grenoble, in-8, 18Zi3, t. II (additions), p. 337. — Parmi les auteurs qui ont rejete cette espece, fondee seulement, snivant eux, sur des cas d'hybridite, voy. Degland, Ornithologie europeenne, Paris, in-8, 18/i9, t. II, p. 53, et Bailly, Ornithologie de laSavoie, 'PavIs, in-8, t. Ill, p. Zi67, 185^. — Si bien place que soit M. Bailly pour eclairer ceUe question, on ne saurait encore la considerer comme decidee centre Topinion de M. Bouteille. Je partage a cet egard les doutes emis par mon savant ami, le prince Ch. Boivaparte, dans sa Bevue critique de I'ouvrage de M. Degland, BruxelJes, in-12, 1850, p. 78. (3) Considere encore comme une espece distincte, par plusieurs auteurs. Mais cette question, bien plus anciennementdebattue que celle qui precede, est bcaucoup plus avancee, et le T. medius est aujourd'hui I \ 1» 4\ t 4 t1 Mil » i «S) ii s^' t-^ f i * I t- i» i» H 182 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II. CHAP. X. teirix nous avait offert d'autres faits analogues, et plus remarquables encore; car ceux-ci etaient des exemples r d'hybriditebigenere(l). L'ardeur immoderee des Tetrao, a I'epoque du rut, signalee par tous les auteurs depuis Aristote, explique comment peuvent se produire presque communement, chez ces oiseaux, des faits qui, par leur nature meme, sembleraient devoir ne se presenter qu'a I'etat de rares exceptions. En dehors des gallinaces, un hybride sauvage, tres remarquable , et etudie avec beaucoup de soin , par M. Gloger (2), est celui des hirondelles de fenetre et de cbeminee. Dans le cas de M. Gloger, le male appartenait a la premiere de ces especes. Les ornitbologistes citent, mais sans les faire connaitre avec la precision necessaire, d'autres exemples d'hybri- dite a I'etat sauvage chez des passercaux, savoir : Parmi les dentirostres ; entre le merle et la grive (3) ; et entre les bprgeronnettes grise et noire ; melange qui n'a lieu, dit Temminck, que dans les conlrees ou I'une est commune et 1' autre rare (/i). Et parmi les cultrirostres : entre la corneille noire et .la mantelee ; especes dont le croisement n'est pas rare, rejete paries ornithologistes les plus competents. Sur cette question, voyez, en particulier, Gloger, Naturgesch. der Viig., t. I, p. 512, et Das Verbastardiren der Waldhiihner, dans le Journ. fur Ornithol. de Cabanis, 185Zi, p. 129. (1) Voy. p. 165. (2) Handb. der NatiirgescK der Vogel Europ., t. I, p. Zil7. . (3) Voy. le Magazine of Natural Histonj de Loudon, t. IX, p. 616; 1836. (li) Manuel d'ornithologie, Paris, in-8, 1820, 1. 1, p. 25/i. 4 HYBRIDES CONGENERES. 18a dit Naumann ; on 1 observe tous les ans, et « aussi sou- » vent que Ton veut » (1). VIII Les autres classes du regne animal, moins riches en animaux domestiques, et moins Men representees dans les menageries, sont loin de nous offrir des exemples aussi remarquables d'hybridite. Nous n'en manquons cependant ni parmi les poissons, ni parmi les insectes. Par mi les premiers, plusieurs hybrides ayaient ete de- puis longtemps mentionnes par les ichthyologistes, no- tamment parmi les cyprins : les especes qui donnent ces hybrides sont, dit Bloch (2), la carpe ordinaire, la gibele J- et le earassin. Defay (3) a, de plus, decrit un hybride de carpe et de barbeau, peche dans la Loire en 1786. Ces divers metis, nes dans des circonstances inconnues, pen- 4 E I r vent donner lieu a quelques objections (/i) ; mais il en est 4 (1) Naumann, loc. cit., t. II, p. 63, pi. uv, fig. 2, 1822* — Voy. aussi Temminck, Man. d'ornith.j t, I, p. 109. (2) Naturgeschichte der Fische Deutschlands , part. 1, p. 98. Bloch cite ici les observations de plusieurs de ses devaiiciers. (3) Beinerkimg uber eine Bastardart von Barben und Karpfen^ r dans les Schriften der Gesellschaft der naturforschenden Freunde de Berlin, t. YIl, p. /i90 ; 1787. (Zi) M. Yalenciennes (/iii'toire naturelle des poissons, t. XVI, p. 55, 1842) suppose que Bloch etses devanciers ont pris pour des metis des cyprins d'especes encore imparfaitementdistinguees h cette epoque. Nous croyons cette rcmarque justement applicable & plusieurs des cas rapportes par les auteurs, mais non a tous. i V ^ t r i "fi I M n. i 91 III t i 4 t * 9 I U 4 i I-, n .-1, .-;_- ^ k" ? I \". .^■:_-. ■ ^^. - ■:^- ^- ^ :. ^ . ;:X\ ''-^W, n . _- -^ - -^- :-■-■ rH -- Vl^ r 1 r - ' 1 - -■ _ J / f I J J n i -f- ► f ■ I i* A # If '> ■^ iSli NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. X. d'autres dont rniithenlicile est irrecusable. M. IMillet a V obtenu, par les precedes de la fecondation s metis des trois memes especes de cypi es Bloch, et en outre, des hybrides de plusie . Par les memes precedes, tres heureusem reussi ppliquessur une grande echelle, M. Cosle a aussi fecoiider artificiellement divers saumons; particulie- ement, en 1857, le saumon proprement dit par la lai- ance de la grande truite des lacs [Salmo lemanus), et en 858, la truite commune et I'ombre-chevalier [S. imbla), les laiiances du saumon et de la truite commune. par Plusieurs centaines de ces hybrides sent eleves a Yille- neuve-le-Roi et a Meudon; plusieurs out deja pres de oO centimetres de Ions i21 I Parmi les insectes hybrides, les mieux connus sont ceux 4 que M. Guerin-Meneville vient d'obtenir, en tres grand (1) Discours siir la pisciculture, fait a la conference Mole, Paris, in-S, 185/t, p. 20. « J'ai obtenu, dit I'auteur, quelques bons resultats, merae avecdes truites et des ombres. » — M. Millet a aussi obtenu des hy- brides en rapprochant des malesd'uneespece, des femellesd'une autre. Nous extrayons d'une noteinedite de M. Millet la liste des especes dont it a obtenu des hybrides : — « Salmonoides : 1* Salmo salar, 2° S. /' /< Cyprins : 1" Cyprinus carpio^ 2*> C. carassms, 3" C. gibelio. » (2) Extrait tie notes manuscrites de MM. Coste et Geube. M. Coste avail dej^ mentioune, en 1855, un poisson hybride, resul- tant de la fecondation naturelle d'oeufs de S. lemanus par une truite commune male. (Voy. Acclimatalion des poissons ^ dans les Compt, rend, de VAcad. des 5c., t. XLI, p. 9250 Pour de pretendues hybridations obtenues dans la menie classe par les anciens Romains, voy. deux notes de Dureau de la Malle et de Haime, cilees ci-apres, p. J85 et 186. / J ^V> / HYBRIDES CONGENERES. 185 en lepidoptere s^ini et carpini dc deux vers i\ sole asialiques, recemment inti Europe, ceux du riein et de I'ailanle (I). On L - ^ des exemples d'hybridite cntre divers auti par Salyrus^ la Fane Bomhy 1 Jtalanla, et plusieurs zygenes. La Zygcena filipendida, en particulier, a ete croisee au moins avec six de ses b iphialtes On a aussi quelques exemples d'nnions a I'etat sauvage entre des insectes specifiquement et meme generiquement differents; mais ces unions paraissent avoir ete presque productives. On ;-t-on, du crois( ;ependant des larves, de deux coccinelles, Coccinella tripunclata et C. quadripustulaia (3). L'hybridite aurait ete autrefois obtenue, selon Bureau de la Malle, entre quelques mollusques eleve's et engrais- ses pour les tables des Roinains (Ji) . Mais cette assertion (1) Note sur I'liybridation des vers a soie du ricin et du vernis du Japon, dans les Compt. rend, de I' Acad, des sc, t. XLYII, p. 5/|l, 1858, et Rev. de zooL, 1858, p. 399 et 488; et secondc note sur les memes metis, Compt. rend., t. XLVIII, p. 742, 1859, et Rev., 1859, p. 183. M. Vallee, employe au Museum d'hisloire naturelle, tres habile educateur de vers a soie, a aussi obtenu, en nombre considerable, des hybrides de ces deux vers a soie. (Voy. la Section xv.) (2) Notice (encore inedite) de M. Guerin-iMeneyille, Sur les accou- plements d'insectes d'espkes differentes. (3) Ibid. — (Pour quelques autres fails d'hybridite chez les insecles, voy. WESTWoon, dans les Transactions of the Entomological Society de Londres, t. Ill, p. 195, 1843. (4) Ce qui aurait lieu aussi pour les poissons, d'apres Dureau. (Voy. Migrations et fecondations artificielles chez les Romains^ clans les Compt, rend de VAcad. des sc, t. XXXIV, p. 163; 1852.} i i i i * ( ■i i 1 J ■ i r I *fl 'I >tf •^m i « 49 I \i$\ a m I I I I i C II it H V. / i r ^B ^ J .* t #y 4 I -\ v: r^ . h J - h A t i 4 ■^ t Vr 186 .h: NOTIONS FONPAMENTALES, LIV. 11, CHAP. X. n'estjnstifiee par aucun temoignage digne de foi(l)*, et il en est de meme d une conjecture emise par M. mann, sur Torigine hybride de quelques moUusques, ordinairement consideres comme des animaux d'espece ou de race distincte (2) . IX. r Pour trouver au-dessous des insectes des exemples rtains d'hybridite, il faut laisser le regne animal, et river aux fecondations ipixtes des vegetaux. Nous franchirions a la fois les limites que nous trace plan de cet ouvrage, etcelles denqs etudes habituelles, epr Mais ce qui peut i de traite: de le faire ce qui doit des hybrides :les hybrides pi a de ces auestions : Ce qui est vrai des Peut b vegetal les b pi qui viennent d'etre etablies pour dire aussi des vcg Que les hybrides ne sont pas rares parmi eux ; Qu'on trouve des hybrides, non-seulement par par toute intervention et tout « artitice » humain ; Et que ces hybrides sont tantot congeneres, tantot bisfeneres. L'exigteace d'hybrides cljez les vegetaux avait ete (1) IIaime, Note sur Vetat de la pisciculture chez les anciens Romains, dans le Bulletin de Iq Soc, cVacclim., t. II, p. 2/i5, 185^1. (2) Voy. G. Morton 5 Hybr. in Mim.^ loc, cit,^ part. 11, p. 208. \ HYBRIDITE CHEZ LES VEGlfiTAUX. 187 soupconnee des I'epoque meme ou fut decoiivert le sexe des plantes. « Qumritur an femella vegetabilis impregnari liossit a masculQ diversce speciei? » disait deja Jacques Camerarius dans sa celebre lettre De seoou plantarum, pnWiee en J 69/i. Et des le milieu du siecle suivant, la question etait resolue, non dans le sens de la temeraire hypothese de Linne sur les especes d'origine hybride (1), niais en faveur de I'liybridite accidentelle des vegetaux. Les exemplesen ont ete multiplies depuis par I'observation et par I'experience, jusqu'a devenir, non pas seulement peu rares,mais conimuns. Nous sommes loin du temps ou Haartmann, ou plutot Linne, sous le nom de son eleve, pouvait trailer, dans une courte dissertation (2), de tons les cas d'hybridite qu'il connaissait ou croyait connaitre : une simple liste des hybrides vegetaux demanderait au- + jourd'hui un grand nombre de pages, et le botaniste le plus eruditne parviendrait pas a la rendre complete. 'ides, les uns sont produits ficielles ; d'autres resultent de Entre ces nombreux hyb par des fecondations fecondations naturellement opei La fecondation artificielle d'un vegetal par un autre, pratiquee des le milieu du xviif siecle par Kolreuter (3), a ete obtenue depuis par un grand nombre d'autres expe- fimentateurs (4). De la une premiere et longue serie de \ (1) Voy. le Chap. VI, sect, iv, t. II, p. 379. (2) Plant. hybr.Joc. cit. —La plupart des fails cites par Linne ne .sont plus consideres comme de veritables exemples d'hybridite. (3) Nachricht von einigen das Geschlecht der Pflanzen betreffenden Versuchenund Beobachtungen, Leipzig, in-8, 1761; et suites, 1763, 17611 et 1766. r (li) Entre autres par Knigbt, dans plusieurs memoiresinseres dans r ^ t > f I m 9 f,^ L i i' T i * f ■■,L^ w r-r-i-- ■_■ 'I 4 ■ ■ _ fc_ _ J , »' I I f I m t r t \ 188 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. X. metis vegetaux, les uns hybrides, les autres homoides, qui, des dicotyledones, s'estbientot etendue aux mono- cotyledones. Aiijourd'hui, elle ne s'arrete meme plus ou cesscnt d'exister les etamines et le pollen, I'ovaire etles carpelles. Non-seulement on a obtenu, par unefeconda- tion hybride artificielle , des fougeres intemiediaires entre les deux especes d'oii elles provenaient (1); mais des faits analogues ont ete recemment obtenus jusque dans les dernieres acotyledones. Parmi les fucacees, un denos plus habiles observateurs, M. Thuret, est parvenu a feeonder des spores de Fiicus vesimlosus par des an- therozoides de Fiwus serratus^ et a prodaire ainsi « des » germinations qui se sont tres bien developpees»(2).Les algues ont done aujourd'hui leurs hybrides. A cote de cette premiere serie de metis vegetaux artificielSj creespar les experiences scientifiques des bo- le recueil de la Societe d' horticulture de Londres. — Sageret, Consi- derations sur la production des hybrides, dans les Annates des sciences naturelles, t. VHI, p. 29/i ; 1826. — A. F. Wiegmann, Ueber dieBastard- erzeiigung im Pflanzenreiche ^ Braunschweig, in-i, 1828. — C. F. de Gaertneu, dans ime suite de recherches resumees et completees dans un ouvrage etendu et remarquable, intitule : Versuche and Beo- bachtungenilber die Bastarderzeugiing im Pflanzenreiche^ Stuttgard, in-8, 18Zi9. L^ Methode der kilnstlichen Bastardbefritchtuny^ quiter- mine ce remarquable ouvrage, a aussi paru a part (Stuttgard, in-8,18/i9). (1) Experience faite par M. Martens a Louvain. Voy. Bory de Saint-Yincent, Note sicr Vhybridite chez les fougeres^ dans les Compt. rend, de VAcad, des 5C., t. V, p. 125; 1837. (2) Becherches sur la fecondation des Fucacees, dans les Ann. des sc. nalurelleSy Botanique, Zi^ serie, t. If, p. 206 ; 185/i.— L'auteur a essaye aussi, mais en vain, le croisement inverse. Plusieurs experiences tentees entre d'autres especes n'ont pas non plus reussi. ^ 1%. i aux essai k5 HYBRIDITE CHEZ LES YEGETAUX, cn avons ime seconde, non ipoii cliques des horticulteurs. L'hyl 189 mieiix, en fecondation mixle, est devenue, depiiis trentean^ plus usuels de la culture; procedes dins de bientot multipl • f boutui ircottage. Parmi elles, il est souvent difficile, ou meme possible, de faire la part de Thybridite et de la simple homoide (1 plus commune, la pi affirmer que 7 P plus: elle existe notammentdansles genres Pelarg Passiflora, Fuchsia, Camellia^ et d'antres enco dont on pourrait dire aussi qu'ils sont « par la m( % botanistes et le lucre des jardiniers » (3) cas, I'homme n'intervient qu'indirectC' hybridation pare sa multipl et approchement cultures, par la nature. pen nombreuses en individus c Le transport fortuit du poller d'une plante sur une autre n'est pas rare dans nos jardins ; le vent, les oiseaux, les insectes surtout, en soni les opei ■ • ce fait la main de (1) Elles confonclent souvent leurs effets dans les variet6s des plantes depuis longtemps cultivees etcroisees. (2) Pour ces exemples et pour d'autres, voyez, oulre les livres ge- neraux surThorticulture, 11. Lecoq, De la fecondation et de I'hybri- -I daiion^ Paris, in-12, 18/|5. — Voy. aussi GaePxIWEU, loc.cil. (o) Skklnge, loc, cit,, p. l\, au sujet des Pelargonium, I i .t ! '4 1 I 4 I 1 I il ill ':t:-- t - L f > I ' - ; 1 t I / f * f flfc 1 J. i> * -f 196 NOTIONS I'ONDAME.^TALES, LIV. II, CHAP. X. separer meme, parmi les homoides, les metis de deux races, de ceux de deux simples varietes. A cette ques- tion: Sont-ils moyens entre les deux types origincls? Kant veut qu'on reponde, pour les premiers : lis Ic sont toujours^ etmeme, osc-t-il ajouter, necessairement ; etpour les seconds : lis peuvent I'etre, ils le sont quelquefois. C'est la, selon lui, une distinction essentielle ; et sur cllc doivent reposer la definition de la race et celle de la f J f variete. 'Ces vues ont ete adoptees, apres I'illustre creatcur do criticisme, par plusieurs de ses disciples immediats, mais bien plutot parmi les philosophes que parmi les natura- listes; car, dans notre science, sans meme avoir ele serieusement discutees, ellcs ont etc delaissccs, jusr[u'a tomber bientot dans un oubli profond. Pas un seul natu- raliste peut-etre neles avail citees depuis un demi-siecle! Et cependant, si la distinction admise par Kant n'est pas epose sur une notion nbk vrale, et qui en 1775 pouvait passer pour nouvelle : de moindre b de la fix des produits homoides, lorsqu'ils resultent du croisemenl de deux races differentcs. J'ai moi-meme, un demi-siecle plus tard, propose une distincdon analogue, mais entre les deux groupcs princi- pauxde metis, les hybrides et les homoides (1) ; et non- (1) Arlicle Mammi feres du Diet, class, d'Hist nat., t. X, p. 121, ou Considerations generales sur les mammiferes, Paris, iii-18, p. 232 ; 1826. J'ai depuis reproduit cette distinction dans d'auties ouvrages et dans mes cours, en Tappuyanl de nouveaux fails. — Voy. Histoire i ^ ^ ri J CARACTEUES DES M^TIS. 197 seulemeiit celle-ci s'est mainteniie dans la science, mais elle s'y est generalisee. Je I'avais a peine emise, qu'elle etait etendue a ranlhropologie par im des maitres de cette science, William Edwards (1); etelle I'a ete depuis a la botaniqiie par M. Lecoq (2). Cette distinction pent etre ainsi formulee : Les bybrides sont constamment mixtes. Les metis homoides, an contraire, sont tres variables : W'^peuvent etre mixtes^ mais aussi ne pas I'etre. On, en developpant ces deux propositions, considerees par Edwards comme « deux principes fondamentaux et » feconds en applications » : Les bybrides « ont des ca- « racteres assez fixes, et qui sont en partie ceux du pere, » en parlie ceux de la mere. Le produit pent bien res- » sembler a I'un plus qu'a I'autre^ mais non pas exclu- » sivement a I'un d'eux; on reconnait toujours en lui » un metis. 11 n'en est pas foujoui^s ainsi du croisement » de deux varietes d'une meme espece : le produit tient » leplus souvcnt de I'un et de I'aulre ; mais tres frequem- » ment aussi, il ressemble entierement a I'un des animaux » dont il est provenu (S). » Celte ressemblance enliere, cette « reproduction. du » type pur primitif », comme I'appelle Edwards, est extre- :\ 1 1^ generate des anomalies^ t. I, p. 306, 1832, ei Ess, dc zooL gen,^ p. 516 ; 18/il. Voy. aussi le Bulletin de la Sociele ethnologiqm de Pa- ris, t. I, p. 260; J8/i7. (1) Des caraeteres physiohgiques des races hurnaines, Paris, in- 8; p. 26; 1829. (2) Geogr. hotan., t. 1, p. 159 et 160; 185Zi. (o) Extrait de men Iravail de 1825. i 4 i 4 M 1^ i iff (1 s T I ti tt rt f 4< .* i E - - 1 ■ ^i* r f .1 ft r I t »<•• a Iff \ 198 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV, II, CHAP. X. (la deux / . f IS les prodtiits homoides issus de Tout le monde sait que les enfants sont du cote » de leur pere ou de leur mere : expression dont la vulg des ressemblances unik On . frequence pas moins parmi les animaux domestiq de deux varietes de donner des produits semblables a I'une, a I'exclusion de I'autre. meme, dans les especes multip ensemble des individus d'autres a la mere: d'au Parfois on voit naitre semblables, les uns au per et ceux-ci mixtes, non-seulement a des degres, mais sous des formes diverses: les du pere et de mere pouvant se combiner entre eux, ou simplement se melanger: par exemple, les couleurs se fondre en une nuance moyenne, ou, au contraire, se juxtaposer en panachant 1 'animal des deux teintes pures. Ces faits n'avaient pas echappe a Kant, mais il les avait regardes comme propres aux metis issus du croisement de deux simples varietes, et c'est ce qui n'a pas lieu : ils se ^ ^ J retrouvent bien au dela; de moins en moins, il est vrai, a mesure qu'on passe des races les moins trancbees, les plus recentes, et par consequent, les plus rapprochees des varietes, aux races que distinguent des caracteres plusimportants, plus anciennement acquis, et mieuxcom- parables a ceux des especes. Les produits sont a peine plus fixes que ceux de deux varietes, lorsqu'on croise deux races tres voisines et separees depuis peu du tronc commun : comme celles qu'on a obtenues de nos jours du lapin, du rat, du cochon d'Inde et de divers oiseaux ; / I 1 I Si ' J ut ■ J t / CAUACTERES BES METIS 199 et, pour citer eii particulicr Texemplc qui a le premier fixe moo attentioQ sur ccs foits, comme Ic daim blanc ct le daim noir doiit j'ai vu naitre lour a tour des individus de I'une on de Tautre de ces couleiirs, on de toutes deux. g s , la variabilite est bien moinc faiit de beaucoup que la fixite absolue. Encore moins doit-on admettre, avec Kant, que le produit soit toujours moyen entre les deux types originels. Rien n'est plus ordinaire que la predominance tres marquee d'un'de ces types; predominance qui va^ dans quelques cas, jusqu'a I'effacement de I'autre type. C'est ce qui avait lieu, ct avec des circonstances tres remarquables, dans un exemple que j'ai deja cite ailleurs. Sur onze petits, nes dans une meme portee d'une grande chienne de montagne, je n'en ai pas trouve un scul qui tint de sa mere : six, tons femellcs, etaient des braques; cinq, tons de I'autre sexe, des chiens de Terre-Neuve. Deux males, de ces races, s'etaient tour a tour accouples avec la chienne, et chacun avait nettement et exclusive- ment imprime son type sur ce qui lui appartenait dans cette progeniture d'origine doublement mixte (1). I ^ t (1) J'ai recueilli, en 182/i, a la Menagerie du Museum, cette obser- vation qui offre aussi de I'interet au point de vuede la theorie de ia procreation des sexes. /< J r gen. sur les mamm., p. 23Zi, et, avec plus de details, dans les ^nn. des sc. nat., I. XI, p. Ml ; 1827. Cette observation a ete reproduite et commentee par Girou de BuzAREiNGUES, De la generation, Paris, in-8, 1828, p. 188. II est ciuieux de rapprocher de cette observation lesexemples, plus haut cites (p. 171, note 2), de cbiens-loups, nes de louves, et tres / / «M| *#. i ./) L^, f.--*. ^^ f- .^- iW /' ^*.- Of^ Lo- f^' (A -n Lr^. ^/Wmu/ I :l k 'D \ : 1 ■ f ■J I II h I I t ^\ if i k ^ < \ i i i 4 4 ^ 4r «l ' ^ r' -C^ I I 'I ^ \ *■ t k- f r 4 t « »t I- •t 200 NOTIONS rONDAMENTALES, L1V. II, CHAP. X. XL Cette fixite « neccssairc » , cet etat constamment moyen que Kant avait atlribue aiix metis homoides cle deux races, n'est meme pas admissible, d'une inaniere generale, pour les metis de deux especes, on les hybrides. Mais, du moins, au milieu des variations qui peuvent r encore ici se produire, un fait subsiste toujours ; si tous les hybrides ne sont pas moyens^ tous sont mixtes. Pour justifier la premiere de ees propositions, nous n'avons pas meme besoin d'aller au dela des croise- ments les plus connus, ceux de I'ane et du cheval, et des hybrides auxquels ils donnent naissance.. Le produit de la jument fecondee par le baudet, et celui de I'anesse fecondee par le cheval, I'un et I'autre tres constants 1), tablis sur deux types assez differents pour qii lit jamais meconno les caracteres. Les Grecs cl tinguaient dcja VlWoq de Viixio^q^ les Latins Vhinnus ou semblables a des chiens. Encore ici, le pere avait. iniprime son type a ses produits, et celui de la mere s'etait plus ou moins cqrapletement • efface. 11 y a done des cas ou il en est exactement de raccouplemcnt du chien et du loup, comme de celui de deux chiens de races diffe- rentes : fait nianifestement Ires favorable ^I'opinion des naturalistes qui adniettent la parenle du loup et du chien. ^ (1) A quelques legeres variations pres, Ce qu'on peut appeler le type du mulct et celui du bardot, se modifie, selon les races chevaline et asine dent on obiienl ces hybrides, el selon le pelage et les autres caracteres individuels des parents. .1 ■ i >> •i ^k t r CARACTERES DES METIS. 201 hinnulus fi (3 mulet propr distinguons le b celui-ci Jd d, ayant « rencolure plus belle et plus fournie, les cotes » aiToridics et la croupe plus pleine» ; I'autre, plus petit « a encolure plus mince, a dos plus trancbant, en forme » de dos de carpe, a croupe plus pointue et avalee » (2 comme chez I'anc. Le bardot n'est done plus, comme le mulet, un « animal mi-parti «, demi-ane et demi-cbeval. 11 tient moins que le mulet de I'espece chevaline, plus de « I'espece asine«(o) : il est encore intermediaire, il n'est plus mo yen. Les autres bybrides sont-ils tous, ou, comme le mulet, moyens entre les deux types originels, ou, comme le bardot, plus rapproches du type maternel? Meme a ne Ter que les solipedes, nous pouvons repondre qu'nne Iroisieme combinaison pent se presenter : la predo- minancc du type paternel. L'ane-zebre de M. Gray (/i), et surtout celui de Geoffroy Saint-Hilaire et de Frederic ■ r Ciivier (5), teiiaient plus de la souche paternelle qui etait cons (1) Plus tard, bttrdus on burdo, mot moins iisite, et seulementdans la basse latinite. Le sens en est fixe par ces deux vers d'EuGENius, loc. cit. : Burdonem sonipes general, commixtus asellce. -I Miihis ah Arcadicis et equina matre creatiir, i (2) BuFFON (d'apres le veterinaire La Fosse), Supplem., t. Ill, p. 2, 1776. BuffoD figure comparativement le mulet et le bardot, pi. i el II. + (3) Pour Tensemble de la conformation. 11 est, au contraire, quel- ques details par lesquels le bardot se rapproche plus du cheval que le mulet. (A) Voy. p. 176, note. (n) Meme note, p. 175. d i » \ '9 i } f If n t 4 I f 1 i; 41 I ♦1 I ! f II I.. * s ^ ; .« * « 1 p,*-^ -H ..'--. 1- _ J_ k < 1 «i4 t I- f L n i ■ 1 J I i 202 NOTIONS FONDAMKNTALES, LIV. II, CHAP, X. I'espece asine. C'est aussi le type du pere, c'est-a-dirc ici, celui de rhemione, qui dominc cliez la plupart dcs hemiones-anes obtenu du Mu Q sont trouves blement entre I'hemione et I'ane, on plus isins de I'ane que de I'hemione. On voit combien il faut se defier des generalites h es par tant d'auteurs sur les rapports des bybrides P el fl de chacun de ceux-ci dans I'aete renroducteur. Ces meme a I'etude des croisements observes dans un seul genre. Que serait-ce de ceile de tons les bybrides! Ce qui, au contraire, reste vrai, non-seulement de r tons les bybrides de solipedes, mais de tous les animaux bybrides, c'est ce qu'en disait deja Pline il y a dix-huit siecles : « T-^e produit de deux especes n'est semblable >? ni a I'une ni a I'aulre, mais forme une troisieme generis fi neutri parentum simi- de I'observation. » /m (1) ». Et c'est la an resultat de 1 « observation est » , ajoutait Pline, auquel il n'a manqi pour avoir tout dit, que d'enoncer ce que, sans doute a sous -en ten du : cette • ^ espece nous expi imerions aujourd'bui, cette troii diaire entre les deux dont elle der for Nous ne connaissons pas un seul fait qui demente la generalite si nettement posee parte naturaliste romain. Parmi les nombreux bybrides qui se sont presenles a I'observation, on trouve des exemples de toutes les com- (1) Lib. VIII, LXIX. » >- f X m i •■»' CARACTt:UES DES METIS. 203 binaisons possibles, hors une seule, celle dont Pline hvb (le sa mere que de son pere, ou recipi double origine specifiquc correspond de A nifester tres similitude. Mais cette double similitude peut se m: diversement. II peut y iwoiv fusion plus ou moins intime des deux types originels ; ou, au contraire, simple melange de ces types, par juxtaposition de caracteres empruntes a chacund'eux. Dans le premier cas, les deux types, partout alteres I'un par I'autre, ne se montrent plus nulle part : ou retrouver les types purs du cheval et de I'ane dans le mulet etle bardot, ceux dela poule et du faisandans le d des canards commun et musque dans le d mulard? Et dememe, apres ces exemple pour un grand nombre d'autreshvb din Ailleurs, au contraire ? laque type separement empremt sur I'hybride : telle region ou tel dre de chez comme chez le pere, tel autre seconde et curieuse forme de rhybridite, dont les exemples ne sont pas les oiseaux. Dans une experience recer Angleferre, le produit de la fecondation. non d ition, par femelle de I'especc d faite n cy en / A cygne blanc a tete noire (1). On ; du faisan commun, ou celui du fa cute, donner des hybrides qui les (1) Voy. p. 179, notel. '/ 4 t 1 ( . ni 4 a ' ! f t I h' r f I • ( >f«'l 1 4* I fli « 1 ^m ? ^- J * ^ I 'h L * i L, ^. - - -i ^ - "^ ^ ^ ^ i t » I if ^t ti *!• 20a NOTIONS FONDAMENTALES, LIV, 11, CHAP. X. produisaient tons deux partiellement; et ce melange est meme assez pen rare dans lesoiselleries pour que tons les ornilhologistes en connaissent des exemples. Le plus souvent, au moins quand le male appartient a I'espece j argentee, les hybrides sont blancs en dessus comme celle-ci, roux en dessous comme Tespece commune, a\ec la tete, tantot huppee et caronculee, tantothuppee sans caroncules, et tantot ni huppee ni caronculee (1). Voila ce que nous avons vu chez les hybrides que nous avons pu examiner par nous-meme; et c'est aussi ce qui avail heu dans tons les cas qui nous sont connus par de bonnes descriptions. Fusion ou melange en portions tres diverses, ou encore, fusion et melange par pro deux types; mais jamais un seul type 1 positiv •; bi par poi Si par quelquefois admis, c'est presque s'en etait tenu a un examen tres I n r (1) Peiit-etre est-ced'apresquelques fails dece genre que M. Corinay. a cm devoir presenter ]a ((coexistence)) coniiiie le caractere des hy- brides, par opposition a la « coincidence », qiiiserait celui des especes pures. — Voy. le Bullet, de la Soc. ethnolog., 18/i7, p. 260 et 261, el Elements de morphoJoyie huniaine, Paris, in-12, 1850, p. 117. (2) Les hybrides vegetaux, selon M. Lecoq, Geog, hot., t. I, p. 159, ne seraient passeulemenl niixles, niaismoyens, el ils le seraient par fusion, et non par melange des caracleres. (( Tons les organes», dit le savant botanisle et geologue, « tiennent a la fois du pere et de la )> mere el paraissent dependre autant de Tun que de I'autre. )> Mais on a des fails contraires a cetle assertion, el le melange des caracteres des deux sexes ne parait meme pas Ires rare dans les plantes hybrides. Dk Caisdolli: a vu et mentionne, loc, cit,, ]). 7t7. 4 Z*- '-'^. 4tt H / CARACTERES DES METIS. 205 siiperficiel et tres incomplet , on faute de connais- sanccs suffisantes sur les caractcres des types originels. pliquent les vagues assertions de pi voyageurs, et les ppai entrainent parfois non-seulement le publ ilitudes les mais naturalistes On a, par cxemple, assimilc a aient I'hemione pur des hemiones-anes, qui en par les proportions de la tete, la longueur des oreilles, les formes de plusieurs parties du corps, et la distri- h bution des couleurs du pelage. Mais les teintes etaient sensiblement celles de I'hemione, et il avait suffi de cette simditude pour faire illusion a des yeux peu exerces (1). De telles erreurs ne meritent pas qu'on s'y arrete ; mais il n'en est pas de memo d'un pretend u exemple de ressemblance unilaterale, recemment annonce par un iin hybride daV Amaryllis vittata fecondee par VA. regince, qui ressem- blait « completeraent a sa mere par rhcrbe et a son pere par la fleur«. II y a aussi, parmi les vegelaux, des exemples d'lm etat mixte plus rapproche de Tun des parents. M. Moquin-Tandon a fait connailre (voy. le Journal d' agriculture -pratique de Toulouse, t. II, p. 36^, 1839) un hybride de Tigridia pavonia fecondee par la T. conchiflora, et plus voisin de la premiere. Et il faut bien que les faits de ce genre ne soient pas rares; car il y a des botanistesqui veulent que « le sujetse « rapproche toujours davantage de I'un des deux types, de celui qui a » exerce les fonctions de mere. » (Noulet, loc. cit., p. Zi50.) Voy. sur cette question qu'il a traitee avec le meme soin que les autres, Gaertner, loc. cit. , p. 276 et suiv. (1) Nous retrouvons, au contralre, la distribution des couleurs de I'hemione chez un autre hybride, un hemione-dauw , qu'a figure M. Gray, loc. cit., et qui se rapprochait beaucoup plus de I'hemione que du dauw.On retrouvait, neanmoins, aussi plusieurs des carac- teres de cette derniere espece, et entre autres des traces tres mani- festes de zebrures. I 4' 4 4 f 41 i- . t f ( (4 ; ]!< I ti *; i il i » Si * i I f I ' (■ i i. I r i W f »* t . L I -..- . ? f ^^ Vb >=S^ ^l V I t ' ►■ » I I I ft « I p t I f f 206 NOTIOxNS FOiNUAMEiNTALES ste dont la competence , LIV. II, CHAl». X ? etrc contestees, M. Guerin-Meneville entomologiste, les chenilles hYbrides de ne sauraient n ce savant 3r a sole du de cette derniere espece. Mais s « M. G- / n'avait vu ces chenilles que tres jeunes encore (1). A mesure qu'clles se sont developp mixte est dev ifeste, et M. G qii'il y avail simplement predom marquee, il est vrai) du type de I'espece (res dans les chenill elles-memes, apres la montee dans les cocons. Des educations faites au Museum d'his permis, non-f faits, mais de de type du ver de I'ailante ne predomine pas chez chenilles hybridcs; qu'il exis(e grandes differences au milieu des parmi du 3tque ce qui est vrai de la larve et du cocon, papillon, quia, lui aussi, ses caractcres propres, mtermedian^es entre ceux des tvp Ainsi dispai plutot se change en une pi plus en notre faveur, le seul fait zoologique qui parut de natureanousetre oppose comme une objection serieuse. Nous croyons done pouvoir maintenir les conclusions que nous posions il y a trente ans, et redire auiourd'hui • (1) Lui-meme le dit, Compt. rend, de I' Acad, des sc, t. XL VII p. 542, et Rev. zool, 1858, p. ZiO;2. ' (2) Compt. rend., ibid., p. 692, Qi Rev. zool, ibid., p. /,89 -les differences, « pen sensibles^), , sont, selon M. Guerin, la petitesse des points noirs, et un leger exces de taille. ^ '^. / CARACTEKES DES iMETlS, 207 Les metis homoiVles, tres variables dans leursrappoi de simil hybiide pr d de nous avons maintonant a placer celle-ci : T.os hvbrides. Ires variable: de la fa product rice, peuvent etre feconds vices individuels de conformation, les metis homoides toujours . \ (" ii \i >{ k I ! !4 II I II XII. La question do la fccondite dcs hybrides a ete poseo des I'origine de la science. Sans remonter jusqu'a Ale- meon, Democrite et Empedocle, qui se preoccupaient deja des causes de la sterilite du mulet, Aristote (1), les discutant a son tour, avait cru les trouver dans des fails propres a cet animal, etderivant des temperaments dcs deux especes qui lui donnent naissance. La sterilite ne serait ainsi chez le mulet qu'un cas particulier dont il n'y aurait rien a conclure a I'egard des autres hybrides (2 Nous trouvons chez Pline(3), quelques siecles plus tard, des VLies contraires. Selon lui, les anirnaux iies de deux (1) De la generation^ liv. 11^ chap. viir. (2) «Tb 81 Tfov-flaiovtov ^svo^ ox&v a-^ovo^^ aartv )>, dit Aristote au Com- mencement du chapitre. Mais il nes'agit ici que des mulcts propre- mentdits, et non des hybrides en general, comme pourraient le faire croire certaines traducUons. (3) Lib. Vin, Lxix. G'est la suite du passage cite p. 202. 1 i u Hi i \ I 1 i. 1 f i i f* i .■■■* ^ ^ ■'^ ■" n. Ih * T. r- n .1^ ^ _■ K ^ W ^ ^ ^ ^ > - x4 '. ^ »r ■■'f I I - 7^ f 208 NOTIONS FONDAME?FEC0ND1TE DES HYBRIDES. 209 » nen d refutee p Biiffon possible de la soutenir apres liii, sans I'avoir proforidemcnl modifiee. An faif net et simple de Finfeeondite des by- brides, on a substitLie la notion complexed'uncfecondite tantot nulle, tantot incomplete. Telle est la doctrine de Cuvier ct de presque tons les naturalistes de notre enooue tendant encore ici, sous I'influence d de I'espece, a resserrer entre les pl champ de la generation h^ «y b Quand fecond s pr le Incondite ne va leur (/« Q point au dela de ^guelques genera- fr preciser I'assertion de Cette docti dans la science. Nous y trouvons tres generalement admises par les naturalistes les deux propositio] vantes, I'une et I'autre demontrees, disent-ils, p sui / • Les p 1 experien de deux races on de deux varietes de la meme espece, en d'autres termes, les metis bomoides (1) Hist, nat., I. II, p. H ; i7/,9. (2) Voy. le Chap. VI, sect, vi; t. II, p, 391. (3) Voy. la seclioii m de ce Chapilre, p. l/i7. 15) J826. /■< ■/: , article sur des metis de lion et de ti^re, L'auteiir ne dit pas ce qui le conduit a adopter cenombre. 11 a sans doute en vue les fails relatifs aux chiens metis de Buffon. Voy. plus has, p. 216. m. Ill i« V- |H l«l '. ( U 4 \ ! I r« I 1 f i n i ♦ Ul 1 I I ^ ■ i I i I f If! J d L i -'^ i fed L- L — h ■'-*--^— ^^ 4 k I ;' ¥• ft f * m I I y 210 NOTIONS FONDAMENTALES ? LfV. 11, CHAP. X sent feconds ; leiirs descendants le sent aussi. La fecon- dite est continue. r Los produits de deux individus d'especes differentes j, en d'autres (ermes, les hvbrides, sont eeneralement infe- r^ / Si, par exception, ils vienneut a prod e est du moins limitee a line nii h rnipln rations; par eonstMpient, 7ion continue. r Les espcces seraient done « toutes separees par iin inter- » valle que la nature ne peut francliir » (1). Consequenee eminemment favora!)le au systeme de la fixite de I'espece ; car elle nous montrerait, avec evidence, la nature prenant disait Cuv d'empeche d s; M reus, « la raison, et la raison demon tree, de la fixite des » especes » (3). Mais les deux propositions justifiees par I'observation ? precedent premiere, nous trouvons des opinions, mais m les point de faits. C'est une croyance repandue parm agriculteurs , qui meme ont parfois ete plus loin que les produits de deux races domestiques tres eloi- w de d fecondite complete et continue (5). Mais rien ne justifie cette \ ♦ I (1) Cette plirase, souvent citee, est de Buffon, avant qu'il fut devenu partisan de la variabilite de I'espece. Voy. Hist, nat., t. V, p. 59 ; 1755. (2) Log, ciu ^ (3) Buffon; histoire de ses travaux, Paris, iii-12; I8Z1/1, p. 105, Voy. aussi les aiitres ouvrages, deja cites, de M. Flourens. (4) Voy. p. 173, note Zi. (5) Le croisemeiit de races hiiniaines tres differentes ne serait, de I I • s. -. J ' l-» J"fl^1 *^fi \ ( 211 PRETExNDUE LM'ECONDITE DES IIYBRIDES. croyance; et en fut-il aiitrement, il resterait a examiner si ces races tres eloignees. et imparfaitement fecondes entre elles , ne proviendraient pas d'especes diffe- ren te s. second des hasardees ; mais d plus reflechies, et dont on cut dii tenir compte ne I'a fait. Sans doute, et il ne pent v avoir b d ? d d Bacon nous represente les ph opi d'hybrides « non steriles, malgre I'opinio il ne s'appuie pas sur les fails, niais il k y Mais pas, mais il conjecture; et les naturalistes pou- le pas s'arreter a cette temerite philosopliiqne. ;ser de meme sur la lui-meme, de la pre'- pei ferme refutation, faite par Buffon tendue « infecondite des hvbrides meme, que tres peu fecond, selon plusieurs auteurs recents, et par- ticulieremeiit selon M. Jacquinot, dans le Voyage de Dumont b'Ur- VFLLE aupdle Slid, Zoologie, t. 11, p. 92 et suiv., 18/i6. C'est un des arguments dont se sert I'auteur pour etablir la diversite specifique des principaux types humains, qui seraient, selon lui, au nombre de trois. Ce sujetvient d'etre abordede nouveau par M. Broca, Memoire sur I'hyhridiU, dans le Journal de physiologic de M. Brown-Sequard, t. I, p. 729; 1858. La question doit etre traitee dans la troisieme parlie, encore inedite, du memoire deM. Broca. » I f' dans le meme passage de la Nova Atlantis, on il se prononce pour la variabilite de I'espece, et dont nous avons deja cite quclques lignes (t. 11, p. 38/1, note). (■2) Yoy. t. II, p. 395. r^ / / '/ Im V ^/ i * fr . . 11 1 '1 ! II I ^ ■1 • 1 ^ ij' i^ *, «&«^ ^a J f V >* ^ i r ! ft rr >: »l V 212 iSOTlOrsS FOiSDAMENTALES, L(V. H, CHAP. X. par Pallas (i ) , de cc « paradoxc » , cchafaude , dit- il , sur quelques experiences, mais que iie sauraient accepter des observateurs serieiix! On a continue cependant, on continue encore a I'ac- J cepter, et a en faire, avec ou meme sans les tempera- ments admis par Cuvier, un des elements de la doctrine de la fixite de I'espece, et par suite un des principcs de la science. Nous nous sommes deja a plusieurs reprises eleve centre ce fiuixprincipe, mais sans prelcndre lui substiluer le principe contraire. La premiere erreur, dans I'etude des hybrides, a ete de pretendre ramener a une loi commune des faits qui ont chacun leur regie propre. On avaitfalt I, du mulct, a tons les points de vue, le type des hybrides de toutes les classes ; et nous avons montre qu'd n'cst pas meme, pour les rapports du produit avec les produc- teurs, le tvpe des hybrides de solipedes. II n'cst pas plus vrai que tous ces brid semblent p leu I ptitude a la reproduction; et a plus fo d O pc d'liv * w it ^ (1) Spicilegia zoologica, FascW, 1776, art. snrlQSlbex, p. 31 etsuiv. En s'elevant ici centre ce qu'il appelle « raxiome » de Biiffou, Pallas n'a pas seulemcnt le tort d'exagercr la critique jusqu'a rinjtircenvers le grand naturalistefrangais. II oublic que ropinion qu'il combat avail ete, depuis dix ans, abandonnee par Buffon qui Tavait refutee, a Taide des niemes faits, et parfois dans les memes termcs. Ce n'est qu'une ((opinion precongue, prceconcepta opinio », dit Pallas eu 177G ; ce n'estqu'un « prejuge», avail dit Buffon en 1766, Hist, imt , t. XIV, p. 33G. Le mot pr^jw(/e a etc reproduil par Buffon en 177S, Supplem.^ t. Ill, p. 20, et en 1783, Histoire nalurelle des oiscaux, t. IX, p. 16G- *■ i"l:.*,T. . :jL *.»" t t i HYBRIDES liSFECONDS. 215 brides plus ou moins feconds ; parfois meme feconds a I'egal des races pures (1). XIII \ V » J \ \ Les hvbrides infeconds ne sonl, a vrai dire, que les hybrides les plus rarement feconds; car leur inrecon- (lite n'esi; jamais absoluc Le mulet lui-meme prodiiit, (1) Des 18/i7 j'avais pu reunir a la Menagerie du Museum, outre des metis de chien et de loup, de chien et dechacal, six produltsd'hy- brides de differentes especes, comme on pent le voir par une com- munication faite a la Societe ethnologique de Paris, et resumee dans son Bulletin^ he. cit., p. '2G0. Le pretendu priucipe de Tinfecondite, admis presque unanimement par leszoologistes, est loin d'avoirete aussi generalement accepte par les botanistes et par les antbropologistes. — Parmi les premiers, voy. Dr. Cam)OIXK, loc, c^7,, p. 712, 1832 ; C.-F. Gaeutinkk, loc, cit,, p. 381, et Lecoq, dans sa Geogr. hot., loc. cit., p. 162, et dans ses publica- tions speciales sur les hybrides. — Et parmi les seconds, d'Oaialius d'Halloy, Note sur la succession des etres vivants, dans les BiilL de VAcad. des sc. de Belgique, t. XllI, 1^^ part., p. 581 ; 18^6 ; et 0. Mor- TOA% Hybrid, inAnim., loc. cit., 18^7. Deces deux derniers auteurs, le second a malheureusement recueilli avec trop peu de scrupule Ics fails rapportes par les auteurs. Et le premier s'est borne a quelques remarques generates tres ■m brievement presentees, mais tres justes : « Quand nous parlons de » la sterilite des hybrides, dit M. d'Omalius d'llalloy (p. ,587), ne » ressemblons-nous pas a un cornac indou qui dirait que les ele- )) phants sont steriles, parce que Ton n'en a pas vu encore se repro- » duire en domesiicite?. . 11 est probable que si les hybrides steriles » ne se reproduisent pas, c'est quails ne sc trouvent pas dans les con- »' dilions necessaires pour que leur reproduction ait lieu. » Dans le petit nombre des auteurs recents qui se sont eleves conlrfi }| ( ! i i i 4 i i4 ! * M '« ■ L \ ■ - ~b J L -W4 -T Ji i^j( U«^ r Oft I- i { * : I , ri f * M ^ f t« Mi t I t Pi r I ■ t » »► t 214 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. X mais tres exceptionnellement, sous notre climat: moiris rarement dans et de la iunifir pays chauds produit d / / meme ele assez connu des an- ciens, pour avoir eu chez les Grecs, seloii quelques auteurs, un nom par r/ rendu m par les mots ginnus et parvus muhis Le genre Eauus nous offre deia, dans d ments, I'exemple d'une fecondiie moins exceptionnelle, quoique encore tres liniitee. Nous pouvons citer plusieurs produits d'hybrides d'aneou d'anesse. Entre cesproduits, le plus remarquable est un mulet obtenu, en Angieterre, d'une jument qu'avait fecondee un bybride d'ane et de le pretendu principe de I'infecondite des hybrides, nous pouvons citer aussi un illustre chimiste, M. Ciievreul, qui dit en propres termes [loc. cit.) -. « La fecondite de plusieurs animaux hybrides est » incontestable. » L'auteur cite deux faits a I'appui de cette pro- position. (1) Voy. BuFFON, Suppl. , t. Ill, p. 16, 1776, et t. VII, p. 1/jO ; addition relative a une mule qui avait doniie six poulains enEspagne, de 1763 k 1776. -MOREAU DE Saint-Mery, Observations sur les animaux utiles aux Colonies, dans les Memoires de la Societe royale d'agricul- ture, 1789, 2«part., p. 131. — Tupputi, Meraoire deja cite, dans les Ann. de I'agric. frang., 1807; voy. p. 196. Voy. aussi sa i?ep/, a Huzard, 1808. (2) PuwE, Lib. VIII, LXix.— Voy. aussi Aristote, Hist, des anim., liv. VI, XXIV. B'apres Magon et d'autres auteurs cites par Coltimelle, De re rustica, lib, VI, cap, xxxvn, la reproduction aurait ete aussi habi- tuellenient obtenue, en Afrique, pour la mule que pour la jument : « tarn familiar es partus, dit Tauteur, quam sunt nobis equarum.. » Quant aux mulets feconds de Syrie dont parle Artstote, loc. cit,, lui-meme les dit d'une autre espece. Ce n'etaient pas des mulets, mais, selon toute apparence, des individus de I'espece, nouvellement retrouvee, que j'ai nommee hemippe (Equus hemippus) . \ ^ ^ i-ft,*-!! «<« ^ v.T.i; i 1,-- r, '^vr^MtiXf^' * ■Jfi'*II» ;1 ri 1 I HYBHIDF.S IM ^ t t -^^ ^-. -^ ■-4. «-4^ « ^ ^A. «ttl^i^ > L. r I ^x II *f »i *i « t ^\^ I / » I ^ I . 4^ ^ - V- I h 216 NOTIONS FONDAMENJALES, LIV. It, CHAP. X, i dignes d'interet, pu ti donne a une des er J* dans la science. Anssi chacun les pins attache - faire d'abord, avec le plus grand soin, le depart des fails douteux, et de contre lescpjcls ne saurait s'elever ancune objeclion. Deja plusienrs eliminations sc trouvent faites a Tavance. Comment croirions-nous a la descendance des hvbrides tJ de cbien et d ours, de chat et de fouine, de chat et de belier et de 7 hvb de determ stir des se so n't pourrions-nous affirmer que des chicns-renards reproduits jusqu'a la troisieme generation, quand I'exis- pas suffi di\ de cote la pretendue race de bisons-b^ufs dont parlent, sans nulle preuve, plusieurs auteurs, copistes trop con- fiants de Rafmesque, et les doutcusesposlerites altribuees de meme, sans nulle preuve, a divers oiseaux. La reproduction des chicns-louiis est, au contraire, in- conlcstable. Tous les naturahstes connaissentlescelebres observations de Buffon sur qualre generations motives, issues d'un braque et dune louve (1). Depuis, d'autres exemples se sont produits spontanement ou ont eie obte- nus en divers lieux, et, notammenl, au Museum d'histoire nalurelle. 1 (!) Voy. Supplem., t 111, p. 9, 1776, premieres observations faites Chez le marquis de Spontin ; et surtout I. Vll, p. IGI et siiiv., pi. XLIV a XLIX. M It* ri v**«* T ^ r Is t/'ll r^ ) HYBRIDES FiSCONDS. 217 J Dans le meiue etablissement, deux series d'experiences, inslitiiees pour le chacal par M. Floiirens et par moi, out donne de semblables resultats. Da croisement du chacal avec le chien, j'ai eii trois generations metives, et M. Flourens quatre (1). All Museum aussi,eten plusieurs autres lieux, on a de menic oblenu, de metis issus du croisement du mouflon de Corse avec la brebis, et de divers bouquetins avec la chevre, des produifs qui eux-m6mes ont ete feconds. Ici encore plusieurs generations ont ete facilemcnt obte- nues 9 ) \ ,- V ^*ik. \ -.V F i (1) Les metis que j'ai obtcnus etaient issus d'un chacal male et d'une chienne d'islaude. Pour les experiences deM. FLOUUiiNS, voy. De I'inst. et de I'intellig. des anim., T edit., Paris, in- 12, 1845, p. 119; el De la longevite humaine, Paris, in-l:.', ibo/j, p. l/iZi. -M. Flourens n'a passeulement repete a plusieurs reprises Fexperience que j'avais faite ; il a aussi obtenu des produits de la chacale, fccondee par le chien. M. Flourens a fait plusieurs fois, danssescours, Fexposition detaillee de ses experiences, et il les a souvent citees dans ses ouvrages, a Fappui de ses vues theoriqucs; par exemple, pour refuter le systeme de la preexFtence des genres. (Voy. plus haut, t. II, p. Zi57, note.) C'est de meme, dans mes cours, que j'ai expose les resultats de mes experiences, qui remontent a plus de dix ans. « Mes experiences sur les metis du chien et du chacal », disais-je eu 18^9 {Comptes rendus de I' Acad, des sc, t. XXVIII, p. 5G), « ont bien reussi, et M. Flourens les a repetees non moins heureusement, et meme, jecrois, poursuivics plus loin ; et quoique le chien descende du chacal, ce fait a de la valour, puisque le chien donne aussi avec le leap des metis feconds. » Sur ces fails, el sur les autres exemples d'hybridite constates a la Menagerie du Museum, voy. Duveu^oy, article Propagation dn Diet. univ. d/Hist. nat., t X., p. r)/|7; 18Zi7. (2) Pour leuiouflon, voy. p. 17/4, note i. Pourle bouquetins soiten captivite, soil a retatsauvagC; plusieurs f -rj^^ ■*■" u^ ^ i i 1 ! I i J- >» I- 1 1 V <1 i 4 \ I 1 ^* J ^*-^. m^ J.*. I : ^ V [ k i I 218 MOTIONS FONDAMKiMALES. LH , !K CHAP. X 1 Mais si tons ces fails sont a i'abri dii doute, leiir inter- F pretation no Test pas. Les produits du croisemenl du chicn avec le loup et avec le chacal, du moufloii avcc la brebis, du bouquetin avec la ehcvre, sont-ils de veri- tables hybrides? Oui, selon les uns; mais non, selon les autres (4) ; et dans ce parlage des opinions, comment ne pas rcconnaiire que, la encore, irreciisables de la fecondite des hybrides ? Passons done a d'autres fails et a de plus decisifs, c'est- a-dire, a des exenlples a la fois authentiques et exempts de toule incerlitude sur la diversite specifiqiie des parents des animaux hybrides. ne sont pas des preuves XIV. Un premier fait, et ires remarquable, pnisqn'il s'agit ici d'nn hybride bigenerc, nous est offert par le metis du bouc et de la brebis. Est-il, comme I'a dit un auteur (2), « aussi feccnd que sa mere et son pere»? Les faits n'au- lails out etc reuiiis par Cuyieh dans la Menagerie du Museum d'Hisioire naturelle (!801-180/i), arlicle Paseng; — Et par Tschudi, dans son oiivrage recent Sur les Alpes; trad, fran?., Paris, gr. in-8, 1859, p. 655. (1) Voy. le Chapitre X. (2) GuEROULT. traduction de VHistoire naturelle des anvmaux, de Pliine, Paris, in-8, 1802, t. I, notes, p. ^75. L'auteur parait avoir ete induit en erreur par une supposition de BuFFON [Hist, nat., t. Xll; voy. plus haut, p. 162, note 2), supposi- tion prise par Gueroult pour une affirmation. Buffon a mcntionne tres brievement ailleurs(t. XI; voy. la nitmie note) la fecondite du produit du bouc et de la brebis. I } r- - t ■ ■ f _y ^ ^ F I HYDRIDES FECONDS. 219 torisent pas, jusqu'a present, ime assertion aussi absolue. est que apt( la pouvons affi reorodiictif r . • 'St que ce metis les troupeaux ' par les boucs les femelles de la seconde, de la troisieme, de la quatrieme generation hvbride. C'est la rru'on s'arrete omprnlpmpnf • nnn rr.iVr. i i du Chili, on fait habituellenient feco non-seulement les brebis ? / la impossibilite d'allerau dela; mais parce des perd en grande par dans les pellones^ et devient de pe / • off] fails alpa-lama, ou le produit de I'alpaca et d testablcmcnt Ce fait gaire an Perou et en Bolivie, ou Ton rencontre dans les troupeaux une multitude de metis a tous les degres La plupart des pretendus alpacas qu'on a introduits et fait eproduire en Europe 5 que des alp facilite avec laquelle se croisent le lama et I'alp % ombre d'auleurs a rappor e et meme espece : mais i deux ^ m fut-elle fondee, les defenseursde Tinfeconditedes hybrides n'en seraient pas plus avances. L'alpaca ne la fois, de meme espece que la vigogne et « peu Or fe Sur ce fait , deja indique par Francisco de Theran (2), (1) Voy. p. 162. (2) Primero ensaio feitoparadomesticaras Vigonhas, d&nsles Ann a es das Sciencias, das Arfes e das Letras, U XIV, part, II, p. 16, 1821. % % I i t J , f i i i *' I f 5 « ^ 1 I f i.i r I \r I in M It 1 r !J , ♦ { . ■-; <- -' ■-■****ft t-* *1 . i r ^ i 4 1 220 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. ll, CHAP. X. plus auiourd possible. Des croisements, fails au point cle vue ind M. I'abbe Cabrera qiiel'industrie mre au Perou en possession de lout un troupeau d'alpa-vigognes. Une partie de ces animaux, a laine longue comme cbez I'alpaca r et presque fine eomme cbez la vigogne, etait issue de vigognes saillies par un alpa-vigogne, et d'alpa-vigognes fecondees par des alpacas; d'autres avaient a la fois pour r pere et pour mere des alpa- vigognes ( La fecondite de Fhybride du cbameau et du droma- daire est affirmee par plusieurs voyageurs, et sur leur teuioignage, Euffon (2) n'a pas besite a admeltrc I'exis- w fence d'une « race w bybride, resultant du croisement des deux cbameaux. Nous n'avons aucune raison de nier qu'il en soit de ces animaux comme des camelides americains ; mais nous sommes loin de pouvoir etre aussi aflirmatif a leur egard que nous I'avons ete pour ceux-ci, et que nou; s allonsd'etre, d'apres les resultals de nos experiences et de nos observations a la Menagerie du Museum, pour les bybrides de I'yak avec le zebu , et de divers cerfs entre eux. La fecondite de ryak-zebu, ou cho, est egalement (1) J'ai rcgu de M. Weddell, sur ce troupeau visile par lui en 18/i7, el de M. F. Uiinis, si bien au courant de tous les fails relatifs a I'Amei'iquc, de Uts interessants details sur les resultals des essais de M. Cabrera. On les trouvera en partie dans une iVoie mx I'alijoca et ralpa-vigogne, que j'ai communiquee a I'Academie des scienees en 182U. Voy. les Compt.. rend., t. XXVITI, p. 52. (2) llist. not,, t. XI, p. 212 et213; 175/i. fl! »^»&kl mT.»[iri**'»-'.'".»-**fcIhr. ' iMBlim T ; »^> l<^'.^lWlfft*««-' ^ *r « ■> a - t «Mf "I I HYBRID ES FECONDS. 001 par les relations des voyageurs (1), el par ons vu a la Menagerie, cnrichie par M. de 185Zi, d'un Iroupeau compose de onze yal et d'un dzo femelle (2). De tons ces individus, le pins i^cond s'esttrouve ctre celui memeqni,d'apres I'opinion generalement recue, anrait dii etre sterile : en cinq annees, le dzo nons a donne cinq produits. Le premier nc d'entre eux a deja fait des saillies, mais il est encore impossible de savoir si elles seront productives. Parmi les ruminants a bois, nous avons eu a la Mena- gerie des produits des metis du cerf d'Algerie {Cervus barbarus) ct de la biche commune, du cerf gymnoteetdc la bichc de Yirginie, du cerf pseudaxis et de la biche axis. Le premier de ces exemples,en raison de la proximite des deux types originels, ne merite pas de nous arreter ; et il en seraitdememe du second, si la biche hvbride, d'abord oblenue, n'eiitetefecondee, non-seulement par uncerf de Virginie, mais aussi, une autre annee, par une espece d'une section tres differenfe, le daim : I'individu fruit dc ce der- ± nier croisement avait done, melange dans ses veines, le sang detroisespeces. Cette famille d'hybrides s'estbientot etcinte; mais celle des hybrides de pseudaxis et d'axis se perpetue a la BI 18/1 2 (1) Yoy. entre autres Campbell, Notes on East. Thibet, dans le Journ, of the Asiat. Soc. of Bengal, 1855, ifo, p. 215, note. (2) Voy. p. 67. De ces douze individus, trois ont ete defmitivement attribues au Museum, dans le parlage du iroupeau, regie, quelques mois apres son arrivee en France, parM. leMinistrederinslruclion publique. Ledzo a ete, heureusenient pour la science, un de ces trois individus. i i 4 t 1 i| P It I 1 y 1 1! t * ii i ^ i 1 J i f J ^ ^ Iff f L 4 '1 Tri,»j-, '- ^ ^ ^ .^z ^4. J I f > ^ f^ f* m 4 I ► % J y ^ i T \ V 4 \ 222 NOTIONS F0NI)AME>;TALES, LIV. II, CHAP. X 1 1850; et dans notre petit troupeau, les hybrides It pas montres moins feconds que les axis pur sai Apres tous ces exemples d 'hybrides feconds cli ninanls, nous en avons un, etplus remarquable ei (1). d deux rongeurs, le lievre et le lapin b Jire que peuvent i etre deux especes cong produils de lapin et de base, sujets d'une a nteressanle observation recueillie par Am retti (2), etaient feconds ; et les hybrides nes du li de la lapine iouissent de meme d'une fecondite descend qu Sur ce fait 847 a 1850, un habitant d nouvclle a la- par lui de '. M. Rouy, a meme fonde une ind quelle ila donne, graduellement, une grande extent depuis 1854, il livre au commerce, chaque annee, pi mille lievres-lap apr essais tres multiplies et tres diversement combines qu'on doit a M. Rouy, ces hybrides peuvent etre croises et sont feconds soit avec Fespece paternelle, soit avec l^espece maternelle, soit entre eux. Entre tous les resultats de ces melanges, le trois-huit, comme I'appelle M. Rouy, c'est-a-direleproduit du demi- (1) M. Pucheran, dans sa Monographie du genre Cerf {Archives du Mus.d'Hist. nat.s t. VI, p. Zil9), a donne qiielques details sur les naissances obtenuesde 1839 a l8Zi2. Nous avons eu depuis huit autres metis. Ces animaux viventen troupeau, dans un des pares de la Menagerie, et leur natural farouche ne permet ni de les approcher, ni de les marquer, ni de connaitre toujours les unions qui se font librement entre eux. Nous sommes cependant certains d'avoir oblenu, en 1850, I une troisieme generation metive. (2)Voy.p. 172. I * a*i»^,.Vrv f* «ii++.:bV^ ^ \ ■' . * 1 ^:T,^,t^|.H,4,*a^*»fc_©q;'* m^^ HVBUiDES FECOiNDS. 2^23 V. sang par le quarteron (quart lapin et trois quarts lievrej, est cclui qui olTre, commercialement, le plus d'avantage, et e'est a le multiplier qu'on s'est surt.out attache. En 1857 , les unions des trois-huit enti'e eux , d'aprcs M. Rouy, avaicnt deja donne sept generations : au com- mencement de cette annee (1 ), on etait arrive a la dixieme des trois-huit, par consequent, a la treizieme generation Iiybride; et rien n'annonce que ce soitle dernier Icrme. Le trois-huU n'est pas seulement apte a se reproduire : il est tres fecond. Sa femeile fait cinq on six petits par portee. Apres avoir allaite trois semaines, elle pent rece- voir denouveau le male 5 et Ton obtient « sans difficulte » six portees par an ». Si bien que le moment ne semble pas eloigne ou une veritable race hybride sera issue de deux animaux dont les naturalistes ont dit si longtemps et redisent encore : leur accouplement meme est im- * possible (2). (1) 1859. n ■ (2) Tous les details qui precedent sont extraits d'une note que je doisa Tobligeance de M. Broca, professeur agrege a la Facalte de medecine. Cette note est le resume d'un chapitre, encore inedit, d'un savantmemoireSwr I'hybridite, dont deux parties ont deja ete publiees (voy. p. 21 note). M. Broca s'est rendu, a deux reprises, a Angouleme, pour etudier les lievres-lapins de M. Rouy, et apres I'avoir faitavec le plus grand soin, il a lui-meme entrepris une serie d'experiences analogues qu'il poursuit ence moment. En attendant les resultats de ces experiences, ceux qu'a obtenus M. Rouy sont deja d'un grand prix pour la science ; car ses essais ont ete fails avec le plus grand soin. « Les animaux >>, dit M. Broca, dans sa note manuscrite, « sont classes, numerotes, eleves dans des cages )) separees. Chaoun d'eux, comme dans les haras, a son nom inscrit ») sur sa cage. » ■ ^ 4 !t * 4 I I i < 1 m ! * ■^ ' * =- * ..»* «*#* I'" \ \ \ ? ■ \ 'in NOTIONS F0NDAMENTA1.es, LIV, II, CIIAl'. X. XV. f A t' II I- \ \ IK *f 1 s 1 4 i i r Apres tanf de faits, et de si remarquablcs, constates surtout I infecondite hyl passer rapidem pies moins contestes, et poui decisifs nous offi d reprod e s de es observations tres imparfaitcs, n feconds Ics hybridcs dcs faisans ordi quelqncs espcces de hoccosfll, d ■ds, decolombes, et,parmilespasscreau 3, soit avec les especes qui I'avoisinent, soit men e cbardonneret ; faits trcs frequemment constates p / pi r les amateurs d 2). Malheur d (1) Voy. lEmmcK, Hist. not. des piy. et gallin., t. Ill, p. 13 et 25. II nait, dit Tauteur, tantut des millets, tanlut « des races ». Mais ce mot n'est pas pris ici dans sa veritable acception, et n'exprime iiulle- ment une reproduction perpetuee « ad infinitum », comme le dit Morton, Hybrid, in ^mm., part, II, p. 20/i (non d'apres Temminck lui-meme, mais d'apres un extraitdonne par M. Griffith, Animal Kingdom, Londres, in-A, t. VIII, 1829, p. 113). (2)Sur les hybrides feconds de canari et de cbardonneret, vov. Hek- viEUX, loc. cit. - (c Les pelits qui sortcnt de ces miilds, dit rauteur (p. 269), en font » d'autres ramiee siiivaiite, contre le sentiment de celui qui a ecrit >' le contraire, » ^ \\ M - .J M - T^^»*^^,V^ > 4 Bt^t;^^:. 1 ^.T,1 ^ - i HYBRIDES FEGONDS. 225 relation detaillee et bien faitc ; on la doit a Sprenger : son histoire d'unefamille delinols-canaris, jilii, nepotes, pro- nepotes, se recommande autai^tpar la finesse de I'obser- vation que par I'eleganoe spirituelle dii style (1). ( Chez les poissons, selpn Laeepede, les hybrides sont quelquefois feconds; ils peuvent devenir, ajoute-t-il, « les » souches d'especes motives, mais constantes » (2). Au- CLin fait, malheureusement, n'est cite a Fappiii de cette que le celebi borateur de Buffon n'a fait turalement , ppl conjec- poissons vues generales sur les hybrides, admises dans les d naturelle. Cost, au contraire, d'apres I'observation, et en s'ap puyant d'experiences etenducs a un grand nombre d'indi vidus, one M. Guerin-Meneville a i-eremment nnnnnpp 1 fecondite hybrides de de 1/ du ricin et de IX vers a soie asiatiques, . Depiiis la publication da travail de ce savant entomologiste et sericiculteur, les naissances ont continue et continuent encore (/j); leur (1) Elle a pour litre : De avium hybridarum virtute generandi, et se trouve dans les Opusc. phys. math, de Sprenger (et non Sprengel), 1753, p. 2li a /t8. — C'est le titre trop general de cette dissertation qui parait avoir induit en erreur Vicq d'Azyr, MM. Damas etGuillcmin, et quelques autres aiiteurs. Voy. p. 215. (2) Histoire naturelle des poissons, a la fin du Discours sur la nature des poisso7is. • (3) Metis feconds de deux especes d'insectes, dans les Complcs rendus de VAcad. des sc, t XLVUI, p. 7/i2, 1859; travail qui fait suite a ua autre cite plus haut, p. ii06. Voy. aussi la Rev. zoolog., 185^, p. 183. (i) En mai 1859. — Ces naissances ont eu lieu, comme les prece- ni. 15 4 I ^ .^ i li t 4 I i i ■1 ■4 « 4 m m n »« i ii rl f * -L » ■ - VI &X L J->. — -ij ■- h4 ^•**i II I ^ \ t I. i tf J r 226 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. X. nombre est aujourd'hiii de pres de cinq cents; les uncs resultent de raccooplement des metis avec des papil- lons du ricin; les autres, et c'est le plus grand nombre, d'unions diversement combinees, entre les metis (i). Tons ces croisements ont etc egalement pro- duclifs; la fecondite des metis parait ne le ccder en • \ rien a celle des individiis do pur sang. Deja les pre- miers-ncs out fait leurs cocons, et il deviendra possible, des cette annee, d'obtenir une hvbride. Get exemple, nouvellement acqi troisieme generation t/ brides J que nous ayons a citer dans le regne animal; mais, vegetaux, recommence une nouvelle serte d'hy- ct dans celle-ci se retrouvcnt tous les degres que nons de rencontrer. Comme il y a nombre d'bybri- des animaux infeconds, peu feconds^ etfeconds, il y a planteshybrides inferliles, de peu fertiles et de fertiles; le nombre de ces dernieres s'est rapidement accru dei le commencement de notre siecle. Dans I'ouvrage auq 11 faut touiours en revenir pour I'histoire de I'hybrii dentes, au depot de ia Societe d'acclimatation, confie aux soins de M. Vallee, au Museum d'Histoire naturelle. (1) De ces metis, les uns sont nes d'un papillon male de I'ailante et d'un papillon femelle du ricin ; les autres ont ete produits parje croisement inverse. Des males de la premiere categorie ont ete reunis a des femelles de la seconde, et. reciproquement. D'autres unions ont eu lieu entre des males et des femelles de raeme origine. g du ver de I'ailante. II reste a croiser nos metis avec le pur san Cette experience ne sera possible que dans quelques semaines. A repoque ou j'ecris (8 mai), on n'a mcme pas encore de chenilles de cette espece. -#1 ki - <■ -^ ^.flt^rt^/ . /t«FMriL'r't,*4:t4V^. "f^t_t la |i +■ ■ '* *W<(ft| If J <►• W* mr^ II fi .1 HYBRiDES FECONDS. 227 Gartner citait dej brides fertiles dcs Geum,. Lnhftlin. f.: 5 vingi h\; t> 5 Petunia. Malthiola et Ferbas faisait-i! remarquer, de qu'il entendait simplement donner une liste d'c) et non dresser le catalogue de tons les eas conniis. epoqu done 'b des animaux. L'aptitude des hybrides a la reproduction ne peut etrc, chezles uns comme chezles autres, ni iiiee en general, ni simplement acceptee a titre de rare exccntinn • parallele entrc les deux grand soutient iei, comme sur tons les autres points oii avons eu a les comparer n u s \ 1- 114 \ i \ XVI . I Sur une question aussi importante que celle d condite des bybrides Jorsque nou depuis deux regnent b ^ (1) Vers. unclBeobacht.ub. die Bastarderzeug. im Pflanzenr,\x 388. Voy. aussi les ouvrages deja cites (p. 189 et 193) de M. Leco'q, celiii de tous nos botanistes qui s'est le plus occupe des hybrides. Un fait, d'uii tres grand interet, constate par M. Lecoq, est lafer- tilite « a la tin de I'annee », ou lorsqu'on les a « mutilees pour les » affaiblir .. , de plantes qui avaient donne d'abord de nombreuses fleurs sleriles. (Voy. Geogr. botan., t. I, p. Zi62.) Cette vigueur extremedcs vegetaux hybrides, qu'indique ici M. Lecoq, a ete signalee aussi par plusieurs autres botanistes. Les animaux hybrides sont de meme tres remarquabies par leur vigueur. Ce fait est depuis longtemps connu. (2) Voy. la section ix, p. 186 a 19/i. Voy. aussi le resume, p. 233. !> \ n \ 1 'J t T 1 1 \ / I i t 41 — — ' i *+ !( I I :i i KM ttiii If ^ y^ I NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. 11, CHAP. S. dans la science, nous ne saurions laisser sans rcponses r deux objections (|ui se sont deja produitcs a plusieurs re- prises, el dont sans nul doute on s'armera encore contre nous. La premiere est celle-( La feconditc des hyb u dela de quelques ge on Frederic Cuvier, or 'a point, dit Cuvier, 1) : quatre ou eincj, \ selon leurs successeurs. Une tecondite aussi limitce, ce ii'est pas la veritable tecondite : c'est une intccondite qui seulement n'est pas absolue. Argument specieux, et qui ne tenclrait a rien moins qu'a retourner les fails contre la consequence elle-menie qu'ils nous ont paru etablir. Mais argument, an fond. bien faible valeur; car rassertion au'on lui d „\ po premisse 7 : * / * / / • bien etablie que par une tongue suite d'observations ou d'expi riences : ou sont celles de Georges el de Frederic Cuviei NuUe part. L'un et I'autre ont cru pouvoir generaliser d'apres un tres petit nombre d'exeniples particulicrs, et surtout d'apres ce que rapporte Bufibn de ses quatre gene- rations de chicns metis. Depuis, d'autres fails sont venus s'ajouter a ceux qu'on eonnaissait, mais toujours en tres t petit nombre quelle en serait la consequence legitime? Celle-ci scidement : les hybrides ne se p dc 1) Voy. ta secliou xii, p. 209. ^ * If -? «.^W4**^-|4 «Hdi-»^ 1 ^ li ^bL^r^ +_L..^ . . ^ 1 1 V.T.t ,h 1. ,-jJ- H©fl"' ;-'T . ^ -' * -rT ^ '^ftljiflilKlWrt^Pir^* ^ ii i > ;t I «* IJYBRIDES PT^CONDS. 229 genes, dans les volieres. Ce qui est vrai; mais ce qui ne saurait etonner-, car, dans Ics memes conditions, les cspeces pures s'eteignent elles-memes tres rapidementpar le defaut de liberie, les alliances consanguines, et les autres causes de debilitation et de degenerescence. On nous objec(e I'impossibilite ou nous avons ete d'entretenir 4 a la Menagerie la descendance de nos chacals-chiens(l); mais dans quelle menagerie a-t~on mieux ou memo aussi bien reussi pour le chacal pur ? Nos hybrides des cert's ' ■ gymnote et de Virginie se sont eteints, et il pourra en etre de memo dans quelques annees de nos pseudaxis-axis; mais quelle est la menagerie anciennement existante qui n'ait plusieurs fois perdu le cerf de Virginie et Taxis purs ? C'est dans d'autres conditions, dans celles ou vivent / nos animaux domestiques, qu'ondoits'attendrcatrouver, si elle est possible, une plus longue succession de gene- rations bybridcs. Et c'est la que nous la trouvons en effet. Non-seu!cmcnt la notion de Torigine multiple du chien, et peut-etre aussi de quelques autres de nos animaux domestiques : par consequent, I'existence de races by- brides indeiiniment fecondes a pris place dans la science; mais, a cote de I'alpa-lama, est venu reccmmcnt se placer I'aliia-vigogne, aussi fecond que lui, et de ces deux ani- maux, I'un au moins doit son origine a une union bybride, Dans un autre ordre de maramiferes, le lievre-lapin a (leposse de pliisienrs generations In pretendne limile de ]a reproduction bybride^ sans que sa iecondite ail subi la (1) Doit-on, (I'ailleiirs, considerer ces chacals-chiens comme de veritableshyhridos? Nous renvoyoiis, aeelegard, an chapitre preoi- dent. Voy. 1a seelion xiv, p. 101. /" •J f , 1 i )l;i t -i 4 4 4 ( t F «h ■1 i % i «H •i I ^4 I u } I ^i> I J •i r -L ri If \ i f I 1- I ^ IH* »l I I f 1*1 I t*t tf ! 230 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV, II, CHAP. X. ) diminution. ninution, et nous touchons au moment ou il constituera une veritable race. Quand nousne connaissions encore ni I'alpa-vigogne, ni le lievre-lapin, nous repoussions deja la pretendue limitation a quatre ou cinq generations hybrides : et nous ne doutions pas que cette fa regie, illogiquement induite de quelques exemples particuliers et negatifs fut un jour dementie par les fails. L( pretendue de tomber 1' object U. . qu on avail base'e sur elle. Et aucun argument veritable- ment scientifique ne s'eleve plus, d'une maniere gene- rale, centre I'aptilude des hybrides a la reproduction. 4 moins cependant que cette conclusion, apres avoir resistea la premiere objection, ne doive succomber de- vant la seconde, qui est tout autre. Ou nous voyons la fecondite hybride, les autcurs dont nous venous de discuter opinions avaient conteste la fecondite et reconnu I'hy- bridite fait I'invcrse : ils ont concede la fecondite, etc'est I'hybridite qu'ils ont nice. Leur objec- tion qui suppose notre conclusion viciee par une erreur initiale pent etre ainsi formulee : La pretendue fecondite hybride n'est que la fecondite entre deux races de la meme espece, prises a tort pour des especes distinctes. Cette objection a ete surtout soutenue et acceptee dans toutes ses consequences par Knight, dans ses travaux sur hybrides et pretendus hybrides. ^ Si, d appa pi des plantes, d'especes distinctes en duisent ensemble sans donner naissance a des mulct est-a-dire a des plantes steriles, « je n'hesilerai pas a I t / I ^ *^*rF^VvWrirV4itt^*^k^4.*^i^l^|> '^*4:»4^i^ ^'% ^ *-^%i > ^^-.T-^T^^*kt ii» tf* »,^hl In t 1 ■ » W rl f HYBRIDES FECONDS. 231 V. » considerer conime appnrtenarit a uiie meme especc(l ). » Passage ou Knigbt s'inspire manifestemeiit deBuffon; oii meme il s'exprime commelui ; mais comme lui en 1749, a rorigine meme de ccs travaiix qui devaient conduire plus tard iiotrc grand naluraliste a une tout autre doctrine (2). L'opinion a laquelle s'arrete Knight peut n'elre pas sans I / a quelques cas particuliers ; mais elle est manifestement mal fondee dans sa generalite. Et sur ce point, les partisans de la fixite de I'espece dcvront etre pleinement d'accord avec nous ; car I'adhesion aux vues de Knight serait, pour eux, I'abandon complel de leur hypothese fondamcntale, la fixite de I'espece. Comment la conciher, en effet, avec les consequences qui se pre'sentent ici, et devant Icsquelles Knight n'a pas reculePSelon lui, non-seulementdes vegetaux consideres comme distincts, mais voisins, par exemple, divers Pru- nus^ devraient elre ramencs a I'idenhte specifique; car ils donnent enlre eux dcs metis feconds; mais il en serait de meme, et par la meme raison, d'cspeces bien moins rapprochees ; parfois meme de vegetaux separes par des caracteres tres tranches. Tcls seraienl eux-memes, entre i autres exemples, le pecher et I'amandier : ces deux genres de Tournefort, encore conserves oar un grand nombre de pai / de dep II 4ii 4^ il ^f 1 < i (1) 11 s'agit particulieremcnt ici de divers Primus. Voy. Knight, / e Horticultural Society Ae Londres, t. IV, 18^J2, p. 368, et dans la collection des memoiresde Knight, Londres, in-8, 1851, p. 252. (2) Yoy. le Cliapitre M, section vi; t. II, p. 39/i et 395. i« 14 I ^ \ II r K * i i ^- *--'■■ »*fr If \^* ■ ;; k I k( m »f ' I #1' ^ f II H 1 232 NOTIONS FONDAMEiNTALESj LIV. II, CHAP. X. zoologle a des consequences moins contraires a I'hypo- these de la fixiie de I'espece. Telles seraient les suivantes : Hunter voiilait, vers la fin dii xvni" siecle, que Ic loup et le chacal fiissent de la meme espece, parce qii'il avail vu la ive et la chacale produ rd'hiii que les produit s ppelle ip et ( 5 mpletee la « preuve absoliK de I'identite specifique du feconds : , comme b ■ it du chien. Les partisans de la fix voudront-ils accepter cette consequence- meme raisonnement, applique a 1 CO, qui ne sont pas moins differen de espece Le P pi d d Plus manifeste puisq r union de ces animaux donne direcfement des hvhrides feconds, on dev dei non-seulement pi des espcces conge comme specifiq feres qui passent pom Le licvre et le lapin, types de deux sections tres dis- tinctes dans le genre Lej3M5 ; Leboeuf etl'yak, encore plus differents Fun de I'autre; Et lemouton et la chevre. places paries auteurs dans des genres scpares. r ' Parmi les oiseaux, il en serait de meme, de la linotte et du canari, du canari et du chardonneret ; par conse- quent aussi, de la linotte et du cliardonneret. Seraient-ce la, en effet, de simples races de la meme espece, prises a tort pom^ des especes distinctes? f ^ I' •111 ft I * I t »«F II r ^ i^i ki ^i t^^ i i tt* ^« ^Tf 23/i NOTIONS FONDAMENTAI.ES, LIV. I!, CHAP. X. esprit de systeme, d'hypothese, de generalisation liative, qui est I'oppose de la vraie seience (!) Outre les nombreux travaux precedemment cites, voyez, siir rhybridite : GODRON, De I'espece et des races dans les etres organises ^ Paris, in-S, 1859; t. I, Chapitres v et vi. Get ouvrage est une seconde edition, considerablement elendiie, el enrichie d'un grand norabre de faits nouveaux, d'un savant mcmoire publie sous le nieme titre en 18/i8, et que nous avons eu souvent occasion de citer; voy. parti- culiercment, t. II, p. i26a Zi29. Et Gh. Darwin, On the Origin of Species by means of natural Selection, Londres, in-8, 1859; Ghapitre vui. Dcces deuxlivres, le premier a para, il y a quelqucs seniaines; le second, il y a quelques jours, et le chapitre qui precede etait alors non-seulenient compose, mais prcsque entierement imprime et tire. Ileureusement la publication de ces livres ne modifie en rien nos conclusions. M. Godron reprend, il estvrai, et defend de nouveau les idees admises, a regard des hybridos, par Georges et Frederic Guvier et par M. Flourens; mais les arguments auxquels il recourtsont les memes que nous avons discutes et croyons avoir refutes. Quant aux vues de M. Darwin, elles s'eloignent pen de celles que nous venons de developper, au moins en ce qui concerne la question de la fecondite on de Tinfecondite des hybrides, dont le savant anglais s'occupe surtout. Lui-meme se resume ainsi (page 276) : « Les premiers produits d'un croisement entre deux formes assez » dislinctes pour etre considcrees comme des especes, et leurs hy- )) brides, sont ires generalement, mais non univervsellement steriles. La sterilite est de tous les degrcs. Kile est variable dans les indi- )) » vidus de meme espece. Le degre de la sterilite n'est pas exactement )) selon les affinites, mais depend de lois particulieres et complexes. » - Nous aurons occasion de revenir, a plusieurs reprises, dans les chapitres suivants, sur les savants ouvrages de MM. Godron et Darwin, I i r n I i \ i> V*" - i :*, _^ i i 4 ^- ' *^ ^^f^ fri^C&V^^ 1 » V^qt^lihj^^^ ^^ ^tJ^j-^TH^-rtl^M « ^ 'T ir 11 4 :i Ml I n ^-^•^0\^ 'J\y\^\y \j- w W -vy \/ w V . \r\, \y CHAPITRE XL COMPLEMENT DE LA NOTION POSITIVE DE L^ESPECE ET DES NOTIONS SUR LES RACES DOMESTIQUES ET SAUVAGES. SoMMAiRE. — I. Termes complcmcnfaires de la definition do Tespece.— II. Suiles specifiqiies. Transmission naturelle , reguUere et indefmie de leurs caracteres distinctifs. — III. Suiles non specifiques. Suites naturelles par transmission irrog-uliere et passagere de caracteres anomaux ou dependant de Fhybridile. — IV. Suites regulieres et d'une duree indefinie, formecs sous I'jnfluencc de I'homme. Races domestiqucs dites arlificiellcs. V. Races domestiques ditcs naiureiles. ~ VI. Suites naturelles, regulieres et indefinies comme les^especes, mais non dislinctes. Races sauvages. —• VII. Resume. 1. I II t i I i L'elude des variations normales dcs eircs organises a nons avail precedemnient conduit a reconnaitre dans li similitude hereditaire, entendue en un sens tres ccneral le premier et le principal caractere de I'espece (I). Si la similitude, si riieredite n'appartenaient qu'aux veritables especes, nous n'aurions pas besoin d'allcr au dela ; i'espece serait definie. Mais ] 'etude des variations anomales vient de nous uiontrer, a cote do ces suiles d'individus que nous nommons especes, d'autres suites qui, moins importantes dans i'ordrcde la nature, ne sau- raient cependant elre negligees; non-seulement celles (1) Cliap. VII, sections ix et x ; t. 11, p. /i97 et suiv. ! ( << i ,1 ■ r i iii Hit h { I n lU W^ f I > I: 23G ) NOTIONS FONDAMENTaLES, LIV. ll, CHAP. XI. qui sont si generalcment connues sous le nom de races, mais d'autres encore, caracterisecspar des anomalies de- venues hereditaires, ou mixtes entre des espcees dont hybrid de hereditaire n'est done, dans la defm espeee ■t iisant; et il faut le completer par plusieurs auSres, desti- nes a caracteriser I'heredite veritablement specifique, par rapport ii I'lieredite des modifications dependant de la do- mesticite, de I'anomalie, de I'hybriditc, ou d'autres causes. Ces termes complementaires sont ou, du moins, nous ont paru etre au nombre de quatre. Que I'espece soil une suite d'individusc[ui,devenus adultes,se resscmblenl tous; ou, au(re forme, plus complexe, de la similitude hereditaire, quele type specifique se dcdouble, se frac- tionne en deux ou plusieurs types coexistanis oualternes-, les traits hereditaires soni distinctifs , et leur transmis- sion, continue ou discontinue, immediate ou mediate, n'en presente pas moins constamment les trois memes carac- tercs generaux : elle est naturelle, reguliere et indefinie. Parmi les suites d'individus qui ne constituent pas des especes, celles qui derivent de I'anomalie, de I'hybridite, de la domesticite, ont souvent un, elles peuvent avoir deux de ces caracteres ; elles ne les reunissent jamais tous les trois. I Dans celles de ces suites oii la transmission est natu- rclle, elle n'est pas reguliere; dans celles ou elle est re- guliere, elle n'est pac nadirelle; et par suite, elle n'est jamais indefinie, ou ne Test que dans des circonstances ' ( H- - ^ -J --7^^^ t r • I COMPLEMENT DE LA DEFINITION DE l'eSPECE. cxceptionnelles creecs et maintenues par le pouvoir de rhomme. Les seules suites non specifiques ou la transmission soit alafoisnaturelle,rcgiilierc et indefinie, sent les races 3S : il ne leur manque, pour reunir tous les carac- teres des especes, que de constituer des suites distinctes. Les races sauva^es tiennent done de trcs pros aux veri- ibl cs especes, mais sans leur etre complet ibles ; et c'est ce que plusieurs auteurs •n expnmer en les nommant sous-especes . Nous consacrerons ce Chapitre a la discussion des latre caracteres complementaires de I'espece, ou de la definition. Gomme da '% • de Fob )n, dclaissant, sanf a y revenir plus tard, toutes les ^options systematiques et conjecturales ou se sont plu la plupart des naturalistes qui nous ont precede, faits. Nous croy fmition de I'espece abreiie, la notion pas elle que doit commencer le dcbat, mais api et lorsqu'il plus seulemciit d de I'expl I ' I I '1 1 i t V II < I I I i « ^^ 1 I ( t- L II. Entre les termes complementaires de la definition de rcspece, le premier, dans I'ordre logique, est la trans- mission naturelle. C'est par la seule impulsion de la na- .1 ■■/ I n t t. 4> *-r t-. ? H I Wi t m L m4 l)» *i4 iHii J P b »J 238 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. Xi. melle semblabl dans les especes 3herche, pour s' fe 5 a cellc doat il est ne, ou, en cas de generation alternante, mediatement issu. Et dans toutes, qu'il y ait on non sexualite, c'est par les phcnomenes d'une evolution reglee par la nature scule, que le nouvel etre revet pen a peu eet ensemble de caracteres distinc- tifs que nous appelons le type specifique. La transmission de ces caracteres d'une dans I'espece, toute nalu s done Elle y est, de plus, ; r exceptions individuelles, I'autre avait eu lieu do i cedentes, et aura lieu de A part de rarcs produits s'il y a ance, sur des types q dans un ordre determ inue, dans le premier ? 1 er cas; reguliere- ment alternative, dans le second; mais toujours regula- rite. Si bien que le naturaliste, avantmeme les premiers actes reproducleu pcut pi les resultats de la fecondation, et determiner les caracteres de I'etre futui presque le chimiste, au moment de presence reactions qui vont avoir lieu, et les composes qui seront obtenus La transmission specifique a un troisieme caractere qui derive directementdu second. Si nous constatons que la transmission specifique est naturellemcnt reguliere, nous arrivons, par cela memo, a la concevoir comme I J '^'^^•T * COMPLEMEINT DE LA 1 DEFINITION DE L KSl^ECE. 239 natiirellement indefinie. Si nous voyons toiijours les rnemes fails, e! si les observatours (]iii nous ont precedes ont toujours vu ce que nous voyons ; si nous savons aiusi, par notre propre experience et par leur tcmoi- gnage, que les uiemes oaracteres se son! perpetucs de- cm qu n en induire que ces viugi, ces cinquante, ces cent genera ard on les ait constates, ne sont pas les seules qui les aient possedes et doivent les posseder. Comment supposerquela similitude d'etre on nous cessons de Taper P les memos relations qui se retrouvent toujours, aussi loin que nous pouvons remonter, entre deux generations con- pas existe entre la pi derniere de celles qui le sont pas? Et comment n'en serait-il pas de meme entre cette derniere et la penultieme, entre celle-ci et I'ante- penultieme? Et ainsi de suite, entre chaeune des genera- tions filles et cliacune des generations meres : autant du fe mble des avec au milieu desquelles subsiste I'espece. Ou toutes les c out ete les memes, comment les effets auraient-ils \ Et quelle raison aiirions-noiis de ne pas dire ici Linne : Specienim generatio est vera continuatio (1). De meme que nous arrivons ainsi a la notion d'une succession indefinie dans le passe^ nous en concevons (1) Philosophia bolanica, developpement de Taphorisme 162. I If '4 « ■}- "i 4 I t n 11 I ^ i i / f my* ■1 m = mi ^f Nb I li 1*^4 te W L' f ii 2/1 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XI. dans I'avenir une aufre pareillement indefmie. L'appi noLiveaux caracteres, la brusque rupt tion siibite de de I'ordre otabli n'est pas plus admissible au del deca des c'est au dela & s qui nous sont connues ;' et meme, dire pour Ics des des que notre esprit arrive le plus facilement de d du type. Ce que nous n'apercevions tout a The le lointain du passe peu confusement I'aide d'une induetion rctrospeetive, se prcsente iei coff consequence tres nette, et presque evidente, de dontnous sommes chaque iour temoins. Que pensei r-^ du naturaliste qui sur la ressemblance pretend u philoso oration procbain avec la generation actuelle, de la seconde des genera- tions fu! seconde pas de r la premiere, de la troisieme avec la Un dePy son scepticisme serait mis au rang de ces aberrations qu'on ne s'arrele meme plus a refuter. Autant vaudrait soutenir qu'un mobile depuis longtemps anime d'un mou- vement uniforme pent, tout a coup et sans cause, modifier cb B / La regularite etla continuite indefinie de la transmis- sion specifique se lient si naturellement I'une a I'autre, 1 que le danger n'est pas, la regularite une fois constatec, qu'on nie la transmission indefinie, n:iais qu'en I'affir- mant, on lexagere. Une duree a laquelle on ne peut assigner aucune limite est facilement prise pour une duree illimitee; et c'est cc qui est arrive ici. De legi- I f -tr- ^ _ -1- 1 1^ J* ^^11^ ■ ■^-* »"**Tt-Vft* myqtr^^r*^'-^ *4-*«»fc* ^ I - ■ijh^*.^ ^^ , .1 H -t.i.^-?.*. ^"l^ TTVV«*-i" ->'_ _- -J-n -«■»«,' / f COMPLEMENT DE LA DEEINITIO?^' DE l'esPECE times ind lii aiitorisaienl a dire la transmission indefinie : on rie s'en est pas temi la, on I'a dife perpe- tuelle. En sorte que les typos ne seraient pas seulement fixes depuis et pour une tongue suite de generations ; ils le seraient dep lis ne seraient pas seulement constants; ils seraient im- muables(l). Les auteurs qui se sont laisse entrainer a cette conclu- sion, sont surtout les naturalislcs de I'ecole des fails ; et en Tadmettant, ils ont cru se tenir sur le terrain de la science positive, et ne faire qu'etendre et prolonger, permis de inductif Mais facile de voir qu'ils se sont fait illusion, et de r naitre que leur conclusion (en attendant que nous la com^ battion ■epose pposition dont la noire n'avait nul besoin. Nous parti tout simplement, continuite seriate d'effet sans cause quence : dans de generations succ A J • combinant ayec la notion de la ce vieil axiome logique : point )ns a cetfe conse- ditions d' existence, les niblent. Est-ce simnlp. r ^1 ment sur de plus lointaines consequences du meme rai sonnement, que se fonde le systeme de rimmutabilil de I'espece? Ou ne serait-ce pas bien plutot sur une sup position contraire au principe meme d'ou nous somme I 8 i r I ! i I 1 4 i i ! I 1^ (1) Pour I'histoire du systeme de la fixite de Fespece, voy. le Chap. VI; t. II. p. 365 a [i26. L (2) Sur les series, considerees en general, voyez les Prolegovienes, Liv. 11, Chap. \I; t. I, p. /i06. ^ III. 16 4 / / t / ^ ( M m 3 . 1 ♦^ fi * * I . * r 2/l2 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. 11, CHAP. XI. parti? Affirmer la similitude de toiifes les generations passees, presenles et futures, quelles qu'aient ete ou doivent etre leurs conditions d'existence, n'est-ce pas supposer que les variations successivcs de ces conditions sont restces et rcsteront toujours sans influence sur les caracteres des etres organises? N'est-ce pas admettre qu'en presence de nombreuses causes possibles de per- turbation, il ne s'est jamais produit et ne devra jamais se produire de modifications dans I'ordre primiti\ ement eta- bli? A moins toutefois que les partisans de I'nnmutabilite r des etres organises ne le soient aussi de rimmutabilite de notre globe lui-meme, depuis que ces etres ont commence a en peupler la surface. La nullite des effets s'expliquerait alors par la nullite des causes. en ecliappant eprocbe d'illogisme et aux objections des pt utefois ils daignaient discuter une conjecture si manifestement dcmentie parlous les fails de leur science. Les naturalistes qui ont adniis I'immutabilite de I'es- pece ont-ils reussi a demontrer cette resistance a Taction des causes exterieures. one snnnose Ipur verra bicntot que le conti pu passer de la stabilite d a la stabilite absolue. de svsteme? On et qu'ils n'ont lel des choses transmission indefi ductions de perpekielle^ sans substit pures et vaines conjee M leurs fussent-ils aussi decisifs s le sont pen, et eussent-ils resoki les diflicultes que nous venons d'indi- quer, nous croirions encore qu'il n'y auiait pas lieu d'en faire intervenir la solution dans la definition positive de I i tt t • il f < . "■_ H * - a ^■'^ ^. ^:- - ^*= r vm^FP^M^ »4.4:%hV^ *t^l'^i^t^vWtf«^»^v jv: ^ - ' ^ - H 1 ■ GOMPLEMEM DE LA DEFINITION DE l'eSPEGE 2/l3 espece. En d transmission definie fiq que nous apprcnneiit robservation direcie et i'inductioE simple; eten meme temps, tout cedont nous avons besoin pour caractedser les especes, par rapport aux races do- mestiques etaux suites anoraales ou hybrides. Arretons- nous done iei ; et ii'essayons pas de faire intervenir dans definition, e'est-t\-dire presque au point de depart, des verites d ordre superieur que ee qui laisse tout au plus cntrevoir. nous terme de notre route ! tteind 111. n ■ i \ \ .ri f J 1 \:i 4 1 i 1 i En regard des especes, considcrees comme des suites naturelles, regulieres et indcfinies, plaeons maiutenant les suites qui sont naturelles, sans etre regulieres et inde- finies, ou regulieres et indeiinies, sans etre naturelles. • ^ un Les premieres sont celles qui resultent dela transmi M) de deviations aceidentelles da type, ou qiiiont po igine Fheredite hybride. Parmi les etres anomaux, and nombre sont viablcs, et aptes a se reproduire ettent a leurs descendants, iviations qui les earacteri- ; de la les suites anomales. De meme, quoi qu'en It n est pas en tout ou partie, les d sent (1 aient di hy bride disent encore pai fecond m a I s ■\i ^1 f « 1« 1 J ' 1) Voy. le Chap. VllI, sect. viii. y 'J t i i r 4\ / / tl ?! <^ !»i t V IW i 2/44 NOTIONS F0NDAMENT4LES, LIV. II, CilAP. XJ, facile 7 de la les suites hvbi Ce prodiiits d !S entrepri dire resulter d ph\ rer la science, ou encore par les agriciilteurs dans un but ndust Mais elles peuv for sponta- squ'il nait des monstres et des hybi puisque des reproductions sont possibles, en dehors de toute intervention de la science. D'ou la distinction, parmi les suites anomales et hybrides, de celles qui sont vraiment artificielles et de celles qui peuvenl etrc dites naturelles. Ces dernieres meritent ce nom, en ce qu'elles se pprochen egards, des suiies sp / • fiques (o) ; sans en avoir toutefois les deux caracteres les plus essentiels : la continuite par transmission rcgu- liere, et, ce qui en est une consequence, la longue duree. Les especes, comme le dit justement Buffon, « comptent » dans les ouvrages de la creation « [k] ; les suites natu- relles, soil anomales, soit hybrides, ne sont, au contraire, dans I'ensemblc du monde organique, que de simples accidents, aussitot effaces que produits. Et si elles meritent notre attention, c'est bicn moins pour elles- memes que pour ce qu'elles nous apprennent indirccte- ment sur « les seuls etres de la nature » ('5 ). I (1) Voy. le Chap. X, sect, mv, xv etxvi. (2) Voy. p^ 1^8. . (3j Et aiissi des races dites naturelles; voy. p. 260. /l) BuFFOiV, De la nature, seconde vue, dans VHistoire naturelle \ I. XIll, p j, 1765. (5) Buffon, Ihid. M J I- :*V tir>»«i*. txTt» >rit' 'Hi -^»tf • ft .4 1 -ll-LlL-J T".^ - ^ ■ i\ I i 4^ I SUITES ANOMALES ET StlTES H\BRll]ES. 265 Poiuqiioi les siiiles qui derivent de I'anomalie et de I'hybridite ne sont-elles pas naturellement de longue duree ? Pour I'expliquer clairernent, supposons la nais- sance d'un individu anomal ou hybride, ou ineme, parmi les especes multipares, la uiise bas d'une portee d'etres aiiomaux ou hybrides. Supposons encore que ces etres anomaux soient du nombre de ceux qui sont viables, et ces hybrideSj de ceux qui jouissent d'une complete fecondite. Que devra-t-il arriver, lorsque viendra pour cux I'epoque de la reproduction? Par cela memo qu'iis n'cxistcnt qu'a I'etat de rares exceptions dans la nature, loutes les probabilites sont pour Tunion de ces etres ano- maux avec des sujets normaux, et de ces bybrides avec des individus purs d'une des especes dont ils sont issus. Et ce qui est probable a la premiere generation, le sera de meme a la seconde, et successivement a cbacune des suivantes. Que deviendront, an milieu de tons ces me- langes, les caracteres de I'anomalie ou de rhvbridite? lis s'effaccront, et avec une extreme rapidite : bientot il n'en restera plus de traces ; et Ton arrivera a des in- dividus qui, pour avoir parmi leurs ancetres des etres anomaux ou des bybrides, n'en seront pas moins des representants completemcnt normaux d'une espece par- faitement pure. r Le plus simple calcul indiquc tres clairernent la rapi- dite de ce retour a un des types purs de la nature. En supposant qu'a cbaque generation , le produit lienne egalement de ses parents, la sonrme de ses rapports avec Telro anomal on hybride donf, il est issn prcndra une saile de valours representees par^ et ses nuissances suc- * i « i M i ( ( i i '^ i i ( 1 r i i ii .1 I ^ \ ^ y a x4 ^Mf L ^^ r I t t« 1 ♦• \1 M i ^ u 2/16 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. 11^ CHAP. XI. cessivcs (i 7 pi (lont la rapide d amene bientot dcs plus tenir coinpte. q toujours moyens entre leiirs parents, n'est pas plicite de ( -J potl la realite des fail N cedent , d plexes / sue- des leurs ins les suites anomales ou hvbrides e/ individus, tantot plus, tant6t moins rapproches de parents. Cetteirregulariten'empeehenullement la promptc disparition des caracteres anomaux ou hvbrides; elletend bien plutot a la hater; et c'est ee qui resulte des faits que nous avons prc'cedemment exposes, sur les raisports des liybrides avec leurs parents. et sur Fheredite teratolo- gique (2) . En traitantdes hybrides, nous avons pris soin d'etablir qu'ils sont constamment inlermediaires entre leurs parents. Mais, en les disant toujours mixtes^ nous nous sornmes bien garde de les dire toujours moyens : on a vu que s'ils le sontsouvent, on les voit, tres frequemment t I V i (1) On a en effet : 1 re eneration (demi-sang) 2 ^me (quarteron). • 3 me (octavon) ;^me n"i^ generation (2) Locis cit. i • 2 4 ~ " 2- 1 1 8 ~ 23 1 1 rs " - ^ 2" M X 1 _> SUITES ANOMALES ET SUITES HYBUIDES 247 aussi, SO rapprocher beaucoup plus de leiir pere que de leur mere, on reeiproquement. Parfois meme, ils sont assez voisins d'un des types origiuels pour qu'un examen atteiitif soit necessaire pour faire decouvrir des vestiges de I'autre type : aussi est~il des hybridcs auxquels on- a attribue uiie ressemblance exclusivement imilaterale. r Qiiand on en est la des la premiere generation issue dn croisement de deux espeees, et que le produit hybride vient a se meter avec eello de ces espeees dont it d if fere a peine, comment en distinguera-t-on la seconde genera- tion ? II y a done ties cas ou le retour au type paternel on maternel sera prcsque immediat; et dans d'autres, it sera du moins tres prompt , plus meme que dans noire pre- miere supposilion. Ce qui est vrai, a ce point de vue, des bybrides, Test aussi des etres anomaiix-, el meme ici, une cause de plus tend a ramener rapidement rexception a la regie. LeS individus nes ou issus d'un etre anomal, ont avant eux, d'une part^ une ouquelqucs generations anomalcs, floltant encore, pour ainsi dire, enire des caracteres incerlains; et, de I'autre, une tongue suite d'ascendants normaux, tous etablissur un type comraim, tres constant, etfixedepuis des siecles. L'atavisme ajoutc done le plus souvent ses effets a ceux de I'heredite directe; il a, manifestement, sa par 7 ob pre- vee des les premieres generations, parfois des la miere, des anomalies clles-memes qu'on salt les plus facilement transmissibles. II est vrai que I'alavisme agit aussi parfois en sens contraire. Apres avoir epargne une ou meme plusieurs generations; une anomalie pent repa- *i 1 I 5 I i i ' r. \ t I 1 i i f s ,t ^> I i ^ y ^ L m- t| f^ i# J II \ ■r * fit ¥■ 1-. k>t^ \. \ h I--, 2/j8 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. 11, CHAf . XI raitre dans la siiivante oii line des suivantes : mais comme spar bientot (k d viduel et passager ; elle d t pour toujoLirs, grace a la predominance rapi- issante du sang verse dans la suite .mixle par disparition des suites anomales ethvbrides est done definitif, et promptement s et les especes. Et cette spai tion a lieu, comme on le voit, non par des raisons ac- tuelle; s d du s'exercer dans le passe comme da present. L'absorption descaracteres du plus petit nombre par ceux du plus grand nombre derive du fait meme de rheredile organique. Ce qui ne veut pas dire cependant que le contraire soit absolument impossible ; que hybrides n'aient jamais pu et d ou de fois dan a la longue les caracteres, dre permanente plus ou moins assimilable a une espece. Un fait improbabl faitimpossibl hypoihese pi fois I'origine anomale, et hyb partie des Ma qu'il est permis d'afi c'est que si cette bypothese est fondee, elle ne I'est que d'especes pour « bea Bonnet I , comme Geoffroy Saint-Hilairc et Cuvier lui-meme I'ontun moment I I '^. X (1) Contemplation de la nature, a la fin de la septienie partie; 176/i, •r.^,^-. .■■-■\' -- ■. --.-' . ' v^t^ • ^■V :-^5^t;-: : *.T» rf Jib.*-*. , - > 1 -»:.'-•'*■ * P* ^^1* fl -^ • H-?-*- li i'-"^ •i' •■f '^ I ^ ♦ « i < SUITES ANOMALES ET SUITES HYBRIDES. suppose (1), commd'a surtout aclmis Lamarck (2) pour quelques-unes seulement , pour uii nombre 2/i9 petit. La disparition babituellementtresrapide des suites anomales hyb n'est pas un resultat moins bien acquis a la science que la rarete elle-meme de ces consequence de celle des viables et desbybrides spontanes feconds. Ou quelques auteurs, etendant a la zoologiela celebre hypothese bota- niqiie de Linne sur les hybrides (3), inclinaient a voir un des modes liabitncls de !a formation des espece's, il n'y a done (et encore en est-on a demontrer leur existence) que des cas particuliers, isoles, produits centre le cours naturel des cboses : de simples exceptions qui se perdent dans 1 'ensemble des faits. ! ■ I '^ d < ^^ (1) Memoire sur les Orangs, commnnh Cuvier et k Geoffroy Saim-IIilaire; 1795. Yoy. t. II, p. /i02. iM run ni Tautre des auteurs n'a, depuis, reproduitcette conjecture. (2) Sur la question : Qu'est-ce que Vespece parmi les corps vivants? Discours d'ouverture d'un cours fait au Museum en Fan XI, Paris, in-8, p. 33; 1803. (3) Pour rhypothese de Linne, et son explication, par I'hybridjte, de la niulliplicite des especes vegetates oongeneres, voy.-le Ctiap. VI, Sect. IV ; t. II, p. 379. — L'hypotliese de Linne, conmie celle qui lui correspond en zoologie, n'est admissible que pour des cas particuliers, et ne saurait devenir le point de depart d'une explication generale. Ellesupposerait, Chez les vegetaux, les fecondations hybrides beau- coup plus faciles et plus frequentes dans la nature, et les hybrides beaucoup plus generalement feconds, que les fails ne nous les mon- (rent. Voy. les deux sections que nous avons consacrees, dans le Chapitre precedent, a Thybridite vegetale. On Irouvera indiquee, dans Tune de ces sections (p. 190), d'apres Kolreuter et Gartner, la principale des causes qui rendent souvent improductif le transport sur les carpelles d'un pollen etranger. ( I i it i I i .3 \ I J ^\ H ♦ * I > ri w I 4 if 7 I I 4 1 t 250 NOTIOINS FONDAMENT.VLES, LIV. II, CHAP. XI 1 |m IV. i \i f m ft f J-.^ i Ce qui est impossible a la nature, a phis forte raison, ce qu'elle fait rarement, abaudonnee a elle-meme, pouvoir de le faire, ou plutot hom le de la contraindre a le faire po mble combattre et la vaincre. La fixation des caractcres d'un grand nombre de Tiuites anomales ou livbridcs est, sans nul doute, un des excmplcs principaux de ce pouvoir presque sans limites, exerce par rhomme sur tout ce qui Tentoure. r La nature cut fait disparaitre ces suites apres quclques generations, sans continuite reguliere; rbonime en fixe les caracteres, il leur donne une duree i mot, il en fail des races (1). Ce n'estpas seulemont en modiOani, c'est en renver- sant le cours ordinaire des alliances, que Fart humain par- vicnt a elever an rang de races domestiqucs de simples suites d'etrcs anomaux ou bvbrides. Chacun de ces etres En un t/ livre a lui-meme se tut uni a un individu normal ; et apres quelques generations, la suite eiit ftiit retour au type. An contraire, que chacun, au moment de la reproduction, soit rapproche, par les soins de I'homme, d'un individu pris dans la ineme suite anomale ou bybride, cette union preparee choisi e cette selection^ comme disent les agriculteurs, donnera des produits qui, par le sang, (1) Sur les races, voy. le Chap. IV; I. II, p. 332 ^ ,*;^:v: :/^^.= :^^ i-i^i-'^-iT^l-'liA . K r 1, 1 Ti^ 'y 'J pi^yy .- Alh -^ .- ■■ . #1 * 'f II: » !♦ ^ /, RACES DOMESTiQUES. 251 tiendront de plus en plus de la souche anomale ou hybride (1). Les caracteres de I'anomalie ou de I'hv- T (1) C'est 1^, dans la question, un point trop capital pour que nous ne cherchions pas, encore ici, a sortir de ces vagues aperpus dont on secontente trop souvent. Supposons qu'un individu anomal ou hybride soit uni Ji un indi- vidu normal, puis auproduit de cette union, puis & Tindividu ne de cette seconde union, et ainsi de suite; il est clair que les produifs seront successivement : Un individu chez lequel la part de la souche anomale sera ~; Un individu tenant, pour moitie, de ce demi-sang, par consequent pour^ de Tindividu anomal ou hybride, et pour Tautre moitie, de ce meme individu : en somme, ~ ; Un individu tenant pour moitie du second produit, par consequent pour ^ de j'individu anomal ou hybride, et pour Fautre moitie, de ce meme individu : en somme, - ; Et ainsi de suite, les quatrieme, cinquieme, sixieme generations et les suivantes, tenant de Tindividu exceptionnel pour les -^, .-, ^^ etc. ; c'est-k-dire, se rapprochant de plus en plus de Findividu anomal ou hybride, et si rapidcment, que les differences deviendront bien- tot absolument insignitiantes. Les nombres qui expriment ces diffe- rences sont, en effet, des fractions ayanl pour denominateurs les puissances successives de^, et pour numerateurs, ces memes puis- sances diminuees d'une unite. ^ Ce qui peutse mettre sous la forme suivante, tres propre k faciliter la comparaison dcsresultats des unions selectivesavecceux des unions libres(voyez la note de la page 2/i6 ) : 1^^ generation (demi-sang). • • ■ § ^ nme 4 - ^ 2« Les \m\oafi> selectives, n'ett-on possede d'abord qu'un seul individu 1 i i i I { 1 I i i ■^-. ,» i '* I h-v ^ f .r I f J i I r h J f r 1 I ft f « ^i i r » 252 NOTIONS FONDAMENTaLES, LlV. II, CHAP. Xi. bridite qui, naturellement, tendaicnt a s'effacer, ten- clront done a persistor, el, si Ton continue les unions selectives, a prendre une regularite de plus en plus •ande. Et Ton finiranar obtenir. aures un nlusoii moiiis to grand nombre de generations, cette Constance, cctic 1 fixite, presque specitique, qui est le caractere de la race. C'est ainsi que rhomme, fixant des caracteres propres d'abord a quelques individus ou rneme a un seul, par- anomal ou hybride, lendent done aussi manifestement a en lixer les caracteres, que les unions, formees selon le cours naturel des choses, tendaienta retablir letype dans toute sa purete. II importe de remarquerque la formule l — ^, n'exprime exacte- ment que les proportions des sangs melanges dans chacun des produits, et non la tendance de ces produits a reproduire tel ou tel type. Cette formule, en effet, ne tient pas comple de Tinfluence de Tatavisme; influence qui est, non-seulement tres grande, mais aussi tres variable, et qui meme s'exerce successivement en des sens con- traires. Durant les premieres generations, Tatavisme tend a ramener les produits au type des nombreuses generations normales qui ont pre- cede, et par consequent il fait obstacle a la formation de la raceano- male. Plus tard, au contraire, et apres un certain nombre de gene- rations anomales, rinfluence plus prochaine de celles-ci predomine sur le produit, et Tatavisme devient lui-meme une des causes de la fixation de la race. En designant par A Tinfluence de Tatavisme, la veritable expression est done pour les premieres generations 1 — ,77. — A ; A ayant une valeur d'autant plus grande que n est un nombre plus petit. On a, au contraire, plus tard, 1 — ~ 4- A; etici, a mesure que n grandit, etpar consequent que -^, diminue , A aug- mente Ajoutons que rien n'est plus variable selon les especes, que le nombre des generations apres lesquelles Tinfluence de Tatavisme cesse d'etre sensible. Ce nombre, souvent tres petit, est qiu^lquefois aussi consideralde, comme on )e verra par un exemple, cite p.'25/i, note 1. 9 t n m f : .*^^j*.Cf¥.+i:5-:^KT-tr-^fVi^^ -^\ '^ r. b J ^ ■^->^*M^.ifJ^ , V^ T.-.^i*^-^iitT»*»ft»*i' ^ .,»:*- ■-'VpA^iril*, r: I 4 * .*^^Vtf RACES DOMESTIQUES. 255 visme, une obtenu (1), a deja acquis des caracteres presque fixes; et il s'en fautde bien pen qu'il ne consdtiic des a present une race d'origine hybride, aussi constante qu'aucune des races d'origine anomale ('2). Parcela meme que toiites ces suites sont constantes, elles tendent a subsister indetinlinent. Non-seulement il n'y a aucune raison pour que des caracteres, reguliere- inent transmis dcpuis un grand nombre de generations, tout a coup d'etre transmissibles; mais ce serait bien plutot le contraire. En raison de rinfluence de Fata- suite peut etre consideree, toutes choses egales d'ailleurs, comme d'autant phis fixe qu'elle I'esl depuis plus longtemps. On ne saurait done pas plus fairc F de la duree indefinie, que dela regularite de la transmis- sion, no caractere propre a I'espece : la race le partage avecelle, et si elle ne le possedait pas, elle ne meriterait pas ce nom. duction est tres rapidc, etoii le type, au moins dans quelques-uns de ses caracteres, resiste opini&trement a nos efforts pour !e modifier. C'est ce qu'on voit clairement par Texemple remarqiiable cite dans la note precedente. (1) Yoy. p. 172 et 222. (2) Un autre exemple nous serait fourni par ralpa-vigogne, sMi etait demontre que cet animal futleproduit d'une union veritablement hybride. Mais il s'eleve ici des doutes qu'on n'a pu encore resoudre, voy. p. 67 et 219. L'hybridite de quelques-unes des races canines est, au contraire, hors de doute. Pour la contester, il faudrait nier Torigine multiple du chien, attestee, comme on Ta vu, par des fails decisifs. La meme consequence se deduirait, pour le mouton, la chevre, le pore, etc., de la multiplicite de leurs origines, si Ton parvenait a les mettre hors de doute. Mais, ici, oa n'a encore que des indications, et t non des preuves, Voy. le Chapitre X. i I •« ,1 1 .i A 1 hi 1 F ■A Jl i .4 i i k 1 t { I 1 * fl -' / / ,* l-JtV -1 \ j ti i r "M 4 M ii ■ i' t\ $1 frt t i iM '1: . f' 256 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. X(. Mais la dureede I'espcce n'estpas seulcinenl indefifiic, t dans le passe, soit dans I'avenir; elle Test naturelk- nt. C'est la nature seule qui I'a faite. et e'est pIIo, ^p.iIp aussi qui la L race, au contraire, ne sc ?, que par Jc pou- maintient, comme elle s'est formee, que par voir de I'homme, et a la condition qu'il regie l( qui doivent la perpetuer. Pour qu'elle reste pu qu'elle ne melange pas son po faut on sang avec celui des autres tenue isolce des autres races; gnent pas. Livree a elle-meme. fi doncrapidement; et apresquelq d'unions abandonnees au hasnn s cir- it plus qu'un melange confus de definis, sans tvpe, comme diseiit les agriculteurs : en un mot, au lieu d « animaux des rues » (\). V. La selection, si utilement pratiquee par les agricul- eurs, est le principal, mais non le seu! homme dispose pour creer des races dom( moven d efficace; il le serait du moiu^ r employer avec la memeliab deplacement , la translation ou plus generalement , dans circonstances. pa semble de i I 14 «11 (1) Voy. t. II, p. 3Zi8. i I r m-^ h ^^ A i^»%^« h-ik K » ^ *i4iti«4=»jv^'^ #F^ r ^■t.^.*.l^^,A iWtf***fli ^.-■»J"fl ^* .!<;? "1 I RACES U031ESTIUCES. 257 Les races qui ont cetle secondc originc sont, sans mil doLite, plus nombreuses encore que iesaulres : car, parmi elles, se trouvent, avec ime parlic des nolres, toutes celles des peuples barbares ct surtout sauvages, et Ton sait combien celles-ci sont multipliees et varices. On a trouye, sur iin grand nombre de points du globe, des races bovines, caprines, ovines, porcines, et, presque partout, des races canines, tres distinctes les unes des autres, mais qui ont toutes quelque chose de comniun : elles s'eloignent pen de leurs types originels •, et par la nicnie, comme nous I'avons fait voir (1), elles sont dans un rapport intime avec I'etat des peuples chez lesquels on les trouve. line des consequences de ces fails, d'un si grand interet par eux-memes, est sans nul doule I'im- possibilite d'expliquer la formation de toutes les races domestiques par une suite d'unions selectives, ou mem( dans les termes plus generaux dont se servait Cuvier, 4 par « la puissance de I'homme ». Ou les races, comme les peuples qui les possedent, sont pres de cc qu'on a appele I'etat de la nature, on ne saurait meconnaitre que leur formation a pour cause, non les soins de leurs ? mailres, mais I'influence naturelle, egalement ressentic par ceux-ci, des circonstances locales. Supposcr le con- bon Imaainera-t-on & que des peupl leurs animaux 3 soient at! aches a pi methode propre a fi; la des soins individuellement don tion? Et voudra-t-on faire remonler jusqu'aux ages les f •i / 1 i 4 I * 4 J, l-i I 4 i k 4 i 1 r i (1) Voy. le Chapitre IX, Section xix II [. 17 -* \ 4 r I M r / f I ^i ™» * 4 i lii ♦Tm: J f«# M i'l' 4# a t* t ♦ *f. »•« M'« 258 NOTIONS FONDAMENTALES, HV. 11, CHAl'. XI. r plus recules i'art des Allom et des Bakewell, pour expli- quer des faits dont la clef nous est facilement donnee par d'incontestables analogies ? Si, en effet, I'origine, par deplacement, d'une multi- tude de races ne peut eire ctablie que par voie d'induc- tion, il en est aussi, et en grand nombre, dont la formation, bienconnue,nous eclaire sur celle des autres. La translation d'une province a I'autre , erigee en methode agricole par quelques eleveurs, soffit deja pour imprimer aux types des animaux domestiques des mo- difications tres appreeiables : mais combien d'autres, et de bien plus profondes, non moins bien constatees par les naturalisles que celles-ci par les agriculleurs, ont ete les effels de la translation des animaux de notre Europe dans les regions lointaines, successivement decouvertes et con- quises depuis (|uatre siecles! Qui ignore d'ou sent venues ete formecs toutes ces races qui sent et comment ont chesse agricole des colons de TAfr de I'Australie et des deux Ameriques? Qui ne salt qu partout on les Europeens se sont etablis, ils ont transpor animaux pie avec eux leurs animaux, et que parloul on c ont rencontre un autre climat, ou meme sin autre sol, le meme fait s'est invariablcment produ sous Faction des causes naturelles locales, et non par soins de I'homme, parfois meme malgre ses efforts p( en prevenir la degenerescence , les animaux d'orig pen de apres quelques h ajoutant son 1 influence a celle des memes causes toujonrs agissantes, es caracteres se sont fixes, sont devcnus constants, et de •1 m. N ^^ . ^ l- T f Ti -n u- ( RAGES DOMKSTIOUES. 259 nouvelles races, soiivcnt tres dislinctes, se sont troiivccs constituees (i). Ce qui a eu lieu a la suite des colonisations modernes des peoples civilises, est nccessairement aussi ce qui s'est produit a la suite des migrations phis ou moins anciennes des peuples barbares ou sauvages. Ces penples, entrainant, de meme, a leur suite, leurs animaux domestiques, ne les ont pas, a vrai dire, modifies, mais laisse modiller par la nature, sous rinfluence, ressenlie par eux-iiicmes, d'un ensemble noiiveau de circonstaiiccs exterieurcs et de condilions d' existence. {{) La pliipart de ces races nouveHes sont inferieures aux animaux europeens clont elles sont issues: par exemple, moins robustes, plus petites, moins fecondes, moins bonnes lailieres, moins laineuses. L'inferiorile de ces races atteste clairement, en elles, les produits de causes naturelles, et non de Tart humain ; car on ne saurait supposer que rhomme ait volontairement prive la vache de son lait, la poule de sa fecondite, la brebis de sa laine. Consultez surlout, a regard des animaux domestiques americains, le memoire de M. Roulin, Becherches sur quelques chanyements observes dans les animaux domestiques transportes dans le Nouveau Continent, dans X^^Annahs des sciences naturelles, t. XVI, p. 16, 1829. Voy. aussi le Rapport fait a TAcademie des sciences sur ce remar- juable memoire, par Geoffroy SAmT-iiiLAn^.F, et insere dans les Memoires du Museum d'histoire naturelle, t. XVII, p. 201, et les Aim, des sc, nat., t. XVI, p. ;i/i ; 1829. En attendant que nous revenions sur les faits rapportes par M. Rou- lin, voici les deux conclusions principales de son memoire (page 33) : ^ Les habitudes dindependance font promplement remonter les )) especes domestiques vers les especes sauvages qui en sont la souche.» ,\ r I ^^ %W ^ I ■ f-i t A i 5 4 ■ ( f r I I t X r^ 1 4 4 i ^\ »ir J-4L^ i i n « \ 11! i M 1 ii 1 r 1^ i V 8 I u m ■^ fin i i i 260 NOTIOINS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XI. Dela, |)ar opposition avec le^ races domcstiques aiii- ficielles, co qii'on a quelquefois nomme les races domes- tiques naturelles; distinction due surlout a M. Richard m du Cantal)qui appellc justcmentles premieres dcs « pro- « duits artificiels crees fiar les mains de I'homme », et les secondes, les produits naturels de « Taction du climat, » de la nourriture et du sol », en un mot, des « influences » de localite » (1). Les differences sur lesquelles repose la distinction eta- blie par M< Richard., pour etre d'une grande valeur, ne sont cependant pas absolues. Les races diies artificielles ne sont, a vraidire, comme on I'a vu, que les moins na- turelles, L'homme, lorsqu'il cree une race, ne le fait pas sans le secours de la nature ; mais, au contraire, a I'aide de la nature elle-meme qu'il dirige, et qu'il finit par maitriser, au point de la contraindrca agir contrairement a ses propres tendances. Reciproquement, il s'en fautd ( J (1) Dictionnaire rahonne cV agriculture, Paris, in-8, 185Z|, articlo Races (t. 1, p. IxTj). — Coiisullcz aussi I'ariicle Courses du nieme Dictionnaire, et rouvragc dc M. Richard sur le cheval; voyez parlicu- lieremenl la seconde cdilioii, publiee sous ce liti'c : Elude du cheval de service et de guerre, Paris, in-12, 1857. On y trouve, p. 39/i, un resume, aussi clair que concis, des vues dc Tauteur. La disiinclion etablie par M. Richard estpraliqucment tres impor* lanle, comme Ta fait voir ce savant agronome. Nous verrons bientot combien il importe aussi d'en tenir compteau point de vue Lheorique. A Texemple de M. Richard, M. de Quatrefages a distingue, dans ses cours (voy. la Retme des cours publics, 'l"" annee 1856, p. G9), des races naturelles et des races ariificielles. Mais ces mots sont pris par lui dans des sens tres differents. Les races naturelles sont, pour M. de Quatrefages, les races sauvages, ettoutes les races doniesliques sont dites par lui artificielles. iU '* « \*^ < T V ' ' -i ' il ~T' H g f*H i i L ' i ' J fl "- V . > * _ f ^ - * **tfc*>- ^ . ■ 1«.4!»^^-P4 c -v.vi.^:(-- \^^^»^M¥^^' H ^-^j^u.\f,r. v^t./ . \ ■■■■■- .V - I « I ' T lUCES DOMESTIQtJES. i>Gl k beaucGiip que ]es races dites nati ment Foeuvre de la nature. La plus manifeslemcnt les produits de son action libr meme le exercee, cette action a du moins /- f eparee par la d sub ail milieu de circonstances ou ils ne fussent jamais venus se placer d'eux-memes. Les races naturelles sont done ^ ' loin d'etre les races de la nature-, sans I'intervention de I'homme, elles ne se seraient pas plus formees que les races artificielles clles-memes. Et il est vrai de dire qu'il n'y a pas une seule race domestlque qui ne resulte de Taction combinee de la nature et de Fhomme (1 II n'en existe pas une seule non plus qui puisse se maintenir sans I'intervention de I'homme; et, a ce point de Yue, les races les plus naturelles peuvent meme etre assimilees aux plus artificielles. Le jour on elles echappe- raient au pouvoir de I'homme, on elles cesseraient, pour ninsi dire, de vivre sous sa tutelle, elles commenceraient a degenerer; elles tendraient deja a disparaitre. Pour qu'nne race pilt subsister par elle-meme, il faudrait que son instinct propre elevat nne barriere enlre elle et ■ tQLiles les autres ; qu'elle repugnat a toute union etran- gere. Or c'est ce qui n'a pas lieu, et I'experience journa- liere ne peut nous laisser aucun doute a cetegard. Qui ne sait qn'on croise aussi facilcment, \ a Y e c les aulrcs J i * J ^ I 4 (1) M. Riclmrd Tn toiijours oiilondi] ainsi, comnie le nionlrent plu- sieurs passages (les ouvrages plus haiit cites. Seulement, nion savant collegue et ami, en raison dii liut special qif il se proposait, u'a pas eu a iiisisSer aulant quo nous devions !e faire ici, sur ce qu'il y a de natu- re! dans l(s races arlificielles, et d'ariificiel dans les races naturelles. # I: / Y '■^^-. 4 m ! I I i I l V, ]»• I Hf J i ^k h 26^ NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XI. races, ic cbcval arabe quo I'anglais, les bcliers dc nos anciennes races indigenes que le Mauchamp , le coq dit de Gocbinchine que le dorking , et en general les d / * / par la selection et la culture? Abandonne a elles-memes, les races naturelles ne se conserveraient done pas plus que les autres : c'est I'intervention de rhomme, et son intervention perpetuelle et continue, qui fait subsister scp ? d sur le meme sol, tons ces reje- & d types crees par I'art, mais tons les typ de quelque origine q 5 de b eff; pidite. Alteres des les pre raient compleiement dan; confond ins les suivantes; et de la meme contree ne tarderaient pas a pent relleinent formees, et, en cc sens, naturelles, il n'en est pas de naturellement persistantes ('2). Et la transmission naturellement indefinie reste le caractere distinctif de (1) N'y eut-il, dans uiie contree, qu'une seulc race, elle ne con- serverait pas davantage ses caracteres propres, si riiomme Tabiin- donnait a ellc-meme. En ['absence de lout melange, et sans clian- gement de climat, le retoiir a I'etat sauvage est deja une cause de modifications tres notables. Parmi les nombreux faits que possede la science, et par lesquels nous justifierons bientot cette proposition, plusieurs, dont quelques- uns sont trcs remarquables, ont ele consignes dans le memoire, deja cite, de M. Roulin. (Voyez page '259, note.) (2) On a vu plus haut (p. 260, note), qu'il n'y a pour M. de Qua- il leuc mode de conservation. iifi m\ \ fl \ .»^' > -v n^^rr**-- ^^!* .'^-'v.-:>:: ; ..: I ai^fc iihaifcjft ^i I :■^:^, *.-T.'.-. ' siTa^*^-', . ..V' *-^i^ v ■ I -■ lUCES DOMESTIQUES. 263 I'espece, a I'egard de toutes les races domestiqiies, soil artifieielles, soil meme naliirelles, aussi bien que des simples suites anomales oil hybrides. t J" I \ VI. En passant des suites anomales et hybrides aux races domestiques artifieielles, de celles-ci aux races dites na- turelles, nous nous sommes de plus en plus rapproches des veritables especes. Un pas de plus va nous amener bien plus pres encore de celles-ci : car, en arrivant aux races sauvages, nous allons trouver des suites tres regu- lieres, d'une dure'e indefinie, et qui, formees par la nature seule, doivent aussi a elle seule leur stabilite, egale a celle des especes elles-memes. Les trois caracteres gene- raux que nous avions vus se partager entre les suites anomales on hybrides et les races domestiques, la trans- mission natureUe^ reguliere^ indefinie^ sont done reunis dans les races sauvages : races vraiment et completcment naturelles ; car elles le sont, non plus a un point de vue seulement, mais sous tons les rapports, et si bien qu'elles peuvent seinbler presque assimilables a des especes. [.e seraient-elles en eftet? Une race sauvage ne serail- elle, sousun autre nom, qu'une espece? Et s'il y a lieu a une distinction, comment I'etablir? A ces questions, par lesquelles nous toucbons aux t plus graves difficultes de notre sujet, deux reponses on etc faites par les naturalistes de la fin du xvin" siecle et du commencement du notre. \ i i i -A I f* i f i J -T f II ii n I t If V ?i ■ Li I » *!' 11 I Mi 1} "li ¥i i m 26/1. NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. 11, CHAP. XI La race, a-t-on dit, especc , une de ach imple modification de scion I'expression de V d differe, a-t-on dit aussi, en ce q tres fi bic valcur, et d'un ordre infdri s especcs : en iin mot, sub spmfiq\ Q ponscs, la premiere esl de soicnt des degenerations, c'est ce di B des deg par pas mcme tvpe 3 C Hi la ire posaient en 1795 Cuvier et Geoffrov / de naturalistes ont bien Qvw po ont dit : oui, jamais ferra I En faisant de rorigine accidentelle le caractere de la « * , par opposition a 1 origme primi especc, on pose done en fait prec fa qu'une hyp qu'on I'a compris, et afin de terrain solide des faits en avant la valeur' specifique, des caracteres acqiii pas plus exempte n de la ramencr; car clle ne fait gtiere que deguiser, sous (1) Voy. t. JI, p. 313 a 398. (2) Ibid., p. /)02. t /' -^^ — ^ . rv - - T-^TS* W^ 4r ^SL^ I J .. ■ P , '^^^ K ^'^ 9 Ml. ' J I ■■.-:;;:■■-:..-: ' . . . '/ -r 1 ■ - ■- T%^**Sfc.p;* - . i . J■^, -•■ .-i.'.^.iitHt iii-^^Ahr**«.&^-' < . ,1.. '^ijA<<,;i-,a«P#Vt68 NOTIONS FONDAMENtALES^ LIV. II, CllAP. XI, dans I'espece individus nni pas moms une. passent insensiblemcnt uns aux autres sont, en cffel, comparables aux d'une grande famille, soil qu'ils se ressemblent des parents tres prochainement imis par le sang, deja le type commiin sabisse, selon les lieux, e: membi d notables modifications pi G'est pour tenir compt ces fi les / • lit tres prononcees, qu'on decompose si souvent tables « unites de la nature », c'est-a-dire les especes, en fraction ordre inferieur. nni ? en imites d'un sous-especes, d qnelques auteurs, nd s'agit de celles qu'on rencontre a I'etat sauvage. Groupos subspecitiques en elTet, non en raison de la valeur de leurs caracteres, car cetle valeur n'est nullemont con- stante; mais parce qu'elles sont de simples subdivisions de I'espece, c'est-a-dire, des parties d'un meme ensemble, rattachees de proche en prochea toutes les autres par des transitions; et non des especes plus restreintes, c'est-a- dire, de pluspetits ensembles, ayant leur centre distinct, leurs limites propres, et leur existence a part dans la r-> C enerale de la n'ature » (1). jontinuite, telle est done, independamment de des caracteres, le criterium de I'unite specifiqi ! la discontinuite Test de la diversito. Si diffcre qu'ils puissent ctre, tous les ctrcs organises qui, dans la I (1) Voy. leCiiapitre premier* de C2 Livre, t. If, p. 267. I * \ "?-! VITj ' '■'_. - . J^J"^ Ur ■M" J ■ ^ 1W ^ -_i ■-■ --■■;-■.■ .■ *^.F^ J" ■v-:- .'/--..iv. t * ».»>, ' T -ir!^33LZ_ZT m ^^=?■*'^■^'^*W«tl" ' ■_ ^ L RACES SAUVAGES, '2()\) nalure, se relient intimement entre eux, sont aussi bien bi meme un seul et meme arbre. Et, au contraire, de meme que des arbres, pour etre (res semblables et tres voisins, n'en restent pas moins essentiellement distincts, de meme toute collection naturellement formee d'individus,fut-ellc tres restreinte el caracterisee par de tres Icgeres diffe- rences, est une espece distincte, si ces differences suf- fisent pour I'isoler de toute autre suite d'individus. ^ *i*^ifti n J^# V9^ t i * * i I I ( I i t 4 •i i t t yii. Telle est I'espece, et telle est. la race, non-seulement pour une des ecoles entre lesquellesse parlagent les natu- ralistes, mais pour toutes : car la gravite de leurs dissenti- ments sur I'origine eties phases anterieures de I'existence des especes ne les empeche pas de proceder toutes de meme a la distinction et a la determination de I'espece et de la race. Tant qu'il s'agit seulement de I'etat actuel des etres organises, accord d'autant plus digne de remarque qu'il n'existe guere qu'iei, tons les naturalistes pensent de meme, ou du moins agissent comme s'ils pensaient de meme. Lesquels, en effet, si partisans qu'ils soient de I'immu- tabilite, ont jamais hesite a reunir en une seule espece toutes les formes, meme tres differentes, qu'ils vovaient f I i 4 t / i r, \ f- r ^ J .* r V t * 1 < K 1 I I 1 t ^ ,-> *v^ ^ * * i \ i II ': I ♦ r I I . J i ! < t ( t i F I i u ? 270 NOTIONS FOiNDAMEJNTALliS, LIV. II, CHAP. XI. ou supposaient reliees par des intermediaires en line seule suite continue! Linne aussi bien queBuffon, Cuvier aussibien que GeoffroySainl-Hilaire, n'ont jamais admis qu'un seul lion, de la Perse a la Gafrerie et au Senegal; et il n'y a, pour tous les zoologistes, qu'un loup, qu'un , qu'un lievre, et cependant que de differences ! de la Russie et de I'Asie orientate a la Pcninsule iberique Reciproquement partisans d variabilite du type rejeter des especes admises par I'eeol de Cuvier, en lui opposant la faible valeur des caracicre distinctifs de ees especes. Tout au contraire, ces natu s etabli t- pei bier davantaae, sans se confo entierement (1). ! (1) Un grand nombre d'especes , dit Lamarck (Philosophie zoolo- gique, Paris, in-8, 1809, 1. 1, p. 58), « presenfent, avec celles qui les » avoisinent, des differences si legeres, qu'elles se niiancent, ct que ces )> especes se confondent , en quelque sorte, les unes avec les autres, » ne laissant presque aiiciin moyen de fixer par ['expression les petites « differences qui les distinguent. » M. GoDRON cite ce passage dans son ouvrage Sur I'espece pour montrer que Lamarck admettait I'existence d'especes non disUnctcs. « Ce passage est formel, dit M. Godron (t. J, p. 176); il nous etonne, » surtout de la part d'un savant qui a su si bien distiuijucr et carac- » teriser les animaux invertebres connus de son temps. » Le passage cite par M. Godron ne nous parait nuUement avoir le sens que lui aUrii)ue ce savant botaniste. Prise isolemcnt, la premiere parUe du passage autoriserait peut-etre I'interpretation faite par I'auteur du livre Sur I'espece. Mais la seconde montre clairement que I'opinion generalement *i ifl m \ ■^-w, . . j.w^ t-_ > T^^ n^ ^ I ± « b .- ^*- r- \ - ^e^V: ' ■}( p-"^ * A^hi^^ >» *-*-'."■■? »*-'• * -'1 . . - ■ J -:^ ^ **il* ^ -' >. >"v :■ '... - .- . 1 1 ■1 ■'■■■;: :■... ■'. -;■ - :' ■■ /*'. 1 '^ h-. ,->\^''..- ■ rir 1-"*.*^ ^ i*MT»rtf^fl* 4v:i-*- J I ■' '_' * ^ TABLE DES CONTENUES DANS LA PREMlfiRE PARTIE DU TROISlfiME VOLUME. SUITE DE LA SECONDE PAMIE. '^4-> 4»^vit^ J » 1 I * 1 ' r- r ■--i_ -^"i^ ™ FOUDAlUGMTAIiES. -. ^1- ^^ .^». ^ -'4 SUITE DU LIVRE DE L ESPECE CHEZ LES ETRES ORGANISfig CHAPITRE VIII. Notions StJR les Anomalies de L' organisation I. ModiQcations anomaies de rorganisation. ........ v II. Confusion longterxips fatte de la teratologic avec Tanatomie pathologlque ...........,-,.-... w *....... . 1 1 3 i in. Esqtiisse de la classification t^fatoldgiqug. H^tiiit^fies. Het^ro- taxies. Hermaphrodismes. Monstruosit^s; monstres uni- r taires fet motistres composes. • .... ^ •• ^ ^ ..... ^ ... i .\ .- 5 IV. R^guiariW des ^Ifes Stiomaux. Inversion et redoublement de I'ordre normal. : ^ 13 V. Conservation d'unordre ancien. Arrets dans led^veloppement. 17 VI, Siiflilitude des anomalies d'uiie 6sp^ce aVeC I^s 6tatsflorfHaGX d'ttfle autre. ^ 20 Til. Origine accidentelle d'un grarid norfibte d'ajtiomalies. ...... 25 Vlll. H^r^dit^ tdratdlogiqite. 28 CHAPITRE IX. — Notions sur les races domestiques et determina- tion DE LEXJRS ORIGINES 33 I. Petit nombre des animaux r^duits en domesticity. Diversity de ces animaux. ^ • 33 II. Grand nombre des plantes cultiv^es *.......-.. III. Origines des animaux domestiques. Hypotb^se de la creation 36 d'esp^ces origineliement domestiques 40 t *% I i f kV \ . fx f ■ 11 71 I i ■^'V f ■** I i f'l t I I I i (. ! < I * i I I ( i I i I \ 274 TABLE DES MATIERES. IV. InsecLes 45 V. Poissons 48 VI. Oiseaux domestiqu^s dans les temps modernes, 51 VII. Oiseaux domestiques dans Fantiquit^ romaine; dansl'anti- quite grecque; dans les temps antd-historiques. Poule. Pigeon 56 VIII. Mammiferes domestiques n'existant pas en France. . . . . • 65 IX, Mammiferes domestiques dans les temps historiques. ... 71 X. Mammiferes domestiques dans les temps ante-historiques. Cheval. Ane 76 XI. Suite : Pore. Chevre. Mouton 80 ^ - ' — XT XII. Suite : Boeuf ; 89 XIII. Suite : Carnassiers. Chat 96 XIV. Suite : Chien iOl XV. Tableau synoptique. Distribution par classes zoologiques, epoques de domestication et patries originaires 115 XVI. Resume general et principales consequences. Predominance , des classes sup^rieures. 118 L ■ XVII. Animaux cosmopolites et non cosmopolites 120 XVIII. Origine orientale, et particulierement asiatique, des ani- maux tres auciennement domestiques, et des v^g^taux tres auciennement culliv^s 1 24 XIX. Etat des animaux domestiques et des vegelaux cultiv^s, chez les peuples civilises, et chez les peuples barbares ou sauvages \ 131 r CHAPITRE X. — Notions sur les metis ... 135 I. Nomenclature. M^tis homo'ides et metis hybrides. Hybrides steriles ou mulcts 135 r II. Credulite des auteursjusque dans le xvui*^ siecle, Pretendus hybrides d'animauxde deux classes, dedeux ordres dif- ferents , 141 I. III. Scepticisme exagere des auteurs modernes, partisans du syst^me de la fixite de Tespeoe. Negation des unions mixtes h I'etat de nature, et des hybrides big^neres. . . 147 IV. Hybrides bigenercs fabuleux ; tres douleux; douteux 151 + V. Hybrides bigenercs autheniiques. Mammiferes. Oiseaux. Exemples a ViiM sauvagc 160 ' ! i \ M^ ? h ^ — J -^ 1 **4 ■• i^f^:.*-*?^^****!! L_ 7 i -I.Jri- ^ 1 ■t J ^ ^t ^ i I -\ i TABLE DES MATIERES. VI. Hybrides congenferes. Mammiferes. VII. Oiseaux. Exemplesa l'6tat sauvage VIII. Poissons. lasectes IX. Hybrides v^getaux X. Rapports des m^tis avec les types originels. Distinction pro- posee par Kant entre les m6tis de deux vari^l^s, et ceux de deux races. Distinction entre les m^is honioides et 275 169 178 183 186 les hybrides. fitat variable des premiers XI. Etat mixte des hybrides XH. Aptitude a la reproduction chcz les ra^tis. Fecondite des 200 homoides. Pretendue infecondite des hybrides 207 XIII. Hybrides inf^conds et peu Kconds. Faux exemples de fecon- dite; exemples coniestables XIV. Hybrides fdconds chez les mammiferes XV. Autres hybrides feconds XVI. Objections con tre la t'econdit^, des hybrides 213 218 224 227 CHAPITRE XI. — Complement DE la notion positive de l'espege, et DES NOTIONS SUU LES RACES DOMESTIQUES ET SAUVAGES I. Termes compl^mentaires de la definitiou de Tespece . II. Suites specifiques. Transmission naturelle, reguUere et inde- 235 235 Rnie de leurs caract^res distinclifs 237 III. Suites non sp^cifiques. Suites naturelles par transmission irreguliere et passagere de caracteres anomaux ou depen- dant de Phybridite 243 IV. Suites regulieres et d'une dur^e indefinie, fornixes sous I'in- fluencc de Phomme. Races domestiques dites artificielles 250 V. Races domestiques dites naturelles VI. Suites naturelles regulieres et indefinies comme les especes, 256 mais non distincles. Races sauvages 263 VII. Resume 269 j i i i i n L \ i^i i* / / /' JI-. J i M I I I L t* f*\ r >, 1 1 I - ■ / \ r ^s*. «* ni * ^ i 1 K 1. ii It 4 i, 'V'' \ % , t ' * ri c OUVRAGE^ DU M£|VIE AUTEUR Considerations generates sur les Mammiferes, in-i8; Paris, 1826. « ^ anomalies rhomme et les animaux, ou Traite de teratologic. 3 vol. in-8 ei atlas; Paris, 1832-1836. Essais de zoologie gen($rale, ou Mdmoires et notices sur la zoologie genorale, Tanthropologie et I'histoire de la scieiice, 1 vol. iu-8, avec pK; Paris, 1841. fique d*Etienne Saint - Hilaire , ro- i vol. gr, iQ-8, avec portrait; Paris, 1847 Le m^me ouvrage, 1 vol. in-12; Paris, 18l7. ' Catalogue m^thodique du Museum d'histoire naturelle, Mammiferes. lut duclion et Primates, in-S ; Paris, 1831. Domestication et naturalisation des animanx utiles. Rapport general adresse eu 1849 aM. le Ministre de Pagriculture; 3^ Edition, avec flg. in-12; Paris, 1854. ' r Lettres sur les substances alimentaires et particuliSrement sur la # viande R^gnes Chez rhomrne et les animaux, grand ia-8, t. I, 1854; t. II, 1853-1859 (3 volumes restent a publier). X ■-■ Analyse des Lecons de teratologic, faites en 1836 par M. Is. Geoffroy Saiut-Hilaire, par M. V. Meunier, in-8; Paris, 1836. Resume des Lecons de mammalogie, profess^es par M. Is. Geoffroy Saint- HilaL-e, par M. Gervais, professeur a la Faculte des sgiences de Montpellier, in-8; Paris, 1836. Mammiferes ; Classification paralMique de B. Is. Geoffroy Saint-Hilaire, Tableau synoptique avec caracl^res, par M. Payer, de I'lnstitat, professeur a la Faculte des sciences de Paris; iu-p!ano ; Paris, 1845. Lecons de zoologie g^nerale, faites au Museum d'Histoire naturelle, resnmdes parM. A. Blanc, licenci^ fes-sciences natureiles, in-8; Paris, 18i8. Lecons sur I'usage alimentaire de la viande de cheval, faites au Museum d'Histoire naturelle, resuraees parM Delvaille, in-8; Paris, 1856. Lecons sur I'anthropologie, faites a la Faculld des sciences par M. Geoffroy SAiNT-HiiAinE, rdsumees par M. Delvaille, in-8; Paris, 1856. rarls. - Imprimerie de L AJabtixet, rue M gnon, 2. I i J 1 4 i i } ! i 1 4 4 \- * r - % t .t >- ij" '1 I ^- M^ PV* '^ 1 tei I : »# 1 r L ^ -Ah I « "^ -lAW^^^tti ■^ 'V ■■m - -t ■m m "m -m -m "m -m -t •m ■m ^ -^ 'm ^m m m m -m 1 •l _ U i t ii *i ao. 1 ^ I ^i:^ ^ > GENERALE 1 DES REGNES ORriANIQUES, PRi^iCiPALEMFJT FJIIDIEE CHEZ I'llOHME ET LES OIMAIIX , ' \\\\\ \- SIDORG (ifiOFFROY SAIIVT-HIIAIIIE 9 c MEMBI\E DE L*IN3TITUT (ACADpiIE DES SCIENCES), ONSKILLEU ET INSPECTEUR GENERAL HONORAIRE DE L'INSTRUGTION PUBLIQUE . PROFESSEUR-AD^IIMSTRATEUR AU MUSEUM D'HISTOIRE NATURELLE, PROFESSEUR RE ZOOLOGIE A LA FACULTE DES SCIENCES DE PARIS, ASSOCIE LIRRE DE L'ACADEMIE IMPERIALE DE MEDECINE, PRESIDEIST DE LA SOCIBTE IMPERIALE D'ACCLIMATATION ET DU CONSEIL D'ADMINISTRATION DU JAUDIN ZOOLOGIQUE. TOME TROISIEME. DEliXl^ME PARTIE. r ■ ^ f trtf 1 II I 41 PARIS VICTOR MASSON ET FILS, PLACE DE l'ECOLE -DE-MEDECINE, MDCCGLXIl \ r ^ -^ •^ r - _s_^r_z. irm *.*•» s ,' - —I 1 If UH m«i' J V J I ^^^^W 1 J I 1 *^. * :] iJV i ^ ^ ( It [.«■ ■< 1 I it ■V )tfi«4r HISTOIRE NATURELLE ! $ GENERALE I DES RBGNBS OUGANIQUES. TOME TROTSlfiME i I' Tif } « L L L (1 4 •K I •/fclV? ;*' *-l'r?fr"/,i"»;i'!' iw'.f -\ i i- f r ] ■v t -♦ f » * f i <# I t PARIS IMIMilMKRIE T)R F.. i^lARTlNKT, RUE MUiNON. 2 I 1 / y *v-^ ■«- ^ CfO « i: GENERALE DES REGNBS OMANIQTJES ? PIIISCIPALKMEM ETUDIKE CHEZ L'HOMME ET LKS ASIJfADX ^ PAU SIDORE GEOFFROY SAI^'T-l^lA^{E, MEMBRE DE L'IN'^TTTUT (AGADKMIR DR3 SCIENCF.S), CONSETLLER ET INSPECTEUR GENERAL HONORAIRE DE L'INSTRUCTION PURUOflK , PR0FESSEUR-ADMIXI3TRATEUR AU MUSEUM D'HTSTOIRE NATURELEE, PR0FES3EUR HE ZOOLOGIE A LA FACULTE DES SCIEXCE3 DE PARI3, AS30CIE LIDUE DE L'ACADEMIE IMPERL\LE DE MEDECINE, PfSK^TDENT DE LA SOCIETE IMPERIaLE D'aCCLIMATATION ET DU C0N3KIL D'aDMINISTRATION DU .TARDIN ZOOLOr.lQUE. 1 TOME TROISIEME. I ti i" 1! i 1 i I I PARIS VICTOR MASSON ET FILS, X '.% PLACE DE L KCOLE-DE-MEDKCINE. > MDGCCOTI r* / f ^ TJTT] . ,. ^.ii9^t"rtif/;-yi<-'. ,i ^ Ll ^ Jj I „ i^ 7 "^ A^ , -1-- _ — / M, I, !■■ fl r .; p ^ •/y Soanejses. t 5 s I 1 i e ? ( II 1- } If \/\f\j\y^ \/\/\y\/^^\/\y CHAPITRE XII. i t INTRODUCTION A LA THEORIE DE LA VARIABILITE LIMITEE DU TYPE ? ET REMARQUES GENERALES SLR LES SYSTEMES OPPOSES A CETTE THEORIE, *4 i * ^ ^ SOMMAIRE. L La notion, dite positive, de Fespece ne suflU pas a la science. La neces- site d'une notion plus complete est reconnue parlous les naturalistes. — XL Cetle notion ne pent etre obtenue qu'a I'aide de la method e de generalisation ]ogique. Inobservalion des regies do cette melliode par prcsque tons les naturalistes. — III. Direction suivie par Lamarck : ses eiforts pour remonter, des etres actuels, aux etres primilifs, supposes Ires simples et produils par generation spontanea —IV. Direction inverse, suivie par Linne. Ses efforts pour fonder la science sue la Gencse , interpretec dans le sens de la fixite ; d'ou Tapliorisme sur respcce.— V. Efforts de Cuvier dans la meme direction. VI. Insucces de tons ces efforts. Impossibilito, au moins aciuelle, de parvenir a des notions verilablement scienlifiques sur I'origine des ctioscs ct la premiere apparition des etres organises. ^ Iv A cette question : Q venons de faire urie pi que espece ? nous • \ reponse vraie , mais plete. En nous bornant a considerer la transm peciiique o^ommQ natur elk, reguliere el indefi W dans I'ordre actuel des s'arretent , comme disait C r. ediates des faits positifs (1) » de nous nous arreterions ou ier, les « consequences I'nrflrp, actuel. Or, - 1 i ?i (1) Expressions de Cuvier, dans V Avertissement place en tete des Nouoelles Annales du Museum d'histoire naturelle, mars 1832. ID. 18 / 'I ii! -i^ t: f- i ^' ■r . J ' II •A /I ' ^ *'i "i' h W r ^ .^H,«. 274 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XII. r est-ce bien la le terme de nos efforts ? Ge premier horizon de la science en est-il aussi le dernier ? Nous ne saurions le penser. Au dela sont les consequences mediates, et par pas philosophique de I'espece, qui a la positive. Si meme celle-ci que la notion dite d'un si grand prix, pas surtout parce qu'elle pent nous conduire r autre? Ce ne sont pas seulement philosophiques de Geoffrey Saint-Hilaire et de Lamarck qui I'entendent ainsi : ce sont, avec elles, et autant qu'elles, Cuvier des fi de I'observation Si bien qu'une fois et I'ecole positive, Fee presque exclusive (1 ) . c'est la derniere dans la question de I'espece, nous ne trouvons parmi les naturalistes qu'une seule opinion : Lamarck et Geoffroy Saint-Hilaire ne veulent pas moins que Cuvier, tons les fails, ceux de Vordre ancien, ou plutot des ordres anciens, aussi bien que de Vordre actuel; et Cuvier, comme Geoffroy Saint-Hilaire, accepte toutes les consequences, ai des fails soil actuels bien m edi irnmediates dire maximes babituelles de I'ecole des faits son axiome fondamental (2) tout ce que peut nous ^ 1 pprendre le raisonnement aussi bien que ce que peut observation Pour Cuvier comme pour Geoffroy Saint-Hilaire, la I I + I ! (1) Pour les vues, presque en tout opposees des deux priucipales ecoles fraucaises, et aussi de I'ecole allemande des philosophes de la nature, voyez les ProUgomenes, Liv.ll, Chap. II (T. I, p. 281 li 336). (2) Voy. le Chapitre deja cite, 1. 1, p. 292. I ' r I -1 t I I } THEORIE DE L.4 VARIABILITE LIMITEE. 275 done la science, la plet 56 que Guvier a voulu, tons ses disciples le veulent Parmices partisans exclusifs des fails qui, repetant parfois exagerant encore la doctrine de maltr 5 eduisaient I'hi ? methode ob servation, etcommebut, comme «ideabuneme, au per- feclionnement de la classification, il ne s'en est pas trouve un seul qui pretendit abaisser la question fonda- mentale de I'Histoire naturelle au rang d'une simple question de fait et de classification ; pas un qui crut pou voir nier le caractere espece philosophique de et contester au raisonnement ses droits, partout meme est-ce dire? L'ecole diie positive fait, dans la question de I'espece, qu' observer -? et raisonner t Raisonner, c'est « combiner entre elles deux ou pi 3rieurement acquises, de faire par quent, c'est deduire ou induire. Or est-ce ce qu'ont fait Guvier et ses disciples ? Se sont-ils tenus dans les iimites de la deduction et de I'induction legitimes? Ou, tout en placant, en principe, dans la prudence extreme, pour ne pasdire dans la timidite, le premier devoir du en rejetant, en general, le raisonnement de Is pas ici introduit I'liypotliese, ou po pptnrp? Sans son dangereux secours. ^ V (1) Prolegomene 5, Liv. II, Chap. VI (T.I, p. 367.) \ r "■"*»* W'VM A9fil&'Wfi » I I r * V I s I ■ I. ' hl< f-4 ' Ch _]'. J ^ lA > **-?'-. I'* 1 1' *:'.*'•■"■ '^'t- 276 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XII. ils ont pretendu le faire, rattacher et assimiler 1 tuels a lous ceux quiles ont precedes, a quelq date qu'ils aient apparu dans revolution du globe date fut-elle celle de la creation elle-memel Siir 1 ■& etauxdontlesdebi dans les couches de la terre ; sur ceux memes qui rement detruits, ontlaisse des traces, si effacees soient, de leur antiq existence ; sur tons ces etres anciens, observation a pa prise ; nous en savons du moins quelque chose. Mais que savons-no de tant d'autres dontjien n'est venu jusqu'a nous ; rie ni debris, ni ernpreinte, ni vestige quelconque ? Q savons-nous surtout, et que saurons-nous jamais deFe des couples ou des individus initialement produils, my de autres? Nous * * ici au moms plein inconnu, i de I'Histoire naturelle, puisque les f: ^.nt absolument et nous manqueront toi point de manifeste qu'on se place completement en dehors des connaissances positives et des arguments de 1 ordr scientifiqi especes autrefois voy actuelles, telles elles ont ete, non-seulement dep un temp ou moins recule. depuis I'origine des choses « (1). Voila pourtant ce qu'a dit, ce qu'a cru pouvoir affirmer qui « faisait profession de s'en tenir a I'expose des » positifs » (2) ; et meme, ppelle (1) Expressions de Cuvier, fie^ne animal, 1'" edit., t. I, p. 19; 2M'dil.,t. 1, p. 16- (2) Voyez iios Prolegomenes, t. I, p. 288. \ J- I i i L V I 7^ t I I ] - I ^ THEORIE DE LA VARIABILITE LIMITEE 277 fondamentale de percevant pa qii'elle toinbe, elle aussi, dans I'hypothese, et dans la plus temeraire des hypotheses : car elle s'avance dans iusqii'a I'extreme limite du possible qu creation elle-meme, et, comme ecrivait un voyageur parv mais dans un sens bien plu confins da monde Nous n'a d v^ons prendre acte de cet exces d'audace qui que les temerites, en sens inverse, de La- ck, et ou nous nous garderons bien de positive et prudent De ses conclusions hypothe tiq du qu bien qu a su voir, grandeur de prendre que si chaque espece point de vue elementaire, est un des degres de I'echelle taxonomique, determinable par Fobs / 1), elle est aussi et surtout une des « unites principales » de la nature vivante que, « toutes ensemble », elles « composent et representent » , dit Buffon (2); d'ou, entre elles toutes, et chacune d et I'ensemble, des rapports dont importance, mais aussi la complexit est egalement impossible a la science, et de renoncer a les saisir, au moins partiellement, et d'y parvenir par observation qu'a compris I'ecole positiv ce quelle a impHcitement, mais completement admis; et quoiqu'elle n'ait pu le faire sans meconnaitre ses propres (1) Voy. le Ctiapitre 11 de ce livre (T. II, p. 381). Voy. aussi le Chap. I, sect, i a iii. [ (2) Histoire natureMe, t. XIII : Be la nature, seconde vue, p. j ; 1765. ^^'^ 11 J If ¥ f i i * M II ^ i T r -J f-'.V-- pr^' ■4 'i I i M \ 278 NOTIONS FONDAMEISTALES, LW. H, CHAP. Xll. principes si souvent et si energiquement aflirmes lui en savoir gre, et nous feliciier de heureiise ineonseqj.ience ; car voici, du moins, iin point sur lequel 1 opinions sont urianimes, et qu'on La notion dite positive n'est que le peut dire acquis : commencement de la vraie notion de I'espece ; elle peut suffire a la classifi- cation, elle ne suffit pas a la science. Quand on est parvenu, par I'observation, d cette pre- miere solution , relativement elementaire, il reste done a en obtenir une seconde, plus complete, d'une methode qui, procedant par I'observation, moms poursuivant par le raisonnement, ne s'arrete pas, a quel que point de plus loin. qu'elle soit arrivee, si elle peul VH. II. I i r La r science n'est pas tout ce qu'on voudrait , ce qu'on peut bien savoir. C'est pourquoi est pas d'aller vite et d'arriver tout d'abord tres loin, mais d avant, fut-ce lente- ment, et d'arriver surement iusqu'ou Ton peut parvenir et c'est pourquoi aussi Methode de gin^ralisati logique est la seule methode veritablement scientifiq II faut a quelq rares genies le privile dangereux pour eux-memes, de s'elancer de plem saut vers le but. C'est pas a pas que nous devons essayer d'y parvenir, s'il est accessible ; de nous en rapprocher, s'il ne Test pas ; reglant notre marche sur nos forces et sur ^1 i ■■ \ ;- "- jt i^ ,> M« ^ » •^ / 1 ( t « THEORIE DE LA VARIABlLITEl LIMIT^E, 279 r • difficultes du chemin , sans jamais la precipiler par patienc par presompt car les pre matui oblenus sont que des erreurs specieuses ; comme aiissi sans la ralentir ou la suspendre m par timidite et siirtout par decouragement ; car I'impos- sible d'aujourd'hui sera le possible demain ; et s'en tenir a la decouverte qui vient d'etre faite, c'est s'arreter au moment d'en faire une autre. Ces preceptes, developpes dans nos Prolegomenes (1), que ne faisons ppeler d ./ B comme reeles fonda menlales de la methode scientifique , recommandes vent et de si haut, qu'on devrait s'attendre a les \ leralement appliques a la question de I'espece. Ou les sont-elles le plus necessaires? La sans doute difficultes sont les plus grandes. Pourtant on s'en affranchi dan de quelques tous, que va question de I'espece 1 pas naluralistes seulement, c'est de presque umiR eloigner I'observation rigoureuse de memos precepte sacre en tbeor Nous pu nous appuyer sur les autorites si rarement reunies de Cuvie et de Lamarck, et sur I'accord unanime des ecoles ordi pas en r plus opposees pour rompre suff] ■d d moment pour fail dissentiments des et nous terons presque isole entre toutes, et parli- ■^ (1) Le livre II (t. I, p. 267 a /i50) est consacre tout enlier a I'exposi- lion et au developpement de la Methode de generalisation logique L Vov. aussi la Preface, p. y. et sinv. r h i I,/ I 4 J > - - i w I i ^i if (I 1 i i t I «i4fev|fM«4rtmii|l|^- ■■ .-•> uMm' J 3 r ( \ - u r^ »s- e-r t -^ r C*- 280 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XII. C culierendent entre Cuvier et Lamarck, et a grande dis- tance du premier aussi bien que du second. Avant meme que ces deux maitres se separent i'un de I'autre, nous serons deja oblige de nous sepnrer de tons deux ; et avec eux, de presque tous leurs disciples : les uns, deviant, des le point de depart, de ce qui nous semble la vraie route; d'autres s'y engageant il est vrai, mais pour la quilter presque aussitot. Et quant au petit nombre de ceux qui y perseverent, la plupart encore s'y avancent si resolument et d'un pas si rapide, que nous ne saurions les y suivre : ils s'y elancent, ils y courent; nous voulons y marcher. p^' \ III. I I f i, ^u ■ r V t Au nombre des naturalistes avec lesquels nous pou- vons du moins faire une partiedela route, sont plusieurs des partisans de la variabilite illimitee du type, et particu- lierement le principal d'entre eux , Lamarck. L'illustre auteur de la Philosophie zoologiqiie part d'oii nous par- tons : des faits biologiques actuels, d'abord constates par I'observation ; et il tend ou nous croyons devoir tendre aussi; a la determination, a I'aide de ces faits, de I'etat anterieur des etres organises. Lamarck, et Ton eut du en faire avant nous la remarque a sa louange, ne se laisse pas aller a une illusion a laquelle ont cede d'autres grands naturalistes ; il n'essaye pas, en vue deproceder logique- ment des causes aux effets, dedescendre des etres primi- tifs aux etres actuels: ce oui ne nouvait le conduire en i h \ < I'll 4 J 1 DIRECTION SUIYIE PAR LAMARCK. qu'a proceder, tres illogiquemeiit, de 281 ignorons et ignorerons toujours, a ce que nous ou pouvons savoir. Plus positif ici que ceux qui savons pi lie pas Lamarck da pre connu a I'inconnu, et se conforme du moins a la miere et a la plus necessaire des regies delamethode. Malheureusement, il en estune seconde dont Lamarck s'alTranchit presque des les premiers pas. Ou I'obserT vation lui fait defaut, il recourt a I'induction, et nous le ferons aussi: mais ou I'induction lui manque a son tour, ck ne P s'arretei ■* « fait succeder I'hypothese a I'induction, la conjecture a rtiypothese. Un esprit aussi ardent devait aller devant lui tant qu pas pai de science ; et comme ces limites ne se rencontraient nuUe part sur sa route, il a ete al'extreme; remontant de proche en proclie jusqu'au commencement des choses, jusqu'a la premiere formation des etres organises. « Des » generations directes ou spontanees » , dit Lamarck, ont produit « les animalcules les plu pies orgamsa- lion » (1); et ceux-ci ont « donne I'existence » par des •olutions successives, a « tons les autres animaux » (2) ; IX aquatiques d'abord, puis aux terrestres. « L'echelle, (1) Philosophie zoologique, Additions au tome II, p. Zi56 et^57; 1809. (2) 76«rf.,et pages suivantes. Lamarck resume dans ce passage les vues qu'il a developpees plus haul, p. 61 a 90. Nous avons tcnu ^ reproduire les expressions elles-memes de I'au- leur. Nous ne voulons pas nous exposer a meriter le reproche que nous avons du faire aiUeurs (t. II, p. Zi07) & quelques pretendus his- 'I toriens et critiques des vues de Lamarck. * 'i i p i i .1 I I I t. f i I ,1«I*" pr- 4 J i; t m ; i I n \ i 282 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. 11, CHAP. XII. « soil animale, soil «, de meme, « vegetale »(1), se deve- loppe ainsi « progressivement » (2) dii simple au com- pose. Telle est la derniere conclusion de Lamarck, on mieux, telle est Fhypothese generale et finale a laquelle il fait aboutir toutes ses conjectures partielles. Nous ne saurions suivre Lamarck, ni dans I'emploi d'une methpde aussi perilleuse, ni dans la poursuite d'un but aussi lointain. Nous aimoris mieux de petites verites, ne pussions-nous jamais alter au deKi, que de grandes hypotheses en dehors des faits. Et comment poiirrions- nous accepter celles de Lamarck ? S'il se trompe ou ne trompe pas dans par que nous aurons a examiner ulterieurement ; mais ce que pouvons des a present que hypothese generale n'est nullement selon I'esprit de la vraie methode scientifique; c'est-a-dire, de la Methode de r generalisation logique, telle que la concoivent et la mettent r , f en pratique les sciences les plus anciennementconstiluees et les plus avancees, et telle que nous devons aussi la concevoir et la pratiquer en Histoire nalurelle (-3). Pour obeir aux regies fondamentales de ceMe methode, regies qui ne sont autres que les preceptes si bien formules L par Descartes (/t), il ne suffit pas de partir « des objets les » plus aises a connaltre » ; il faut aussi « monter _pew h-pm^ (1) Vhil. zooL, Table des matieres, p. /i68. (2) Ibid. Outre la Philosophie zoologiqiie, Lamarck a expose sa doctrine dans H plusieurs ouvrages qu'on trouvera cites, t. II, p. i05 k /ilO. (3) Voyez les ProUgomenes, et particulierenienl le Livre IL Chap. I (t. I, p. 269 a 280). {h) Voy. t. I, p. 223 et 231 et suiv. V \ I V t i I \ MJfr' ,"1- *. r b f r 'i t * f .< 'J \ /■ / ['■■ > 4 ■I I •$ 286 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XII. ■ on devrait, suivant lui, placer cet aphorisme : « Autant » de formes ont ete primitivement creees, autant il y a » d'especes : Species tot numeramus quot diversoe formce principio Q done, pour que present des Glioses? C'est I'eiat originel per • X causes aux effets 5 En procedant ainsi des pr descendants, des pren r Linne, pourrait-on dire, suit I'ordre nature! ; et comment I'ordre de la nature ne serait-il pas aussi I'ordre de la logique? C'est done lui, et non Lamarck, qui serait dans le vrai. Geux qui raisonneraient ainsi , oublieraient qu'avant de preferer ce qui est ou semble plus naturel, il faut choisir entre ce qui est praticable et ce qui ne Test pas, et que, pour partir dans la science d'une idee ou d'un fait, comme en voyage d'un lieu, on doit d'abord y etre arrive. 11 est naturel aussi de suivre le cours d'un fleuve; il peut sembler logique de I'etudier a partir de son origine; car ses eaux descendent, elles ne remontent pas : fallait-il cependant determiner suivre le cours du Nil, a partir de ses sources inconnues? Non ; il fallait faire ce qu'on a fait : remonter le fleuve, puisqu'oo ne pouvait le descendre, et puisq moyen d'aller du pas d que Linne, en procedant des etres primitifs ;, croit pouvoir considerei par cela meme que les der 1 * f f primi 7 ah [^) Fundamenta botanica et Philos. boL, Aphor. 157. Voyez plus haul, le resume des vues de Linne, Chap. VI, sect. in. 1-^ - -1 \ DIRECTION SUIYIE PAR LINNE. 287 O produxit Infinitum Ens>^ (1), ont donne naissance a d'autres semblables a eux, et ceux-ci a d'autres toujours I semblables, en plus grand nombre, « plures^ at semper J sibi similes (2) » ; et ainsi-, de generation en generation. Voila ce que dit Linne, et ce qu'ont repete de nom- breux disciples, qui ont cru pouvoir ajouter d'apres le maitre : C'est la une verite etablie en meme temps par la revelation et par la raison : « Revelatione duce, et teste ratione didicimus » Mais Linne ne s'est pas fait cette illusion. II se garde bien de confondre, comme tant d'autres apres lui, deux idees qui, pour se completer ici I'une I'autre, ne restent pas moins logiquement tres distinctes : la multiplicite toujours croissanle des individus, et la persistance du type primitif. C'est la premiere seule que Linne presente comme doublement prouvee : prouvee par le texte de la Genese et par le raisonnement ; par la foi, « fide divina «, et par la science. Que nous apprennent, en effet, dit Linne, d'une part, nos meditations sur I'ensemble des faits qui nous sont connus, de I'autre, la lecture de livres saints? Par I'observation et le raisonnement, nous ^ I reconnaissons que les etres d'aujourd'hui sont plus nom- breux que leurs ancetres, comme ceux-ci I'avaient ete plus que les leurs , et ainsi de suite : « Multi originem debent paucis, hi paucioribus^ et ita porro (4). » Et que s » ^ ( f I 1 1 1 r f 'i'Wf'f ( (. «|^ i (1) Philos. botan., developpement de la Propos, ibl. (2) Expressions de Linne, ibid. (3) Voyez le prearabule de VOratio de telluris habitabiUs mento, 17Zi3. (Zl) Ibid., Propos, 15. \ mere- I '^ ' !. ki mm kr i ^ r. J ^1 \ / • ' ^ 1 -m - V h ' . « ^te-Ji -. ■ » - -- "V^ ,t'- •-*T? (■***'-"■.* 'i e *^j^ *^^i^ 288 NOTIONS FONDVMENTALES, LIV. H, CHAP. XI!. nous enseigne la Geneve .^Qu'il a existe a rorigine im seul couple humain, et uii seul aussi de chaque sorte d'etres specie Unicum hominum par; umcum par ('!)». La Genese , dit done ce qu'indiquait la science ; car il est clair que la decroissance du nombre des individus, si elle se continue indefmiment dans I'ordre ascendant, a pour terme, chez les etres a sexes uon separes, I'existence d'un seul indi- vidu et, chez les autres, celle d\ui couple primitif uni- ple primitif, entrevu « par dernier hoi _^ anfirme done la Genese, la Genese complete la science, et la meme verite est ainsi, selon Linne, doublement prouvee. Mais ou sont, meme au point de vi Linne les preuves que les descendants de ce unique semblables ou se place couple non-seulement le s'appuie plus sur les resultats de I'ob du raisonnement ; mais il ne trouve meme pi quer cette autorite de Genese, a I'aide de laquelle cro\ a I'heure pouvoir remonter par del les fails connus. Et comment eut-il pu jushfier par ■ (1) Ibid., Propos. 8 apropos. 7. - Cette derniere proposition n'est que sous-e'iitendue dans \^ Genese. L'honime est le seul etre pour lequel elle mentionne expressement I'existence primitive d'un seul couple. , Dans ce passage, dont Linne emprunte les lermesa la Genese, spe- cies n'est pas Vespece, dans le sens oil nous prenons aujourd'hui ce mot. Pour I'ancienne signification de species (et aussi de genus, qui a eu longtemps le meme sens vague que species), voyez le Chapitre V (t. II, p. 3i9etsuiv.). ■^ \ I L . ( A > V i \ 1 (. DIRECTION SUIVIE PAR LllNiVE. 289 elle cette seconde parlie de la formule : Sibi semper similes ? Si affirmative sur Texistence de couples primi- tifs uniques, la Genese passe entierement sous I'etat de ces memes couples, lis sont directement sortis des mains du Createur, c'est tout ce qu'elle nous en dit; ne niant pas sans doute, mais n'affirmanl pas davantage la similitude des premiers ancetres et de leurs descen- dants d'age en age. Et meme est-ce assez dire? 11 seraifc assurement peu difficile de faire sorlir du tcxte meme de la Genese le systeme de la variabilite limitee. Un seul couple, dit la Genese, a donne cbaquc sorte d'animaux : ce couple avait-il done reuni en lui tons les caracteres des races, si varices et parfois si trancliees, que nous disiin- uons narmi ses nombreux descendants? Adam, nere de tous horn iils sembl lui ? Affirmer cette similitude universelle, ce serait pre- tendre que le meme liomme a pu etre a la fois blanc, jaune, rouge et noir, barbu et imberbe, a cheveux lisses et crepus, orthognathc,.eurygnathe et prognatbe, ou, pour resumer en quelques mots toutes ces diffe- rences et bien d'autres, caucasique, mongolique et ethiopique. Rien, meme dans la Genese, n'autorisait done Linne, J apres avoir- dit : plures, a ajouter cette seconde propo- sition, tout a fait independante de la premiere : semper sibi similes. Ici Linne ne prouve plus, il emet une sup- position donfc il ne trouve pas plus la justification dans la tradifion que dans la science; une pure conjecture: car quel autre nom donner a une opinion qui ne repose sur aucune preuve ? III. 19 V { I I, I S t / X m r J ' I U i I / - |l \ i m> rr > r \ m I r m-¥ Ht 290 NOTIONS F0N1UMENTALE3, LIV. 11, CHAP. XII. Et qu'est-ce que « raphorisme » sur lequel nous avons vu Linne et ses disciples fonder si longtemps la science ? pposition II I pretend demon trer ce qu par reux pour cette fori: le revetir de la forme d'un svHogisme. Mais end que sensible vice d'un raisonneinent ou la similitude perpetuelle des i \ I Ires et des descendants est posee, sans demonsti prealable, comme premisse, et la permanence des div formes qu'est- fiq deduite comme consequence. Or que cette consequence, sinon, en d premisse non demontree? Idem per idem^ comme disent Linne, en voular leurs descendants a que Lamai^ck essay leurs premiers pies primitifs a n'est done pas remonter des ( C'est en vain heur que ce g rand event faire du premier chapitre dela Genese le chapitre de I'Histoire naturelle : des qu'il pretend les secrets de la creation, il est manifestement dehors de dela des termes du f • biblique. Et quand dit : « Tot species quot diversce formm in principio phor on a voulu pi ndu fonda axiome de dont iphie naturelle, n'est qu'une assertion toute gratuite; une pposition aussi peu pour reprcndre les expression Linne, an point de de la re vela- \. \ I \ T w f T i ^ 1 ^ s DIRECTION SUIVIE PAR LINNE « 291 tion (jLi'a cekii cl(3 la raison : « revelaiione duce et teste ratione» (i). r f I I' t » V. 1 I I I G'est aussi de la Genese que part Cuvier; mais, tandis que Linne meteu pleine lumiere Torigine de sa doctrine, Ciivier laisse dans rombre celle des vues auxquelles, (1) Les passages de la Genese, rappeles plushaut, sent loin cFfitreles seuls de ce livre et des autres parties de la Bible qui soient en con- tradiction avec lesystenie de lafixile. Nous citerons, ktitre d'exemple, quelques versets du Chapitre YIL Nous avons vu plus haul Buffon (ses opinions ont etc resumees, t. II, p. 388), et nous avons vu aussi d'autres naturalistes partisans de la variabilite, admettre Texistencedo «souches principales » dont une grande parUe des especes actuelles seraient successivement sor- ties, ou, selon Texpression dont nous nous sommes plusieurs fois servi, derivees. N'est-ce pas ce systeme d'idees, sisouvent combattu au nom de la Genese mal interpretee, que Ton retrouve, pour ainsi dire, mis en action, dans le Chapitre VII de cette memo Genese, relatif au deluge ^ eta rarche? Les versets 2, 3, 8, 9, ik, 15 et 16 nous moqtrent, en effet, entrant dans Tarche, par les soins de Noe : Deux couples de chacun des animaux immondes : « de animaii' tihus immundis duo et duo » (vers. 2) ; Sept couples de chacun des animaux non immondes: aexomni- » bus animantibus mundis^ septena et septena, masculum et femi- » nam- » (Ibid.); Sept aussi de chaque espece d'oiseaux : « de volatilibiis cceli septena » et septena )y {vers. 3); Et de meme, pour toutes les autres classes terrestres: « Omne quod movetur super terram, dit la Genese » (vers. 8). Et elle semble ne pas trouver encore ces termes assez generaux; car elle ajoute un pen plus has (vers. 15) : « Bina et bina ex omni came in qua erat spiritus « vitce, ii> En partant de Thypothese de la fixite de Tespece, on trouverait. ^ * i I I 1 7 I, I ^ I *»« * * i f \ i I Ifrt+TL-- * \: ^'.Ti-f^ ^ !« ( I ' ; . . 1 Mi -L I i \ * ' / 292 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XII. apres de longues hesitations devoir Au __ ^ plait a citer, presqiie en theolo » de la Gen Guvie 1 avecces donnees, que des millions d'animaux out du entrer, deux i deux, bina et Una, dans Tarche de Noe 1 Car, pour obtenir le nombre des animaux de Farche, il faudrait, dans cette hypothese, multiplier, pour'une partie, parquatre, et pour une autre ^Itii est de beaucoup la plus considerable), par^/imiorse, le nombre des especesterrestres aiors existantes; c'est-a-dire, toutescellesqui existent encore aujourd'hui, plusde centmiUe, selon les evaluations les plus moderees; et en outre, w celles, en nombre considerable aussi, qui se vsont eteintes depuis I'entree dansl'arche! Combinez ces diverses donnees numeriques, et calculez le temps qu'eut exige le defile deces innombrables animaux! Essayez aussi deramener Tarche a des dimensions possibles, comme Tout fait les Peres (voyez le resume de leurs opinions dans les livres theologiques, et entre autres dans La Genese^ traduite avec ea::p/?- cai^on5, Paris, in-8, 1699, p. 295). Nous laissons aux defenseurs de la tixitele soin de concilier, avec leur respect pour la Genese , des consequences auxquelles on ne saurait manifestement echapper, lant qu'on admet Taphorisme pre- tendu fondamental : « Species tot numeramus qiiot diverscB formw in principio sunt creatce. » Nous n'insisterons pas davantage, soil sur les passages que nous avons cites, soit sur d^autres plus ou moins analogues. Nous croyons que chaque ordre de connaissances doit s'avancer dans les voies et par les moyens qui lui sont propres, et que, s'il y a lieu, la science une fois faite, d'en verifier, d'en signaler la concordance avec la Genese, il est conlraireaux principes essentiels de la methode dechercher dans la Genese des arguments a Tappui de ce qui est ou nous semble la ■ veritescientifique. Aussi les remarques qui precedent ont-ellfes pour objet, non de justifier par la Genese le systeme de la variabilite du type et I'hypo- these des .« souches principales )>, mais de montrer combien on etait peu fonde a invoquer Tautorite de la Bible en faveur du systeme coutraire. (1) Yoy. t. IJ, p. /lOl. I I 1 -J t---- 1 — T I I y 1 ( DIRECTION SUrVIE FAR CUVIER. 293 veut resler naluralisle, se borne a des allusions Ires indi- , et evite de nommer la Genese dont pourtant il s'inspire. Ce que dit Moise est, pour Linne, la verite demontree; c'est encore la verite pour Cuvier, mais la verite a demontrer, a confirmer du moins, par les fails et a I'aide des ressources propres a la niethode scientifiqtie. Voila ce qui ressort pour nous du rappro- chement des livres de ces deux grands naturalistes; et si nous sommes certains d'etre dans le vrai pour Linne, nous ne clisons rien qu'il n'en ait dit lui-meme, dont nous croyons aussi ne pas Cuvier, bien cue ses reservi d que ses reserves sur plusieurs po d'autres, nous obligent ici a interp: d'analy i Cuvie observe , pen fluence d'idees preconcues ou jscs , et si ces ralistes avaient 3te celles que Linne et tant d'autres natu- d(^a puisees dans la Genese mal com- prise; si la justification d'une doctrine consacree, et non la libre recherche de la verite inconnue, n'eut etc, peut- etre a I'insu de lui-meme, dans les tendances de son esprit, sefut-il abuse sur rinsuflisance de sa demonstra- tion, pretendue scientifique, de la permanence des tvpes fut-il contente pom fond amen tale de creation elle-mi d d O p] que les differ disti d -I » de nature a avoir pu etre prod P les circon ,1 i; ? s y f f \ / r ^Iff1i>l^«n ^tJHt^m^ kit >i* , t * i ^, *■ -■ I ^ f -*.^ '^ - L -T*,:- — , 13^ M ; -' '. 1 M) 1 .1 P J L I N: i. / ^i9fi NOTIOINS FONDAMENTALES, LIV. 11, CHAP. XII. es..... L'experience parafi mon^re?' au contraire que, dans I'etat actuel du globe, les varietes sont ren- et aussi loin V fermees dans des limites assez etroites ; » que nous pouvons remonter dans Fanliquite, . nous » voyons que ces limites etaient les memes qu'aujour- » d'hui. » ■ '' est done oblige d'adm certaines formes » qui se sont perpetuees depuis Vorigine des » exceder et tous les appai » de ces formes constituent ce que Ton appelle espt Ce S) pas de ous, il est de Cuvier lui- reproduit par ses disciples temps que plus concise de ses vues definitives, et pr lier mot de I'ecole positive de le dernif"'" "^f^' f^f^ Vccole nositive d I'espece. C'est precisement parce que Cuvier est qu'il est facile de reconnaitre combien pen la logique aulorise la conclusion a laquelle il s'arrete. Nous discu- * ? ( I ■ \ (1) Rcgn. anim., Introd., V edit., 1817, p- 19; 2« edit., 1829, p. 16. Quelques changemeiits sans importance ont eu lieu, d'une edition a I'autre, dans la premiere phrase. Nous avons cite la redaction de 1829. Le reste du passage a etc reproduit sans variations d'une edition a i'autre. II est done I'expression tres reflechie et definitive de la doctrine de Cuvier. La fm de ce passage estpresque litteralement traduite deLinne. On remarqueraque Cuvier eyite dese servir du mot bibliqUe crea- tion; mais les expressions par lesqnelles il le remplace ont, pourlui, exactement !e meme sens. f I '} t 1 i I 1^. M «MKI 1^ ' « \ DIRECTION SUIVIE PAR CUVIER. 295 feroDs plus tard les faits sur lesquels il croit pouvoir s'appuyer (1); mais iie ressori-il pas cleja de son resume lui-meme que ces faits oe disent pas tout ce qu'il pretend leur faire dire? En ramenantles divers termes de la pre- tendue demonstration de Cuvier a une expression plus simple et plus concise encore, qu'y trouvons-nous : Comme premisse, cette proposition dubitative : « L'experience paratt montrer » que les differences qui distinguent les etres, actuellement et depuis I'antiquite, )nt pas ete produites par Comme consequence, ( proposition affirmative On est obliqe d'admettre » que les diffe *-■ qu'elles son! pi consequence on ne saurait se refuser, t done d' une proposition par aif justifiee par I'expenence; par consequent d'une proposition seulement qui reste a demontrer. Mais la premisse, fut demont en serait-on beaucoup pi ? Cette premisse etres organises « actuels » et a ceux auxquels « nous pou s remonter dans ran etendue, comprend consequence, bien par del pouvons remonter ; ceux de tous temp historiques, de tous les ages p qui a vecu a depuis Vorigine det \ i i) ■■<■ \ I I ,i' I 1 i s ' i f' i *1 \ h (1) Ces faits onl ete exposes et commentes dans le Discours pnUi- minaire des Recherches sur les %ssements fossiles^ et dans les lecons ^nvYIIistoire des sciences naturelles. Pour leur discussion, voy. les Chapitres XIII el suiv. * \ \ 1 H \\ i " rt^T^^T ■"f ^^: \ M ■ a"!! 1^ I \ ! J: * '■ y i i : ? /' I I ^ V ^ # 296 NOTIO>'S FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XII. Or une verile demontree pour les premiers Test-elle, par cela meme, pour les seconds? Cuvier I'admet impli- citenient, maisa-t-il le droit de le faire? Possede-t~il et donne-t-il la preuve que ce que nous ignorons estne'ces- sairement conforme a ce que nous savons; que ce qui a lieu, causes et effets, depuis vingt, depuis Irente siecles, a du toujours avoir lieu ? Non - seulernent Cuvier n'a jamais etabli cetle stabilite perpetuelle, cette immulabilite des causes et des effets ; ques et paleontologiques ont tendu a en prouver la varia- bilite aux divers ages de la terre ; et moins que tout autre ^ Tauteur du Discoiirs sur les revolvtions du globe cut voulu redire dans notre siecle : aNcUara constats; eadem tern- peralura^ ecpdem operationes (I). » L Leraisonnementde Cuvier manque done des premisses qui seraient necessaires a sa rigueur ; et la conclusion en est contestable a double litre. mais tous ses travaux gcologi- que la permanence des etres orga depuis I'antiquite historique 1 pour lui-meme, que vraiscmblable, mais non demon tre'e. Elle Test encore, parce que la permanence, ful-( demontree pour trente siecles et plus, ne saurait enti ner, comme consequence necessaire, la permanei dans les temps inconnus qui ont precede ces siecles, encore moins, I'existence de « formes perpetuees f/ep 4 origine des choses » . (1) Expressions de Jonston dans son ciirieux traite : Naturce constantia, Anislerdam, in-24, p. 38; 1632. \ I i % * L I ■\ \ y *-%- K I I ^ LIMITES DE LA SCIENCE. 297 i i J L i 1 # f » VI. possibilite ? pa m\ des etres des choses« et de la premiere, appari- anises , poiwait sembler evidente par elle-meme. Nons venons de voir cependaiit, non-seule- ment im des Daturalistes les plus hardis de nofre siecle, maisle cheflui-meme de I'ecole qui se qualiliait de pru- dente et que d'autres ont appelee timidc, ne pretendre a rien moins qu'a la determination , exacte ou tres approchee, de I'etat primitif des etres organises et tvnes aetuels. Mais nous avons \u aussi qi d b r plus forte raison, ceux qui les ont precede parvenus ajusiifi Qu'est-ce que la doctrine de pontanee d'etres primitifs pi J— de la formation oraduelle, par transmutation, de typ de pi en plus complex sre efforts de hvDothese non iustifiee Lamarck, un systeme, une qu'est-ce que la doctrine de la formation primitive dei types aetuels, et de leur immutabilite? Un autre systeme une autre hvpothese, que Cuvier s'efforce en vain defon Genese •1 • ^ f der sur 1' observation, comme Linne sur la marck croit avoir donne a ses opinions une aprobabilite des plus eminentes«; Cuvier, plus confiant encore dans les siennes, va jusqu'a dire qu'on ranger : en realite, Fun et I'autr oblige » de s'j^ ppuient sur des Jl 1 i i f / ft * \ n > I I »i (' »n »* i k « 1 1 i * f hi 'M i ^^ t ^298 NOTIONS FONDAaiENTALES, LIV. 11, CHAP. XII. suppositions egalement douteiises. Pouvait-il en etre autrement, du moment qu'ils pretendaient Egalement, quoique en sens inverse, faire sortir des faits une genese scientiiiqiie ? L'erreur de ces deux grands naturalistes, car il taut bien que nous disions respectueusement, mais netlement notre opinion,' a ete de pretendre conduire toutd'abord une science , naissante encore, jusqu ou n'est parvenue aucune autre science d'observation (1) i jiisqu'a la connais- sance de la premiere origine des corps qu'elle considere, et jusqu'a la raison des choses. L'aslronomie, la physique ne sont pas la cosmogonie; la chimie n'est pas la recher- che de I'absolu et des premiers principes de la matiere ; la geologie n'est pas I'histoire de I'origine de la terre; el c'est precisemeni parce qu'elles ne le sont pas et qu'elles ne pretendent plus I'etre, qu'elles se sont elevees si haut. En se refusant a la fausse grandeur des hypotheses, elles ont atteint la grandeur vraie de la science, qui n'est pas et ne saurait etre ou I'esprit humain n'est pas, avant tout, sur de lui-meme. Pour qu'il le soit aussi en histoire naturelie, pour qu'il ne risque pas de s'y egarer a la poursuite de bril- lantes chimeres, que faut-il que fassent les naturalistes ? Qu'ils suivent I'exemple que leur donnent les astronomes et les physiciens depuis le dix-septieme siecle, les chi- mistes depuis le dix-huitieme, et les geologues depuis quelques annees ; qu'ils fassent ce qu'on fait dans toules r (1) El ou ia notre ne parviendra sans cloute jamais. Voyez le Chapitre suivant, sect. i. / I i / \ LIMITES DE LA SCIEWCE 299 les sciences successivement devenues exactes (1) ; cju'ils se resignent a ne s'avancer aiiisi que « peu a peu, par de- » gres » ; en un mot, qu'ils mettent constamment en pratique la methode de generalisation logique, dut leur impatience de decouvrir et de savoir en accuser parfois les lenteurs salutaires. Comment ce qui est inevitable la meme ou les resultats de Tobservation peuvent etre tout a la fois soumis au calcul et controles par Fexperience, ne le serait-il pas dans les sciences biologi(iues ou Fobserva- tion, eclairee par le raisonnement, reste le plus sou- vent notre unique ressource? Et comment celles-ci moins bien armees en presence de difficiiltes incompa- rablement plus grandes, pourraient-elles se porter en avant de toutes les autres? Voila pourtant ce qu'on n'a pas seulement, pendant longtemps, juge possible; on a entrepris , a plusieurs 1 reprises, de le realiser, et Ton a cruy avoir reussi. On se trompait, et la notion, enfm obtenue, de la hierarchic des connaissances humaines et de i'ordre de leur evo- lulion, nous montre aujourd'hui clairemeut en quoi et I pourquoi on se trompait (2) . line science ne se developpe I I i 1 i 1/ / i i<. y (1) Depuis les matheniatiques jusqu'k la geologie, la derniere qui ait « pris rang parmi les sciences exactes, » Yoy. AuAGO dans VAnnuaire du Bureau des longitudes pour 1829, p, 207. Dans Tordre logique de revolution des diverses branches des con- naissances humaines, c'est aux sciences biologiques qu'il appartient d'acconiplir ce progres, apres la geologic. Voy. les Prolegoimnes de eel ouvrage, Liv. II, Chap, i et m. (2) II ne faut pas perdre de vueque, bien que la notion de la hie- rarchic des connaissances humaines n'eut pas echappe k Descartes, 4 i tiL, ! * ) t ^1 I 1 1 1 »# V -1^ ^-v^t^^^- j»aft3 \ ' ( h \ •* ii I \ Jbto 1 (--: 1 -1 l-t I > \ ^ 4 \ ¥ k ^ 1* * < i V ■wxyw^ ^"o^sy i .' i CHAPITRE XIII. pi PREMIERES PREUVES DE LA VARIABILITE DU TYPE, CONSIDEREE CHEZ LES iilTRES ORGANISES ACTUELS. f . SoMMAlKE. — I. Division du sujet. Inipossibilitc d'en atteindre les limites. Point de depart II. Premiers exemples de variations cliez les animaux ct cliez les vegelaux. 111. Premieres prcuvesde rintluence des circonstanccs extcrieures sur les elres orga- nises. I. 9» Plus Line question est difficile, plus 11 est necessaire (le proceder severement a son examen ; plus elle est complexe, plus il faut s'altacher, soit a la siuiplifier, si des simplifications sont possibles, soit a la decomposer, si Ton pent y parvenir, en questions secondaires et par- de la question tielles. 11 faut bien, comme le vieillard de la Fable, delier le faisceau, quand on ne pent le rompre dans son unite. De la le soin que nous avons pris de preparer la solu- de I'espece, par I'etude prealable de tous les elements qu'on y fait ordinairement intervenir, et de ceux qu'on y avait a tort negliges. Et de la aussi I'ordre que nous avons suivi, nous bornant d'abord aux consequences immediates des faits, nous attacbant a obtenir ? echercher philosophig I'aide de toutes les ressoiirces de la science. La premiere 'I etant logiquement independantc de la scconde, qui, au J 4 f I [) J fc lii^ I - I ^ / 1 f' ' IT t 1 - f 1' ** ' ' 302 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. 11, CHAP. XIII. contraire, repose sur elle, cette marche nous etait riproii reusement prescrite par cette Methode generale des sciences, dont nous avons ailleurs monlre I'extension successive a toutes les branches les plus avancees des connaissances humaines, et dont I'application a I'Histoire naturelle est Tobiet meme de ce livre (1). Cette premiere division de notre sujet n'est possible, ni la seule utile. Ce n'est pas tout d' un seul effort, mais en deux temps et pour par dedoublant, que nous sommes positive de I'espece; nous Favons deduite d'abord, plu elementairement, de quelques ordres de faits, des plu simples, desmieux connus : premier res'ultat qui, unefoi obtenu, a facilite la discussion tres comnlnxo. rmi rlpvnl s pi une des verites fond mentales de s ferons philosophique : nous « conduirons p pour s pen sees » ; procederons, encore une fois, par div sion (2) , ne cherchant pos d'abord don d ■ ■ 1 lu pour mieux dire tout ce qu'il nous est avoir, mais ce qui nous en est le plus accessible. Suivant cet ordre, et dans ce vaste sujet, ou est le de depart, et quelle est la par portee ? ensuite a Ou pi d to » (lout nous avons y Nous croy r avoir etabli des le commencement de cette etude sur I'espec le point de depart, le degrc initial, est ou Ton avait ( I i Y (1) Voyez les Prolegomenes, Liv. II; t. II, p. 266 et suiv, (2) Siir la Methode synfhMique par division, voy. t II, p. hOl et SU I V. it- . \ / L w-i-w-r^m-i. j -jW "^ '"I I / REMARQUES GENERALES. 303 troiiver le point d'arrivee : il est, non dans les premiers ancetres, mais dans les derniers descendants ; car ils sont les mieux connus, piiisque c'est pour eux seuls que nous disposons de toutes les ressources de 1 'observation, de I'experience et du raisonnement. « Monter par degres », selon le precepte, c'est done, ici, remonter, contre le cours des ages, des etres actuels a ceux qui ont anterieu rement vecu dans des circonstances analogues a celles qui subsistent encore aujourd'hui ; puis a ces lointains ance- tres qui ont appartenu a des temps geologiques de plus en plus recules; par consequent, de plus en plus inconnus. Dans cet ordre logique, inverse de I'ordre chronolo- gique,les derniers de tous les termes seraient representes par les premiers ancetres; mais de ceux-ci, que savons- nous? Nous en concevons I'existence, rien de plus; et toute noire science a leur egard pent se resumer dans cet enthvmeme : lis ont ete; car nous sommes. Et non-seulement il en est ainsi aujourd'hu ? mais nous oy de Le point commence pour nous la nuit s'eclairera sans nul doute par la suite; mais la science n'aura fait que deplacer.la limite : elle ne I'aura pas effacee. Par la nature meme de ces questions, c'est en face des plus grandes difficultes que nous nous trouvons le plus desarmes. Les moindres d'entre elles, bien graves deja, se rencontrent neces- sairement dans cette premiere partie de la question oii il ne s'agit encore que des etres actuels ; car c'est ou nous pouvons multiplier a notre gre nos observations , qu'il nous est aussi donne d'en controler les resultats par Vex- perience, et d'en etendre les consequences par le raison- I il i t J J I II «! \ I y H9ip '■■-■',;■ L«^^, I'^ii ..ij-: p-iit^l^T'* -f — ^w^liqff* tv^-n-^frt ir nr ^ i# ? -B I « I m H I 1 -< h' f U)li NOTIONS FONDA]>]ENTALES, LIV. II, CHAl\ XIII, i» nement. Au contraire, quand la comparison s'etablit entre les etres de deux inondes, la diversite des temps geologiques, par consequent la diversite presumable des conditions d'exislence, pose le probleme dans toute son « etendue et dans toute sa complexite ; c'est a ce moment meme que I'experience devient impossible, I'observation difficile et le raisonnement incerlain ; en attendant que I'observation et le raisonnement nous fassent com[)lete- ment defaut, comme rcxperience. Quand nous en sommes la, et non-seulement en pre- sence du mystere des origines animates et vegetates, mais longtemps avant d'y parvenir, la science s'arrele. Et si J'esprit humain ne veut pas s'arreter avec elle, il nc lui reste plus qu a recourir a la tradition theologique, ou a se Jeter dans les hypotheses pretendues philosophiques. Ferons-nous, a notre tour, quelques pas dans ce champ * plein de perils que nous entrevoyons par dela les limites, sans cesse reculees, jamais effacees, de la vraie science? Peut-etre ; car, plus tard, nous aurons a traiter de la geo- nemie, et a nous elever, a I'essayer du moins, jusqu'a la philosophic naturelle (1). Mais c'est precisement pour que plus dc hardiesse nous soit alors permise, que plus de prudence est necessaire, alors qu'il s'agit de poser les notions fondamentales de la science (2). Faisons done, scion les fails, et en nous arretant ou s'arretent leurs consequences legitimes, I'expose de la question dont nous F 1 I ( / \t (1) Voyez le Programme de VHistoire naturelle generale^ t. I, p. XXII et xxm. (2) IbicL^ p. XX J. ■^v I % k t r ^ 9 ^ -_i PREMIERES PREUVES DE LA VARIABILITE. 305 avoiis prepare la solution par tout ce qui precede, et que le moment est venu d'aborder de front pour les etres actuels et recents (1). II. f * * Hi < M M 4 t S'il sul'tisait, pour etre partisan de la theorie que ons exposer, d'admettre I'existence, chez les etres o mises, de variations dues a I'influence des circon- stances, nous serious fonde a dire qu'une seule et meme doctrine regno en Histoire naturelle^ et que cette doc- ■ trine est celle de la variabilite. Dans le temps meme ou les naturalistes soulenaicnt le plus fermement et le plus unanimement le systeme contraire, lequel s'est jamais refuse a donner place dans la science, a cote de la notion de la tixite de I'espece, a celle de la variete, soit indivi- duelle. soit meme hereditairement transmise ? Or. la va- que langage qu'on traduisc cette defi ^■^ de Linne, le resullat d'un chaneement d rorganisationproduit par une cause accidentelle : « Muta- turn a causa quaciimqne accidentali (2). » L'existence, entre des individus de meme espece, de differences produites SOUS I'influence des circonstances exterieures, est done admise par tous les naturalistes ; et je n'en excepte pas meme ceax qui ont dit I'espece composee « crindividus (1) Ce dernier mot est pris dans son sens geologique, ou niieux geoneniique, et non historique. C2) Voy. t. Jl, p. 308. jji. '20 > II \f n ' ^4 A )'i I mi^ I i » HitI ff« I Mr' 1 - il \ i i t* 1 i 4 i ■ k L 4 I f, ii in \ r •» \ :^06 NOTIONS FONDAMENTALES, LlV. II, CHAP. XIII. absolument semblables » et « sans la moindre difference »; Oil encore, et comme si ce n'etait pas assez, « identique- ment les memes » (1). Prises isolement, ces expressions r sembleraient una negation formelle de la vnriete ; inais qu'on les rapproche de ce qui les precede ou les suit, etles explique; et Ton voit aussitot reparaitre la notion de la variete. On I'avait laissee im instant dans I'ombrej afin de poser nnieux, en pleine lumiere, celle de Tespece; afin de lui donner idealement, pour un instant, une rigueur et une nettete qu'elle ne comporte pas en renlite. C'est ce procede, si en usage dans les livres didacliques, qui consiste a enoncer d'abord la regie en termes absolus, et comme si elle etait partout applicaljle : vient ensuite la liste des exceptions, et si I F disparait sous leur multitude. parfois, que L'existence de variations chez les etres organises , affirmee par entendue par done, au fond, admise par tous : c'est un point d commun a toutes les doctrines: aussi bien a celle vent leur premii autrement? Pour on qu a cclies qui y trou- Et comment en serait-il istence de variations, soit ndividuelles, soit memo hereditaires, pour nier absolu- iient la variabilite du type specifique, il ne faudrait rien termer les yeux a Fevidence. Et cela est si que sq de I'esprit de sy ne seraient pas les seuls a i^econnaitre son erreur, et a (1) Voy, t.II, p. Z(23 et Zi2^. r 1^ t^ *« \ \ * %\ - v-- « '^ ^ ■t 1^4 f I PREMIERES PRELVES 1)E LA VAR14BiLlTE. T r en faire jusiice ; elle sauterait, poor ainsi dire, ai de tons, et ]e premier vemi ii'aiirait besoin cmc de 307 faits les plus vulgaires, pour retablir une verite ( du domaine oublic Q cffet quelqucs especcs, ce que les naturalistes out depuis long- temps constate pour une multitude? Par Tii les animaux domestiques surtout, qui n'a vu par lui-meme un grand nombre de variations locales, parmi les( bl lement cbaque pays, cliaque province a ses races pro dans cbaque pavs, aue de diffe s'il est assez etendu ou asse d'une pariiea I'autre des diffe de sol ! Que penserait-on d'l; irait prendre indifferemment s dans le Calvados, sesbretons d de P s dans d'un agriculteur qui ne saurait p \uvergne,seIonles_besoinsauxquels faire, entre le boeuf d'Aubrac et celui de s ? Ou encore d'un eleveur qui, transportant des poulains normands des veaux flamands sur les prairies hautes des Aljte.? des Pyrenees, s'atteudrait a voir ses animaux reprodui I'education achevee, les traits purs des rac Les modifications qui resultent do ces depl si bien connues , que la translation d'ui I'autre est devenue, dans Televage de divei des procedes habituels de la zootecbnie. Memos faits chez les animaux sauva generalement connus. Consultez les, et non moins un chasseur experi .'. t 4» 44 \a 'H I t It I 1 f 1^ I m : :V -^ ■ iu«nw«r> «j;A*af Ifci i f: m i » I ' t* ^'(< ^ m- |)'» »t I r t } ^ \ q \ V > 308 NOTIOISS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAr. XIH. menle : il voiis dira aussitot quels caracteres distingueiit le renard ou le lievre de phiine, et celui de montagiie. Demaiidez-lui si le cerl' est le meme parlout, et il vous apprendra que non-seulement chaque pays, mais pi dans le meme pay a an SSI istincte : ici plus grande, la plus petite, et modifiee dans sa conformation. 11 vous dira aussi qu'on un lieu ou ne prend pas indifteremment le faisan dans dans un autre, pour le servir sur les tables recherchees; etil en est de meme de tons les gibiers fins. Interrogez fo J pas mom chasseur sur celle des especes indigenes. Et meme est-il besoin de I'interroger? Qui ignore qu'ou varie le climat, arient aussi la taille de I'animal et surtout la qualite d( V J ^ Q commercant oserait qui voudrait acheler les fourrures de nos martcs ou de d( pou de Siberie, ou simplement de Russie ou de Pologne? Dans le regne vegetal, les modifications ne sont ni moins communes, ni moins remarquables, ni moins ge- neralement connues. Telles sont surtout celles des vege- i...,v r.Mo loiiv iitilifp fnii cnltiver sur un ffrand nombre de d par exemple, des vignes, des arbre fruiliers, des plantes des cereales. Non- *wJ seulement il n'y a pas nn agriculteur qui ne saclie com- ces veaetaux varient selon les fieux, les.climats et bien pas une per qu'elle soit, qui n'ait au moins une idee de Ou un vis'neron & pou m t- 1 I ^ i •m X PREMIERES PREUVES DE LA VARIABILITE 309 s'imnginer qu'il kii suffira de faire venir des cepages du Medoc ou de la Cote-d'Or pour obteiiir a Siiresnes ou a Argenteiiil des vins de Bordeaux ou de Bourgogne? Qui ignore qu'il y a des terres a ble^ et des sols convenables a la culture du seigle ou d'aiitres eereales? Gerles le ble seme sur ces sols y levera sans difficulte; il pourra pas (erre ; il degenerera; car ce n'est pas seulement des b aband pent dire avec Yirgile (1) : Degenerant, succos oblita priores ; 4 c'est aussi des mieux cultives, s'ils le sont sur un sol ou SOUS un climat defavorable. D'autres variations qui ont aussi tres anciennemenl fixe I'attention sont ceilcs que presentent les vegetaux selon les altitudes. Plantm omnes in Alpibiis parvce, a dit Linnc (2), et il n'est personne qui ne se fasse au moins 4 une idee des modifications que subissent dans leur laille, et aussi dans leur port, les vegetaux des montagnes. Sur les bauts sommets, on ne trouve plus que des arbres peine ti reconnaifre les bougris dans lesquels on a / • t^i pins et les aulrcs coniferes des futaies des regions moyennes On sait {)eiit-etre plus generalement encore, quoiqu'il s'agisse ici de vegetaux exotiques, que chaque colonic a ses cafes propres : plusieurs sont egalement bons, mais avec des qualites differcntes ; d'aulres, quoi qu'ait pu (1) Georgiqncs, liv. II. (2) Critica botanica, propos. 260 ii« w 1 J 1 I II i {■ \ I V I i * I 'n f * 9 iy P} ti -.**' ^I n ( *-. I \ ft ( Ift^ »>•' ■{ I H i r 69 I i ■ r * MO ISOTiONS FONDAMEINTALES, LIV. 11^ CHAP, XIII. faire la culture, sont restes de qualite inferieure. iJemeine, on a bien pu introduire le the en divers pays, particu- lierement au Bresil et en Algerie j'mais le monopole des thes les plus delicats n'en est pas moiiis reste ala Chine. Les plantes qui, de pays plus chauds, ont ete trans- portees dans le notre, y ont subi de nombreuses modi- fications dont plusieu 'S sont aussi Ires connues; tant elles sont remarquables, et tant on les a souvent signa- lees. Le moindre jardinier n'ignore pas que quelques- unes des plantes herbacees, annuelles ou bisannuelles, dont il orne ses plates-bandes, sont, sous d'autres ch- mals, Mgneuses el vivaces : I'liumble reseda de nos jar- dins est un arbuste dans les pays chauds, et deia meme dans devient, dans I'lnde ACrique, un arbre d'une taille eleyee : en Europe meme, on voit des bois de ricins. Nous pourrionB multiplier ces exemple sUffisent pour faire voir que ce qui est vj de I'un des deux B and b les organiques Test aussi de Fautre. Soit dans I'etat de nature, soitsurtout places sous la main de rhomme, les animaux et les vegelaux de meme espece presentent souvent des differences locales, soit propi a quelqucs-uns, soit communes a un grand nombre inces individuelles dans le premi et hereditaires : differ differences de race dans le second I type cifiq done pas ab riabie. Premiere verite que nous n'avons pas a demon- trer : elle n'est ni contestee, ni contestable; elle est du domaine public. Nous n'avons pas a y arriver ; nous pouvons en partir pour alier au dela. « m L I — -'"nj * I / I •f \ PREMIERES PREUVES DE LA VARIABILITE. Sil III. II est une seconde verite qu'on peut dire de meiiie acquise, du consentement de tons, a la ibeorie de la iabilite. Non - seulement Tensemble des fails b alement connus qui viennent d ppele etablit F existence , d espe ? de differ individuelles , soit de race ; mais plusieurs de ces 1 \ memes faits prouvent clairement que ces differences w dependent de I'influence des circonstances exterieures. Autant il est difficile de faire exactemcnt, dans cette fl la p du sol, du de cbacune des de f a cil e d • > maniere generate la relation d effets produits. Quand ? les aulres changent aussi ; et ils cbangeiit selon que celles-ci ont ge d'abord incontestable qu'il en est ainsi des vege- taiix. Pour mettre en evidence, cbez eux, I'influence des circonstances exterieures, des circimfusa ,qX desingesta, comme disent les b ygienistes, nous n'avons besoin^ encore fois, que de faire appel a des fa xle, et aux reflexions qu'ils sugge jt esprit droit et non prevenu. Qi 1p plimat. Ic so! et le modc de cu re ediatement les produits. Pourqiioi voit-on la meme espece vegetale, sous le meme ciimat et sur le meme sol, poussoi ici des jets vigoureux, etla resler cbeiive, s'etiolcr ? Farce que, \~^' * n»4 f I ^1 T fn. J I » :f ■ - >? J . ■> 1 .' ■■ ii I 4 ^H' 'J i ? 4 t fc ? f .1 i ol2 NOTIONS FONDAMEiNTALES LIV. II, CHAP, xiir. developpee, dans im cas, au milieu d'un ensemble fovo- rable de circonstances, elle a manque dans raiitre, ou de nourriture, ou de lumiere. Pourquoi, de deux champ voisins, I'un est-il couvert de riches moissons. et rauti n e 7 de chaumes courts et clair- semes que couronnent de maigres epis ? Parce que Tun a ete bien amende, et I'autre laisse a lui-meme. Supposons maintenant qu'aux dilTe- du sol et du climat rences de la culture s'ajoutcnt les ? variations iront jusqu 1 ^ \ rendrc la planfe presque meconnaissable.Dansl'arbre rabougri des hauls sommets et des hautes latitudes on ne retroiive pas plus le port que la tadie de ses congeneres des i egions moyennes. J'ai a re con - ■> vu des colons, proprietaires de sucreries, hesiter naitre \eSaccharum officinarum dans les chetives Cannes a nffiuds rapproches et presque contigus , et si pauvres en Sucre, qui representent dans nos serres celte belle plante tropicale. L II y a plus de difference encore, et sans que nous ayon a faire intervenir Faction d'un chmat d /"^ e, entre les iverses varietes de tant de plantes, herbacees et an- nuelles chez nous, ailleurs ligneuses et vivaces. Quel fait est plus connu que cehii-ci, et lequcl en meme temps est plus propre a mettre en evidence la puissante influence des circonstances exterieures? De n graines venues sur le pied, muries d s fi 1 herbe , donneront ime ? un arbuste, un arbre, selon qu'elles Andalo Afr en Sicile, au Bresil - ■ infl des circonstances exterieures sur les caracteres et les qualites des produits n'est pas,\en J I I V --. * 4 \ -■/r^^^ ■ ■;vA- ■■^■.^.- -- 1 1 PREMIERES PRELVES DE LA VARlABlLiTE. 313 zootecliiiie, un resultat moins avere de robservation et de rexperiencejoLirnaliere. De la meme portee ne voit-on pas sorlir qiiand on les a nourris difteremment, des animaux differents de taille et de conformation ? Suffit-il, pour avoir de beaux chevaux ou de bons animaux de boucberie , de les avoir obtenus de reproducteurs bien cboisis? De deux freres, de deux jumeaux, des ele- veurs, inegalement habiles, ne feront-ilspas des animaux de valeurs tres dilTerentes? Ne sait-on pas que I'animal, meme devenu adulte, pent encore etre modifie par le regime ou le climat ? Les jeunes organisations sont, de beaucoup, plus flexibles, sous Taction des circonstances exterieures ; mais a aucun age, I'etre organise ne cesse d'en ressentir les effets ; et sur cette verite reposent I'bygiene et la medecine elle-meme, aussi bien que I'agri- culture. Qu'est-ce, en eftet, que I'hygiene, qu'est-ceque la medecine, sinon, comme I'agriculture, la connaissance scientifique des mof//^mtew5, et I'artd'en diriger Faction selon les resultats a obtenir? De I'une al'autre, le but et par consequent les moyens varient ; mais le principe est le meme; et ce principe, avant d'etre demontre par la science proprement dite, appartient deja a ce qu'on pent appeler le savoir de tous. Et c'est pourquoiles naturalisles de I'ecole de la fixite sont obliges, sous peine de se beurter centre les fails les plus vulgaires, non-seulement de tenir compte de I'exis- tence de variations, mais de reconnaitre dans I'influence des circonstances exterieures la cause determinante des variations. C'est ce qu'avait deja fait Linne (1) ; et si les I (1) VOY. p. 305. ( ; i i I > \ r» i ., « 1 i M i»-i * t 4 i tt i ^ t p«i i> 1 ^ ,Vtfr'*r.»«^';''iJ-' ■■ » I I' t * n I / i M *m I* \ i » ' 1 i I (- / 31/1 NOTIONS PONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XIII. des termes dont il s'est servi sont trop concis pour suffisamraent explicites, ils ont recu de nos jours developpements dont la clarte nelaisse rien a desirer. Ou trouver I'influence modificatrice des circonstauces plus explicitementj plus nettement exprimee que dans le pas- sage suivant : « Le developpement des etres organises est plus ou » moins prompt et plus ou moins etendu, selon que les » circonstauces lui sont plus ou moins favorables. La cha- »leur, I'abondance et I'espece de la nourriiure, d\iutres M causes encore y influent^ et cette influence pent elre gene- A, » rale surtoutle corps, oupartielle sur certains organes. » On pourrait croire ce passage ecrit par un partisan de la variabilite du type ; il est du chef lui-meme de I'ecole qui la nie : il est de Ciivier (1); etles autres naturalistes de la meme ecole, aussi bien parmi les botanistes que parmi les zoologistes, ne reconnaissent pas moins explici- tement I'incontestable verite de ces deux propositions : n existe des variations ; Et elles dependent des circonstances exterieures. ' t4 ■: I ? r I (1) Et de CuviER dans la seconde partie de sa vie scientifique, et alors qu'il etait arrive (non sans de longues hesitations, yoyez plus liaut, t. 11, p. liOi) a ses opinions definitives, encore partagees par la plupart des naturalistes. Le passage que je viens de citer se trouve dans le Regne animal, 1 1, Introdiictio7i, 1" edit. (1817), p. 18; 2« edit. (1829), p. 16. , ^ 4 I / ^ ■:■:.. -r.-,:.^-'.-'^-^'.' ■■'-:-:■■" f -- ■^^\/\/N^v/ V w ^y^/^/\y^/\/\/ vV\/■■■^v■w^w^/w/^-^v^^v^/v^/V\/^' CHAPITRE XIV. t N II I t-r/v-*'} - 1 ^r ^ I B J ff * [ r If m ). tr I 1 1 I KfB f ■* i ■ ^ f » t * m t I q i 1 I >4 r 316 INOTlOiNS FONDAMEMALES, LiV. 11, CHAP. XIV. Mais la science embrasse des horizons bien plus eten- dus que le savoir vulgaire. Line notion certaine, mais vague, telle que celle qui nous est deja acquise, n'est encore que le commencement de la notion vraiment scientifique de la variabilite ; et nous devons nous garder avec soin de toute illusion qui nous fcrait croire que nous sommes arrives, quand nous venons seulement de nous mettre en route. Apres avoir pris des exemples et cherchc de premieres ts gcneralement connus, venons parm fa done a d'autres qui le sont moins; et, de ce qui, constitue en quelque sorte le domaine public, passons aux resultats de I'observation scientifique , de I'obscrvation etendue a tons les faits qu'elle pent atteindre. Comment nous suffirait-il de saisir les modifications d'uno espece ani- mate ou vegetale dans quelques localites et dans quel- ques circonstances particulieres , quand nous pouvons la suivre dans un grand nombre d'autres ; dans toutes celles oil nous savons qu'elle vit? Laissons le chasseur, du mond a la connaissance locale des etres qui I'entourent, et qui sculs I'interessent : tons interessent le naturaliste, et it a besoin de les com- parer dans I'ensemble de leurs varietes, et surtout dans i que la nature a separees par les plu; * gr[ distances et par les plus extremes differences de climatsi Dans cette seconde partie de notre demonstration, nous ne ferons d'ailleurs, dans le vaste domaine de la science, que ce que nous venons de faire dans le champ etroit r des connaissances vulgaires : nous donnerons, a I'appui de la theorie de la variabilite du type, nou tontes les ft I /"- * ^ I 4 % *^ t- 1 ,-■-'- .,!-' .. - ' I 1' T- 1 r I I VARIATIONS CHEZ LES ANIMAUX SALVAGES. 317 4 preuves doiit nous pourrions I'appuyer, mais une partie, line faible partie meme, de ces preuves ; en un mot, des exemples. Si nous demandions ces preuves a toutes les especes a I'egard desquelles il est des a preserit possible y de les obtenir, un volume entier ne suffirait pas a leur simple enumeration ; que serait-ce de leur discussion ? Heureusement, nous n'avons pas besoin de nous engager dans cet inextricable dedale. La verile, comme le disait Bacon, « estsurabondante » ; et il est rarementnecessaire^ pour la mettre hors de doute , de recourir a toutes les 4 preuves qu'on en pourrait donner. Les entasser, sans cboix, les unes sur les autres, est, le plus souvent meme, encombrer la science, bien plutot que Tenrichir : ne quid nimis. L' economic des inoyens est aussi un des prin- cipes deja metbodc scientilique, par cela seul qu'eiledoit conduire non-seulement a mettre la verite liors de doute, mais aussi a la mettre en lumiere. Des l^its par lesquels nous aliens essayer d'obienir ce double resultat, ceux qui n'avaient point encore ete introduits dans la science, se rapportent presque tous a des especes bien conniies et representees par un grand nombre d'individus dans les musecs, ou meme, pour les animaux superieurs, dans les menageries : chacun, pour pen qu'il veuille prendre la peine de regarder, pourra done revoir ce que j'ai vu. Quant auxfaits, deja connus, que je rappelle et dont je m'appuie, la verification est, on pent le dire, faite a I'avance pour presque tous; car I je les ai surtout ismpruntes, afm qu'on ne piit en contester la valeur, a des naturalistes qui, non-seulement n'avaient pas de parti pris en faveur de la theorie de la variabilite, y ■v ! % t ♦ » * ? 1^ I- > '.} 1* 1 4 m 41 i ( f w i ^^ t t i- 4- ^; 1$ I 't 1 I J I i L & S ,318 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. 11, CHAP. XIV opposes, qudques-iins meme de la iOliie. Ces naturalistes n'ont done pii tre influences par des idees preconeues ; et si nous leur plus ab devons des exemples pi :iuables de festement parce que, se renfi des f; Pl dans leur role d'observateurs, ils ont prefci certains a des opinions doiiteuses, et dit sin qu'ils avaient vu. Nous ne nous occuperons encore dans ce chapiti des 6tres du monde recent et actuel, et meme seul( de ces etres :i I'etat de nature ; car oii I'homme intervii probleme se complique d'un element de plus : le m( viendra plus tard d'en tenir compte. ^ I t II * f % ! I V f ft-1 Parmi les classes du re rons par la premiere, celle dont les especes, r m^alis magnates^ selon une expression de Linn( de tout temps les plus etudiees, et sont les miem dans leurs variations. Parmi elles, reprenons d'abord une espece d d : exemple tres propre a fail dehors d'elle^ y pi et les pi / • Le 5 avons-nous dit b facilement des bois en plaine, de celui des I 4i t vt » ■♦ ^ M\ (1) Chapitre XIII, p. 308. . / * i I \ A VARIATIONS CHEZ LES AISIMAUX SAUYAGES, ■ I. Les negociants en pelleteries ne savent pa 319 bien que la fourrure de I'autre, parfois meme da d'lm pays a voisines. Le naturaliste tientneccssaircment compte de ces differences, mais il ne s'en contente pas : un champ bien plus etendn est ouvert devant liii, et il faut bien qu'il le parcoure tout entier, et qu'il suive les variations de I'espece partout ou elle existe, c'est-a-dire sur presque toute la surface de I'Europe etdans une grande partie de I'Asie. Quelles seront, aux limitesde cette vaste zoned'habitat, les varia- tions du type specifique? Se renfermeront-elles dans les limites entre lesquelles nous les voyons se maintenir chez nous d'une localite ou d'une province a I'autre? Ou les excederont-elles, et comment? Les relations et les envois des voyageurs nous ont mis a meme de re'soudre * ces questions. A mesure qu'on s'avance vers le nord, on voit le renard acquerir une fourrure plus tongue, plus abondante et plus fine, et en meme temps ses proportions se modilier, et surtout sa taille grandir. Le renard de Norvege, entre autres, surpasse tellementle notre a tons ces points de vue, qu'on n'eut pas manque, sans les tran- s sitions de Fun a I'autre, de I'eriger en une espece dis- tincte. Done, a de plus grandes differences climatolo- esponde pouvait s'y attendi des variations plus marquees et qui deja ne s'arretent plus aux caracteres superficiels. i Ce qui est vrai du renard, Test d'une foule d 'autres r 1 quadrupedes. Pour eux aussi, la science , en tenant compte d'un beaucoupplus grand nombre de donnees que r ne le fait le savoir vulgaire, obtient, en favour de la varia- / f # i \ I I / « i,*- I tl t »f- I I » f I f^ !fc [ r i r «=!»'« I» 1 f > '^ ; 320 NOTIONS FONDAMEiNTALES, LIY. II, CHAP. XlV. S bilite, line solution plus decisive parcela meme qu'elle es plus complete. Cilons quelques autres exemples, et pre nons-les encore parmi les animaux qui paiiout oil il vivent, fixent surtout rattention, comme ennemis de * I'homme lui-meme ou de ses troupeaux, ou comme gibiers, et sont assidument poursuivis, a Fun ou a Fautre ie ces titres, par les chasseurs de tous les pays. Entre toutes les especes europeennes, le principal ennemi de I'homme, c'est le loup; aussi est-il un des carnassiers les pins generalement et les mieux connus. Ses variations ne sont pas moins prononcies que celles du renard, et ont lieu dans le m6me sens. Le loup aussi st plus grand dans le Nord : il y est aussi plus velu. De ( e plug, s'avancant plus loin au nord que le renard, il y blanchit. Dans les contrees meridionales, il est, au con- traire plus petit que chez nous. Aristote avait deja con- naissance de ce fait pour FEgyple, et il croyait meme pouvoir Fetendre a d'autres animaux (1); mais sont-ce bien les memcs especes, qu on trouve chez nous et en r Afrique? On en a doute. N'insistons done pas sur les modifications du loup en AiVique; celles qu'il presente en Europe et en Asie nous suffisent. Parmi les herbivores, nous ne saurions prendre un meilleur exemple que le premier de nos animaux de venerie, le cerf. Les variations de taille, si connues des chasseurs, et deja rappelees, qu'il presente d'une locahfe a Fautre dans le meme pays, peuvent nous en faire pre- - voir d'autres, et de bien plus remarquables, dans une ^ f 4 •*v» (1) Entre autres, au renard. liv. Vlll, xxvni. Voyez VHistoire des animaux. tFf' I H "- >"-• . - - J- f ' £ VARIATIONS CHEZ LF.S ANIMAIX SAIJVAGES. 1 e pecc rcpnndue, siiion on yVfi isieurs aiiteurs, an moins dans presque toute I'Europ dans une grande partic de TAsie. On trouve, en effet, 1 rf sur les pentes du Caucase et des monts Altai comnii r celles des Pyrenees, et sur les bords du lac Baikal et d- Lena aussi bien que sur les rives de la Mediterranee e ^ f d idu de deux long n'est pas regarde, en Siberie, comme d'une taille extraordinaire. Un autre fait, tres digne aussi de remar- que, est la taille notablement inegale, apart les differences (h latitude, des cerfs du continent ou des grandes iles, et de ceux des petitesiles (1) : les cerfs des Hebrides sont pariiculiereinent signales comme plus petits que ceux de I'Ecosse (2). Avec les differences de taille existent ordi- nairement des differences, soit dans le pelage, qui devient pins abondant au nord, soit, fait beaucoup plus remar- quable, dans les prolongements frontaux : chez les cerfs des regions meridionales, les bois sont notablement moins grands et moins rameux ; il n'y a point de cerfs dix cors dans les pavs cbauds. Les exemples de variations ne nous manquent pas davantage parmi les animanx etrangers a notre pays. Les differences locales de la couleur, de I'etat de la criniere, de la taille, des proportions de la queue et meme des i> ( mn i * \ P * formes de la lete chez le lion, out depuis longlemps fixe rattention dcs zoologistes (1) : jc I'appellerai sur celles i qu'on observe dans plusieurs autres animaux dii raeme groupe : celles-ci non moins reraarquables, et pourtant bien moins connues ; car je les vois, ou passees sous silence, ou meme formellement niees dans les ouvrages les plusrecenls et, a d'autrcs egards, lesmieux au courant ' de I'etat de la scieuce. « Le jaguar (Felis onca, L.) et le couguar (F. concolor^ L:) restentidentiques », dit I'auteur qui a le plus uouvellement resunne nos connaissances sur (1) Pour les principales, ou du moins les plus connues, voyez sur- tout : Temminck, Monoyraphies de mammalogie, t. I, 1827, p. 8/4 ; Et J.-A. Wagner, Die Smgethiere (supplement a Schreber), Raubthiere, Erlang, in-Zi% I8Z1I, p, Z16I. Voici en substance, et resume par lui-meme, ce que dit M. Wagner des differences de pelage : Felis Ico Ijarliavus. Fusco-faloii F. leo sencfii'aSeEisijs. Flavicans^ J aba aniplissima (nigra), Juba mediocri, fulva. w* li^opf^A'^ic^if^, Pallide isabeUimis. Jaba elongata^ ex nigra ful- W, leo aiiaeriiteiusisi. voqiia mixta. Juba brevi. Celui-ci, ajoute Pauteur, dans la description, varie de couleur; il prend parfoisun ton rouge {rothen Ton). Ce meme ton rouge existe chez un lion africain, encore pen connu, ■ celui du Sennaar, remarquableeu memo lemps par sa criniere courte, non tombante, ne se prolongeant guere au dela des epaules. Les l^vres sont blanches en avant sur une plus grande etendue que chez les autres lions. A cote de cette race, du lion de Barbaric, de celui du Cap, a cri- niere moins prolongee en arriere et en grande partie fauve, et de celui du Senegal, on voit a la Menagerie une cinquieme race fort rare, le * lion du Darfour. Celle-ci a le pelage d'un fauve dore, la criniere tres prolongee en arriere (moins cependant que chez le lion de Barbaric), en grande partie brune, assez longue et frisee. Un bouquet de poils existe en arriere, de chaque cote, surle has du ventre. I I I t I -f V H 1 I f r Y m. I ^'■'-'r^--'-'->.-r ■- " '■■ ■--.: .--: .■■ ■ .r n VARIATIONS CHEZ LES ANIMAUX SAUVAGES, 323 les de I'espece pendant carnassiers « habitent depuis le 30*= degre de latitude sud jiisqu'a kO latitude nord (1). n Cette asser- 1, si fermement emise, n'est d'accord avec les fails pour le jaguar, ni pour le couguar. Tons deux S( modifient '? dans leur taille, leurs pro portions et leur pelage. Chez le jaguar, les taches 1 / blement de forme et de disposition ; et qui n'a point de taehes, c'est le fond de i change, iusnu'a faire eroire. si I'on np chez trait toutes les nuances intermediaires, a I'existence de deux especes, I'une d'un fauve roux et parfois d'un roux presquc marron, I'autre d'un gris roussatre qui passe meme chez certains individusaugris cendrepresque pur. Ces variations de couleur sont dans une relation ma- differences climatologiques : les individus les plus roux sont regions les pi t a plus gris, les plus decolores, ceux des pa\ la d ^' 1 nous avons vu venir le couguar a pelage roux-marron • et P limite septentrionale de I'expansion de I'espece, qu'elle devient grisatre, et meme tout a fait grise. Dans I'ancien continent, sans insister sur le Hon qui subit aussi des variations tres marquees (2), nous avons une autre espece concolore, le caracal. Ce lynx varie, lui aussi, selon les climats; il passe d'un fauve plus ou (1) GoDRON, De I'espece el des races dans les etres organises, Paris iii-8, 1859, t. IVp. Wi. ' . ■t (2 jVoyez la note de la p. 322. 3 I i I 4 i 4 J [ r i 1 >^ i * I III I ^' 1 U i f4 f- \ I I Hi ,1 . ***■ fe T h (I I r 1 f ' \ I ^fe I 4 H I » i.^. » * fr« » ^f I •* \^ ■-- ■.! I Ht* wrt: ?r2[i ?;oTioNS fondamemtalks, t.iv. ii, chap. xiv. moins roiix, seule coiilcur quo nous lui connalssioiis daiii les pays intertropicaux , ay ' gris I'oiissatre, qu tiquete de noir. C'est en Algerie (]u'il se presenfc nvec cette derniere robe. Parmi les especes tachetees, la panthere est si souvent noire a Java, qu'on a longtemps cru a Texistence, dans Felis renees celie lie, d'unc espece distincte, a pelage noir, le melas de Peron et de Cuvier. A part cette variete nienne (1) que sa frequence locale rend tres remarquable, J la panthere est loin d'etre tonjours la meme. On a si- gnale ses variations de taille et de proportii)ns, les diffe- presentent sa queue, (res inegalement longue, et ses taehes, plus ou moins grandes et plus ou nioins nombreuscs; mais on a omis d'ajoutcr que le fond de la coloration n'est pas non plus tonjours lem6me. Les belles taclies noires de la panthere se detachent parfois, au lieu d'nn fond jaunatreou meme d'un iaunepresque pur, sur ime teinte d'un gris plus o;i moins pide et a peine nuance de jaune. Yoihi done encore, dans la meme espece, deux pelages tres differents, I'un a coloration plus intense, 1 'autre plus pale et plus gris; et encore ici, le premier se rencontre dans les localites les plus chaudes, le h' - ■ second dans celles qui !e sont moins. Nous ne con- naissons encore la panthere a pelage gris qu'en Algerie, et senlement dans les regions elevees, les differences d'altitude produisant ici ce qui est ailleurs I'effet des ***■' f I / ^ \ \ (1) Variete, et iion race,. 11 nail dans les menies portees des indi- vidiis iioirs, et d'autres a pelage ordinaire. En dehors de Tile de Java, la variete nielanienne de la panthere parail au moins aussi rare que celle du jaguar en Anierique. ••r t I *■ f i i i ■rr ^■1 .^^ - '■'-'' -■' - -■ - ^- ■; ,-■'-' ''- . . ■ .1 « ■ ..In—.' I > "\ VAniAT)0.\S CHEZ LES ANIMAUK SACVAGES. o25 3reiices cle hUitiidc : dans les regions basses , I'espece reslc jaune on fauve, niemc dans le nord de rAfrique, et dans les regions oa grisonnc deja le eara- eal (1). La teinte ianve on jaunatre qui, avec des nuances diverses, caracterise si generalement les Felis des pays chauds, est done plus on moins stable selon les especes ; j^ inais quand elle varie, les dilTerences sont dans le meme sens, et par consequent il y a lieu de les attribuer a de semblables influences. Le meme savant selon lequel le jaguar et le couguar seraient partout « idenliques», croitpouvoiraffirmerque « le tigre royal n'a pas varie » : cependant, ajoule i'au- teur (2), d'apres Humboldt (o), « le tigre vit dans les lies » de Java et de Sumatra ; i\ se retrouve dans I'inde con- » tinentale, dans I'empire chinois, en Mongolie, et s'etend » memo en Siberie jusqu'aux sources de I'lrtiscli et de >' robi. » Telle est, en effet, la distribution geographique aetuelle du tigre royal; on I'a trouve jusqu'au 50" degre de lalitude nord , et meme an dela ; et ce carnassier qu'on avait si longtemps presente comme propre a la taune de I'Asie meridiouale, se rencontre, dans quel- ques localites, avec des especes plus ou moins boreales ; p (1) Et ou le lion lui-memo est,commeoii ravu(p. 322, note), uioiiis roLix que dans les parlies les plus chaudes de sa zone d'habitation. (2) Loc. cit.^ p. Zio et /i4. (3) Asie centrale, Paris, in-8, J 863, 1. 1, p. 339, et t. Ill, p. 9G. IR MBOLBT avait dejk appele Tattention sur ces fails dans ses Frag- nienls de geologic et de vlunaUdogie asialique, Paris, in-S, 1831, t. 11, 1>. 391. Voyez aussi Ehke?sbl;k<; , Sur le tigre da nord^ dans les Anncdes des sciences naturelles, t. XXI, p. 387; 1830, ■i \ m) ^^ I 1 I I i I. A IMl t M I \\ MI'Nt^ *^ i 1 1 i *f 1 .■* m i >^ r 1 5 { i ■ I ** f I f T I L F I 1^* ;i I ► I i> f^^ (« h i I I 'I f ^- r-- "• ^'-T -• -^ f ,A 326 NOTIONS FONUAMENTALES, LIV. 11, CHAP. XIV ielan lui-meme devient efois la proie du tigre royal. Nous pourrions faire remarquer que, Humboldt , qui a surtout appele I'attention des iialuralistes sur ces red mon ir^ qu s n'ont lieu excursions que le tigre sous / que I'ete, dans les I'mfluence de diverses causes, hors de sa veritable zone d'habitation. Toutefois, ses limites ainsi rectifiees, cette zone resle encore Ires vaste : elle s'etend depuis I'equateur jusqu'en ]VJantchourie(l)et en Siberie 5 et Ton est fonde a dire que le tigre habite a la fois des regions climatologiquement tres differentes. Mais on se trompe, lorsqu'on ajonte que le tigre conserve, dans toutes, les memes caracteres. A la verite, lefond de la coloration de sa r I robe varie pen ; le fauve, plus stable deja chez la pantbere que cbez le caracal et le couguar, Test encore davantage cbez le tigre : dans ces memes regions septentrionales w oil la pantbere ordinaire (Felis parclus) est reinplacee par la pantbere du nord [Felis irhis) a longs polls gris 2 X ,le tigre est encore d'un beau fauve roux. Mais, sur ce fond a peine modifie (3), les barres varient, selon les pays. I I I pt H -t ■^ *( I ^ / 1 (1) Une peau de ce pays, malheureusement incomplete, a ete doa- nee au Museum dliistoire naturelle par notre genereux consul en Chine, M, de Montigny. S. A. 1. le prince Napoleon a bien voulu me communiqiier line au- tre peau, envoyee aussi en France par M. de Montigny, et qui offrail jeneralement les memes caracteres (voyez p. 327 et 328, note). (2) Voyez Humboldt et surtoutEHRENBEKG, locis cit. —Cette pan- there estsouvent d'un gris tresclair, d'oiile nom dePanthere blanche sous lequel elle a ete designee par plusieurs auteurs. (3) Encore existe-t-il au Musee de Moscou, ou il a ete vu [)ar f I 4 h %i 1 ! I t t X ' g' - ^ '^ L ] VARIATIONS CHEZ LES \NiMAlJX SAUVAGES. 397 eii noiiibrc el: en efeoduc, ei; fonnent des dessiiis ires dil- lerents ; tellement qu'entre ces memes tigres du sud et da nord que qiielques auteurs disent si semblables, d'autres ont crii trouver des differences de valeur speeiiique. Le tigre de Siberie a le pelage beaucoup plus long , et la queue abondamment fournie ; une petite criniere sor- monte le derriere de la tete el le devant du cou, et il existe, sur la moitie posterieure du corps, « uneraie noire longitudinalc presque complete », resultant de la reunion des origines des raies transversales (1 ). N'v a-t-il meme entre les diverses races ou varieties locales du tigre royal que des differences exterieures, ou M. Ehrenberg (loc. ciU, p. 393), uii tigre sibenen, qui, en meme temps quMl est plus grand, « se distingue par un fond h'mi plus » pale et par des bandes transversales phis brimes que noires ». Ce' meme tigre a un rudiment de criniere. La couleur varierait-elle, selon les saisons, chez le tigre, cemme chezplusieursespecesqui, fauvesou roussesTete, palissent et grison- nent durant Thiver? On sait combien est grande en Siberie, comme dans tons les climats dits continenlaux, la difference des temperatures estivale et hivernale. (1) Ehrenberg, loc. dt.\ et Fischeh^ de Moscou (cite par M. Ehren- berg, ibid.). Fischer est du nombre des naturalistes qui avaient cru pouvoir distinguer le tigre de Siberie de celui du Bengale. Mais les auteurs se sent generalement ranges Ji Topinion qui voit dans le tigre du nord une variete ou mieux une race du tigre royal. Cette race a ete appelee Felis tigris altaicus, par TemmiiNXK (voy. Coup d'ceil sitrles possessions neerlandaises dans I'Inde archipelagiqtie , Leyde, in-8, U I, p. 88; ]8Zi7). r Tettiminckadmet deux autres races: F. tigris indicus et K tig'^i^^ n ■ sondaicus, • , Le Ugre de Mantchourie que ce savant zoologiste u'a pas conna^ ressemble par la plupart de ses caracteres, a celui de Siberie. Voici le.s i4 \ ^ n I i¥ \t I " * f1 i rt ■ ■ t 1 oar A > ■J ^ L il r I :| 1 *f .f *^ I \ n, 4K i» i k I r t ■ 1 I r ^ 1 4 tl r .11 ; ¥^ i 1 1 I r P« ft i! •r * • * V i 328 NOTIOiNS FONDAMENTALES J ( LIV. II, ClIAt'. XIV. rs foisrenondu.dt coLirs, a cetle question, en metlant comparativement sous les yeux de mes auditeurs, unc serie de cranes de divers pays. Cette serie etablie, la comparaison fait saisir aussitot, a part les (3aracteixs de sexe et d'age, des differences dont les plus marquees se rencontrent chez le tigre de Sumatra : cbez lui, I'apophyse zygomatique se detache du temporal sous un angle voisin de Tangle droit, et se porte notable- ment plus en dehors que chez les tigres de Java (1) et chez ceux du continent : d'oii resullent un ecartement plus grand de I'arcade zygomatique et ime inegalite Tl ^ moindre entre les diametres longitudinal et transversal principaux, d'apres Fexamen que j'ai fait des deux peaux envoyees par M. de Moutigny, etsurlout de celle du Museum. L'une et I'autre viennent dMndividusdegrandetaille : eelle du Museum ii'a pasmoius, sans compter la queue, de 2"\/i0. Les barres sont plus nombreuses que chez le tigre de Tlnde, et un plus grand nombre d'entreelles sont bifurquees. Sur ledcs, lesbaudes droite et gauche se reunissent deux a deux, en s'inflechissant en arriere, et dessinant comme une suite de pointes de fleches dirigees vers la queue, et dont la serie forme sur le milieu du dos une ligne longitudinale continue sur les deux tiers posterieurs, et qui exisle aussi plus en avant, mais non continue. La teinte generale est la meme que chez les tigres indiens, mais les poils sont beaucoup plus longs et moins rudcs, et ils out, au moins dans une grande partie du pelage, la racine brunatre. Le dessous du cou, au lieu d'etre blanc, r est gris. Enfin il existe vers la nuque, une petite criniere qui rap- pelle celle du guepard : elle est composee de polls plus doux que les autres, et longs de 7 a 9 centimetres. On sail que chez le tigre du Itengale, les poils s'alloogent sur les cotes de la face, mais ils sont nn sur la tete et le col. (1) On voit qu'il est peu exact de reunir les tigres des diverses iles de la Sonde, comme le fait Temmiixck (voy. p. 327, note), en une seule race, F. tiQris sondaims, race que I'auteur avait etc sur le point d'erigeren especedistincte. I I U * i * : r -- 't - - - * \- „ V - '.-, ^ VAlUATlOiNS CHEZ LES AiNIMlUX SALVAGES. 19 ] / dela tete (1). Ces differences, apres lesquellcs j'en pour- rais citer quelques autres moins remarquables, indiquent uri developpement encore plus considerable que chez les autres tigres, des muscles elcvateurs de la machoirc I inferieure : le tigre de Sumatra doit, etre le plus redou- table de tons les carnassiers actuels {'2). I l« I ti f » \ I I f k ^ \ Ilf. i^ I Parmi les classes du regne animal, il en est une, celle des oiseaux, ou Ton trouve, dans un grand nombre d'es- pcces, ce qu'on avait pretendu e.xister chez plusieurs des precedentes : une distribution geographique tres ctendue, des habitats cfimatologiquement tres differents, et ponr- tant des differences a peine appreciables ou memo riulles. On voit dans tous les grands musees des especes de plusieurs families, representees par des series d'individus semblables entre eux, et pourtant originaires de deux bu meme de plusieurs parties du monde. Mais que conclure de ces ftiils contre la variabihtedu type: 1 (1) Ces (liameLi'es soiit Tun de 32 centiraelres, I'autre de 25. Jeles trouve chez les autres tigres, de 35 et 2k, 3Zi et 23, £3 et 22, 31 et 20. La difference est, comme on le voit, Ires prononcee. Je n'aipu, malheiireusement, etendre cette comparaison au tigre du nord. Celui-ci ne nrest connu que par sa peau. (2) Des differences craniennes analogues existent entre les Hons de divers pays. Je me borne a indiquer ici ces differences. .Si elles n onl pas ete niises suftisammenl en lumierc, du moins les auteurs ne les ont-ils pas niees comme les precedentes. i ( < if*' 1 f * i I M it I'. i p^i il I 1 H \ i J I 1 !*« )!" ^ n il I f ■ ■ i' ^ r$ i » I 4' ^ I i: * i T # k. H ^ n n H tt , I '' I r I i ' ( I r I / ,-/ 330 iNOTIONS FOINDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XIV. L'explication en est facileinent donnee par cc qu'oM sait des loinlains et rapides ^'oyages des oiseaux ; les ims, erratiques, et souvent entraines a de a:randes distances par des causes accidentelles ; d'aiUres, tres nombreux aussi, emigrant chaqiie annee, selon le cours des saisons. Comment s etonnerait-on de voir plusieurs especes d'oiseaux de proie, a vol puissant, repandues de la France aux extremites de I'Europe, et meme jus- qu'en Asie ou en Afrique, quand on a vii un aigle botte venir, a la suite d'une tempete en Orient, jusqu'aiix ' portes de Paris (1); un fliucon pelerin, trop ardent a la chasse, s'egarer a Fontainebleau et se retrouver le len- demain a Malte; et un autre s'envoler, en seize beures, d'Espagne aux iles Canaries (2) ! Et comment nos hiron- delles ne se retrouveraient-elles pas en Afrique, jusque dans la zone torride et sur la cote occidentale, avec les t caracteres que nous leur voyons chez nous? La memo hirondelle est tour a tour europeenne en ete, africaine en hiver : une semaine, moins encore, lui suffit pour passer du nord de la zone temperee dans la zone torride : ce n'est done pas seulement I'espece, c'est I'individu qu'on pent dire presque cosmopolite. Ici done, et de meme, a des degres divers cbez foutes les especes emigrantes, point d'influence permanente des circonstances locales. (1) Get individu fait aujourcrhui partie des colleclioiis du Museum d'hisloirenaturelle. r (2) De ces deux faucons, le premier appartenait au roi Henri II; le second au premier ministre du roi d'Espagne, le due de Lerme. Ces exemples, dont les circonslances princi[3ales sont liors de doute, r J out ele rapportes par un grand nombre d'auteui's. Voyez, entre aulres, BuFFON, Histoireiiatiirelle des oiseaux^ t. I, p. 32. I i \ I i VARUTIONS CHEZ LES ANIMAUX SAUVAGES. O 31 11 eri est menie encore ainsi des especes qui, sans etre periodiquement emigrantes, sont voyageuses ou erraliqiies : des ecbanges d'individus ont souvent lieu entre les divers pays ou elles sont reoandues, et les melanges qui en resultent empechent la formation de races locales aussi dislinctes que dans les autres groupes. Cependant, ici meme, et jusque parmi les especes les plus voyageuses, une observation attentive fait parfois saisir des traces manifestes de I'influence des differences de climat. D'apres les observations de Fornitbologiste qui s'est le plus attache a la mettre en lumiere, M. Gloger, les hirondclles elles-memes n'eCbappent pas complete- ment a la loi commune : celles dont la zone d'habitation comprend des conlrees generalement plus chaudes, us profond ou plus rougealres que sont d'un noir celles dont I'habitat est, en mo\ >5 pte des pi trional. I intense (1 Chez les oiseaux sedentaires ou peu voyageurs, les variations sont bien plus prononcees, et elles ne le cedent meme en rien a celles que nous venons de ren- contrer chez les mammiferes et que nous retrouverons dans d'autres classes. On pourrait meme croire les oiseaux plu iables encore que les autres animaux ; car, tandis bles chez la plupart des qui se efi chez les oiseaux. Les (1) Gloger, Das Ahmdern der Vogel durch Einlluss des Klima's, Breslau, in-8, 1830. — Pour les Hirundo rupestris et H. rustica, voy. p, 15[\. ^ *' 1 \ -1 } i ■ I V i'R < ir' I h / I ^ f H u / \ H I I I \ i I >♦ * I L ■ J f : f ' r )!& f n fiJ 111 > J • L. JIJ. ^^triuXAt^j-^-wtirH-^w-t m t * t :l ■» 1 t I .- 1 • r It i I ii i fr* \ I t? ^ *■> '■7 U> .NOTIONS FUINDAMluMALKS, LIV. II, CHAt*. XIV. especes de cetle classe, dit JVI. Godron lui-nieme (1), « qui se renconlrenl a la fois dans le nord dc la France » et en Algeric, sont plus petites dans noire colonic » africaine. » j:.'auteur ajoute qu'il a lui-mcnne constate celfe inegalile de taille (2). De semblables faits ne sont pas rares dans la science, 4 el pour en Irouver, on n'a pas besoin de comparer entre deux p du E Alrique, selon Temminck (o), on voit les memos especes de passereaux {li) plus grandes, et aussi plus vivemenl colorees, au Senegal et en Guinee que dans diverses H eontrees plus arides de I'Afrique meridionale. Des difte- rences non moins prononcees, mais en sens inverse, existent ehez I'autruehe ; et elles ont ete chez elle bien mieux etudiees, en raisori de Finteret qui s'attacbe com- mercialement aussi bien que zoologiquement au plus grand - des oiseaux. L'autruche est de plus haute taille au sud et au nord de I'Afrique qu'au Senegal et dans le Sahara; et les proportions et les couleurs de ses pennes alaires et caudales presentent des variations locales bien con- nues des naturalisles el surtout des ncgocianls en plumes : (1) Loo. cit., p. o8. (2) J'admets avec liii celte inegalile, niais non comme generale; elle est seuleuient commune a nn grand nomhre d'especes. (3) Histoire natureUe generale des pigeons et des gallinaces, Ams- terdam, in-8, I. Ill; 1815. Voy. p. 39/|. '^ (Zi) « Tons les oiseaux », dit Tauleur. Mais il est clair. d'apresce fiu'il dit des << couleurs brillautes » des especes dont il parle, qu'il s'agit surtout ici des passereaux. Meme ainsi I'eslreiule, la proposi- J tion emise par Temminck nc peul pas etrc acceptec commc absolu- ment vraic. I I I » K \ VARIATIONS (ME/. LF.S A^nIMAUK SAUVAGKS. 353 ce,iix-0( out (lepuis longleinps (listingiie, conime ils le (iiseiit, aulant de sortes qn'il y a de provenances La denudation des meilibres posterieurs, caractere auquel les zooloeistes out attache cbez les oiseaiix iine grande valeur, n'est pas non plus egalement cteudue cbez les autrucbes de tons les pays ("2). En Asie, j'ai signale depuis longtemps (3) des diffe- rences tres sensibles dans la taille de la plupart des passereaux de Ceylan. compares a ceux du Pegou : ce soiit les individus insulaires qui sont les plus petits, et ils different en meme temps, mais tres fiiiblement, par leurs couleurs. Parmi les especes de notre faunc, des variations plus u ou moins marquees s'observent, non-seulement cbez les individus europeens compares a leurs analogues dans d'autres parlies du monde, mais, en Europe meme, d'un pays a rauire, particulierement selon les differences de latitude. Les observations tres mullipliees et Ires (i) Sur ces A'werses sortes, voyezGossE, Desplumes cl autr uche , (Um le Bulletin de la Societe d'acdimatation, L 111, 1855; p. 552 et 565, et, Des avanfages que presenterait la domesiication de I'autruche, Paris, 1857, in-8, p. 52 et suiv. (2) Comme I'a surtoiU recoiinu le prince Ch. Bonapaute. Ce celebre zoologiste avail memepenseun instant (voyez les Comptes rendus de I'Academie des sciences, L XLlil, p. 8U, 1856) a eriger en une espece distincte, Struthio epoasticas, une race plusdenudee en meme temps que pins petite, chez laquelle, il est vrai, on avail cru trouver aussi une difference osteologique. (3) Introduction a la Zooloqie du Voyage aux Indes orientales de M. Belanger, p. 15; 1830. Comme les precedents, ce fait n'est pas r absolument general, mais je I'ai constate pour la plupart des passe- reaux proprement dils et des zygodactyles. \ u HI I J I I {l « \ IM I i. \ \ 'i I V ■ ^ 1 - ' I i [ • 1 •'l i ^ i / 33/1 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. Xl\ •> exactes de M. Gloger mettent hors de doute, pour im grand nombre d'especes, I'existence d'lm plumage plus terne, plus grisatre, moms colore, dans le sens physique de ce mot, Chez les individus de pays plus septentrionaux ; plus teinte de jaune, ou encore et plus souvent, de ou de roux. c rouge, -a-chre a la fois de jaune et de rouge, dans les regions plus meridionales. Ces differences sont tres sensihles, lorsque Ton compare les individus euro- des 1 epre'sentants des raemes especes en Afrique et dans plusieurs especes, il n'estmeme pas besoin, pou r les saisir, de sorlir de I'Europe. Plusieurs oiseaux, de dit ferents ordres, sont deja sensiblement plus rougeatres ou ans Ic midi de I'Europe qu'en France et en encore, dans ces deux pays, relativement meridionaux, qu'en Russie. M. Gloger cite particuliere- ment le chat-huant comme un exemple de ces dernier 'es differences : les premieres, qui sont bien moins rares se rencontrent dans des especes de tons les t )rdres mais smlout du groupe des passereaux (1 Des differences assez prononeees pour n'avoir pas ete seulement par les naturalistes, s'observent remai meme entre les individus de pays voisins, mais divers par la nature de leur sol, et par consequent par la quantite t la qualite de leurs productions vegetales. On s'ex- ( / plique ement que des animaux inegalement nourris ne s'accrois,sent pas egalementi mais, dans ces cas ce n est pas seuu coloration qui se 1 En comp s di 1 I i » \ (1) Gloger, loo. eiL, p. iiii et suiy, * # i I' i ]\ \ V VARIATIONS CHEZ LES ANIiVIAUX SAUVAGES, 335 g rises de la basse Hollande et celles de la Belgique, Temminck a constate que Ics premieres sont moins grandes et de coiileur plus sombre que les secondes ; et a celles du celebre ornithologiste hollandais ; et, les I etendant a la perdrix rouge, its out, en quelque sorte, vulgarise ce fait : les perdrix varient, selon les localites, de taille, de couleur et de gout. Les oiseaux peuvent done egalement se modifier sous I'influence des differences de climat, et, le climat etant le meineoupeu different, sous celle des differences desol. Telle est la conclusiou de Tensemble des faits qui h precedent et d'une multitude d'autres, et les partisans de la fixite du type ont ete eux-memes obliges de le recon naitre (2). (1) Hist. 7iat. des pig. et des gallin., t. Ill, p. 393. (2) Plusieurs, toulefois, ne le font que tres incompletement. Les uns n'adnieUent guere que rinfluerice da climat, les autres que celle du sol et dela nourriture: n'apercevant alnsi que la nioitiede la verite. C'est ainsi que, meme pour les variallons les plus counues, celles de la perdrix grise, par exemple, Degland fait de I'influence du climat la cause predominante et presque unique des variations: la nourriture, selon lui, « procure seulement plus d'embonpoint» {voyez Or nithologie europeewie, Paris et Lille, in-8, 18/19, t. II, p. 61). Pour TEM^imcK, w au c'ontraire {loc. cit., p. 19Zi) , « les dissemblances dans la taille » ou bien dans les couleurs plus ou nioins pures ou brillantes du ^ plumage, tiennent uniquemenl a des causes locales, et sont deter- >> minees par I'abondance ou la diselte de la nourriture «. Ce dernier F membre de phrase est nianifestement beaucoup trop restrictif. ^- de semblables differences, ajoute-t-il, ont souvent lieu i ! i dans les diverses parties d'un meme pays, selon leur degre de fertdite (1). Les chasseurs ont fait presque dans toutes les parties de I'Europe des observations analogues I ^ k J . 1 I \ ^\ I / .» ; < I r ) 1 i t h . t K 336 NOTIONS rONDAMFMALES, LIV. !I, CHA?. \JV. / T\ 1 h 1^ » . I I ■ I I \ i Les variations ne sont pas plus rares chez les lebres. En comparant nos sauriens et nos opl presentants des memes espc dans d'autrcs regions, on voit, sinon toos ces animaiix, dii moins les plus commons, qui sont trop souvent les seuls bien conn us, subir graduellement des modifications notables, au moins dans levn^s caracteres de couleur et de taille. Pom^ prendre un exemple dans chacun des groupes principaux , je citerai notrc lezard vert et notre vipere commune : le premier beaucoup plus grand, et aussi plus vert, dans le midi de I'Europe (1) : la seconde pre- sentant des difierences locales plus remarquables encore, peme ? d o multitude des modifications individuelles que subit aussi respik^e. Dans la meme classe, on a aussi des exemples parmi les especes etrangeres,particulicrement cliez celles sur lesquelles les singularites de leur organisation, leur graiide taille, ou d'autrcs particularites ont surtout fixe rattention clesobservateurs, comme le crocodile vulgaire, le oameleon ordinaire, le scinque officinal, si recherclie autrefois comme espece medicinale, et ces grands ser- (i) II est dejk tres modifie en Provence. En Sicile, il a tant « change de livree » qu'il semble avoir « change d'espece», dil M. de Quatrefages, Cou?^5 d'anlhropologie^dsmsh Jlevue des cours publics, n** dii 3 ^lout 1850. I I L" I i F. X I I "^T \ i ^ VAfUATlONS CHEY, LES AMMALX SAUVAGES. 337 penis des genres pyllion el boa qn'on voit anjonrd'hui si souvcnt dans les menageries, el jusquc dans les exhibitions foraines. Parmi les batraci de sortir de notre pa\ pour rencontrer de notables variations, soit chez les urodeles, soit cbez les anoures. Pour citer en exemple I'espece la plus commune, notre g differente du nord au mid Fi et des regions ba aux regions ha u les, de de notre Rana viridis^ d'une espece merid ritima, et d'une autre alpine, R. alpina. t Les differences locales des poissons interessent non- seulement I'Histoire naturelle, mais aussi ralimenlation piiblique, et elles n'ont pas pour observateurs les s pecheurs mettent le Aussi a-t-on ici un ^rand nombi d pies. D'une mer, d'un lac, d et surlout dans ses d sns ses proportions avec sa taille se odipj .J de sa chair. brochet est ucoup plus grand dans les eaux du d en en Ecosse, on sa chair est de Ires bonne qualite, Russie, en Siberie, il depasse souvcnt en longueur, un metre et demi, et en poids, 25 kilogrammes. La Iruite est plus petite sur les hautes montagnes que dans lesvallees: sa longueur moycnne, d'apres des mesures prises par M. Valenciennes sur un grand non bi d'individus, est, dans les torrents du mont Cenis et ties parties htintes desPyroripes, de 14 centimetres, m. 09 .( «-) I I \ I \ fl I ■<^^| h ' - I y. I- *. I > »L f f i ■ ' 1 ( ii ■ i ^ 1 1 ^ t S 1 .ni I h I ii w ■J if V I >1 ? / / 338 et NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. 11, CHAP, XIV, les rivieres de la les noissons de m( d de pr ! de ij m^me des ine^alites de taille, et aussi oueknies aiitres dif' p6cheuri ferences, depuis longtemps remarquees par les ecossais et norvegiens : selon eux, cfn devr admettre que « chaqiie espace d'eau contient des harengs me me » de grande on de petite taille, presque toujours faciles V a distinguer de ceux qui habitent les eaux voisines . » -I M. Valenciennes, qui re'sume en ces termes I'opinion ! «unanime» des pecheurs (2), ne la partage pas entiere- ment; et encore moins accepte-t-il la distinction speci- fique du grand et du petit hareng, admise un moment comme presque specifique par Linne lui-meme (3). Mais ce que le savant ichthyologiste n'hesite pas a re- connaitre , c'est I'existence de « differentes races de harengs ». 11 cite, par exemple, comme plus petits, les harengs de la Manche, et comme plus grands, ceux des lies Shetland, qui sont en meme temps moins bons, et ceux de la mer Blanche et de plusieurs nutres localites, la plupart tres septentrionales.Ces inegaliles de dimensions 1 I* f j- I r I V i. fr \ 'i •( t f 1 I 4 i X 1 1 1 • 1 r 1 ■ i: i J n \ P / \ \ 3/4 NOTIONS FONDAMENTALES, IJV. II, CHAP. XIV. teinte plus ou moins A rougeiilre chez les poissons dits saumones; et parmi ces poissons ne se troiivenl pas seule- ment le saumon et d'aulres especes cbez lesquelles cette teinle est normale ; elle exisle aiissi cbez nn grand nombre de truites communes, cjuoique la blancheur d'e leiir cbair soil un des caVacteres de lear espece, selon lesichthyolo- gistes(i). Les truites communes saumonees ctles blancbes se trouvent parfois dans le meme pays, mais dans des cours d'eau differenfs (2). 11 est remarquai^le que les truites saumonees sont quelquefois, exterieurement, pbis pales que les autres. Un autre fait, bien plus remarquable encore, qu'a fait eonnaitre M. Coste, est la transmission bereditaire de la feinte saumonee : les femelles qui Font prise, pondent des oeufs dont « le contcnu est lui-meme impregne de » la matiere colorante, et I'intensite de la coloration est » proportionnee a celle de la mere (3j. » {1} CvymK, Regne animal, UW, l"ccl.,i817, p. 161; 2^ e(m.,1829, p. oOli. (2) C'est ce qu'on observe, par exemple, dans les Vosges, dont les diverses Iruiles ont ele etudiees et coniparees avec soin par M. le docteur Turck. Celles du ruisseau de Plombieres ont la chair blanche, cellcs de la Moselle sont saumonees. les premieres sont plusbrunes. r M. Turck a aussi compare les truites d'6tanget celles de riviere; eta r constate entreelles des dinerences,notamment dans la forme de la tete. . M. Turck a bien voulu m'envover des truites de ces diverses Idea- V lites, et me mettre ainsi a meme deconstaJerles^differences qu'il avail observees. (3) Coste, Observations relatives a Vheredite, dans les Cowpt. rend, de I'Acad. des sc, t. L, p. 1012; 1860. « Si, au contraire, ajoute Tauteur, les femelles sont placees dans des conditions ou la chair perd cette teinle, les oeufs qu^elles ponden sont blancs comme la chair de la mere. » / I / i \ r I I i / 4 n \ r '.■ ■J r - ' ■ " ^ -.^ ., .- - - ! '-. -■ f 1^9 I I I / VAIllVriOxNS CHEZ LES AMMAUX SAUVAGES. ok\ V. Les exeiiiples de variations locales soiit nombreux aiissi dans les niitres classes du regne animal, et lis le seraient bien davanlago si les zoologistes, Irouvant reunies dans les musees ct dans les colleclions parti- culieres une multitude de varietes, ne s'etaient bien plus attaches a rapporter exactement chacune d'elles a son type specitique qu'a en determiner rigoureusement I'origine geographique : d'ou la confusion, si frequente encore dans la science, des varietes seulement indivi- ■t duelles, et de celles qui, localement conslantes ou habi- tuelles, peuvent etre rapportees aux influences climatolo- giques. Les zoologistes comprendront-ils enfin generale- ment que, s'il est utile de savoir comment varient les especes, il ne Test pas moins de savoir ou dies varient? Les lacunes qu'on regrette de rencontrer ici dans la science, ne sont da reste pas telles que nous soyons condamne a nous arreter, dans notre demonstration, a la limite qui separe les vertebres des autres embranche- ments zoologiques. Bien loin qu'il en soit ainsi, nous pouvons affirmer que ce qui est vrai des uns Test aussi des autres; ou s'il existe une dilTerence, c'est que les F , varialions deviennent encore plus frequentes apres les vertebres que parmi eux. Chez les articulcs, elles le sont meme, dans les especes a(juatiques, au point de pouvoiretre dites non-seulement pen rares^ mais communes. 11 en est snrtout 'ainsi de I m ^ \ i 1 I'i i <»« f If \ k- I Ul \ i \ \: t r » ! 5 1 > ^1 ■ 1 J tv. t> r * ^ l> F , / / \ V \ 342 NOTIONS FONDAMENTALESj LiV, H ClIAt*. XIY. eelles qui portent sar la (aille et les proportions. Ce qu habituellcment servi sur nos tables,- I'ecrevisse, est vrai aussi de plusieurs autres crustaces, soit fluviatiles ou lacuslres, soit marins. Au milieu des nombreuses que ces animaux presentent dans Eirrive souvent a reeonnaitre qu'ils 4 ; unes, a une taille au-dessous de ndividuelles les oiemes eaux parviennent, da 5 ils restent toujours dans les autres; si bi que les divid q regarde dans une localite ds, seraient parfois appelcs petits autre. Memes faits cbez les vers aqnatiques, ct parficuliere- ment cbez les s^ngsues, a I'egard desquelles ils sont bien mienx connus, paree qu'il etait bien plus utile de les connaitre. La sangsue medicinale a ses « races tres grosses, petites, tres petites, » dit I'auteur qui a le plus rccemment expose I'etat de nos connaissances sur cette birudinee (1); et ce n'est pas au basard et sans tenir compte du vrai sens de ce mot, qu'il se sert du mot races; car, comme il le fait remarquer, les diffe- \ rences de taille sont hereditaires, « les races tres grosses « produisant des germements plus gros qui croissent plus --^ (1) Ebrard, Nonvelle monographie des sangsues medicinales, Paris, in-8, 1857-, p.'il. — Voyez aussi Fkrmond, Monographie des sangsues medicinales, Paris, in-8, iSol\, p. Zi/i3. Ces deux auteurs, soit d'apres des documents commerciaux, soit d*apres leurs propres observations i ont ajoute de nouveaux faits k ceux qu'avait deja reunis M. Moquin-Tandon dans sa classiqae famille re edit., in-/i, 1827 : 2% in-8, I8/16, ^ I f \ < • !■ I ■'-- -T.- ' • - - I '■'' . ■- :■ .><': ^\ ^:a ^■■ I \ I* ! I * VARIATIONS CHEZ LES AIMMAUX SAUVAGES. 3/j3 » raftidemcni el atteigncnt plus tot le poids des sangsaes w [iiarcliiiudes. » Parmi les articules terrestres, k taille, sujetle a moins de variations, est cependant loin d'etre fixe ; et ici il n'y a nultement lieu d'excepter les insectes, malgre Taulorite, tres grande partieulierement a I'egard de cette classe , d'un de mes plus savauts confreres. « Jusqu'ici », disait-il il y a vingt ans, « on n'a pas remarque que la taille de » ces animaux (1) soit notablement modifiee par I'in- » fluence des drconslances exterieures au milieu des- » quelles leur developpement s'effectue. » Le zoologiste eminent qui a ecrit ce passage se garderait bien, nous croyons pouvoir le dire, de le reproduire aujourd'hui, gi partisan qu'il soit encore de la fixite de I'espece. Tous les entomologistes, ceux du moins qui ne voient pas toute la science dans la distinction et la description des especes, et qui s'attachent a les suivre dans toute leur zone d'habi- tation, reconnaissent en effet, aujourd'hui , I'existence, w I dans presque tous les ordres, de variations locales tres h r h marquees dans la taille et dans les proportions. Chez les coleopteres en parliculier, il n'est pas rare que i'espece soit repre^e^ntee dans les pays chauds par des individus de plus grande taille que dans les pays froids ou temperes. C'est ce qui a lieu chez plusieurs carabes, dans quelques genres voisins de ceux-ci, et parmi les lucanes. Le plus remarquable deces derniers, lecerf- volant, a ordinairement, aux environs de Paris, de * (1) Des. animaux inferieursD, dit, en termes generaux, Tautour tie ce passage. Mais les mots qui suivenl montrentqull s'agitplus particulieremenl des insectes* w I 'I ir I t^ 14 q I i III I i- f X M M - ". f h- D«t# k' \ ^ I t! 1 I t tt i II I { I Font iNOTIOiXS FONDAMENTALliS, LIV. II, CHAP. XIV (i) : plus grand a -1 / • \ deio nlctemcnt. M S une par s. points, a 6 centimetres : il presente do des differences tres notables dans ses ( dans le Midi qu'il atteint la plus gran A cote de ces differences dans le^ a des differences de cliniat, il en est d' sectes, dont la loi nous ci tet a VQ varier d'unc part' des especes du genre Per Des observateurs rion rnoins exacts, qui ont compare les lepidopteres communs a I 'Europe et a rAmerique du Nord, ont reconnu que les individus auiericains sont, dans quelques especes, plus grands, dans d'autres, pi pelits que les notres Les variations de couleur ne sent pas non plus rares (1) On trouvait autrefois, tres pres de Paris, des individus de 5 cen- timetres. Ces grands cerfs-volants venaient d'une localile particu- Here du bois de Boulogne. On voit par cet exemple que des influences locales peuvent, dans quelques cas, produire les m'enies effets que Tinfluence generale d'un climat plus favorable. (2) Au contraire, selon M. Lucas, Exploration scienlifique de VAl- gerie {ArtihuUs, V^ part., p. 331), un niyriapode commun a TEurbpe etaTAlgerie, ]e Craspedosama pohjdesmoidesy serait plus petit dans ce dernier pays. Mais, d'apres les details dans lesquels entreM. Lucas, les individus algeriens paraissent appartenir a une espece notable- mentdifferente. (3) La Perla cephalotes. — Voyez VHistoire natureUe des insectes nevropteres, Perlides, Geneve, in-8, 18/il, p. 199, (/l) Voyez BOISDUVAL et Leconte, Histoire gmerale des lepido- pteres de I'Amerique septentrionale^ Paris, in 8, 1832. Voyez, par exemple, Tliistoire des Colias^ p. 63. \ ^ ^1 I I y ''■ i. p ¥ I / II I * r f I t I • I VAIIIATIONS CHEZ LES ANIMAL X SAUVAGES. ll eh tres communes. Parmi les aquatiques, I'ecrevisse presente dilK Pl dans plus foncee ; dans q d uns, ellc passe Les crustace's marins sont de di\ pies, ]c Ca Telles Parmi les vers , la sangsue medicinale est encore le meilleur exemple qu'on puisse citer. L'Histoire naturelle a ete ici devancee par le commerce dans la distinction de plusieurs races locales differenles, soit par la teinte generale, soit par la disposition des laches, entre autres, la sangsue landaise, qui vient du midi de la France; la hongroisc' et la georgienne, dont les noms indiquent bien les origincs, et la syricnne, qui vient de diverses parties de I'Orient : celle-ci d'une valeur com- merciale nofablement moindre ; ce qui montre que toutes ces sangsues ne different pas seulement par la couleurde leurs teguments (1). \ ± J (J) Sur ces variations, voyez: MoQmN-TA^iDON, Fermond, I^brard, et les autres auteurs d'oiivrages, soit sur les hirudinees, soit sur la sangsue medicinale; Et FOURNET , Recherches sur quelques animaux aquatiques du bassin du Rhone, dans les Annates de la Societe des sciences et d'agricuUure de Lyon, 1853, pages 152 a 159. Dans cet excellent J. travail, I'auteur, metfant h profit, outre ses propres observations, des indications donnees par M. Poggi, suit la sangsue dans le nord de la France, dans le Lyonnais, en Provence, dans les landes de Bor- deaux, en Corse, en Italic, en Dalmatie, en II ngrie, en Pologne, en I i i ■ ■4 * *4 ill M (» -> —^-w 4 '\ iW» A- \ I I I I ■^ S .VARIATIONS CHEZ LES ANIMAUX SALVAGES. ^ I par M. Lucas, qui a constate I'existence de modificati locales, parfois tres notables, mais non touiours dan 547 irieme sens Sege senoculata est annelee abdominales plus marquees en Al des especes, et parfois ou 1 'inverse a4ie aussi , dans r Le :|ues especes, des d sen sibles entre les individus algericns et les e'gyptiens, et meme entre ceux d'AIger el des autres provinces algeriennes (2). Chez les articules, aussi bien que chez les vertebres, nousdevonsmentionner, a cotede ces variations de taille et de couleur dont les analogues se retrouvent dans tons les groupes^ des modifications specialespropres a certains types dans d'un test plus indure qui a lieu chez I'ecrevisse dite de roc/ie, qui'habite sieurs ruisseaux de I'Auversne dont les eaux conlent r , I precipitent des lits tres inclines : cette temps plus petit de son aile poster Papilio pammon \ i I les localites; il en est ou disparait cet appendice, Le lygee aptere qui, chez nous, justifie presque /' d hemipteres a on constamment, du moins habituellen Midi. Et ce n'est pas seulement chez / 1 disp ou re- (1) Loc. cit., p. 100 etsuiv.' (2) Ibid. Voyez particulierement les descriptions des lycoses et des scytodes. - - < '. \ )# i #• 1 i i ti h * s # \ I ^ in \l /- 0^ .1 ^ ^ <> 3i8 ^0T10^"S FONDAMIiNTALES, LIY. IJ, CHAP. XIV. parailre d'une localile a I'autrc : il resultc d'observalions ' dues a M. Boisduval que de semblables variations out lieu chez un coleoptere du genre carabe, le Carabus clathratus ; les individus septentrionaux, par exemple ceux de Suede et de Siberie, « sont plus petits et apteres " , et ceux de I'ltalie et du midi de la France « sont plus » grands etont souvent des ailes sous leurs elytres (1) ». ^ Yl 'i \ \ u t- t * \ I ' l*- ¥ I r m .\ Dans la plupart des animaux des classes inferieures, I'espece est sujette a un grand nombre de variations individuelles, an milieu desqaelles il devient difficile d fai des infl locales. On le d pays, an lieu d'un seul typ un ensemble de varietes do le typ s fi est pour ainsi dire la moyenne. C'est ce qu'on sait sur- pou f; a conserver, et dont il existe, par ce double motif et en raison de I'elegance de la plupart d'entre elles, un si grand nombre de colleclions publiques et particulieres, d'urte tres grande ricbesse. Aussi n'est-il rien de plus connu en bisloire naturelle que I'cxtreme variabilite des coquilles, soit aquatiques, soit meme terrestres : par exemple, parmi les premieres, des olives et des peignes, et parmi les secondes, des belices et des agatbines. L Mais I'exislence d'une multitude de varietes indivi- I / (1) Dejean el BofSDUVAL, loc. cit.^ t. I, p. o6i. ■■ * >:/^'.^' .■^';- - ■..:■• .:•:-- .7 ... '■ \ ' ^-' ^ _ - ^' .1 ■ ' r^ 4 . — ^ ^^ ---'- :U f J I ( I VARIATIONS CHEZ LES ANIMALX SAlVAGES. 349 IMJI r duolles lie fait pas qii'il soil impossible, qiiand on a ras- semble iin nombre suffisant d'individus, d'assigner a chaque espece ses caracteres propres, et de determiner- en quel sens ces caraeteres se modifient babituellement dans les diverses localites comprises dans la zone d'liabi- talion de Tespece. Si la science est encore, a ee dernier point de vue^ tres pen avancee, c'est bien moins parce qa'il se rencontrait ici de graves difflcultes, que parce qu'on a trop souvent neglige de recueiliir les elements de leursolulion. Lapliipartdes collecteurs, soitdecoquilles, soit, de meme, d'ecliinodermes et de polypiers, se sont bien plus attaches a multiplier leurs echanlillons qu'a en connaitre exactement la provenance; et its oni cru fairc assez e,n ecrivant, a la suite du nom de I'espece, celui dela mer ou de la region qu'elle habite. Lamarck lui-meme, si interesse a recueiliir tous les faits propres a justifier son systeme sur I'espece, n'allait guere au dela (1), et presque tousles concbyliologistes font encore aujourd'huicomme lui ('2). II est cependant certain, et il 1 etait des Ic temps g (1) Qu'on lise, par exemple, les pages que Lamarck a consncrees, dans son Histoire naturelle des animaux sans vertebres^ a un des enresles plus rem&rquables par la multitude de leurs varietes. Dans le genre des olives, dit Tauteur (l'"^ edit., t. VII, p. /il7), non-seule- nient lesespeces, mais leurs varietes memes (caraeterisees par des differences de couleurs, etaussi de forme) « sent constanles dans les » lieux d'habilation ou on les recueille ; ce que le nombre des indi- » vidus que j'ai observes ni'a force de reconnaitre. » Mais quels sont « ces lieux d'habitation)^ ? A peine Lamarck les indique-t-Tl, et tres vaguement., pour trois ou quatre varietes. (2) 11 faut toutefois excepter ceux qui se sont parliculierement occupes des mollusques de notre sol et de nos eaux. Aussi les faits abondenl-ils pour ces derniers* T ^j 4 f I I * I t\ m i } 'I .* *»v^ II % 1 I- 'A r L ' - I - ■ \\ I . f f \ I ^ / ■-. h J- m i I ^ 350 NOTIONS FONDAMENTALES. LIV. II, GHAP. XIV. ? de Lamarck^ que les moUusqiies et les animaux cles classes inferieures varient, non-seulement d'une mer on d'line region de differentes parties et JLisque « dans des loealites tres voisines, » ajoute M. Desh nos conchyliologistes actuels qui a donne le plus d'at lion aux differences locales des especes (1). Pour prouver I'existence de varietes locales chez mollusques et d les classes inferieures, il pour suffire de rappeler ici quelques taits tres g connus, et dont quelques-uns le sont meme depuis I'anti- quite. Longtemps avant qu'on eut decouvert la nature animale du corail, on savait que ses arbres sous-marins croissent davantage sur plusieurs points de la cote barba- resque, mais qu'ils sont plus beaux et plus rouges dans les eatix europeennes delaMediterranee : ilsle sont aussi sur quelques points de la rive africaine de la meme mer. Les negociants en eponges saventde meme depuis longtemps que ces corps organises, a part les differences specifiques, , (1) Voyez les reniarques generates sur I'espece, que M. Deshayes a placees en (ete de sa Description des coquilles fossiles de Crimee. dans les Memoires de la' Societe geologique, t. Ill, p. 37; 1838. Parmi les autres ouvrages du meme zoologiste, voyez aussi Explor. scient. de I'Algerie, Mollusques, Inlroduclion, p. v; 18Zt6. Des remarques analogues ont ete faites par d'autres naturalistes. II est des especes, dit M. I'abbe Maupied, ou « IVn ne trouve peut- » etre pas deux coquilles semblables, a nioinsqu'elles nescient tout Ei » fait dans le meme lieu » ; et telle est la Venus pulhstra . Voyez Dieu, I'hommeet lemonde, Paris, in-8, 1851, t. I, p. 530, et t. Ill, p. 232. Ce fait et d'autres analogues mentionnes aussi parce savant natu- raliste et theologien offrent un double interet dans son ouvrage, enliereme'nt ecril dans le systeme de la fixite de I'espece. f i> imi^ 1-1 K^ ■ -r-v k-^ r. V . ■ , ■r . .'- . ■ -'.-f . '"/■■''■ ■--■ ^■ ■ : ■> r--- J I I V.4R1ATI0NS CHEZ LES ANIMAUX SAUVAGES. 351 pas foi d e s masses egalement volumineuses, et que ;eIon les pro^ modifications eurs qu plus faciles tibles des especes comes bien mieux connues : telles sont sur tout celles, a la fois et tres marquees, qui ont lieu chez les clovisses, nom sous lequel on designe en Pi phale, la Venus deci dont des millions d'individus sont consomme's chaq annee sur nos cotes mediterrane'ennes et en d'anlr lieux. Quant aux huitres, aussi faciles a transporter qu'( timees, et qui servent, par millions aussi, a Falimentatii des habitants de I'interieurdes continents comme n o.t^t du littoral, leurs ^ noncees, ne sont quoique moins pi de personne un fait devenu vulgaire que les huitres, meme enlaissant de des par identiques ni dans toutes les mers, ni sur toutes les cotes de la meme mer; ce que les Romains savaient deja il y a deux mille ans, et mieux encore qu'on ne le sait de nos jours : its n'auraient pa s huitres de et de Brindes E I'Adriatique, les produits de ban A jces exemples genepalemei d'apres les observations des z( tres relatifs aux mollusaiies. et points de particuliei quelques au L (1) Voyez Pline, liv. IX, lxxix. — Pline revient dans le livre XXXIl sur les huitres, et enumere une foule de diffcrenees locales. Mais il paraitcoraprendre dans ce second passage, sous le nom tVOstrece, des molhisques fort differents des verilables huitres. ■-^ ■>, 1. t I N r I i -flilf I i ii 1 i' i ' \ I + J n -'^^-' ^'^ / . ^^ i f u i \ ( ^ - 35t> NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XIV. X — b .a t ferieures. Ces exemples s d'autant plus concluarits, que je les euiprunterai encor pour la plupart a des partisans plus ou moins decides d la fixite du type (1). Parmi ces variations , les plus communes sont ici comme toujours, celles qui portent sur les dimensions Au milieu des nombreuses differences individnelles m que, s'il existed 1 depl / de taille n'est pas dans Ce qu maxiuium, n'est parfoi que la pe 1 /> Les variations peuvent dependre de causes pur raent locales. Dans la mcme region, on rencontre le meme mollusque, selon les points ou on I'observe, avec on a de cbez la s r • pies de fluviale Parmf les especes aqualiquc; s variations a petite distanc chez les lymnees. Ces dei nieres, et particuliercmcnt la Lymncea stag fo d des localites tres voisines : a quelques kilomelres de distan(>e, on les Irouve beaucoup plus grandes dans les etangs, beaucoup plus petifes dans les rivieres. Les exemples ne sont pas plus Ires rares par // I aspersa que M. Moquin-Tandon a trouvee « toujours \ (1) Les varintions locales des raollusqiics elant encore niees par pliisieurs concliyliologistes dislingues, je crois devoir doniier ici pins d'exemples qiie je ne Fai fait precedemment. ¥ I I > - ' ^^ ■i: -vi^i-:-:--: J • - ■' . >^*?/ ' — - >* ^b b ^^ ^^^ ^ _ ^ ^ r ^- - -■"X ^ - I I H I I. t. ^ VAIUATIOXS CHEZ LES AMMAUX SAUVAGRS. 353 oxlromemeiif pefije dans uiie louse f 11 » alite pres de Ton ^ y . Mais le plus soavent, les variations de taille dependent de cet ensemble d'infiuences general sous le nom de climat ; et c'est encore ce qu'on que nous designons en esp( nqualiques, ni surtout pour les terrestres. Parmi les premieres, je prendrai mes exemples dans les tellines et dans les anodonfes, si communes, les uncs sur nos cotes, les autres dans nos eaux douces. Les juabl pi e d elles sont bien mieux connues, grace a I'etude attentive qu'en a faitc M. Deshayes, Selon ce savant zoologiste, plusieurs dont Lamarck I'exislence dans I'Oce In jolic T. tenuis. e\h idique se Telli7ia ft d semble « mesure qu'on s'avance vers des mers pluscbaiides(2).>) Quant aux anodonles, c'est presque a Tinfini qu'elles varient, selon les licux, soil pour la grandeur, soit aussi d II M, Mo(\ Ci^) HistoirenatureUe des moUusques de France, Paris, in-8, 1855 p. ol3. Je cite de preference cet exemple, noii-seulement parce quel'exac- tUude si bien rcconnue des observations de M. Moquin-Tandon le met a I'abri de toute contestation, mais parce que, relatif a uneloca- Jite meridionale, il offre beauconp plus d'interet, ainsi qu'on va le Yoir par ce qui suit. p. 550. ■fiq y in. 23 -^-^ I fii't 3 ^ l\ ^ 'Vif mi fut ^ u^ ^ vv*^ _^i^y. l*v s*-*" i B^ I f '.I !1 t! .- ■ ■ ; -A <• L J I i ■{ !. ■f I . > \ f i \ i ^^ 35/i NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XIV. Tandoii (1), que « chaque riviere, cliaque mare, ebaque » fosse noLirrit son anodonte. » r Tandis que les mollusques marins de notre hemi- sphere (2) grandissent souvent du midi au nord, Tin- verse a lieu pour les mollusques terrestres ; et ee fait est bien plus generalement connu. La Succinea putris et VHelixarbustorum^ comme I'a fait remarquer M. Valen- ciennes, sent plus petites dans le nord de I'Europe (3). VH. arbuslorum. si interessante a suivre dans les divers points de sa vaste zone d'habitation, n'aplus a Archangel que la moitie, en diametre, de la grandeur que nous lui voyons chez nous. Si V Helix aspersa, repandue d'une extremile a I'autre de la France, y varie pen dans ses dimensions, memo dans nos depart^inents du Midi, il n'en est plus de meme dans d'aulres pays pkis meri- dionaux encore;, par exemple, dans le nord deFi^frique : en Algerie, la taillc de cette hcHce se rapproche parfois de celle de I'f/. poma^za. I - > ^ (1) Lot. ciL, t II, p. 556. (2) Pour (les exemplesdans Tautre hemisphere, cons. Peron el Le- SVEUR, Voijage aux terres australes, Voyez particulierement le resume de leurs ohservalious sur la grande haliotide australe, 1. II, p. 3/i9. ' -^ (3) ValencieinjNES, Eistlnat. despoiss., L XXI, 18Z|8, p. 336. La Succinea imtrh i\o\\i M. Valenciennes a justement signale \m variations locales, est precisement ilnedes especes dont la pretendue flxile prouverait^ selon quelquesauteurs (voy. Gooron, he. c/L,p, /i8), la perm^anence dcs caracteres, au milieu de la diversite des circon- stances locales. II n>st pas sans interet de voir la fixite du type refutee par un des partisans de cette meme hypothese. r Ajoutons que, d'un lieu a Tautre, la Snccima pnlris ne varie pas seulement par ses dimensions. .y^^^'r. ^ I ' - :■. .V-. . .. L- . P ■-' : I - VARIATIONS CHEZ LES ANIMAUX SAUVAGES. 355 especes propi Midi, si bien • f par M. Moquin-Tandon, le Zonites candidissimus Bulimus decoUatus par la troncature con- tante de sa spire, devicnnent beaucoup plus grands en Igerie : lediamelre transversal du premier s'y eleve, de 5 a 18 millimetres, dimension ordinaire de nos individus, 30 et meme 35, et celui dii second, de 3 centimetres a 8. e volume de I'un est done octuple, et celui de Fautre est rapport de pres de 19 a 1 (1), pour les individus r is a ceux de I'autre rive de la Medi- Al compai terranee (2). differences de latitude, ee sont aussi eel les d'altitude, qui font varier la des mollusques. Les especes qui s'elevent tres haul ordinairement representees, dans les regions les eas, da de leur habilation, par de petites q tensis^ nemoralis^ cespitu Helix pomatia des poi d bS, de V H .arbustorum ; moUusque qu elques chaines jusqu'a 1200 metres, et meme davantage. A cette altitude b ? de Vtl. arbustorum w i iif / *' I* il3]A[JX SAUVAGES. doiit est pcintc sa cofiuille, VJchatina virginea 357 ■ / P Physa acuta passe, dan la coquille de la eaux, de la coii- d'ambre clair quiUii est ordinaire a une teinte b I s eaux felles ne varient pas moins selon la nature des sont tantot verdatres, tantot d'un briin violace. Une de ces dernieres, VUnio littomlis ou rhomhoideus,^^, (\m^ les Pyrenees-Orientales, une variete ou la eouleur inte- rieure est aussi modifiee : la nacre, ordinairement d'un blano azure, quelquefois verdatre, devicnt rose. I bien /- il Desh publi observations que sur quclques ace phales des genres Psammobia, Tellina et Mactra ^ ^. Au uonibre des plus remanjuablcs varialions qu'ait con- stalees cet eminent eonchvliologiste , sont celles de la Mad faitement eoocordai ( J ble, avec les differences de qucnt de climat. En etudiant cette mactre depuis les mers du iiord de I'Europe jusqu'au midi de la xMediter- ranee, M. Desbayes a reconnu que sa coloration devient m^sure qu de plus en plus intense, a Ic iVlidi; ce qui se verifle egalement, soit qu'on suive I'espece de I'Ocean a la Mediterranee, soit memc au'on X V ! I <^« I \ lit 4 « i \ I J ' :)fc« I (I) Par suUc d'linc decisiou niiiiisterielle qui a intcrroiupu la publi caliori du grand ouvrage de la Commission scienli(i(uu'. de rMserie. r ■^ 1 \ \ t I J*" I 1 1 I '. r ' r 1 1 ^ » # 1 If ^ I I HI r .■ *'*' 1 I w 358 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XIV. la compare dans les diverses localites medilerraneeiines; car elle est sensiblement plus coloree a Oran que sur les autres points, moins mcridionaux, de la cote algerienne. L'etude de cette seric de variations , si bien en rapport avec les differences de latitude et de climat , a conduit M. . Deshayes a se demander si la Mactra stultorum ^ continuant « a se modifier en avancant vers les regions » tropicales » , ne viendrait pas « se lier insensiblement waved 'espece du Senegal (I). » L'influence de la nature du sol n'est pas moins mise en evidence par d'autres faits que, par ceux-ci, celle du cli- mat. Tandis que, cbezles mollusques, lacoquille devient, dans cerlaines localites, plus epaisse, et parfois rugueuse oii meme cannelee, elle s'amincit, dans d'autres, an point de ceder a la moindre pression : elle devient alors translucide, Ces dernieres modifications se rencontrent i^ des sols granitiquci d'eux assez de carbo de former une coquille epaisse dividus ordina C (t) Deshayes, Explor. soient, de VAlgeriej loc. cit,, p. 381. Mal- heureusement, dit Tauteur, « les observations n'ont pas ete poussees M plus loin. » M. Deshayes ajoiite a celle occasion, et tons les vrars nataralisles serontde son avis : «.La science aurait plus a gagner pour la philo- I* )) sophie ^ Tetude complete de quelques mollusques suivis dans tou- » tes leurs modifications, qu'a la decouverte d'un nombre plus ou )> moins considerable d'especes. » (2) Le defaut de calcaire est si bien la vraie cause de la minceur, du defaut de solidiie et de la iranslucidite de la coquille, que le test ne tard6 pasks'epaissir quand Tanimal est transportesur un sol riche en calcaire. Ce fait resulte de quelques observations de M. Lecoq, loc. cit. i k j i / i ".-* .'-, ,i?T»--. •- - • - 1 ^f/ ..V r VARIATIONS CHEZ LES ANIMAUX SAUVAGES. chez plusieurs especes des genres Pma et B^l 359 q /l • mais SLirtout chez V Helix arbuslorum. espece particulierement remarquable par la facilite ayec laquelle elle s'accommode des sols comme des climats les plus differents. Son enveloppe est par- fois exlremement mince, incolore, et lout a fait transpa- rente : une de ses varietes a ete justement comparee par M. Moquin-Tandon a une vitrine (1). Ges fails ont leurs analogues parmi les especes aqua- liques. La -coquille de la Limncm peregra est and Tanimal vit da epai s ches I ^ uevient mmce, transparente, et, par solidite suffisantc, elle est toujours suite, brisee A toutes ces variations nous avons encore a joindre des differences tres notables dans la proportion et dans la tbrme : les uqes coincident souvent avec les autres. Parmi les especes terrcstres, la -variete brune de V Helix arb renflee, plu A de / (i) Hist. nat. des mollusques, I. I, p. 56. Voyez aiissi, p. o20, el t. II, Voyez aussi sur ces fails, eiitre autres auteuFs, Bouuguignat, Monographie d'un Ancylus, dans la Revue dezoologie, 1853, p. 203. I^'auleur resume ainsi les consequences qui lui paraissent resulter dfes fails : « A qubi liennent le plus souvent les formes et les signes exte- ^> rieurs des coquilles? Aux milieux el aux circonstances dm^ les- '^ quels elles vivent... Lc terrain, les eaux font sentir leur action... ^ Le calcaire est-ii aboudant, le lest est opaque. Fait-il defaut, la '' coquille est vitracee... Lorsqu'elle est mince et vitracee, la couleur ^^ en est jaunatreet succinee, n \ - (2) BOURGUIGNAT, loo. oiL \ \ \ 1. ;.h 4 \ i I i k \ i \ if \ t 1C I I ■ft -.■ ■ ■ -.- :■ -^I^-^- -^ mi » ****■ r I I I \ f i ^ ) k s I . I I V t i i 7*- t ^ r n I / I 360 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XIV. espece. Chezd'autres helices, on (rouve dcs varietes tres deprimees. Dans les eaux douces, la ncrile iluvialile, tres bien etadiee par M. Moquin-Tandon, a presente a ce tres de J narquables aussi bien « siiivantleslocalites, » et surtout suivant les eaux (1). » P espece Ma meme temps rja;elle d an midi, pi ovalaire a celle d'nn friangle plus ou moins elargi; et la Tellina tenuis devient dans la Mediterranee'plus etroite en meme temps que plus petite. Enfin, de meme que dans les autres embranchemenLs, apros toutes ces diflerences de taille, de eouleur, de structure, de forme, nous avonsa en mentionner d'autres qui vont jusqu'a modifier les especes dans leurs traits les plus caracteristiques. Les plis, les dents de I'ouver- lure de la coquillc se modifient, dans quelques localites, cbez les clausilies et surtout chez les maillots, soil dans IcLir disposition, soit dans leur iiorabre : tantol c'est uii des plis normaux qui s'efface, tantot un pli surnumeraire qui se produit. Les especes unidentees ou uniplissees peuvent ainsi perdre un caractere que les conchyliologistes regardent comme Ires important, et qui serait memo, selon un r rand nombre d'entre eux, de valeur generique (2). 11 en est done exactement des mollusques, qtioi qu'en (1) M0QUL>-TAiNDOi\5 HisL rial, des nwlL^ t. 11, p. 552. (2) Voy. rouvrage, dej^ plusieurs fois cite, do M. iVloouiiN-TAiNBON, ai!qijel on doil (t. 11, p. IU5 a 316) la meilleure histoire que roii pus- sedc (les nuiiiln'cuses espeecs IVaDeaises des yeiires Olaioilia et raiHi. { tT '- \ k ,..'. \ « VAUIATfONS emu LES ANIMAUX SAUVAGES. 361 disent elq chyl com me de embranchements oui Drecedent. k moins d aveugle par I'esprit de systemc, il est impossible dc f; precedent et dc d apercevait deja et declarait sans hesitation, (out partisai qii'il etait de la fixite de I'espece. Le passage suivant a et eerit, il y a pres de quarante ans, par cet illustre zoolo gisle (1) : ont semble des circon reciables, qui 'cons lepuis \m temj)s for jusqu a un ccrtani ^ les localites, et qui pu fair sentir d'une iVindividus i • ^ esque lixe sur unc succession la meme espece ^ el determmc fferences dans la grandeur, la p les les couleurs 5 le systemc de coloration, et meme dans rdlat de la superficie, lisse ou ruaucux. Ges diflwcnces ./ no constituent i^eellement, a ce qu'il nous semble, que de simples fl. plus d que les localites sei^ont plus eloigne'es, et que I'on pourra, si Von veut, decorer du norn ^'especes locales, rnais qui ne sont pas reelles^ (2); en elTet, elles passent les (1) ArLiele du Dictionnaire des sciences natur elles, t. XXXII, p. 169 et 170, 182a; el Manuel de malacologie et de conchyliologie, Paris, in-8, 1825, p. 205. (2) Sans la deruiere phrase dece passage, on poiirraitcroireque;,par ces mols « qui ncsont pas reels », Blainville revient sur ceux parles- quels il vient d'assimiler les « varietes fixes » a des « especes locales ». line telle iuterprelalion serait touLa failcrronee. Blainville reconnait que les niuditieations prodiiites par les circonstances purtent_, dans ees \aricles, sur (Uvs rai'acleres dc valeur sixxifique : niais il diL que. 4 I fi t r i J. i k HI t I i ^ i I I ■I \ \ \ ^ H r h ■ ^_ hL «*•• f ^I'-n n * 1 I ^ t til » I r / 362 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XIY. lines aux autres d'une maniere (out a fait insensible. » Passa doublement quable, dans una epoque telle- deja eloignee de nous, et dan^ qui pent presque etre cite, dans notre siecL partisan le plus absolu de I'immutabilite du ^ ment que Guvier lui -meme etait presque pou qui le lui a reprocbe, de I'ecole de la variabil Blainville etait ici en presence des fails ; et la force de la verite I'a entraine en dehors du cerclc de ses ide Mais N pi et jusqu'a cette position peut etre donnee comme le resume de tout ce qui vient d'etre dit, non-seulement des mollusques, entier : mais odifications qui se produisent devenir assez s fixes » . en d z' pour caracteriser des 9 J et portantes pour que ces races soient comparables a des « especes locales ». r par suite cles passages qui ont lieu des unes aux autres, il n'esl pas possible de trouver entre elles des limites, et par consequent d'arriver h reconnaitre des types specifiques distincts. Ce qui est vrai (et vrai pour.les naturalistes, de quelque ecole qu'ils soient ; voyez plus haul, pages 270 et 271), et d'ou resulte precisement cette conclusion : C'est dans la meme espece qu'on trouve des variations tres notables etportantsur les caracteres specifiques. (1) Voyez le resume des vueseraises parlesauteurs sur la question del'espece, t. II, p, /i23. (2) Voy. le Chapitre IV, t. II, p. 333 el suiv. ■ m I I J > I \\ ^ 5f%;3^ -T*:'' ^. ■ ,— C^ _ T . t ^/^-/ ^y\r\/\y\j'^^-^\j\r\/\/\j'\/''^\j'\j-\j'j' ^\r\/\j-\/\y\r^^ CHAPITRE XV. )! 'M 1 I I DEMOxNSTRATION DE LA VARIABILITE DU TYPE PAR L ETUDE DES VEGETAUX ACTUELS DANS l'eTAT DE NATURE. \ SOMMAIP.E. -1- I. Remarques generaies sur la variabilito ohez les vcgetaux. — II. Vegetaux phanei'ogames. Variations prodiiites sous rinfluence du climat, et particulicrement de la latitude. Modifications de Tensemble de la plante et de plusieurs de scs caracteres. HI. Aiitres variations chez les plianerogames. influence de la nature du sol et du milieu. IV. Cryptogames. — V. Conclusion pour Tensemble dcs vegetaux : elle est la nicine que pour les aniniaux. I. / *»i r i^ La question que 'fai entrepris d'eclairer, et que j'essaye de resoudre, n'esfc pas seulement zoologique; elle est essentiellement biologique, c'est-a-dire, relativ(? a Ven- semble des etres doues de vie : ne la considerer que dans un seul des regnes organifjues, serait, non en simplifier r la solution, mais la laisser incomplete. II existe ici entre les fails antliropologiques et zoologiques, et les faits bota- niques, des connexions intimes et necessaires, et entre les ;s uns et celles des autres, un enchaine- aurait meconnaitre. Comment concevoir ale, toujourset immuablement la meme, )nde animal incessamment modifiable <3t d face modiiie; et reciproquement? Ceiix-la seuls pourraient croire a la [lossibilite d'un tel contraste, qui se represen- teraient les regnes organiques comme simplemeat juxta- I * k * ( / / '? ^ i I 1 t t I ^^ -■"^J " y - -."- i- f ; 4 I ■1 y m . 1 'I f » t- r » » oG^ NOTlOiNS lOlNDAMEiMALES, LIV, Jlj CUAl\ XV. poses dans la nature ; qui oublieraient que, lout au eoii- traire, ils agissent et reagissent sans ccssc I'un sur I'autre; qu'ils se melent et pour ainsi dire sc penelrent partout ; qu'ils sont relies par une dependanee intime et reciproque, par une veritable solidarite; a ee point que, comme on Fa souvent remarque, ils ne sauraicnt ni sc nourrir,ni rcspirer, ni par consequent subsister Tun sans Faiitrc; « les plantes cedant aux animaux, et les aniuiaux » rendant a I'air » et au sol tout ce que Fair ct le sol avaient donne aux plantes : « cerele eternel dans lequel, M. Dumas, la vie s'aaite et se manife / \ •ri. )) V y Pa I'influence des circonstances exterieures, nous devoiis do nQus attendre a apei cffets de la meme influence. Les premiers etant variables, les seconds doivent Tctre aussi. Et meme, ils le scront a plus forte raison. Done de la faculte de cbanger de place. Tanimal a, par la meme, celle de faire varier son milieu ; la i)lante, au contraire, toujours fixee sur le meme point du sol, reste soumise, sans pouvoir jamais s'y soustraire, a Faction du meme ensemble de circonstances rieures. Done, loutes choses egales d'ailleurs, elle doit davantL„ ,_ . ;ait dej B '^) C'est en effet ce q Ad * • que il y a pres d'un siecle (3). Si les preiives I » t I (1) Essai de slatiqite chimique des etres organises^ lecons profes- sees en ISZil; 2^ edit., Paris, in-8, p. LxQ. (2) Celte remarque a deja cle faite parG^RAUD, article Espece du DuMonnaire liniversel d'Uisloire nalm^^^ t. Y, p. Zi/iO; 18^/t* (3) « 11 parait, dit Adainsox, que la nature est nioins conslaule et » !■ »■ V V / ^ + -^ f ^ I I VARJATIONS CHi:Z LES VECKTAUX SALVAGES. O /• r- J I;i variabilite aboudent chez les animaux, on pent dire <^iu'elles surabondent cbcz les veaetaux. des odifii I ci est telle qii'nn ier suffirait a peine pour les Aiire eonnaitre : I I'infini, dit Goetbe (1). Et les plus ilhistres de la fixite da type le reconnaissent eomrae c'est tud de les naturalistes de I'ccole opposee : I multiples et profondes nwdilications des vegetaux qui a lait dire a Liune : « La nature se joue en des varietes ludens Ap r le regne animal, et dont nous aurionspu, si multiplies qiji'ils soient, end deeupler, centupler le nombre, \ plus tongue encore de ceux que nous offi M pl et que nous avons partout suivi, est, non exclusivement, mais principalement zoologique. Le seul resultat vers lequel nous devious tendre ici , pour rester dans les limites (]ue nous nous sommes imposees, est la veriflca- in I I i I « i)!us diverse dans les plantcs que dans les animaux; et qui connaii >> les bornes de cetle d[\ er ^ile ?» (Fam/il les naturelles des vlantes L f Preface, p. cxiii; 17G3.) Le paragraphe auquel j'emprunlo celte cilalion est consacre an de- veloppemeiitde celte pensec : « Les especes changent de nature. » (!) Additions a la il/e^a??70?'|)//o.^e des pl antes, Mil, et traduct. de Slulfgard, 1831. A'oyez particulierement page 150. (2) Philosophia hotanica , a la fin de la section lv, intilulee : Vofietates. lia nieme idee a ete plusieurs f(»is reproduit par [.inne, presjue dnns les niemes termis. 1 ( r I \ f. i I if T^ r i . 'I r i nf I • I) .-■ 366 NOTIONS FONDAIVIENTALEB, LIV. II, CHAP. XV. T, a regard du regne vegetal, des consequences slles nous venons d'arriver pour I'autre grand n •anique. Peut-etre meme, ayant deja cite a Fegard plantes plusieurs faits lecisifs que generalement de cette verification commc suffisammentfailej si un savant botaniste n'eut repi recerament la defense de la lixite de I'espece, et s'il cru pouvoir presenter cette hypothese comme defir • qui doit etre deduite des faits Godron (2 gents phy differ proprietes mecaniques du sol, etmeme proprietes chimiques, ne changent en aucune facon le n ■ caracteres specifiques des especes vegetates. >. M . Godroi it bien, comme on le voit, en botanique, le meme natu iliste qui avait dit en zoologie : « Le climat ne modifie pas du moins dans leurs caracteres specifiques, les animau es; il les tue plutot que de les modifier (3). ^ En presence de telles conclusions, il ne nous etait plus permis de nous contenter, pour les vegetaux, des /- (1) Yoy. le Ctiapitre Xlll. (2) De I'espece et des races dans les etres organises, Paris, in-8, 1859, t. ], page 125. Yoy. aussi p. 5Zi. Les vues de ce savant botaniste avaient dejk ete exposees, maisavec 4 moins de developpement, dans un memoire qui fait parlie du recueil de la Societe des sciences de Nancy, annec 18Z|7. (3) Meme ouvrage, p. Zi8, et meme memoire, p. 197. On ne doit pasoublierque, malgre ce que ces termes onl d'absolu^ M. Godron ne doit pas etre range parmi les partisans sans reserve de I'immutabiiite. II veut que I'espece ne puisse changer « en aucune fagou). dans I'ordre actnel des choses; il n'affirme point qu'elle n'ait jamais change. I -I I i I I VARIATIONS CHEZ LRS VEGETAUX SAUVAGES. 367 indications qui' precedent : il fallait, on nous ini botanistes lesplus dislin _/ ou faire un nouvel appel a une autorite plus grande encore que la sienne, celle des fails. G'est ce que nous allons essayer. Comme nous I'avoris fait pour les animaux, nous emprunterons de preference nos exemples aux defenseurs eux-memes de I'hypothese de la fixite. Plusieurs, et des plus precieux, parce qu'ils sont au nombre des mieux etudies , nous seront fournis par M. Godron lui-m^me. k / > > i m « 1 ^ 11. Parmi les modifications les plus frequemment obser- vees chez les vegctaux, sont, comme chez les animaux, celles que produisent sur la taille les differences soit de latitude, soit d'altitude; et deja nous avonspu (1) en citer de remarquables exemples, sans sortir du cercle des faits les plus generalement counus. On n'a pas besoin d'avoir fait des etudes botaniques pour savoir que plusieurs de nos dans le Midi de b andes dimensions que dans le Nord , et que d'herbacees vaces. jelques-unes y deviennent ligneuses bougrissement des arbres, particulier coniferes, dans les redons boi plus connu encore : on trouve ce fait pl de I'influencc d / H§4 U; W 1 ! I iP f 4. (1) Voyez le Chap. Xill. / I' ¥ ^ I^»J, . m^ J ••■Jt. I ^ V ). I f t ? - ^ i i 5 I I •■- \ I V k 3G8 NOTIONS FONDAMRNTALES, LIV. II, CHAP. X\ des vegetaiix. Preuvc, en ctTet, iiTecusaitle, cl ;\ Inquello } les defensenrs de la fixite dii type opposent en vain la \ facilite avec laqiielle on ramene a iine plus grande taille abousries de & Cl portant dans nos iardin •) c'est-a-dire sous \\w meilleur elimat et sur un meilleur sol. Ce passage a d'autres eondilions, sous d'autres influences, est mani- festement unexemple deplus, et non moins remarquahle difications que pro vegetaux la diversite des circonsfances ambiantes. Dans les plantes rabougries des regions fres elevees on Ires boreales, ce n'estpas seulenientla taille qui diniinuc, e'est aussi le port qui change. La tige est ordinairement feuilla especes qui, en pi bi fleui n'en portent plus, sur les bautes niontagnes, que tres pen on men;je une seule : |)ar ( ompensalion, la corolle devient parfois plus grande. L'ensenible de ces modifications change parfois la plante an point de la faire prendre, au premier aspect, pour ime autre espece; et cependant, comment contester que ces (1) GODRON, De I'esp. el des races, 1859, t.T, p. 87. — Elles « sont » ramonees a leur type primltif, dit rauteur, immediatement ou des » la premiere generation. » Y sonl-elles completcment ramonees?ll est au moins permis d'en douter. Un forestier qui aurait a faire des semis dans les regions basses, segarderaitd'aller prendre ses gralnes sur les sommets des Alpes; et il ferait bien. Et telle n'est pas seulement notre opinion, niais celie des hommes les plus competenls. Voyez^ entreautres auteiirs^ Alphonse DeCan- jiOhUiy Geographie hotanique raisonnee, Paris, ln-8, 1855, 1,11, p. 1088 et 1090. I ■ -I -. f \ VARIATIONS CHEZ LES VEGETAIJX SAUVAGES. 369 nfl de circonstances tamper, en compa diversitc primitive? On pourrail ant quelques echanlillons dans de plus complete rails, on voit les differences se produire et se pi dep] mesure qa'on s'eleve davanfage, ou Nord i» reconnaitre que les extremes "se Irouvent relies par une serie d etats intermediaires. II devient done impos- sible de recourir a une supposition dont on ne s'est pas fait fliul nd nombi ^e fo analogues , mais moins bien connus : celle de d especes distinctes, se remplacant, et po represenlant Tune I'auire dans des stali quement tres di verses. pi A defa « # der le pretendu principe de la fixitc de a d V u e une distinction qui n'esl pas plus admissible. 11 est t, (jue les variations sont tres marquees; :, en realite, de peu de valeur, au point de r que; car, portant sur rensemble du ve^e- parliculier sur I'efat de chacun des organes especes. Cette dontil se compose, elles n'atteignent pas par lesquels on dislins^ue d'ordinaire les allegation est peut-eire fondee dans quelq„. assurement, elle ne I'cst, ni pour tons, ni le plus grand nombre. Quand Tensemble du vegetal varie, les delails de son organisation sont ordinairement plus ou nioins alteres; et loin qu'une plante rabougrie puissecire consideree comme une miniature du fyjie de son especc, pour ill 2/1 / I. **1 I T ■\ } I i II f 1 TS^ / ( 1*4 "'>;J^W/',Y'_.i^ ^mt^m M\ ■ u lit \ : \ i T. ^>-> 1 i- 370 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XV. elle s'en ecarte par de nombreux caracteres qu'a particu- lierement mis en lumiere un savant medecin et botaniste, r M. Gubler (1). La conclusion d'un memoirc qu'il a specia- lement consacre a les faire connaitre, est celle-ci : <- Le » nanisme entraine, poiuies vegetaux qui en sont affectes, » des reductions de nombre dans les parties de la fleur et » dans celles du systeme foliace (2). » Parmj les modili- cations de la fleur qui s'associent parfois a la diminution de la taille, une des plus remarquables est assurement la substitution d'un calice tetrasepale, d'une corolle tetrape- fale, a des enveloppes a cinq divisions, et de h ou 8 eta- mines a 5, 6 ou 10. Ce cbangement dans le nombre des parties, qui avait ete deja signale dans plusieurs especes, notamment cbez VJrenaria tetraquetra des hautes montagnes (o), est d'autant plus remarquable J litt I' [V V r r 1 "1 H \ I I (1) Voyez ses Observations sur quelques plantes names, et ses Remarques generales sur le nanisme dans le regne vegetal, dans les Memoires de la Societe de biologie, t. Ill, p. 237; 1851. (2) Cetle proposition est egalement applicable, selon M. Gubler, aux vegetaux vraiment nains, c'est-a-dire, aux varietcs rabougries d'.es- peces qui prennent ailleurs ou plus grand developpement, et aux especes normalement tres pelites. Nous avonsa peine besoin de faire remarquer combien cette concordance est remarquable au point de vue de la theorie de Fespece consideree comnie- dependant des cir- Constances exterieures. 4 (3) Voy. Jacques Gay, Histoire de TArenaria tetraquetra, dans les Annales des sciences naturelles, t.lSl, p- 27, 182^; ei Lett/res, t.lV, p. 88; 1825. Plusieurs des consequences admises par i'auteur out ete depuis retirees; mais non ses observations relatives a la diminu- tion dans le nombre des parlies dc la fleur sur les hautes montagnes. ■ Vovez, sur les menies fails: Moquin-TaiNdon, Elements de terato- logic vegeiale, Paris, in-8, IS/rJ , p. 129 et 32^; — et Gueniku el CoDKON, Flore de France, t. 1, IBZjS, p. 262. Ges savants bolanisles ~\ ■' i I " -1 \ .-'i'-r- -Vv ■:.>:■'- V I 9 \ \ VARIATIONS CHEZ LES VEGETAUX SAUVAGES. 371 de la fleur, et que des mod d r dans les verticilles folia flora parfois En presence decesfaits, nous Je demandons, lesquels ; raison des botanistes qui disent encore, il ne se pro- t que des « modifications superficielles «• et de ceux qui admettentde profondes? de ceux qui affirment Ja con- des caracteres distinctifs des especes, !ontestent?De ces deux opinions, la parce qu'elle est encore celle du plus petit de ceux q 3onde. ^ nombre, peut sembler la plus hard justifiee par une pr rie de changements bien des differences de climat. particulierement de latitude et d'altitude \ ont mis beaucoup de soin a caracteriser les deux varietes qu'ils appellent legitima et condensata [Vuniflora de M. J. Gay) II ne sera pas inutile de meUre en regard les caracteres qu'ils leur assignent : L \ A. 7". legitima. Flenrs pentameres : 5 sdpales ; 5 pelales ; 1 etamines/ Tiges floriferes. alloiigees (3 a 6 cenlim.), portant au sommet 5 ou G fleiirs en lele, environnees de braclees. Feuilles lanceolees-etroites, aigues, pu- bescentes siir la nervurc dovsnie, ainsi que la lige. A. T. condensata, J Fleurs polygames, telrameres : 4 se'pales • 4peia]es; 8 etamines. . Tiges tres courtes (1 a 2 centiai.), portant au sommet une fleur unique. Feuilles ovales, obtuses, glabi-es sur la nervure dorsale, elroitemenl imbriquces. , + II y a aussi des differences dans I'ctat de \i (1) GuBLER, loc. OIL, p. 2/4O etsuiv. a racine. ¥ J / ti n i -i }- r 4- i ^m^ 1 I 1 . 'I i I i -V „^-rf y J £. -yri IS'OTIONS FONDAMr,iNTALF.S, LIV.IT, CHAP. XV. III. i; i l( ^ ! M t \ ■* Si, de ces faits, nous passons a d'aulres, nous allons reconnaitre qu'ils convergent vers la meme conclusion. On avait vu la fixite parlout : c'est la variabilite qui nous apparait a cliaquc pas. Comineneons par quelques exemples tres simples. On sail dcpuis longtemps que, sous diverses influences, et a part les effets de la culture, les fleurs changent assez frequemment de couleur. Tantotleur nuance est plus vive, tantot eJle est plus pale dans une localite que dans une autre. Ailleurs elles se decolorent tout a fait; ce qui a p. lieu notamment dans les hantes montagnes, ct plufot, d'apres les auteurs, pour les fleurs a corolle blcue ou a corolle rouge, que pour les autres. iJnne, (out jeune I encore, avait constale cette variation chez ^on J stragahis alpinus{\), et Senebicr, non-sculcment I'a connue chez les genlianes, mais il en a chercne et a cru en avoir trouve re.xplication physiologique (2 . Dans les montagnes aussi, mais sur un autre sol et moins baut, on a vu descorolles, peinlesdecouleurs plus vives, devenir en meme temps plus grandes (3). Des cbangements dans la nuance s'obscrvent de meme parmi r ■ I (1) Flora lapponica, Amsterdam, in-8, 1737, p. 218. (2) Physiologie vegctale, Geneve, in-8, 1800, t. V, p. 6li. I (3) GoDKON, loc. cit,, t. 1, p. 85; d'opres ses propres observalions dans les Vosges, ct d'apros cellos dc qiielqiios aulres botanisles dans diverses cliaines. » 11 I ■;.'■:': ^ VAUI\T1U>S CHEZ LI<:S VKGETAUX SALVAGES. *? ^ ■.> 6/0 Ics plantes des regions basses, selon les localites oii elles croissent. Les feuilles varient souvent aussi dans leur coloration, et plus frequemment encore dans leur grandeur. I.eur forme, aussi, est tres peu fixe : on les volt lantot s'elar- gir, tanlot se retrccir et s'allonger ; quelquefois elles ■t se divisent et se decoupent, jusqu'a devenir laciniees. Enfin leur structure se modifiant, elles s'epaississent au point de pouvoir elre dites charnues, presquc commc dans les plantes grasses. Cette derniere modification est un des effets habituels « de la salure de I'eau et du sol, » et de I'atmospliere marine », dit M. Gubler, dans un I memoire encore inedit sur les plantes de nos cotes, com- parees a celles de I'intcrieur des tcrres (1). differences ne sont pas Zi ? bi et a la grandeur des polls qui revetent, soit les feuill soit la lige et ses divisions. La meme espece peut & bi Ires velue. Les variations Linne en faisait d I que en citant pi pi les sui- pas dans dans les forctSj ne Test on la trouve souvent de Reine des bo pe tres glabre dans les lieiix aquatiques, est velue lors- qu'elle pousse au sec; et le serpolet, nu dans nos (1) Voici la conclusion de ce memoire ; « Les rccherches specifies » que j'ai faites sur la flore du littoral nie pernieltent d^aftinner quMI » ircst pour ainsi dire aucune espece qui echappe a Paction modifi- » catricc des influences niaritimes. » {\ '■] ## 1; 1 i^ r * 1 i ; It r vm { ■[ L , *l ^ / « I 1 It r 1- . I F ■^r I if t ^i f « \ t » i ^ V' 4 574 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. H, CttAP. XV. champs, se herisse de po Ce ^). detail les preuves de cetf dans son ensemble leurs, qn'elleschangentsouventdecoulear : « 60- floribus nihil inconstaniius est : nimium ne crede colori. n T J Des feuillcs, qu'elles se modiPient tres facilement : « Foliorum luxuratio facillime accidit. » Et des polls, qu'ils disparaissent souvenf, sous Tin- fmence, tantot de I'age, lantot aussi des lieiix : « Hirsuties facillime dep prod plusi mod ble. Dans Ic premier cas, le vegetal, de organes ou dans un seul ordre de caracteres, se laisse encore facilement ramener a son espece. Dans le second, la determination speci- fique pent devenir tres difficile : elle serait meme, dans beaucoiip de cas, absolument impossible, meme pour le bolaniste le plus exerce, s'il n'avait sous les yeux (1) LiNNE, Philos. hot., prop. 272. (2) Ibid., prop. 266 a 313. (3) Apres ces faits particuliers, Linne ajoule meme, d'une maniere generale {Philos. hot., prop. 316) : « Solum mutat plantas.yi Et il jus- tlfle celte proposUion parune serie crexernplcs. Parmices oxemples, yen citerai qiiatix? qui sent relatifs a autanl de genres differenls de variations : Buxus arboresceus- , C. B., ct B, kumilis, Dod. Acanthtis mollis, G. B., el A. aculeatus, C. B. Mjjosotis foliis hirsutis, H. C, ct ill. /'. gldbris, H. G. ■ Cerinthe flore ex ricbropiirpicrasceatCf G. B., et C. jlavo /lore- asperior. I ' I I t 1 (I i i i YAIUATIONS CHEZ LES VEGETALX SAIIYAGES 375 les deiix elats extremes de la plante. 11 faut encore le re- connaitre ici : il est des varietes qui different entre elles * aufant que des ospeces ; et il en est uieme qui s'eloignent plus, beaucoup plus, l\ine de I'aulre, que ne le font d'or dinaire deux especesd'un meme genre naturel. Site Plan- tago coronopus, premier exemple que j'emprunte encore a Linne (1), n'etait commun dans une graiide partie de I'Europe, n'aurait-on pas ete expose a ie scinder en, deux especes? Dansieslieux huraides, ii est glabrcet a feuilles entieres ; dans les lieux sees, il est velu et a feuilles den- tees. Parmi ses congcneres, le P. lanceolata n'est pas, scion les lieux , moins different de lui-meme : on en trouve, notaniment dans les landes de Bayonne, dit fiu'on serai't tente de M. Moquin-Tandon, « une varietd qu'on serai't tente » prendre pour une espece bien tranchee » (2j . Si Ton ne s'esl pas trompe ici, on Fa souvent lait ail- leurs. Les plus savants, les plus eminentsbotanistesn'ont {jas echappe a des erreurs qui temoignent de la valeur I des modiJications subies par le type dans quelques va- rietes. L'aconit tue-loup, des hautes monlagnes, a ete ' ^ L v « affii i) doute, etparDe Candolle ne une espece distincte V (1) Phihs. hot., prop. 272, (2) Elements de Uratologie vegetale, Paris, in-8, 18/ii, p. 66. Cette variete ne cliffere pas seulement par Tabondance du duvet soyeux qui la recouvre, im'is aussi par d'autres caracteres. En outre, elle est loin d'etre la seulc moditicalion reniarquable du type que presente le P. lanceolata. Les feuilles et Tepi varient beaucoup selon les lieux. (3) Encydopedie niethodique, JManique, t. I, 11 S3, 'Aviide Aconit, p. 3 3. (h) « Affine A. hjcoctom, sed certedistinctum s dii Db Candolle, » lift i* w '[ i#» J V -f i '4 |t fft H h ? \A ^ /< X i[ i * * u /- / i ^ / 376 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XV. Jcomlum pyrenaicum; lant cette varieteclirfere de YA lycoclonum / laire, a la fois par son port, par son feuillage. Dans d'autres , VAlriplex lati folia s'-ecarte si d par son ment du type, qu'elle a ete scindee en plusieurs especes. Parmi les botanistes qui les ont admises, il faut encore De Candoll oppositi folia • / - / 3S peti(es, convexes, sans sillons sur les bord blanches et epaissies, n'est autre, en effet, qn' de rarroche a larges feuilles, propre aux terr saliferes; si, en effet, on suit cette plante, comme I'ont plusieurs botanistes, et partieulierement M. Godron, puis les marais sakints, ou elle est tres repandue, jus dans les localites ordinaires. » « naires, on voit a disparaitre d'une maniere insensible lesmodificalions acquises »(4 ). Voila one « une espece tres polymorphe qui so modifie d'lnie maniere evidcnte par Faction de I'eaa salee « ; et cette 1 • * . '■ nieme ("2). pas de nous, elle est de M. Godr ¥ \ I I 1 ^ ^ t % I I Hegni vegelahilis systema naturale, t. I, p. 368; 1818. — Dans le Prodromus systematis nat. regni vegeL, VA. pyrenaicum qui, dans rinlervalle, avaitete bien etiidie par Seringe, est rapporte a VA. ly- coclonum. Voy. 1. I, p. 57; 182i. (1) GoDPxO^, loc. ciL, t I, p. 118. — Voy. aussi le memoire deja cite Sitr Vespece et les races, dans les Mem. de la Soc. des sciences de Nancy, ann. 18/i7, p. 21/i. (2) Ibid. — M. Godron dit, il est vrai, queVA. latifolia des marais salants « ne se distingue guere que par ses feuilles plus blanches et )) un pen plus epaisses » . Mais il existc |)Iusieurs autres caracteres dis- r tinctifs, et des plus importants, comme on Fa vu plus liaut, etcomm M.GoDROiN lui-meme et M. Gremkr le reconnaissent dans leur excel- lente Flore de France, t. JU, V^ panic, p. VI; 1855. e ( T .: '" ^ VARIATIONS CHEZ LIi8 VEGETAl.V SALVAGES. ^ Des differences plus marquees encore s'observi isieurs plantes aquatiques on plutot amphibies 7 V w, 3onlre tanlot dans I'eau, tanlot dans les lieux lenient humides : lels sont le Juncus bufonius le J. supinus (2), VAlisma plantago, vulgairemexit it ^ plantain d'eau (3)^ et surtout la tlechiere ou sagittaire. Gette derniere plante, dont les variations ontele trcsbien etudiees par M. Moquin-Tandon (4), porte des feuilles a petiole et a limbe bien distincis, de I'eau, et au contraire, de loi hors feuilles rubane lorsqu'elle pousse dans I'eau : il n'est pas ra le fait remarquer M. Moquin, que « des pied » taire reunissent ces deux sorfes de feuil » qu'ils se elopr par moitie a Tair , moitie dans » I'eau yy. On a vu aussi, sur de s solidees m e m e \ .'icquerait des d vases manhmes en meme temps qu'elle g ? / d type pa I'etat parfait de ses fle b Sterile s ? par la terminaison obt tee^ de ses tres tongues feuilles (5) : forme qui duit plusienrs savants botanistes a croire a pi I'existence (1) Voyez Lamarck, RecJu sur Tor g an. des corps viv., Paris, in-S, 1802, p. 1/|7. (2) GuEMER et GODRON, loc. ciL, t. Ill, i^'c part., p. 3/iZ|. (3) Moquin-Tandon, Elem. de teraL, p. 173. (/i) Ibid. (5) Ch. Desmoultns. Varietegigantcsquede la sagittaire commune, clans le Bulletin de la Societc linneennc de Bordeaux, 1. 1, p. 5/( ; 1826. Transporlee clans le jardin botanique de Bordeaux, celtc variete fut bientot rameneeau type : sa taille diminua, ses feuilles rede- vinrent pointues, et ses fleurs fecondes V I \ A t *« 4 \ ■J- "< ^^i " ( iff f \ : i< r f^ I m J M i *rt***J _J. .. ■■ ■€■■■-*. .- ._-.,.- --. ^ l» I ii r» 1 it ■j M I f* r If j »M I T I i f! ; J h f y S78 NOTIONS FUNDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XV d'lme seconde flechiere europeenne, au moment meme ou d'luUrcs, par ime erreur plus grave, mais non moiris explicable pat I'extreme mutabilite de cette plante, pre- une des formes aqua- 1 naient pour F tiques de la Sagiltaria sagiuifol Nou^ citerons encore, comme dernier exemple, un autre •de ces vegetaux qu'on trouve tour a lour dans les milieux aquatique et aerien, le Ranunculus aquatUis, plus diffe- rent encore de Fun a I'autre que la sagiitaire elle-m^mc : V ■ aussi esl-cc ceite plante que Lamarck se plaisait surtout a citer, lorsqu'il voulait faire voir «combien le cbangement » de quelque circonstance imporlante influe pour cbanger » les parlies des corps vivants >> (2) . Si en effet, le /?. aqua- tilis se developpe dans Feau, il a les feuilles « toutes » fmement decoupees ^y ; s'il pousse hors de I'eau, il les a » elargles, arrondies etsimpiement lobees», et sa tige est courtc et dressee; et si enfm, comme il arrive le plus souvent, il se trouve en par tie submerge et en partie bors de I'eau, il porte des feuilles de ces deux formes tresdif- ferentes. Sansl'observation decet clatmixtequise produit - ■, quand I'babitat est lui-mei ramener des S) separes par des difference (1) Voy. Ch. Desmoulins, Ibid. On trouve particulierement dans la Charente la variete qui avail eie prise pour une vallisnerie. (2) Philosophie zoologique, 1" edit., t. I, p. 230. —Voy. aussi Recli. sur Vorgan, des corps viv., p. 1^5. (3) Ranunculus aquatilis subviersus et R. A, terrestris de MM. Gre- NiER el GODRON, loc, ciu, 1. 1, i^^' part, 18/i8, p. 23. — Ces variations, ajoutent ces savants bbtanistes, apres les avoir decrites, « dependent » de la rapidite plus ou moins grande avec laqaelle I'eau s'est » retiree. » ^' -■ I I I ►* ft) I ■ .-^- -^ ■ ' A-- ^ I 1 iM t^8 ! I t I [ VARIATIONS CHEZ LES VEGETAUX SAUVAGES. aussi « elonnantes « (1)? Aussi s'y est-on parfois 1 379 Pl botanistes ont cru ici a deux especes (2), d'autres ont vti des aconits et d lent distincts dans des variefes es arroches spe- du meme Aconi- d'autres encore turn et de la meme ?i triplex ; comme ont adniis une seconde espece europeenne de Sagittaria, ou se sent laisse entrainer a prendre "une variele tres b odifiee de cette dernierc plantc pour une espece du ;nrc P'allisneria. A cote des faiis qui rendent incontestable I'influence modificatrice des differences de climat, il en est done d'autres, tout aussi decisifs, en faveur de celle des diffe- rences de sol et de milieu : et nous arrivons encore une fois a cette consequence : Les moditications produites par les circonstances exte- rieures ne sonf pas seulement « super ficiel les » : elles ne sont pas « circonscritcs dans des limites exlrememenl « etroites » ; elles peuvent etre profondes et d'une grande valeur. IV. Apresces exemples, et une multitude d'autres que nous offriraient encore les vegetaux pbanerogames, viendrait (1) Expression de M. Godron, De I'esp., 1. 1, p. 120. — Ce savant botaniste ne se borne pas a reconnaUre ici Texistence de' « change- » menls fort etonnants)) (fort etoiinants, en effet, pour les partisans 5> de la fixite de Tespece); ilfail remarquer que « cequi a lieu pourle » R. aqvatilis se produit egalenient pour toutes les autres renoncules » batracieniies. » r {'I) Lamarck, locis cii., s'est tr'ompe en sens inverse; en pretendant ^amener aussi au R. aquaUUs le R. hederaceus. ^ ^ I i ( ;< f.^ an M V >#^* #• m $ ■* " , ^»Up. I I ft *: **I4 * • t I i. IL k f t- ft i i I m ^ G / 380 NOTIONS 10NDAI\]EINTALKSt LIV. !I, CHAP. XV la multitude de ceux que nous pourrlons trouver paraii les cryptogames. Et ici, les variations seraient bien plus grandes encore : nous verrions se prodiiire, non plus seulement des modifications relatives a un ou plusieurs ordres de caracteres, mais des formes totalement dit'te- rentes, des etats organiques qu'on pourrait croire sans autre rapport entre eux que ceux de la plus lointaine analogic. Qui cut cru, il y a quelques annees, que les memes spores qui, a I'air et dans les circonstances ordi- naires, donnent des moisissures, peuvent, si elles sont im- mergees, se developper avec des caracteres extreme- ment differents, et bien plus, immergees encore, mais dans d'autres conditions, se transformer en cellules de ferments? Menie apres tout ce qu'on savait deja de I'extreme variabilite des mucedinecs et des autres cham- pignons, de telles metamorphoses semblaient depasser les bornes du possible ; et cependant la realite en est nombre d'observations et d'ex- attestee par un grand periences dont les resultats ont fixe et fixent encore au us haut degre I'attention du monde savant (1). C'est (1) Voyez parliculierement IJermann Hoffmann, Mycologischc Studien liber die Gahrung, dans la Botanische Zeitung, ann. 1860, n° 5, p. hi, et n" 6, p. U9; trad, dans les Anru des sc. nat., Ix" serie, Botaniqiie, I. XHI, p. 39, et, par extrait,dans]e/>'u/^eim de laSociete hotaniqim, I. VII, p. 120. Voyez aussi les nombreux nienioires siir les vegetaux ferments, dus a noti'e habile chimiste M. Pasteur, qui les a pubiies dans les Compt. rend, de VAcad. des sc, el clans les Auiiales de chimie et de physique^ 1857 {\ i860. — On Irouve aussi, dans Ic premier de ces recueils (t. (.11, p. 28/j), un uiemoire deM. Poucuet qui, partisan convaineu et defenscur liabile de la generation spontanee, a eniis sur les fer- f .\^'X-: - -- 1 ' - ■- rl . J -^jh^ i VARIATIONS CHEZ LES VEGETALX SALVAGES. «i '.81 la, assurement, un exemple eminemment remarquablede I'inlluence qu'exerce sur les etres organises « le cbange- »ment de quelque circonstance importante»; et nulle part meme, nous ne saurions en troiiver un plusfrappant, car il ne nous montre rien moins que la substitution, a im etat organique, d'un autre qui en differe a rcxtreme, et qui semblait n'avoir rien de commun avec lui. Mais, dans une question aussi pleine de diflicultes, et lorsqu'il s'agit d'une verite par excellence fondaxnentale, les exemples les plus frappants ne sont pas les meilleurs, s'ils ne sont aussi les pkis autbentiques, les mieux con- nus dans leurs circonsfances, et, a tons points de vue, les plus exempts d'objeetion-, carilfautque des fait salisfassenta toutes ces conditions pour etreles plus pro pres a servir Voila nourrrur de base a une demonstration rigoureuse. lifs aux ferments vegetaux et aux mucedinees, nous nous born nous pas sur les b parmi les autres champignons, p variations li les al- menls, tout en les considerant aussi comme de nature organique, des viies Ires differentesde cellesdc iM. Pasteur." Nous ne saurions cilerici les Iravaux imporfanis deMM. Hoffmann, Pasteur et Pouchet, sans rappeler qu'ils ont pour point de depart une decouverte faile presque simultaneinent, i-1 y a plus de vingt ans, par CAGNiAnD-LATOURet parSciiwAiNN, celle de la nature «organisee» et « paraissaiit vegetale » dela leviire de biere. Voyez, pour le premier, son Memoire siir la fermentation vineuse^ dans les Cornpt. rend, de VAcad, des sciences, t. IV, p. 905; 1837; Rapport par Turpin, Ibid., t. Vll, p. 2!27; 1838. — Et pour le second, ses Versuche ilber die Weingllhrung und Faiilniss, dans les Annalen der Physifc und Chemie de Poggendouff, t. XLl, p. 18/i; 1.837. 1 t=« 4 1 1' i •% J I * ^ C r r M t \ II f*. >♦*» i 1 '. ■ (f » t r^ ^^ti%iti*' M r M f I r t , 382 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. H, CHAP. XV. giies, si souvent et si justeinent qualifiees de polymor- phes, et parmi les lichens, qui nc meritenl pas moins ce nom. C'est en pleine lumiere que nous devions cbercher preuves de la variabilite inferieurs du rf type, ion dans ces temps enve- echelons inferieurs loppes de tenebres dissipees. La variabilite une fois demontree, a I'aide des fails t le mieux connus, il ser£ pour rechercher et demonti temps de possible, iusqu'ou elle s'etend. Ai nous r obei a cette regie fondamentale de toute methode que : alter du connu a Tinconnu; et a cette autre. \ posee au cqi I'observation pas de cet ouvrage (1), et dont )ins essentielle : aller moins en avant : lente^ ut tuto. po Pl V r ^ I I \ II J De la la marche que nous avons suivie. Nous nous sommes attache aux families vegeiales les mieux con- nues, et, parmi elles, aux especes europeennes les plus repandues et les plus souvent obscrvees, donnant partout la preference aux fails que chacun a sous les yeux, et qu'il peut constater par lui-meme, s'il veut en prendre |a peine. En nous.renfermant dans cccercle, scrons-nous arrive » I I I 11 A, (I) Livre II des ProUgomenes : Sur larnethode dans son application aux sciences nahirelles. Voyez I. I, p. 267 a /|50, ! \ 11 I i t ■ ■.. .:-'■■':--■ ,- 'V-l '- -■■ - ^ ■ r I .' I •' . ■ - . ■ -■ ' 1, " ' ' I '\ w y^i I I » I I I VARIATIONS CHEZ LES VEGETAUX SAUVAGES. 383 r A obtenir la verite tout entiere? Non ; mais nous croyons, pouvoir dire que nous en connaissons ce qu'il nous est I en ce moment essentiel do connaitre. Nous avons suc- cessivement vu le vegetal se modifier sous I'influence du sol, du milieu, et generalement dcs circonstances am- biantes ; et se modifier, tantot dans son ensemble, tantot dans plusieurs de ses caracteres, sans exceptor ceux par lesquels se distinguent generalement les especes. Tels sent, entre autres, ceux que fournissent I'etat de la ti^e. la fo des feuill I'intloreseence, la couieur et la grandeur do la corolle, et. bre floraux ; par s par botanistes comme de valein in-seulement specifique, mais generique. Yoila ce que nous venons de voir, et, je crois po dire, d'etablir par les fails. Contestera-t-on ces faits 3 pensons pas : bien d'autres d 3tre ou aioutes ou subsfitues. (- les. Et si on ne les ste pas, comment maintenir ce pretendu principe fixite de I'espece, dont on a si longtemps voulu faire, en botanique comme en zoologie, « rarche sainte de »la science «? On disait, etl'on dit encore : « Une dispo- » sition naturelle maintient dans leur integrite les carac- » teres reellement distinctifs des especes ^j les variations « sont seulement superfieielies , et restent toujours cir- » conscrites dans des limites extremement etroiles » (1). I (1) GoDRON, loc, cit, t I, p. 53 el 1!25. — En resumant cetle opi- nion pour la combattre et la rejeter, j'ai eru devoir la reprodnire dans ^ les lermes memes oii elle a ete formulee par ses plus recents et ses f - ;» # . " If >^ }t i M nil V : * V ■A *i I P \ ; I (I •} A. in *4 "f « f I* i I t A. 38/i iS'OTIONS FONT'AMENTALES, LIV. II, CHAP, XV Cette proposition, Irop longleiiips acceptee dans la science, doit y ftvire place a celle-ci : Les vegetaux se modifient sous I'influence du monde ambiant. Les modificalions sont le plus souvent snperfi- enfermees dans d dans un Grand profondes, acqu une & ande nd par et nieme distingue gencx c esp Gette proposition est identique avec celle que nous ons deja etablie pour les animaux, et par consequent, nous voici encore deja plusieurs fois ( fois arrives a cette conclusion Ge qui est vrai du regne qui f; le pal de cet ouvrage, Test aussi de I'autrc grand regne orga- nique. Natura semper sibi consona. / \* * I I u\ ,(' pliissavanls defenseurs. Restimer par moi-niemo, au lieu de citer, c'eul ele interpreter et peut-elre alter au deJa ou rester en de<;a de la veritable expression de la fixite de I'espece, telle qu'on I'a concue et admise en botanique. (1) Voyez, entre aulrcs parlies de cet ouvrage, le chapiire que nous avonsconsacre, dansce volume meme, a I'tiybridile, et particuliere- ment les comparaisons que nous avons etablies entre I'liybridite ani- mate et I'hybridile vegetate (p. 186 a 19Zi, et p. 227). 4 t I t r w/ v^/X' v ^ Ws/\y-^\/- y ^^"*/^v w y^\,r^"^v"^v\/\/ v/\/\y^ v E < tr i i^i I I I GHAPITRE XVL NECESSITE D LN COMPLEMENT DE DEMONSTRATION PAR l'eTUDE DES l^TRES ORGANISES QUI ONT ETE OU SONT SOUMIS A L H03IME. SOMMAIUE. — I.IiHufTisancc dcs resullats tlu robservalion da otres organises, consideres seulement dans Telat de nature. — II. Insuffisance des resultals de toutes les experiences que nous pouvons instiluer. — III. Necessite de recourir a I'elude des etres qui onl ete depiiis long'lenips sjumis a raction de riiomme. "^ T. 1*1 ' h %^ i- I I I I t S'il importe de iie pas s'arreter en deca des conse- quences legitimes des faits, il est plus necessaire encore dene pas se laisser entrainer au dela : mieux vaut la verile incomplete que le doule ou rerrcur; mieux vaut rester en bon cliemin que s'cgarer. Aussi, apres nous etre separes des auteurs qui denient aux faits qui prece- d b arderons-nous de suivre iusq bo po ide faits, iusq ? X proposi Les etres organises sont indefiniment variables. Si cela est, au moins est-il vrai de dire que nous ne le Savons pas encore. Nous avons dcmontre que le type se ni. 25 f\ 1* mi II \Xt,p»(t,»U. f-.' I i I * / ^M I) I ^* I » » n J f M \ i I jk 386 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. 11, CHAF. XVI. modifie sous I'influence des circonstances exterieures ; nous sommes en droit d'ajouter que les variations pro- duites portent parfois sur des caracteres iaiportants, et, par consequent, excedent de beauqoup leslimites «extre-' » mement etroites » dans lesquelles on pretendait les ren- fermer. Ces deux verites nous sont desormais acquises, F ■ mais elles le sont seules : rien encore ne nous autorise a alter au dela; et si nous ne pouvons plus nous en tenir aux vues de Linne et de Cuvier, il s'en faut de beaucoup que nous devions alter, des a present, jusqu'a celles, non-seulementde Lamarck, mais de Buffon et de Geoffrey Saiht-Hilaire (1). Yoila oil nous sommes parvenus; et il etait facile de prevoir que nous n'irions pas plus loin dans les voies ou F jusqu'a present nous nous sommes tenus. En considerant les etres organises seulement dans I'ordre acluel des choses, par consequent, a part les effets des revolutions du globe, et seulement aussi dans I'etat de nature^ et a part Tintervention de I'homme, nous nous sommes place's sur le terrain ou nous pouvions fairele plus sureme'nt ies premiers pas, mais seulement ceux-ci. Il est chiir que, si leseffets sont en raison des causes, les deviations les plus considerables du tvpe doivent se rencontrer chez les etres organises qui s e sont le plus ecartes diti s de r^ leur existence originelle; ct, s'il en est ainsi, comment lesanimaux et les vege! aux acf?/e/5 nouspresenleraient-ils, « dans Vekit de nature, les extremes possibles de la varia- bilitedu type ? Ou les inOncnces naturellcs agissent seules, (1) Voyez It' Chapilre VI, t. II, p. 373 a /i21. t I If? » iii i "^ .--y --^ ■/'->. ■'•-■- - 1 9* ! ■- i » S I NISCESSITE D UN COMPL^.MENT DE DEMONSTRATION, 387 i cause pourrait produire actiiellement ces exlremes? Voit-on les etres organises, lorsqu'ils sont abandonne eux-memes, passer a de nouvelles conditions d'existenc Les voifc-on, dans I'etat de nature, quitter leur patrie pc une autre dont le climat est tres different? que, sans changer delieu, les animaux passent ? Arrive d'autres habitudes; qu'ils se fas bia monde On ne s'est pas fait faute de croire a de tels chang dans presentes comme tres pe mats on montrer, et par une raison ist jamais parvenu a les y tou(e simple, c'est qu'ils le s'y produisent jamais. Une especc ne sort pas plus pontanement de ses harmonies naturelles, qu'un corps. equilibre fo ne Nous ne dirons pas, avec les fi ete fait pour les lieux ou il ompt de lui-meme. que aque Createur I'a initialement adapte aux circonstan lesquefles il le deslinait a vivre; mais, en fait, I'espece s'est perpetuee, il est indubitable que ganisation actuelle est en harmonic avec ces puisque stances, par cela meme, clle ne le serait circon serait moins bien avec un exterieures. Un etre orsa pas ou le different d del • \ pre- pour venir se soumettre a celles-ci, qui chan gerait de lieu, de climat, de surtout, car on regime, d'j / - / de done necessairement a des conditions abitudes, et substituerait par de bien -etre, un etat de harmonic, ct trouble et de « -ji I 3 K i !» » \ I r \ \ lU m. I »*t ■'M *4 I I - N m \ II $H^ w ' n M' »• ■'\-- ' - ^ '■-- ■ ) i t 1: t! I m r I ill ( i% \ r : I t w - r ? » ( t i ! t» I 388 jN'OTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XVI. malaise : il irait coiitre la loi meme de son existence. fe r pent appeler le mouvement normal de de pet J part de grand par cette raison que, s'il y a partout de petites causes de variations, il n'y en a nulle part de tres puissantes. La principale, celle dontl'iniluence est la plus etendue, est I'expansion graduelle des especes a la surface du globe, par suite de la multiplication des individus. Or cette expansion elle-mcme s'arrete devant les differences tres prononcees de climats : les deplacements ne sont jamais tres etendus, si ce n'est dans les directions oules especes peuvent rencontrer des conditions climatologiques peu differentes : la meme espece se rencontrera bien, et quelquefois tres peu modifiee, de I'extreme Occident a I'extreme Orient, de I'lrlande ou de I'Espagne an Japon 5 mais on ne la trouvera pas depuis I'equateur ou meme depuis les tropiques jusqu'aux regions polaires. Les variations dans le regime qui resultent des depla- cements d'une espece, sont necessairement en raison de celui-ci : elles doivent done etre peu considerables ; et, en effet, il en est ainsi. En fin , il n'y a pas de beaucoup de ses conditions etholo observation est d'accord pouvions pr avec ce 'c nulle part ces passages a d'autres moiurs, a de nouveaux modes de vivre, dontle tableau a etc si complaisamment trace par les partisans de la variabilile illimitec. L'oiscau tcrrestre qui, prenant I'liabilude d'aller a I'eau, allonge peu a peu r t -■ -K" > .••^•-- - 1 ■-■ X ■ - ■ ' ■ ^ '■- ■ ■■■■- ';..■'. - i I I NECESSITE D UN COMPLEMENT DE DEMONSTRATfON, 389 ses jambes on palme ses doigts ; le quadrupede qui, selon r usage qu'il en fait, transforme ses ongles en sabots ou les aiguise en griffes ; le reptile qui, ne se servant pas de sesquatre membres, les laissant dans une complete iner- phie graduellement et finit par les perd tant d'autres exemples, invoques par un de nos grands naluralistes, ne sont que dans ses livres et dans ceux de ses disciples, et ne font qu'y montrer, par un exemple de plus, jusqu'ou pent entrainer I'esprit de systeme. II. Puisque la nature, laissee a elle-meme, ne nous rend ands cbangements dans de voir de tels changeraents et d'en constater les efl^ets sur J I'organisation : c'est de contraindre la nature a faire ce qu'elle ne ferait pas spontanement. Les animaux, les f - ■ * vegetaux, a I'etat librc, ne nous donnent qu'un commen- cement de solution; venons done, apres ceux-ci, aux ani- maux, aux vegetaux, soumis a I'empire de I'homjne, ou en subissant I'influence, et demandons-Ieur cette solution complete dont les elements, s'ils n'etaient pas la, ne seraient nuUe part (1). Mais comment V parvenir? L'homme, dit Buffon \ % \^ i^i r ^ I \ i I t t K tt ^ f I #*> m 4 i u ■{ if 11 (1) Au moins dans I'ordre actuel des clioses. Nous rechercherons plus tard ce qu'on pent obtenir de la comparaison de cet ordre avec ce qui Ta precede. (2) Premiere vue sur la nature^ en tcte du t XII de VHistoire / \ \ t v *.»ir liii '111. !«' i ■ i . ■• *t! * » f I I » H f I- ' II H I I » h r I' t W 390 NOTIONS FONDAMENTALES 5 LIV. II, CHAP. XVI. est « maitre clu domaine de la terre » ; il y v regne », apres et par le « Dieu bienfaiteiir » ; il v « acheve » , ajoLite Geoffroy Saint-Hilaire « le sublime arrangement » des choses », comme un « actif ettout puissant ministre » de I'auteur de toutes choses flL le pouvoir de ce « maitre de la terre » ira-t-il jusqu'a commander la nature, jusqu'a I'eri trainer hors de ses voies? En dehor sur la dans ; car il n'est donne a rhomme d'; par la force qu'il lui emprimte. iVI g \ par ces for peut dela des il arrive quand 1' experience se sub simple observation, obtenir, dans des circonstances plus fav rabies , decisifs des ph remarquables et pas la, toutefois, une simple possibil theorique? On serait por aller au dela de cette ii X dication g realiser, fait, on rencontre des difficultes extremes qu'il peut sembler, au-dessus de dont nous disposons. Experimen possible, facile meme, mais I'est-il de rendre nos essais decisifs experiences de Nous pouvons bien con- aindre une espece a faire ce qu'ellc ne ferait pas d leme ; transporter des plantes sur un sol et sous ui P des animaux dans des climats naturelle^ 176Z(. — Voy. aiissi les Epoques de la nature^ dans les Stip- plements, t. V, p. 2^6 elsuiv.; 1778, (1) Fragments biographiques^ Paris, in-S, 1838, p. 350. I V ( I k NECESSITE DUN COMPLEMENT DE DEMONSTKATION . 391 ■ etransers et tres differerits • les soumettre a une autre nourritiire 5 tudes, en chaneer. en un mot de ambiant ; mais est-ce la toute rexperience ? 11 r que ce n'en est que le commeneement ; et pour pleter, pour la mener a bien, il faudrait, de toute fi dont sement nous ne disposons pas : le temps. Les partisans les plus extremes de la variabilite ne pretendeot pas qu'il suffise de transporter une espece dans un ensemble nouveau de cireonstanees, pour la voir passer a de nouveaux caracteres, et qu'elle doive, pourainsi dire, s'y metamorphoser a vue; la nature ne precede pas par coups de theatre : etici, il n'y a qu'unc opinion parmi les naturalistes j ce serait perdre sa peine que d'en P entreprendre la juslitlcation experimentale. Ma les uns affirment, ce que les autres nient, et, sequent, ce qui reste a verifier par I'experience, c'( possibilite de modifications profondes, de deviations graves du type primitif, produites, a la longue^ par I'a de causes exterieures suftisamment intenses ; par quelq J prol sur quelques ani pendant un temr et sur une suite de un mot, non sur I'individu, mais sux la race. Voila ou est la vraie, la seule (]uestion; et qui ne voit que la aussi sent les plus grandes difficultes ? La solution n'est pas absa lument impossible; mais comment y parvenir? Le che- min est ouvert devant nous, mais comment le parcourir ? II faudrait ici des experiences a si long terme, que la vie humaine n'est rien en comparaison de leur duree neces- f 1 -1 \ m \ \- u t> i i! i s 1 ' ' I f*t \ 1 ■n ii« :l * ' 1 \ \ * I 11^ mi «ff M«« i \i 4 4#li i4 II 4 (i i f f « i 1! ^41 mi h I » » \ k t k k h^ 392 iN'OTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XVJ. saire ; ou plutot, des series tres complexes d experiences temps qu'elles devi prolonger pendant des siecles, il faiidrait, pour rendre completes, et tout a fait decisives, qu'on put repeter dans des regions tres variees, et presque I donner le globe entier pour theatre ! in. Sommes-nous done condamnes a nous arreter ici sur le seuil ? En presence de la question ibndamentale de notre science, notre mission est-elle seulement de pre- parer de loin les elements de la solution ? Et quand I'au- teur de la Nova Atlantis osait imaginer, il y a deux siecles et demi deja, des experiences dont I'objet et le resultat seraient la « transmutation w d'une espece en une autre, et una in aliam, plusieiirs siecles devront- ils encore s'ecouler avant qu'on sache si Bacon a fait une prophetic ou n'a fait qu'un reve (1) ? (1) Les vues de Bacon sur la variabilite du type ont ete emises, iiou- a seulement dans la Nova Atlantis, mais aiissi dans la Sylva sylvarum, comme je Tai dejk faitjemarquer, t. II, p. 38/i. Ces vues doivent etre rapportees non h 1635 (comme une erreur de chiffre me Ta fait dire 'dans le passage auquel je renvoie)^ mais a 1625 environ. La Nova Atlantis a ete composee en 1620^ et la Sylva sylva- rum, de 1620 a 1626, d'apres le savant editeur de Bacon, M. Bouil- LET^ qui a bien voulu me remettre une interessante note sur ce point historique. Ces deux ouvrages ont ete publics pour la premiere fois en 1627, peu de temps apres la mort de Tauteur. \ ::■'-- --? ■ ' J f F -.- :?■"- i ' r r / K' ► NECESSITK d'uN COMPLKMENT 1)E DEMONSTRATION. 395 Heui non. Si I'avenir nous echapp le passe est a nous ; et dans le passe ces memes les effets en sent sous nps yeux. Ces experien( pu instituer qu'au profit de nos ancetres les ont, sans le vouloir, sans le savoir, maisnon utilement pour nous, commencees des les temps arriere-neveux , nos moins / de siecle en siecle, etendues face du del conduites I icore. du moins poursuivies assez loin pour en faire sordr des I'aient pas fait a I'avantase de resultats decisifs. Qu'importe qu'ils ne 1 dans un but scientitique, s'ils I'ont fait a la science ? Les auteurs du deplacement d animal, ceux qui lui ont impose d habitud un autre regime ou ou transplante un vegetal sur un autre sol ou a une autre altitude moins subslitue. aux , n'en auront pas conditions naturelles de I'espece, un ensemble different de circonstances et d'actions exte'- rieures; et si elle a ete longtemps maintenue, I'expe- rience dont nous avions tout a I'heure reconnu I'impos- sibilite actuelle en meme temps que la necessile^ non- seulement pent ne pas nous fliire defaut, mais se trouve 7 > toute faite, et il ne nous reste qu sultats, a les discuter, et a conclure. Et ici, pas d'equivoque, pas d'incertitude possible. Oubien lesetres organises, apresplusieurs siecles passes en debors de leurs conditions naturelles d'existence , se monlrent a pen pres tels qu'ils etaient initialement, et alors rhypothese de la fixile du type se trouve verifice : ♦ / ' \ 'I i II 4 » m iff' ^ t T ■■* JT* tiii «l 1 r. S 1 i :1 ml ^ «r \ m • I il ( ir I « » t t --* f^ "s » ^ L 1 X 1^ 1 V 394 NOTIONS FONDAMENTALES, UV. II, CHAP. XVL si elle n'est pas encore absolument demontree (1)^ elle acquiert da nioiiis une tres grande probabilite, et nous devons etre avec Linne contre Buffon, avec" Cuvier et Blainville contre Geoffroy Saint-Hilaire et surtout contre Lamarck. Ou, au contraire, nous sommes amenes a reconnaitre qu'a de grands changements delieux et decirconstances, I correspondent aussi de grands changements dans les caracteres, dans I'organisationj et plus generalement (2), dans I'etat des etres organises; dans ce cas, c'est avec I'hypothese de la variabilite que concordent les resultats de I'observation ; et, disciples de Buffon et non de Linne, de Geoffrov Saint-Hilaire et non de Cuvier et de Blain- t> ville , nous ne devons plus voir qu'une vieille erreur dans ce pretendu « principe » de la fixite sur lequel on L voulait baser la science tout entiere. Bntre ces deux ordres de resultats, et ces deux con- clusions, entre ce qu'exigerait le systeme de la fixite et ce que veut I'hypothese de la variabilite, comment pro- noncent les fails ? C'est ce que nous aliens rechercher, en nous occupant successivement des especes que I'homme n'a fait que deplacer, sans ies enlever a la vie sauvage ; et de celles qui ont ete, non-seulement deplacees, mais dooiestiquees ; par consequent, pliees par Fhomme a un nouveau regime et a de nouvelles habitudes en meme temps qu'amenees dans une autre patrie. (1) Car les causes de variations qui clerivent de Faction de rhomnie ne sont pas les seules, ni meme les i^lus puissantes que Ton puisse concevoir. f (2) Afin d'employer une expression qui puisse comprendre aussi les modifications survenues dans les instincts. I 1 'i*.- V ^^4 m y NECESSITE d'uN COMPLEMENT DE DEMONS'! II ATION. 395 Parmi les animaux et les vegetaux domestiques, la plupart, une fois soumis a I'homme, n'ont plus cesse de lui appartenir ; le plus souvent meme son empire sur eux s'estaffermi et etendu de generation en generation. Mais d'autres especes, ou du moins une partie de leurs indi- vidus, ont echappe a son joug d'abord accepte, et ont recouvre leur liberie, tantot volontaircment rendue , tantot reprise malgre le maitre. Voiei done, a cote des resultats de I'etude des especes dans I'etat de nature, trois autres series de faits relatifs aux animaux et aux vegetaux sauvages, et qui n'ont jamais cesse de I'etre, mais qui ont quitte leur patrie originaire ; a ceux que i'homme s'est soumis et qui sont domestiques ou cultives, comrae on dit plus habituelle- ment pour les ^vegetaux ; et a ceux qui sont redevenus i sauvages, c'est-a-dire qui, etant issus d'ancetres domes- tiques, sont cependant sauvages et vivent dans des con- ditions au moins tres voisines de I'etat de nature. Deux chapitres ont ete consacres a cette premiere 1 partie de la demonstration, qui se fonde sur I'etude des etres organises actuels a I'etat de nature ; deux autres le seront de meme a la seconde partie, ou, ne nous occu- pant encore que des etres actuels, nous les suivrons ho s conditions orisinelles d r- \ ; 4 t: r : I i -4 i f^ \: i- J y tf*i r HI \ ii^i - f j^^, ^ T f* i F #»i 1 f^f 'S.U f4 I til n » 1 K* i «h^I' I-' 3f t ( r t t It I / / y ■- t r \ I f ^•4 I / t ...... - ^ 1 ■t 1 VX-'X/V w> \j \/\/ V '■w'V*v\/^yv^/v^y^y . \y\/v^V'^ \ CHAPITRE XYII. Dl&MONSTRATION DE LA VARIABILITE DU TYPE PAR l'eTUDE DES AINIMAUX QUI ONT SUBI l'iNFLUENCE DE l'homme sans i^tre reduits en DOMESTICITE. s OMMAIRE. — I. Deplacement des animaux et des vegetaux a Tetat sauvage. Les fails sont ici en petit nombre et ordinairement peu decisifs. — 11. Deplacements des vegetaux. Les exemples ne sont pas rares, mais ils n'amenent que de legeres variations. — IH. De - placements des animaux. Exemples recents. — IV. Exemgjes anclens. Cerfs de Barbaric et cerfs de Corse. — V. Consequences des fails de cet ordre. V I. Des trois series de fails qui derivent de Finfluence de rhomme sur les elres organises, il n'en est aucune qui ne puisse eclairer la question de I'especej iiiais toutes ne sauraient le faire egalement. Comment pourrons-nous apprendre par I'observation des especes seulement de- placees a I'etat sauvage, ce que peut nous enseigner I'etude des especes soumises d'une maniere permanente a la domesticite? Quand I'homme n'a enleve une espece a I'etal de nature sur un point que pour la rendre aus- q fait noir sur eette esoece fiu'un seul ordre d grand nombre, et pend esp f ? f i ^ i: i^ \ t I il 4^ ' m m*f ^ i I •11 ^ I \ II i ■> « «f t * y ¥ f f t ►> t 398 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II j CHAP. XYII. n'en faiit pas davaritage pour qu'on doive s'attendre a ne pas rencontrer, parmi les etres deplaces^ mais rested sauvages, des exemples de variations, aiissi tranches et aussi decisifs que parmi les animaux domestiques. Mais ce n'est pas a ce point de vue seulement que cette premiere serie de faits est d'un moindre interet que la seconde. L'homme qui compte parmi ses biens les plus precieux, les plus necessaires, ses animaux domes- r tiques et ses plantes cultivees, ne se deplace guere sans les deplack^ avec lui; mais pourquoi transporterait-il aussi au loin des especes sauvages? Les difficultes de la translation sontnecessairementplusgrandes pour celles- ci; le succes est bien plus douteux, et les avantages bien moindres ou nuls. Done les exemples de deplacements lointains d'espeees sauvages, par les soins de Thomme, ne sauraient etre tres nombreux. V En outre, quand, par exception, l'homme deplace une espece sauvage, il arrive de deux choses I'une : si les circonslances au desq espece de causes p qu elleaquittees,iln'y r et si, au contraire, ifferentes, I'espece, abandonnee a elle-meme, a peu de chances de s'y turner e( de subsister. Or, sans causes puissa: variations, Fexperience ne saurait etre decisive ; o de Eniin, il faut pas exemples qui offriraient pour nous le plus d'interet, so ciens, ceux qui datent de I'antiquite ou au moins de plu- sieurs siecles, et ce sont aussi les plus rares. C'est une ■- ' . f i ^ »■* E^Bir«r4ikf tttfi VARIATIONS SUBIES SOUS l'iNFLUENCE DE l'hOMME. 399 J pensee toute moderne que celle d'introduire dans de loin- taines colonies, comme la Reunion et surtout I'Aiistralie, les gibiers de nos bois, les oiseaux chanteiirs de nos bocages, et les plus belles plantes de nos champs et de on tag eut-on songe plus tot a rendre aux par plaisirs des chasses europet souvenirs de la mere mere patrie ses enfants exi- » les «(1) , comment eut-on pu I'entreprendre avec des chances suffisamment favorables ? II est clair qu'on a du, meme aune epoque encore tres rapprochee denous, s'en tenir, sauf quelques cas ou le transport est exception - nellement facile, a des deplacemenls a petite distance. Pretendre aller au dela avant les derniers nerfectionne- ments de la navigation, chimerique insense. done a peu pros imposs des deplaces par beaucoup au del par I'etude des e na d propres, et.cussions-nous peu a apprendre ici, negli- ger ce peu perait ouvrir une porte au doute et peut-etre a I'erreur. 11. w L'a translation au loin d'une espece vegetate est bien plus facile que celle d'une espece animate (2). Des grai- (1) Voyez le Bulletin de laSociete imperiale d'acdimatation, t. Viil, P-Lxiv; 1861. — Expressions empriinfeesaimelettredeM. E. Wilson. (2) Voyez pliis haul, p. 37 et 38. V ■»'1 ! f t 8 i> *iWl I I <■» V ■ 1 ^ 14* M |ty 9fi t' '^ f it w •^ M •J ^ m n .EM ^j i. Jt t| ^ t ( V I T I >l •% •^ k V /lOO NOTIONS FONDAMENTALES, LIV, II, CHAP. XVH. des tubercLiles, des bulbilles, s'envoient sans peine & des distan quand deplace pas dessein ime plante, elle se deplace quelquefois par ha sard au moyen de graines appoi perQoive, par des ehandises, dan p a rm i on en a des exemples, aux vetemei C'est ainsi que, soit par la yolonle de lement sous son influence, les diverse des voyageui quelles existent de freq relations, ont echan fe quelques-unes de leurs especes. Le nombre de celles dont la tlore europeenne s'est enrichie depuis quatre siecles ne s'eleve pas, d'apres les recberches de M. De Candolle (1), a moins de cinquanfe et une; et encore treize aulres peiivent etre ajoutees a celles-ci avec une Ires grande probabilite. Presque toules nous sont venues du cap de Bonne Esperance et d'xAmerique, parliciiliere- Elats-U ) / Les deplacemcnts a I'etat sauvage ne sont done pas tres rares, mais les plantes deplacees n'ontdonne lieu a aucune observation decisive pour on centre la variabilite du type. Les differences des climats etant pour les vege- laux desbarrieres presque infranchissablcs, I'acclimate- ment n'a eu lieu que dans des conditions peu differentes de celles du pays originel (2) : le type n'a done pas ete (1) Geographte botaniqiie raisonnee^ Paris et Geneve, in-8;, 1855^ ■ t. 11^ p. 7Z|2 et suiv. (2) Conime Ta fait voir M. A. De Caindolle, loc. cit., pour les plantes naturaliseesen Europe. Les espeees da nord des Etats-Unis se sonteeules repandues dans le nord de I'Europe : celles qui venaient I i ^ IVBS >^N VARiATiOAs sijjjilis SOL'S l'iniluence dk l'homwe. /|01 mis i\ I'epreuve de causes puissantes de variations. Doric, en toute hypothese, il a du ne subir que de legeret^ modifi d'ailleurs, pour pies de depl des ou moins recents. Les P qui ont enrichi leursjardins e les nolres, de plusieurs vegel te, fut-ce a leur insu, introd que le suppo especes sauvages, mais nous ne pouvons ser; et si ces especes se sont maintenues et multip en Europe, comment les distingner en I'absence de temoignage precis, de celles qui faisaient originairej partie de noire flore? 1J[. Venons done aux animaux, et si rares que soient les deplacements et les naturalisations, nous serons ici plus heureux . Nous n'insisterons pas sur les deplacemenis de dale recente : deux exemples nous suffiront , un pris parmi especes aquatiques, et un par ^our les premieres, le passai re ou dans un lac ou un etanc d a une un tac ou un etang, equivaut souvent, en des diffei^encesdans la nature et la temperatur^e des a un deplacement tres loinlain. Aussi n'est-il pas (111 climat ctiaud'nese sont naturalisees que dansle micli de TEurope, et (deux seuleiiient} dans'l'ouest de la France, region qui jouit, commeon sail, d'une temperature tres douce. in. 26 i 1 i J ? r i I i r t.. m * ■ L ' n i W m V- \ I i \ i-' i t( I I I / 1 \ ll »J » 4 I a f i: '\ U E )i9M t* 1 ' \ * * I 5 1 1 H-'jj tki: 402 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XVII. besoin i(3i d'etendre nos comparaisons a des regions geo I graphiqiies tres differenles. G'est ainsi que les pecbeur de divers pays, et particulierement des Vosges, ont pu V cbamp de obsei habit constater chez la truite des s notables. Introduite espece, si recherchee, et par suite, si souvent et si bien observee, cbange de forme ; elle devient plus effilee et sa tete, s'allonge. Ces changements ont ete constates par M. ie docteur Turck (1), et il suffit d'un petit nombre de generations pour les produire. Parmi les animaux terrestres. nous prendrons aussi pour exemple un mollusque comestible, VFIelioo lactea. Ce Gasteropode etantfort apprecie enEspagne et en Afri- introd 3r le midi do la France, dans le deparlement des y 5 forme petit bre d di annees, dit M. Moquin-Tandon, une , qui n'est « ni aussi grande ni aussi » coloree que celle d'Espagne » (3). Cette belle helice n'a pas ete seulement propagee par I'homme au dela des Pyrenees, on lui a fait franchir rOcean, En commencant, en 1826, son grand voyage ique, Alcide d'Orbigny fut fort re- (1) Note manuscrite dejkcitee, page oZiO. (2) Voyez Companyo, Rapport insere dans le Troisieme bulletin de la Societe philomathique de Perpignan^ p. 96; 1837. — On trouve aussi dans ce Rapport plusieur^ fails interessants relatifs h d'autres helices recemmentinlroduites dans les Pyrenees. (3) Histoire naturelle des molhisques de Franco^ I. II, p. 158 ; 1855. i l: . rhy^ --M- ji^w^ -^r ^f - 1 I \. ■ /^ j~ <.-^ v^ f^ ■^■nf / (• V ^ ^ J" e C^ ^ VARIATIONS SUBIES SOUS l'^FLUENCE DE l'hOMME. 403 leneriite dans la banlieuc de Montevideo, Vnelix rencontrer quelques mois aupara de pri des Canaries i par le savant voya- apprirent bientot que Fespece avait ete apportee Amerique vers la fin siecle ou du «naturaliser avec eux un de mets favor Dans sa nou velle patrie, V Helix lactea est loin d (1). Canaries : la coquille, dit IVI. d'Orbi ny, s est amincie ct a subi un ehan dans ses couleurs ; « sa bouch'e n'a jamais cette belle » tejnte brun fonce qui caracterise les individus africains* »son sommet est toujours brim ou marc|Lie d'une bor- » dure violet fonce » (2). En outre, d'apres des rensei de par M. Dareste et des observations faites r des individus de divers pavs , la taille 'Helix lactea a notableme video diminue a Monte Ainsi, difference dans la structure de pu qaille, difference di r taille. Si Ton n'eiit lactea de Montevideo, in quart de siecle, eut ete in les especes propres a la fa difference dans a Hel portee seulement dep un pai \ (1) A. d'Orbigny, Voyage dans I' Amerique meridionale, Mollus- ques, p. 239. (2) Ibid. , '' • (3) Dareste, Note sur un fait d'acclimatation, lue a la Societe d'ac- climatation en mai 1855. Celte note est malheureuseraent resteeinedife. « Ce fait€st d'autant plus remarquable, ajoute M. Dareste, qu'ii » est analogue a ceiui que Ton observcrail, d'apres Buflbn, chez les » mammiftres importes en Amerique. » \ J I i ft ' 18 i !' fc ( 1 ( f I: »m ' i ffV t* '! t^ •«• ik ii m » t 44 J 5 mi ' f :■■.-' y-r-:-.. . -. r ^ , 1 tU^tai ""** -'- ^ -- ,xe«^ ^tt\£M£Ki i 9 A m INOTJONS FONDAMblNTALES, LIV. I!, CHAl\ WJl 1 \ I I *•»*? > 9 i III » h ^ I) 4» F IV. / \ cole (le COS fails, de date nous pou- placer de lee, epoqiie semblablement a I'antiquite romaine. G'est la des mammiferes, et pa nous les fournir. ;enre cerf Dans le genre cerf, les especes se distinguent par deux ordres de caracteres : d'une part, des differences dans les proportions, la taille et les couleurs ; de I'autre, dans la forme et la des bois et dans le nomb desandoiiillers. A tous ces points de vue, le cerf de Bar- baric, et le cerf de Corse et de Sardaigne, offrent des caracteres f|ui leur sont propres. Compare au cerf d'Europe, dont il se rapprochesurtout, le premier est plus petit, ses bois sont moins grands, ses andouillers moins nombreux, son pelage est tachete, les taches etant toutefois bien moins distinctes que chez I'axis et le daim (1). Le cerf de Corse et de Sardaigne est bien plus different encore du Cervus elaphus. Le cerf de Corse, dit Buffon, qui I'a le premier etudie, " n'a guere que la moitie de la » hauteur des cerfs ordinaires ; c'est pour ainsi dire un a basset parmi les cerfs; il a le pelage brun, le corps » trapu,lesjambes courtes»(2); caracteres auxquels nous V (i) f- (jeries at Knoivsley Hall, in-fol., Knowsley, 1850, p. 59; et Synopsis of the species of Deer, dans les Annals of natural History, 2" serie, t. IX,]). /i18; 1852. (2) Histoire naturelle^ t. Vl^ p. 95; 1756. '... ^ \ { f* / j^ ■-^ y X ' f !lti« il * T _ J ■^ - ■ ■ L ' ; - ■-! -^Jfa "■- " ' -i-a3. r I : .'I f l^ If ^B /|06 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XVII. des foi f • Ben M. Gray I'erigeaient en iine espece le nom C Q f de Cor Gmelin I'avaitinscrit, des 1788. d C. cor&icanus ; et sous ce et 6\ corsinia- espece distincte, d'aiitres,C. medi e espece a ete admise par un grand nombre es (li). II suffiilJ de citer parmi eux le zoolo- I I i #< I • fiW* I « m ^ » I -, \ (1) Bennett^ Catalogue (nianuscril) du Jardin zoologique de Lon- dres. J.-E. Gray, loc. cit. ■n I. XCIV^ p. 262; 182i>. L'espece n'est admise ici que sous reserve. (3) Gervais, Memoire sur les animaux vei^tebres de VAlgerie, dans les Annales des sciences naturelles. Zoologie, S*" serie, t. X^ p. 206 ; iSZiS. /' r publiee (1855), M. Gervais considere de mem'e lecerf de Corse coiiime specitiquenieot distinct^ mais il le nomme C, corsicanus ou mediter- raneus. Ce cerfdiffere surtout, dit-il, en ce. quMl « n'a ordinairement » qu'un seulandouiller basilaire ». (6) II est aussi des auteurs qui Toot rejetee, et s'en sent tenus k Topinion deBuffon; niaislaplupartnesavaientpasque lecerf de Corse differe aulant par ses bois que par ses proportions et sa lailie. Voyez particullereraenl : J,-B^ Fischer, Synopsis mammalium^ Stuttgard;, in-8, 1829, p, ZiA7, et J. -A. Wagner, Die Saitgethiere^ supplement, Leipsig, in-Zi, 1855, p. 35Zi. / cit. 1 Ailleurs, au contraire, il considere le cerf de Corse et celui de Barbarie comme disiincts du C. elaphus, mais comme ne constituanl H at Knotosley Hall, loc.. cit,). f^ ■f: RAN, tout en se montrant dispose a rapporter le cerf de Corse au I ' (7. elaphus, conclut « qiril n'y a pas lieu de regarder le probleme comme » resolu ^) et que « la speciticite du cerf de Corse » est « a reserver ». (Voy. Archives du Musmm d'hisloire natureUe, t. ,YI, p. 38^1 ; 1852.) t > ■— ■* 'nUi ■-'^^- ■- ^ t- '1 VARIATIONS SUBIES SOUS 40 giste qui s'est le plus assidument occupe de la delermi- nation des vertebres de I'Europe meridionale, le prince Charles Bonap (l),et de I'ouvrage le pi mt public sur rensenible de la classe des mam- M. Gervais(2). impossible de meconnaitre que la conclusion a ^ pour le cerf de Barbai Gray Corse el de Sardai Bonaparte et M. Gervaisj est la seule qui soit en rapport, non-seulement avec I'hypothese de la fixite du type/mais qu'on pent appeler pratique de 1 espece telle qu elle est generalement acceptee par les naturalistes, de quelque ecole qu'ils soient de passer de la diversite specifiq possib Le et par transition insensible ou d'un groupe d'individus a un autre, en fut-il tres vols c'est, en un mot, la discontinuite ; et toute collection suite d'individus nettement distincte, est une espece. A ce point de vue, le cerf de Corse est bien une des « unites ver ici, zoologiquement aussi bien que geographiquemen passage d 1 C. corsicMius au C. elaphus? Parmi les nomb races el varietes de ce dernier, on en trouve il est vrai qui se rapprocbeiit plus que le cei'f de nos bois, du cerf d'Affique et de celui de Ja Corse etde la Sardaigne- mais r (1) CataloQo metodico dei mammiferi europei, Milan, in-Z(, l8/i5, p. 16. (2) Voy. la note. L'auteur considere aussi {locis cit.) \&C. bar- harus corame une espece voisine, mais distincte, du C. elaphus. (3) Voy. le Chap. Xl, sect, yi et vn, p. 263 etsuiv. / i ( r .1 I A r ^ f I i L m ■ 1 M I i- ¥^ .t H I % (, } I i . I ( ** i. » * 1 I" 1 . '.:' &AU. S^^i.^VT "^-iSi-". 1- A •• I I I f n: ! fe #i 4 /|08 NOTIONS FONDAMENTAF.KS, LIV. M, CHAP. XVII. elles s'eii rapprochenl seuleinent et ne vont pas jusqu'a eux ; et ils restent zoologiquement separes par I'ensem- ble deleurs caracteres, coinine geographiquement (yircon- scrUs clans leur habitat, ultra-mediterraneen pour I'un, insulaire pour I'autre. Done, selon les vues admises et les regies suivies par tousles naturalistes, Ic C. barbarus eile au bien des especes, et Ton pent Tfde Corse, queplu^ieurs de fferent des especes bien moins impor ses eon- par des lui sont propres. \ Si nous ne savions rien de plus sur les cerfs barie et de Corse, nous ne verrions done en eux espeees de plus a inscrire dans nos catalogues, ; litre que leurs breux congeneres. » • , si nous mettons en regard des fails acluels I'etat ancien des choses lei que nous le montrent de precieux temoignages, iconnailre : tandis que I'origine des autres especes du genre Cerf se perd dans la. nuit des temps, celle du C. barbarus et du C, corsicanus doit etre reportee, au plus loin, a I'anti- quite romaine. 11 n'y avait autrefois de cerfs ni dans Ic nord de I'Afrique ni en Corse. Pour I'Afrique, e'est Herodote qui nous I'apprend, et il est Ires net a eel egard (1). Aristole ne Test pas moins : A lb 'J 'n « Point de cerfs, dit-il, dans toute la Libve : sv Ttaavj » (2). Et ce qui etait vrai, selon ce temoignage, au (1) Htsloire, liv. IV {Melpomene). (2) Ilistoire des aniwaux^ liv. Vlll, xxvirr. ■- I Ik ■-*'.*» r^ VARIATIONS SUBIES SOUS L'l^FLL'EI^CE DE l'hO.MME. /|09 'Vlexancl temps dc Titus naturelle^ ne prod I'etait encore, assure Pliiic L'Afrique, dit Tauteur de VH t pas de cerfs (cervos Afric 1), mi y produise pas. Pour la Corse, nous n'avons qu'un seul lemoigaage, mais c'est celui du plus exact des historiens et des geo- grapbes de I'antiquite, de Polybe, auctor non incerlus, comme I'appelle Tive-Live. Dans un passage ou il fait preuvc de connaissances tres precises sur les mammi- teres de la Corse, Polybe nous apprend que des deux ru- minants sauvages nourrisaujourd'huiparcette lie, un seul vexistaiti! v a deux mille ans : c'est la brebis sanvage. <(? TToobarov aypiov , oil comme I'appellent les modern uflon. Quant au cerf, la Corse ne le possedaitpas Voila ffirme Polybe, et dans 111 plus encore qu'ailleurs d P dee, car il y repondait a Timee, et cbacune de ses pbrases est un dementi donne, au sujet de la Corse et deJAfrique, a cet auteur « sans lumieres, sans jugement, »leger et credule a I'exces ». Ge n'est pas au moment ou (1) Liv. VUI, LI. (•2) Et meme, au lemps d'Alexandre Severe, s'il fallait en croire Elien, Histoire des animaux, liv. XYII, x. Mais on sail combien c'et auteur merite peu de creance. line fait manifestement ici que copier ses devaiiciers. (3) Histoires, liv. XII. * On ne trouve non plus en Corse, dit Polybe, ni la chevre etleboeuf sauvages, ni le loup, ni meme le lievre; mais I'ile possede le renard, le lapin (voy. plus haul, p. 7/4 et 75) et la brebis sanvage. / / I'k [ I I I a II' i s \ M ! m it^f A I W I I % i I - f I r 1 t \ 1 -\ ^_ - -K a. 'I ■ t if k U9 i^ »i * M. li'. »< !*■ R Ly I ! ao NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XVII. fait de ses devanciers une critique aussi severe, qu / • s expose a la meriier pour son couipte. Si la Barbaric, si la Corse n'avaient pas autrefois de cerfs, et si elles en ont aujourd'hui ; et si de plus, leurs i cerfs, C, bar bar u C retrouvent part ailleurs, la conclusion se presented des cerfs ont ete autrefois introd L dans Afriq Corse : et, dans nord de ' patries, descend b ad pris des presentes Q sont done ces caracteres? Non des caracteres y primitifs, mais des caracteres acquis; par consequent, des effets de I'influence modificatrice des circonstanccs / • exterieures. les regies ge^neralement distinctes ept C. corsicanus ? Selon s, des especes, plus meme, le cerf de Corse surtout, que bie d'autres aui sont ad Pl locales, mais des races qui, en raison de I'habitat ultra- mediterraneen do Fun, de I'habitat insulaire de I'auire, sont enliereoient separees de la souche commune, facile- ment reconnaissable dans le C. ekwhus du continent de urope Ce beau ruminant etait, chez chez nous, le premier animal d hair chez les Remains, etait beaucoup plus estimee que chez nous (1). II n'est done p (1) Pliine dit ■r - / y w .< ! B! I t I i \ ^\j-\/^^\/\/\j'\/\/\/\j\y\/\.r\/\/\y\/\j I f II CHAPITRE XVIIT. \ f ]■ DEMONSTRATION DE LA. VARIABILITE DU T\PE PAR l'eTUDE DES ANIMAUX DOMESTIQUES ET DES VEGETAUX CULTIVES. \ SOMMAIRE. — I. Importance de Tetude des variations des anirnaux domestiques. II. Opi- nions diverses des aiiteurs sur I'etendue des variations organologiques. Opinions de Guvier et de M. Flourens; de plusieurs aa(res partisans de la fixitc de^'espcoe •' de Lamarck. III. Examen des fails. Chat. — fV. Boeuf, mouion, et autres ruminants anciennement domestiques. — V. Cheval, anc et coclion. — VI. Chien. — VIF. Oiseaux. Vlir, Poissons et inscctes. Conclusion commune de tons les faits reiatifs aux variations organolog-iques chez les anirnaux. — IX. Variations org-anolog-iqucs chez les vegetanx. — X. Variations r biologiqucs. — XI. Variations ethologiqucs. Conclusion generale. V, ( ' I '( I. J Des etres qui onl toujours echappe a Taction de hommc, nous etions venus a ceux q > subie un instant seulement, et qu'il s'est borne a depl nous arrivons a ceux qui, une fois en son pouvoir, pi lesquels il a etendu mais em maintient non-seulement son influence, pire. Tels sont les ammaux qu'il a domestiques et les plantes qu'il cultive. Ces anirnaux que I'homme a faits ses « esclaves », ces f vcgetaux sur lesquels ^^ il regne par droit de conquete » (1)^ (1) Expressions de Buffon, Histoire naturelle, I. IV, p. 169, i753; et t. Xll, p, XIV, 176Zi. I i^ri;' H f I m i*. ' >i: ' ' ' -\ ::. . . ^..-. ^ i I ♦^ 111 «»4 ?f ' ' * 1 %i I ft l<> f ^ »m t Mi i II ^ «tt » I ' '■} 1 %i| fl\ 6 NOTIONS FONDAMENTALliS, LIV. II, CH\1\ XVIII. 7 sont, comparativement aiix aulres, en tres petit nor quelqiies eentaines d'especes vegetales, et mo cinquante especes animales(i\ Voila tontce querh de possede, et bien pen. M ffit pour d'etude. I nous ouvrir un vaste champ d'observalion et d De chaque espece, I'homme en a fait pour ainsi dire plu- sieurs, par la variete presque infinie des conditions ou il I'a placee et des aspects sous lesquels elle se presente a nous. Le meme animal, obeissant a la volonte du « maitre » , s'est parfois repandu de I'extreme Orient a I'extreme Occident, ou meme depuis I'cquateur jus- qu'au cercle arctique (2),et meme au dela, ne s'arretant qu'ou toute vie devient impossible : Ulterius nihil est nisi non habitabile frigus. Dans cette expansion presque s differences de latitude, d'altitude de circon- g meme espece aussi est passee a un nouveau I d'aulres habitudes ; si bien que son monde ambiant, circumfusa^ ingesta^ percept i disent (i) Yoyez le chap. IX, sect, xv, p. 11.5. (2) Meme chapitre, sect, xvii, p. 122. Les animaux que j'ai cites en exeniple dans ce passage sent tous au nombre des especes le plus anciennenient domestiquees. Mais il est encore des faits en dehors de celles-ci. Non-seulement I'oie est, elle aussi, commune a des contrees Ihermologiquement tres differentes, maisil en estde-memedu canard, dontla domestication date, comme on Ta vu, de Tepoque roniaine: ce palmipede arrive sur plusieurs points, au sud, jusqu'k Tequateur, s'etendant meme au delii, dans rhemisphere aiistral; au nord, on le Irouve jusqu'au cercle arc- tique. N - |h^ ' L ^ '. / VARIATJONS CHEZ LKS ANIMAUX DUMESTIOUES, fill pou C po temps modernes, presque sous nos y especes dans les dans nous Ic savons, pour epoque grecque et romaine, parde nombreux rec pour des temps bien plus rccules encore, par de pi temoi ravance(l). Chez les i que pris soin de disc q allons done voir I'organisation a I'epreuve de mentstres multiplies et tres considerables dans des conditions d'existence ; et nous pouvons B en suivre effet le depu Ce sonl les experiences, prevues par B Pl ( ecbelle qui puisse etre ; car arrives au dernier de plus grande de I'homme par tions qui aient pu se produirc dans puiss cho de Pour de date plus reculee, il ftuidrait rcmonter ments quise sont produits au passage d a I'aulre : mais ceux-ci, nous ne les voyons d[ supposons; et nous avc I'observation. soir mAmp change pas pi par ditlcations qu'ils ont pu amener da b & des possible, c'estde (1) Ibid., sect. IV, VII, X, XI, XII, xiiT, XIV et xviii. (2) Voyez p. 392. III. Voyez aussi t. II, p. 38/|. 27 #-1i T ^S *' i t I I I I V ii»f n t t ■ K i ;» u 'd ffi' > *# I ? 4 \ If ,' . ■■ - V..-V ■ 1^. - p - _ ■ ^. >>»' Ufcl^r^ t T I I" V I - ■! f» r i 11' » i ,**?-] r^ M* t i 'v [\iS NOTlOiSS FONDAMENIALES, LIV. U, CHAP. X\'1I1. idee de ces modiPicaiions, an moyen d'ind lions 1 fonde ments les assoirons-nous legilimement , sinon sur la deter s effets produits, a I'egard des especes y botaniques, par les plus grands d 1 c m onde ambiant, dont puissioris / • la connaissance Pl d tvpe que nous fassent connaitre acquern^ modifica I'observation et I'experience, les plus grandes dont I'homnie puisse etre le temoin, ce sont celles dont lui- Kv.^r.>a pc^ «innn ranteur. du moins la eause ; celles qui nfluenc 8, chezles animaux et les vegetaux domestiques. Si, an pe science en enl revolt d'autres encore plus considerables d qu'une raison de plus^our qu'on s'attache a bien con- naitre les premieres ; car c'est par leur intermediaire Sa qui de cette question : que pent I'homme sur les etres I'entourent? on ne saurait meme aborder celle-ci: qn'a pu faire et qu'a fait la nature avantles temps de Fhomme ? D'oul'on peut voir deja que Fetudc des variations du type cbez les animaux et les vegetaux domestiques est noend de la question fixite oil de abilite du type; de cette question, non-seulement c peut se poser pour I'ord dan bol au point de vue geonemique. / L -*^A^' ^^ ■» ' ■,. j;-^*' ■—f \ VARIATIONS CHEZ LES ANIMAUX DOMESTIQUES. 419 II. V derniere proposition avait besoin d'etre iustifiee nfirmer w par d'autres considerations, nous pourrions la ci par I'histoire de la science. Quel est raufeur qui a cherch determiner, at pour ainsi dire a mesurer I'ecart que peut subir le type chez les animaux domes tiq lui de la paleontolo dans lequel de ses livres ? Dans ses Recherches ements fossiles, dans ce discours celebre Sur le globe, qui forme I'introduction de ce I comme le perislyle de ce monument (i). ill du grand Pour jusqu pu de des temps, Cuvier sent qu'il a besoin ment mod I quel degre ils peuvent presente sous Tinfl homroe : et s'il croit devoi et par les especes perdues ne sont pas des pec parce qu flatte prealablement demontre, en zoologie, la tre^ faible des' deviations actue^ produites la domestic 5 de que es- ^oir du type, meme de celles qu'a faits sur lesquels Cuvier fonde cette opinion pe d'apres dans les herbivo sportions toutes 1esde (i) Ossem. foss., edit. io-Zi de 1821, t. 1, p. ix el suiv. #14 I I f i m Si 4j I I h _J '^ ^ \ I i I J F * ri ri' » !i:)l I J « m i i - 'iX.i^^^SJJ^. N t I I i I I ^. I ^T r* fi 1 4»< > ^i< Wi Ilk I 1 I 420 NOTIOMS FONDAMENTALES, LIV. H, CHAP. XVllI. 5 uperfi Elles sont plus legeres encore chez presq domestiques, et particulierement chez tres animaux chat. La seule esuece a I'effard de observe des effets plus marques de I'influence de Thomme, c'est dans ions des os restei Done, conclut G produit chez empire de I'homme », que de rialions tres pen importantes, presque toujours Hmil aux caracteres exterieurs. ■ Cette conclusion que Cuvier presentait conime pie ment justifiee par les fails, a e(e acceptee comme inc ^^ testable par discioles, ( partie de ses successeurs. Parmi ses et surtout M. Flo ont raeme cru pouvoir aller au dela. Cuvier avail admij exception pour le chien ; ils ont retire, au naoins i citement, cette unique concession ; et ce que C Pl qu'avec reserve, i!s I'ont aft absoUis Flourens, sont beau » coup plus grandes dans les animaux domestiques (que , mais toujours super ft- » dans les animaux sauvages » cielles (1). » Et non-seulement, ajoute M. Flourens, cela est, mais il ne saurait en ctre autrement ; car « les » conditions rigoureusement posces de la generation de » chaquc espece donnent la raison de sa fixite et sa con- » stance «. (i) Journal des savants, anneel837, p. 239. Vovez aussi Bufpon, Histoire de ses travaux, Paris, in-12, 184i, p. 'J6 el 97. V Mt *^ii 1 t J VAIUATIONS CHEZ LES ANIMAUX DOMESTiQUES. Mais, ni cette opinion, qu'on pent qualifier d'extr^ l\'2i y a plus apres elle que la negation de ( rence, ni meme Science. Parmi de ■y d d fixite de plupart ont fini chez les don:iestiques, de deviations de typ I . etendues que Cuvier nel'avait pense; et quelques-uns de ces naturalistes ont tellement recule les limites de ces deviations qu'on doit les considerer comme ayant, non plus modifie,mais condamne et rejete I'opinion de Cuvier. Aunombre decesauteurs, etau premier rang parmi eux par le soin qu'ii a mis a reimir eta discuter une multitude de faits, estM. Godron. Tout en affirmant, encore une fois, que « les especes animales saavages sont, depuisleur crea- » tion, restees fixes », M. Godron convient franchement et s'attache a demonlrcr, que « il n'en est pas de meme des » especes domestiques ; celles-ci ont subi des modifications » plus ou moins nombreuses et importantes » (1). D'autres ont ete encore plus explicites : sous c. I'in- » fluence de la domesticite » , dit un auteur, disciple or- dinairement fidele de Cuvier, il s'est produit « des races Vsi bien distinctes, que leur caractere serait suffisant pour •e regarder comme des especes parliculi^res de » leur genre, si nous n'assistions pas pour ainsi dire a » leur formations. Qui ne croirait cette pbrase ecrite par un partisan de la variabilite du type? Elle est, cependant, d'un des defenseurs les plus convaincus de I'hypothese contraire, M. I'abbe Foricbon (-2). fai {!) Ouvr. cit., t. I, p. Z(63 (2) Loc. cit., p. 397. * f ! ', 1^ M- tV ^4 It %h r 4^^ >i f 1 i « ( 1 \ ^ *l « I #«»*•«« ,1 Xx.. ■I f^ l«» %^ i m\ I /l22 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XVIII. Nous troiivons la m6me proposition aussi nettement admise, et presque dansles memestermes, par M.l'abbe Maupied (1), qui n'est pas un partisan moins decide de la fixite. Et ce savant Iheologien et naturaliste fait meme un pas de plus : apres avoir ajoute, dans les developpements de son opinion, qu'on ferait du cheval seul trente especes particulieres, il passe aux races icanines, et fait voir qu'elles different encore pkis entre elles que les races chevalines ; si bien que celles-ci offrant des caracteres spe- ciflques, les races canines se distingueraientpar des diffe- rences pim que specifiqiies . Si ce n'est pas le mot dont se Maupied, c'est du qu'ont admis les pa de fixite du l\ par la force des faits en pen a peu a admettre des consequences qui I sont que nous avons a pi eprises de iustifi en croyant confirmer en meme temp generate en favour de la variabilite Et meme, ce n'est pas seulement avec nous, partisans (1) Loc. cit,, t. II, p. 350. V . 4 (2) Des homines aussi distingues que iMM. les abbes Forichon el Maupied n'ont pu meconnaitre combien leur conclusion, en ce qui concerne les races doniestiques, est peu en rapport avec leur conclu- sion generale en faveurde la fixite. Mais, d'une part, ils ne pouvaienl aller conlre les fails; et de Faulre, ils irouvaient a appuyer, sur ees ■fails meines, une notion plus essentielle encore, a leur sens, que celle F ^mfime de la fixite du type : la notion de Tunile originelle de riionime. . Nous reviendrons sur renchainement qui existe enlre la question que nous traitons ici, et le probleme fondamenlal de Tanthropo- loffie. * / ' ...^^ - . 3*^^?^^ I t-M * 'i I ^ VARIATIONS CHEZ LES ANIMAUX DOMESTIQUES. -ariabilite limitee. itiie s'est ici rencontre I'abbe la varia- de la va Maupied, c'est aussi avec le naturalisle que lui et M richon ontle plus souvent et le plus energiquement < battu ; avec celui qui n'admettait pas bilite sous I'influence des circonstances exterieures, mais I'instabiUte la plus extreme sous I'intluence de change- mentsd'habitudes.La domesticite.avaitdit Lamarck, dans r sa Pliilosophie zoologiqueii)^ a a change ou considerable- » ment modifie quantite d'animaux », et les plus modifies \ de tous, les chiens, « offrent entre eux de plus grandes » diversites que celles que nous admettons comme speci- » fiques entre les animaux d'un menie genre qui vivent » librement a I'etat de nature ». Entre ce passage, ecrit des 1809, et les vues recentes de M. Maupied, nous voyons des differences dans la forme, mais nous n'en voyons pas au fond. Cette rencontre de deux savants, venus pour ainsidire I'un a I'autre des deux poles de la science, indique bien on est la verite. Mais, sur un point aussi fondamental, il nous faut, non des indices, mais des preuves; c'est anx faits que nous allons les demander, et par eux que nous essayerons de resoudre a notre tour ces questions : les caracteres par lesquels se distinguent les races domesti- ques, comparees, soit a leurs souches, soit entre elles, ne sont-ils que d'une tres faible valeur ou meme seulcment superficiels? peuvent-ils etre profonds et acquerir. une valeur specifique ou meme phis que specifique? Eu d'autres termes, jusqu'a quel point les etres sou- (1) 1" edition, l. I, p. 227 et, 228; 1809 ] r I ■1 .4 * .4 i I '\x *^ % h"' 1*M 4>p il m ^ ft If i fH » \ i 1 -^ 4-ri - 1 F-, f( I: 1 »^1 I 1 fi J ?-^ ., \ I II \ !4 f|! I| t ptt I i * I hn NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XVIil / mis i\ I'empire de I'liomme se sonl-ils ecnries des types priinitifs? Les conditions a remplir pour mesurer une distance parcoLirue sont essentiellement de bien savoir oii est le point de depart et oil] est le point d'arrivee : plus ils seront exactement connus, plus exacte aussi sera la mesure. Nous croyons avoir rempli a Tav-nncc rin mm'nR pour les animaux, la premiere de ces conditions. Les points de depart, ce sont, pour eux, les types des especes dont ils sont issus ; et nous avons consacre une tongue serie de recherches, resumees plus haut (1), a determiner ces types que nous sommes en droit de dire, la plupart, exactement, et les autres, tres approximativement connus. S'il reste, en effet, quelques animaux domestiques a I'egard desquels nous echappe la determination specitique de la souche, du moins arrive-t-on a en circonscrire lareclier- che dans les etroites limites, non-seulement d'un genre nature!, mais, dans ce genre, d'un petit groupe d'especes si intimement unics, qu'oii a peine a les distinguer. Ce qui nous reste a apprendre sur les origines de nos races ne saurait done desormais modifier en rien d'essenliel les resoltats auxquels nous allons arriver. Les points de dep points d'arrivee, c'e*^ derivceset auxmodif: venous done aux ? des depuis longtemps possedees pa A I'appui de son opin fait une rapid (1) Ctiapilre IX. (5) Pour quelquos especes reeemment soiimlscs a I'homme, et en- core Ires peu motlifiees, voyez le meme cliapitre, p. 51 el suiv. ^ \ I ^^\ \ / V.iIUATIONS CHEZ LES ANIMAUX DOMESTIQUES. revue des principaux mammiferes domestiques, de les moins modifies jusqu'au plus modifie de tons, le ch A Pour justifier les vues suivrai le meme ordre variations dont Cuvier que ppel ; devoir adopt en peu de mo tres rapidement celles sur lesquelles compte anssi des faifs qu'on obserN classe des mammiferes (1). y dehors de \ (1) Avant et depuis Cuvier, plusieurs auteurs ont vu aussi dans I'etude des variations des animaux domestiques une source de notions applicables a la solution de diverses questions importanles, comme celles de I'espece, de I'uniteou dela pluralite d'origine des races hu- maines, etc. En tete de ces auteurs, il faut citer Buffon, qui, apres avoir Iraite des animaux domestiques dans les premiers volumes de VUistoire naturelle, est souvent revenu sur eux, soit dans la suite de cet ouvrage, soit dans les Supplements.- Les Spicilegia et les Miscel- lanece de Pallas, ainsi que ses Voyages et ses memoires speciaux, sont encore des sources tres ut.iles a consulter. — Parmi les auteurs plus recents, nous citerons particulierement : Blumenbacii, Beytrage zur Naturgeschichte, Goettingue, in-I2, 1806, p. 32 et suiv. L'abbe scientifcq p. 397 et suiv. lion de"M. Roulin, Paris, in-8, 1843, 1. 1, p. 35 et suiv. Prichard, Histoire naturelle de I'homme, traduc- GODRON, SUIV. De I'espece et des races, dans les Memoires de la Societe des sciences et lettres de Nancy pour IW, publics en 1848, p. 2ZiO et suiv. ; et ou- vrage publie sous le memc litre, Paris, in-&, 1859, t. 1, p. '335 et L'abbe Maupied, Dieu, I'homme et le monde, Paris, in-8 1851, t. 11, p. 350 et suiv. — De Quatrefages, Unite de I'espece hu- maine (extrait de la Revue des deux mondes, 15 dec. 1860 et nume- ros suiv.), Paris, in-8, 1861, p. 82. J'ai moi-meme traite des variations des animaux domestiques, dans les ouvrages et memoires suivanls: Ilecherches sur les variations de la taille chez les animaux, memoire inserc dans le recueil de VAca- demie des sciences. Savants elrangers, t. Ill, p. 303 et suiv., 1833, et dans mes Essais de zoologie generate, Paris, in-8, 18Z|1, p. 379 el / » ;■ I t < r I i K i ii^« r 1^ M f f r i ^L ■'!»*■' * if \ i n -'"-.I r -J ■ - - u I f m 3 m * 1 3 I I I I 426 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XVIIl. III. Cuvier place en tete Ic chat, et ce carnassier est, en effet, de tons anciennement domestiq cekii dont i feres tres ganisalion V s'est le moins eloignee do type primitif. Est-ce aussi pen, cependant, que le dit Cuvier? Des modifications dans la finesse et les couleurs dii pelage, des differences plus ou moins marquees dans la taille, est-ce bien la « tout ce » qu'eprouve » cette espece seulement « demi-domestique »? Nous pouvons indiquer au moins deux differences de plus. La premiere, et assurement celle-ci n'est ni superfi- cielle ni denuee d 'importance, est rallongement du tube digestif chez nos chats domestiques. C'est Daubenton qui a mis en lumiere ce fait remarquable (1), en meme temps qu'il indiquait quelques autres differences interieiires. ft in I I r «^' suiv. Voyez aussi Hisloire generale et particuliere des anomalies, Paris, in-8, t. I, p. 218 et suiv., et AccUmatation et domestication des ajiimaux utiles, 4"^ edit., Paris, in-8, 1861, p. 221 et suiv. Le travail insere dans ce dernier ouvrage est un extrait de ce chapitre qui avail ete en grande parlie compose des 1859. (1) Hist. natuT. de Buffon, t. VI, p, iS^etsuiv. Cuvier, qui, dans ses remarques sur les aniniaux domestiques, passe completement ce fail sous silence, ne Tignorait cependant pas, et il I'avait memeverifie, commeon pent le voir dans les Lepons d'ana- tomie comparee, t. HI, 1805, p. lit\5 et IxoO, Suivant Cuvier, la lon- gueur totale du corps est k la longueur du canal intestinal : Dans le chat sauvage . . , Dans le chat domestique. . :: 1 : 5. IVapres des mesures que nous venous aussi de prendre, la diffe- '' . f I "I VARIATIONS CHEZ LES ANIMAUX DOMESTIQUES. 427 Selon lui, tous les chats domestiques se ressemblent beau coup peine » meme, dit-il, « pent » permettre de les disdnguer en d compares aux chats sauvag^es, ils presentent des diffe notables. La plupart de dit Daubenton, pi pi pa ? s pi ands ; et quant aux intestins, la difference est tres marquee : dans les chats b de plus d'un tiers moins longs que dans mestiques ». De cette difference, facilem par nourriture abondante et le regime moins exclusivement carnassier du chat domestique Daube de Vespece q a plus d * » degenere dans les parties interieures du chat r » tique que dans la figure exterieure du corps «. Dau- benton I'avait done deja dit en d'autres teiMnes, mais tres nettement : les modifications sont profondes, et non pas seulement superficielles, de valeur specifique, et non pas seulement accessoires. 11 est vrai que Daubenton a compare les races felines au chat sauvage d'Europe, et non a Fespece qui en est la soucbe principale, le chat gante. Mais le groupe des chats proprement dits est tellement naturel, qu'une de rence entre le chat domestique et le chat sauvage serait meme encore plus grande. Chez un chat sauvage dont la longueur totale etallde 0"\70, le canal intestinal avail 1^", 95. Or ces deux uombres sont seulement entre eux ^ peu pres : : 1 : 2,8. Cuvier a fait remarquer {ibid., p. /i/i5 et suiv.) qu'une difference semblable s'est produite enlre le sanglier et le cochou, et une inverse entre le lapin sauvage et le domeslique. I / A i , I i? I I #' y -/■ / i •^ w 111 t «' ) t-' fl 4> ;' ; ih4t r* f* \ J r ( 4 i4*i *r »t« : t ■*- ^ - ^ K -> - ,1 - - .-J, l.*..A 1 i. m\ ^1 * I i 1 (, t \ \ I I 'i**9t I ■^ /|28 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XVIII. ses especes, quelle qu'elle soil, peut representer anato- miquement toulesles autres. II est neanmoins a desirei que pas urs en Abyssinie ( d'examiner ou d b"t5 A mettre a meme be diirestif d'observalion re qu'une presomption extremeinent vraisemblable. Une autre difference qui, sans etre aussi remarquable ,y & d'attention, est I'extreme bi de la queue dans une race propre a quelques provinces cbinoises. Gette race ne m'est malheureusement pas connue par mes propres observations ; je ne crois pas qii'on en ait encore amene un seul individu en Europe; jnais son existence m'a ete attestee de la maniere la plus formelle par feu I'abbe que ce voyageur ait etc tions habituellemenf nr induit en erreur par de upposer Parmi les individus observes par M. Hue, est une femelle qu a vue mettre bas des petits semblables a elle. On assure qu'il y a aussi en Chine une race de chats oreilles pendantes; ct il a meme ete question de celb ci (1) plus souvent et moins nouvellement que de la pr cedente. Son existence m'a encore ete affirmee, il y quelques mois, par un voyageur que j'avais prie de (1) II en estdeja question en 1735, dans le grand ouvragedu P. Du Malde. yoyez Description del'empire de la Chine, in-fol., t. 1, p. 112. — D'apres Du Halde ce « chat singulier » se trouve particulierement ans la province de Pe-tclie-l,i, ou il « sert d'amusement » aux dames qui, a ce titre, « le reclicrchent fort ct le nourrissent avec beaucoup » de delicatesse ». I I .--'■- t I VARIATIONS CHEZ LE& AiMMAUX DOMESTIUUES. /l29 constater La meme demande, adressee a plusieurs membres de I'expedition actuelle en Chine, me pro- curera sans doute bientot les elements d'une solution definitive. IV. Les variations des herbivores, selon Cuvier, sont grandes », mais toujours fer dans d ranspoi limites tres ctroites. En vain I'homme a-t-il ti ces animaux « sous toutes sortes declimats» etleur a-t-il impose « toutes sortes de regimes » ; les variations, dit Cuvier super jicieUes Ainsi des causes considerables n'auraient produit que de tres faibles effets(2). Nous croyons que Cuvier a ici un peu amplifie les causes en ce qui concerne les differences de regime, et beaucoup trop restreint les effets. \ Les variations que Cuvier cite comme super ficielles 4 ii \ '^% ir *t (1) Elleestaffirmeeegalementparlesorientalisles.VoyezF. ScHUTZ, Des animaux et des plantes de Vextreme Orient^ Paris, Nancy, in-8, 1860. (2) M. Floukens, Buffon, he. ciL, a ainsi resume, en Tadoptaut, ce qu'avait dit Cuvier, loc, cit. : « Plus ou moins de taille, des cornes » plus ou moins longues ou qui manquent, une loupe de graisse, for- » ment toutes les differences des bceufs.yy « Et il y a quelques races » de cochons ou les ongles se soudent. » Le zebu ayant ele separe du boeuf proprement dit (voy. p. 68), Texistence de la bosse doit etre consideree comme iin caractere speci-, lique, et non comme une modification produite par la domesUcite* Nous laisserons done de cote ce caractere dans ce qui va suivre. V 4 ii it f vt .*^ ( 1111 i( - « J .-. '-'If r- ^ I - ^ n _ ■ ' .■ry - ^ .t-k- ;-^. . h I 'i m I I ^*'' w } i> q I iv in ■I i ir-l f H I r V r I I. I ll'dO NOTIONS FONDAMENTALES , LIV. II, CHAP. XVIII. sont, d'line part, plus elendues qu'il ne parait I'admettre, portant meme parfois sur des caracteres re^ardes comme specifiques ; et de Fautre, elles nc sont pas les seules qui existent : nous en trouvons aussi de profondes. Cu- vier lui-meme nous fournira quelques-uns des arguments a I'aide desquels nous etablirons , contre son opinion, ces deux faits generaux, Au nombre des variations superlicielles sont, par excel- lence, celles qui portent sur la coloration. La variete des couleurs de la robe, chez le boiuf et les autres ruminants domestiques, est connue de tout le monde : la variete est poi J pourrait, au premier aspect presq Les munes qui se rapportent a I'albi Pl qui, dans beaucoup de races, devi sme, soit albinisme mal. Les an unes a I'etat peuvent etre ramenees, les • A q des couleurs qui existent dan peut aussi etre complet, incomplet ou partiel , faitlongtempsmeconnu, a la predominance d plusieurs I'espece soucbe. Ces cowleurs, de locales peuvent devenir generates; elles peuven d'etre combinees avec d'autres, devenir pures et prendr au lieu od nde intensite, mais on ne voit pas, a vrai dii nature du pelage n'est pas plus fixe que sei Ce n'est pas seulement dans la plupart des ^ - ovines et dans quelq des polls longs et plus pi ou qu'on trouve res differents » VARIATlOiNS CHEZ LES ANIMAUX DOMESTIQIJES. llU des pelages primitife. Ailleurs, au contraire, les polls se raccourcissent au lieu de s'alloiiRer, comme chez les moiitons sans laine des pays chauds, dans lesquels le |)ere Labat inclinait a voir des chevres « honorees d'un » nom plus noble » (1). Chez les ruminanis des pays chauds, les polls deviennent parfois beaucoup plus rares en meme temps que plus courts et plus sees, et la peau se denude meme, notamment dans les grandes especes, telles que le dromadaire et le biDuf ( r Les variations de la laille ne sont pas moins remar- F quables cbez les ruminants domesliques. Dans chaque espece, 11 existe a la fois des races notablement plus grandes, et d'autres beaucoup plus petites quelasouche ou les souchcs auxquelles ces races doivent etre rappor- tees. Les variations s'etendent meme parfois tres loin. Tout le monde salt quelle enorme difference de tallle ■) / existe entre la vache bretonne et nos grandes races de boucherie. La meme Inegalite se relrouve entre. les pe- tits et les grands zebus. II est, papmi les premiers, des races qui,selon'les expressions de Cuvier (3), « surpas- (1) Nouvelle relation de I'Afrique occidentale. Paris, in-12, 1728, t. 1, p. 276. (2) RouLiN, Sur quelques changements observes chez les animaux domesliques transportes dans le nouvecni continent, dans le recueil de VAcad. des 5c., Sav. etrang., I. VI, 1835, p. 333. Les boeufs nus, dit M. R,oulin, « elant plus faibles, plus delicats, » on a coutume de les delruire avant qu'ils saient propres i\ la repro- » duction ». Sans cette coulume, il auraitpii se former une race nue qui eiit ete, parmi les boeufs, ce qu'est, parmi les chiens, la race im- proprement connuc sous le nom de chien lure, (3) Cuvier, Menagerie du Museum d'histoire naturelle^ in-foliO; / _ \ -1 \ i \ ■ I ij * K M Uii \ t 1 i if ^li I i 3 ' ' \-' 'K*' 'v ■ - V--" -:^ ■■'-■ Pifr f^f' 1 -. ' r ' ■ ^ I «.rk t-i^j^*--'^ -O-a .m -Jg .". »- ■■ -t ^«. ^^ 1l I 1 M '*" I \ i ^ n* t a32 NOTIONS FONDAMENTALES, LIY, II, CHAI>, XVIII. > I peine un cochon mediocre » . Le grand zebu du la hauteur de ccs nains de Soudan a plus de deux fois la hauteur I son espece, et il a un volume presque decuple du le Les extremes ne sont pas a une moindre distanced les races caprines et ovines: il y a des boucs et des m tons presque aussi hauts que des anes, d'autres pres( aussi petits que des lievres. La domesticite n'a nas fait propor c est-a-dire les dimensions relatives, que les dimen absolues ou la taille. II n'est pas de ruminant, an. ciennement do \ de chevre, qui n'ait ses races legeres et ses races trap ■ps allonge et pres de terre. Parmi les differen )rdrc, il s'en est produit, par rapport au originel, de jtres considerables, comme on pent s'e surer en comparant aux especes sauvages du genre Be ics pour la bou typ Pl races bovines perfectionn ne ; aux bouquetins, la chevre naine de Buffo monflons, d'une part, le mouton morvan, Ovis et gipes, et de I'autre, I'ancon, Ovis brevipes levrier, I'autre le basset des races ovines. On pent s'etonner de voir de telles variations considerees par plusieurs auteurs comme sans valeur, et mcme comme seulement superficielles. Le sqiielette lui-meme est mo- dific dans ces races a'mcmbres tantot tres allon , .:: ; '^ ' ,' f k -L H - _ ^ ■_ , : ■- ■ ^- . -H ■ -My,:. *Ah*«««>Ai»'4tf -- -»--H ^j ^_ rj.. ^^^ --*-> m S I ti' 4ii •^ ) \ ,V ''^. F J' , ^ I i. I 434 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XVill. varie lui-meaie dans sa longueur, dans le nombre deses > vertebres et surtout dai^s sa disposition (1). • C'est sur d'aulres points que se rencontrent chez la chevre les plus remarquables modifications. Le scrotum, qui commence deja 5 s'echancrer dans d'autres races, se [ divise parfois profondement en deux lobes (2) . Les glands sous-cervicaux tantot existent et tantot manquent; et quand ils existent, ils varient dans leur structure. G'est chez la chevre aussi qii'on troiive , a son maximum , celte hypertrophic de I'appareil mam.maire, qui est deja portee si loin chez la vache : chez ces deux animaux, ce caractere, qui nous les rend si precieux-, n'existe pas dans toutes les races, et il se perd meme bien- 4 , tot chez celles qui le possedent, lorsqu'on les trans- porte en dehors des contrees et des conditions sous Vinfluence desquelles il s'etait produit. Enfin, on ren- contre encore chez ia chevre un autre genre de variations » petils chariots que les inoutons trainent apres eux en niarchant ». On eniploie encore aujourd'hui ce moyen en divers Jieux. (1) Sur les variations de la queue chez les moutons dits a grosso queue, voyez parliculierenienl : Pallas, Hficil. zooL, fasc. \i, p. 58, ' 1776, — Geine, Descrizione di una varieta di pecora a coda adz ■ posa, dans les Memorie della Accademia ddle scienze de Turin, t. XXXVII, p. 275; 183/i.— Prichard, loc. ciL, t. 1, p. 58 et suiv., et Schaft 'ft Dans ce dernier recueil estun autre memoire de M. Fitzinrer, rc- latif aux races caprines, et tres bon aussi a consulter sur les variations des animaux domesliques. (2) Sacc, Essai sur les chevres, dans le Bulletin de la Societe irn- periale d'acdwvilaiion, \, IV, p. l\\ 1857, — J'ai verilie ce fait au Museum, ' ' I , s v^ ' > -A A? V / VARIATIONS CHEZ LES ANIMAUX DOMESTIQUES, /i35 sidei et seulement superfi plitude qui me parait tres ? acnnent pen- qui n'a son analogue ment tres marque des oreilles, qui de danles. Cette deviation du type chez aucun ruminant sauvage (1), se retrouve aussi eliez le mouton et chez plusieurs autres animaux domestiques de divers ordres ; mais chez aucun, le chien excepte, prononcee a beaucoiip s la race ca- prine du Nepa des chevres d'Egypt dont Aristote en Syrie, et dont il decrit les oreilles « loneues de us d'une pair » terre (2) . » Selon la plupar meme au premiei les chevres des r pendant quelquefo br et des distin sence dans I par consequent parmi leurs L lues, on devrait placer Tab- Cap & Ovis^ de la poche interdigitale sur laquelle M. G premier, fixe I'atteniion des naturalistes (3). Je assure, etj'ai pu faire voir aux auditeurs de m( que cette poche fait defaut a queloues races de n me suis q la chevre domestique. (1) En dehors des ruminants, on troiive cet analogue chez les ele- phants. (2) Histoire des animaux, liv. VIII, xxvin. (3) Observations sur quelqiies particularites organiques, dans les Memor. dellaAccail delle scienze de Turin^ i. XXXVII, }). 195; IS^^i. \ [ \ ■ I s - ^ \ t » t :i » u <4) ^^ ( « II » : f f !# ♦ 1/ % \ u. I \ \ !?' m _■?• 4 'm r -1 J M ^ b \ h - ■ n h ■^■■'"■■'^- \ -^ F h ■ . . . :.-,'.--■''. \^- ■;■■■ r_ .-J- I ^ ^ u »»l fti ;!* t Ml t . J ^'t ' I »»tr >' s X /joG NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. 11^ CHAP. XVIIl. Enfin, apres les variations de ces caracleres qu'on dim peut-etre encore superficiels ct de detail, nqiLS ci- terons celles qui porlent sur I'ensemble de la letc, et celles -ci, comme les precedenles, en tres grand nombre et souvent tres prononcees. Cuvier a reiini an Museum d'histoire naturelle les cranes des principales races bo- vines frangaises : dans cetle precieuse collection est la prcuve que, sans sorlir d'un meme pays, I'ecart enire les extremes est deja tres grand. II s'accroil notablement quand on etend la comparaison aux races etrangeres. Les variations des races ovines ne sont pas moins remarqua- bles que. celles des races bovines, et celles des races ca- prines le sontbien davantage. Le chanfrein, dont la con- 3avite a ete generalement regardee comme un des carac- ( teres du genre linnccn Capra, par rapport au genre Ovis qui I'a convexe, se redresse dans plusieurs races de chevres, et, dans d'autres. devient convexe; sa convexite est parfois tres prononcee. II est meuie des cbevres ou co caractcre, empruute au type des races ovines, s'exagere jusqu'a depasser cc qu'on obsei^ve dans cellcs-ci; c'est ce que chacun peut verifier cliez une chevre egyplienne et nubienne que ses bonnes qualites laitieres ont fait re- pandre depuis quelques annees en France, et qui com- mencea ne plus y elre rare. Pas un raouton n'a le chanfrein aussi convexe; si bien que, classee s^'eule- ment d'apres la conformation generate de sa tete, cette cbevre viendrait prendre place non-seuleinent dans le genre Ovis , mais en tete des moutons , comme le mieux caracterise de lous el Ic- plus different du genre Capra, I f H « VAUIATIOWS CHEZ LES AiMMALLX DOMESTIQUES 437 V. Les autres herbivores ne varient pas moins pour la couleur, la taille et les proportions, que nos ruminants domestiques. C'est chez le cheval qu'on trouve les couleurs les plus' variees. Pour exprimer toutes les nuances de sa robe, il a fallu enrichir la langue de plusieurs termes nouveaux. Apres le cheval vient, a ce point de vue, le cochon, qui est tantot blane, tantot noir, tantot gris, tantot brun et tantot rougeatre. Quant a I'ane, originairement d'un gris isabellin, il est le plus souvent gris ou noir, rarement isabellin ou blane ; c'est le seul animal chez lequel on ne puisse rapporter a I'albinisme qu'un nombre relativement tres petit de varietes de coloration. L'ane perd rarement les bandes lalerales qu'on a appelees chezlui les branches de la croix (1). dans la nature du pelage i cheval etle cochon. Chez \ poll est le pi tre s ras dans (1) Commejerai fait remarquer depuis longtemps, on se trom- perait gravement eii attribuant a toutes les especes une aptitude egale k se plier aux circonstances qui agissent sur elles. (2) Une modification qui^bien que limitee a un petit nonibre d'indi- vidus, doit etre citee comme un exemple remarquable de Tinfluence ■ des circonstances cxterieures, est celle qui'se produit dans le pelage des chevaux vivant depuis, longtemps dans les mines, par exemple, dcs chevaux employes pour les charrois dans quelques houilleres l)elges tres profondes. Quelques annees apres qu'ilsy ont ete descen-- M j I f I ' ( i ■ i 4 I •r « ■ ^ ^ « M t ^ i t'4 i \ f i t / ill r ■ ^ ^ " '^* L ■ - t b I L ' ■y^-"- h _' - l' H - "m ^ - ^.■ >,:. ■ + ^ - ->'h4*.^*.«.A.ac^«hB t ) 11 ) ft II ' L _ I I- ^ l< \\ T 11 i* ft I :i^ I ^ % \ /|38 NOTIONS FONDAMENTALIilS, LIV. II. CHAP. XVllI. beaiicoup de races, et se frisc dans quelqiics-Lines, par exemple dans une des races norvegiennes, la race baskire; mais dans I'hiver seiilement celle-ci porte une veritable toison : on prendrait de lorn le poulain pour un moulpn. Chez ie cochon, la denudation est pres- que complete dans quelques races, tandis que d'autres sont fres velues; il en est meme, sur les parties elcvccs des Cordilleres, dont le poil, tres epais et un pen crepu, recouvre une sorte de laine (1). les races asines,'qui sont encore ici cclles ou recartestlemoins considerable, i dil'ferent seulement cntre elles par la longueur de leurs polls, aussi courts que chez Tonagrc,^ dans les races des pays chauds, et longs ou meme tres longs dans cellos du nord de I'Euroite et de I'Asie. C'cst encore I'anc qui varie le moins par la taille et Ics :)nor(ions, mais, meme chcz lui, Ics extremes sont ici pi Or pr des aeants en comparaison de I'anc rabousri de nos D campagnes ; ,celui-ci, en meme temps que reduit dans ses dimensions generales, estparfois tres bassur jambes. r Les formes, cliez le cochon, nc sont janiais iegeres, mais elles sont tres inegalemcnt lourdes ; il y a des races a membrcs tres courls ettres forts, comme les cocbons dits dus,' ces chcvaux sont revetus (run pelage noir, touffu, moelleux, r comme veloute, el qui, h tons ces points de vae, rappelle celui de U taupe. (Voyez une note de Gegffuoy SA[iNT-HiLAi!iE, dans les Com/)^^^ rendus de VAcad. des so,, t.-VII, p, 1/il; 1838.) f II nait parfois des poulains dans les houiUeres : ces individus pre- senleut, a plus forte raison, cesinguliei* pelage do taupe. {1 IlouLiN, loc. cit., p. 327- I S^^Jt^ - ^-^ . VAKSATIONS CHEZ LES AJNIMAXJX DOMESTIQUES. 439 I ras, qui sorit de veritables bassets. La taille varie bien plus encore dans les races porcines que les propor- tions; il existe des cochons grands comuie des boeufs, r d'autres sont plus petits que des moulons. moulons. Le cheval a des races tres legeres et d'autres tres lourdes, et aussi des races tres grandes et des races tres petites. D'un peu oioins d'un metre et demi au garrot, qui est la moyenne, sa taille s'eleve , dans plusieurs races , jusqu'a pres dc deux meires , et descend a un metre, et meme moins, chez quelques autres, qui se trouvent ainsi, en volume, huit, dix, douze fois moindres. J'ai eu I'occa- siond'examiner, en 182/i, deuxchevaux d'unepetite race propre a la Laponie : presque au terme de leur accrois- sement, a en juger par leurs garrot. Fun 9/i7 millimetres, ^ dents, ils mesuraient au I'autre 892 seulement. I. a taille du pai abaisser dav & dans les confrees a la fois septenti comme les iles Hebrides, les Orcac et les Shet- land : selon des auteurs dignes de foi, elle ne serait, dans quelques-unes de ces iles, que de 36 a oO pouees anglais, ou, en mesures metriques, de 91 a 76 centi- metres, et il y aurait meme des individus plus petits (1). [i] D. Low, Domesticated Animals of Great Britain, Londres, in-Zt, l8/i2, traduction deROYER, sous ce titre : Histoire riattirelle agricole des animaux domestiques, Paris, in-8, 18/iG, t. 1, p. 95 et 98-. Ces poneys nains seraienl doublement remarquables, s'il etait vrai qu'ils eussent pour ancetres des clievaux andalous transportes dans les iles au uord de I'Ecosse, par' suite du desastre de VArmada eu 1588. 11 ne parail pas qu'on ait encore amene en France d'aussi petits chevaux. Mais, sans parler d'une petite race corse et des chevaux \ :■ i i S ^ i V » ■ T * / I i r \i m V ...v^ -■■■ .^jmf^ir »^ » — i. II \ I '* '#^*l ■ i -I / 1 1 ^ MO NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. Will. i t le monde sait que les oreiJles sont pcndantes chez pkisieiirs races porcines. Elles J P divers temoignages, dans iine race chevaline chinoise, le Kouang (1). Cette disposition des oreilles est loin d'etre -- * inconniie en Europe ; mais les clievaux oreillards, nom eq de presen- tent (2), etant sans cesse melanges avec les -autres, elle poui une race. Chez I'ane, les oreilles sont ton jours droites dans D La conformation generate de la tete hez 1 ane: et dans les races chevnlines modi fie pen beaucoup • / bea plus marquees, elles no vont jamais aussi loin que dans les races caprines. II en est de meme des races porcines. Mais, dans celles-ci, les modifications dans la conformation de la lele se trouvent associees a des differences d'un autre ordre Un caractere, non-seulement specifique pour les divers sangliers entre lesquels se circonscrit la recherche de I'origine du cochon (o), mais generiquc pourtous les sus ^ crOuessanl, qii'on amene soiivent ^ Paris, comme niontures pour les enfants, on voit, en ce moment meme, au Jardin zoologique d'accli- malation, une jument shetlandaise, avec son poulain de la laille d'une brebis, et une autre race naine nouvellement amenee des iles d6 la Sonde. L'etalon a, au plus haul du garrot, 1^",30, et il n'est pas un des plus petits individus desa race. (1) SciiiiTz, loo, ciL — M.SchiUza reproduitdans sa Note sur les noms, une figure de ce cheval. (2) Daubenton, dans VHist. mtur. de Buffon, t. IV, p. 281; 1753. (3) Tous ces sangliers soni, comme on Ta vu (p. 83), tres voisins les uns des autros, si meme ils sont distincts. On, peat done elendre I h ■^ I i .i Hf nr ' •:^ -\-^i. J 4 w J VARIATIONS CHEZ LliS ANIMAUX DOMESTIQUES. kki sauvages, corisiste dans le ddveloppement considerable des canines qui seconvertissent en desarmes tres redou- tables. Ce developpement, malgre ime assertion souvent repetee, relative a la pretendoe invariabilite da svsteme dentaire, n'a pas b"eu chez le cocbon, comme cbacun le sail, et comme I'exprime hi nomenclalure vidgaire : les canines du sanglier sont des defenses, celles du cocbon _ h ' lie sont que des crochets. Cuvier, qui mentionne cette difference, en onblie, dans ses remarques sur les variations des animaux domesti- ques, une autre qu'il avait cependant apercue et signalec depuis longtemps, et celle-ci n'est assurement ni acces- soire ni superficielle. Si bien que je puis opposer ici a I'assertion de Cuvier son propre temoignage : le canal intestinal, dit-il dans son Analomie comparee (I), « ex- » cede de beaiicoup, dans le verrat, la longueur propor- » tionnelle qu'il a dans le sanglier. Son etendue en Ion- « gueur excede dans le cocbon de Siam celle de plusicurs « ruminants, ceux de tons les mammiferes cbez lesquels » le canal intestinal est le plus long (2). » Ce qui montrc aux autres les resultats constates a I'egarrf de notre sanglier occi- dental. (1) Loc. cit., p. 2/i5. — En parlie, d'apres Daubenton, loc. cit., t. V, p. 137 et suiv. (2) Cuvier {ibid., p. Zi53) complete et precise ce passage dans son Tableau numerique, oil il donne les chiffres suivanfs : Le rapport de la longueur ducanal intestinal h la longueur lotale est : Chez le sang-lier '-.......:: 9 ; { Chez le venat ; : 1 3 5 • j Chez le cochon de Siam ;: JG : 1, II n'est pas hors de propos de remarquer que cei^est pas seulemenl le cochon, niais aussi le sanglier qui est omnivore (et non exclusive- ment frugivore), « J'ai trouve dans restoniac d^in sanglier, dit, i r » t t ^. i A. ! C w L . i I I «* 1 i 1 i !; 5 *^ i i I W 4 i 4 A \.9 * ( m t« *4 ♦f i 4 I b1* ^^ ' T.\ : ' ^ .•i-:-'^\'- I: I M I <( ^■•^ A l' r I (ill2 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XVIII. tout a la fois qu'il y a ici de grandes differences, soi entre la soucbe et les races derivees, soit entre ces di- verses races comparees entre elles. II existe aussi entre ces races des differences notables * dans les nombres des verfebres. Daubenton I'avait depuis 4 longtemps reconnu pour les vertebres de la queue (1); nn ana^tomiste anglais, M. Eyton, a recennment montre qu'il en est de meme de celles du dos, des lombes, et du sacrum, qui sont tantotplus et tantot moins nombreuses quechezle sangiier. Les differences partielles feraient I osciller le nombre total, dans les races porcines, entre 4/i et 55 ('2). Quant aux cotes, on en a.compte tan tot 1 3 paires, tantot l/i, tantot 15. L'existence de simples crochets au lieu de defenses, rallongementdu canal intestinal, et les differences, tantot r en plus, tantot en moins, des nombres verlebraux et r I » entre autres auteiirs, Texact Daubenton {loc. cit.^ p. IZiO), des » plumes et des pattes d'oiseau; et dans celui d'line laiebeaucoup de » poil de chevreuil, avec quelques lambeaux de la peaii de cet animal. » (1) Loc. cit., t. V, p. 166. — Les nombres donnes par Daubenton sont : Hi pour le cochon de Siam, et 17 pour le verrat. (2) Dans les Proceedings of the Zoological Society de Londres, 1837, p. 23. — M. Eyton resume lout ce qu'il a vu dans le tableau suivant : i:ochon anglais. C. d'Afrique. C.dcChine. Verrat (irapri!sCuTier). V. Cervicales. .' 7 7 7 '7 ' Dorsales. ...;...,'. 15 13 15 1-4 Lombaires 6'6 ^ 5 Sacrees 5 5 4 "4 Gauda.les 24 13 s 19 23 r J- Nombres totaux. ... 55 44 49 53 4 , Quelques-uns de ces nombres sont a revoir, comme le remarque M. Eyton lui-meme pour les vertebres de la queue. Dans la premiere colonne, la somme n'est pas juste. \ I ; /- V t J^ \ ^^— J J V - ^ _ M f -- VAUIATIONS CHEZ LES ANIMAUX DOMESTIQUES. 443 r corstaiix, ne sont pas encore les variations les plusfemar qnables qu'on ait constatees chez le coclion. II s'en est produit, chez cet animal, une autre dans laquelle on ne saurait meconnaitre nne deviation singuliere, non- da (vpe de de celui d / b la souclurcdes ongles. Lq coohowmononguU^ ^olidipede oil solipede^ comme onl'a quelquerois nomme(l), la race ppelle d ic Cuvier (2), ongles reunis, a un sent ongle, comm ou raieux, comme il le parait avoir existe fort anciennemcnt : il a meme ete, sajis nul doLite, plusrepandu et mieux connu dansFantiqiiite que de nos jonrs. A I'epoque d'Aristote, on le trouvait surtoiit en Peonie et en Illyrie. C'est aussi en Illyriequc le place Pline (3). Dans les temps modernes, la Hongrie, (1) Mwvu^u^, Aristote, Hist, des anim., liv. H, i. Sus monimgula, Linne, Fauna suecica, Stockholm, in-8, 17Zi(), p. 1-3. « Varietas frequens tlpsalia; suis domestici semper monunguli », ajoule Linne, Syst. nat., 10"= edit. — Yoyez aussi les Amcenitates de Linne qui renferment (t. Y) une dissertation de Lmoii siir le Sus F scrofa. , « Solidipes quasi porcus domesiiciis », Pallas, Misc. zooL, p. 19 1766. — 1.6 coclion solipede se rencontre surtout, selon lui, en Po- logne : « Lanionibus germanis notissimum est », ajoiite Pallas. Ce « jeu de la natures, comme il I'appelle, etait done alors tres commun en Pologne. L'est-il encore ? . (2) Article CociiON du Dictionnaire des scienc. nat., t. IX, p. 513, - F. Cuvier a decrit un pied qu'on iui avait envoye comme celui d'un cochon solipede. Les deux grands ongles etaient reunis par rintermediaire d'un troisieme ongle terminant un doigt surnume- raire entrc les deux doigts principaux. Si ce sont la ses veritables caracleres, !e cochon dit solipede presenteralt une disposition encore plus remarquableque la soudure des ongles, mais tout a fait tera- tologique : la polydactylie. (3) Lib. XI, CVL 1817. » ii ti i \ f « ^ r t: ^ I m 1 *'.*f :i i m im i \ i i *• 4* I 1 ^ T ^ ■^-tl m NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. 11, CHAl'. XVill.. la Pologne et la Suede culierement observe ; il est, ou il elait a une epoque de nous, commun en ces p d mr le consider pai t-il, en ont admis I'existence. Mais des melanges doivent avoir lieu continuellement cntre les cochons dits solipedes qu'on n'a aucun interet a conserver purs, et les cochons ordinaires, et il est douteux que les premiers constituent d'hui une veritable race. A eu occasion de 1 'observer ni meme d'acquerir des preuves cerlaines de son exister G'est pour tenir compte des sing'uliers caracteres des cochons dits solipedes, qu'Aristote, apres avoir distingue les herbivores en deux grandes sections, ceuxquiontle pied fpurchu^ comme la brebis, et les solipedes, comme le cheval, ajoute ('2) que le cochon peut etre range a la fois dans I'une ct dans I'autrede ces sections. En raison de ces faits, le cochon a ete cite par Cuvier comme prcsentant « I'extreme des differences produites » dans les herbivores domestiques ». Je me range volon- tiers a cette appreciation, mais en la completant par cetle proposition : On trouve deja, chez les mammiferes herbivores, des variations qui ])OYleni sur les organes profonds aussi bien s (1) Voyez la note. « On en trouve beaucoup en Ilongrie et en » Suede », (lit aussi Prichaud, loc. cit.^ p. Zt2. Et pageZi3 : « (3n trouve des cochons solipedes dansquelrjues parlies de TAngleterre.. On en Irouve aussi qui ont le sabot divise en cinq parties. » i'J) Loc. ctt. I ." y VARIATIONS CHCZ LES ANIMAUX DOMESTIQUES. /i/j5 que sur les parties superficielles, et sur les caractercs specifiques etmeme generiques. VJ. iii «i Chez le oh core: Cuvi Jes variations sont portees pi pro 11 C( IS loin t tres explicitement, et il fait Les chiens varient, » dit-il. 1): non-seulement « pour la couleur, pour F; » poil, qu'ils perdent menie quelquefois « pour sa nature ; pour la taille qui peut di » 1 a 5 dans les dimensions lineaires, ce b entierement ; ferer com me ciui fait nlns » du centuple de la masse » ; rnais aussi « pour d » teur relative des jambes ; pour le developp 'f du cerveau », et par d ;'t de ph espond de derriere avec Rep principaux de ces Aiits, tres suffi assurement pour juslitier la doubl •n que j ai op en deca de la verite pour que la science puisse s'y tenir. Les chiens, dit Cuvier, varient pour la couleur; au moins devons-nous ajouter qu'ils varient plus encore que les autres animaux doinestiques, et tellement, que les embient ici exceder toute limite et cchapper e. L'etude attentive des faits dement toutefois V D per app /' (1) Ossem. foss,, edit. in-/| de 1821, t. 1, p. iat. ^ ^ i» t 3 1. 1 1 ¥ i •\ < i i« »ii V r tHWibiiSI ' "..t ■*» . .1 I* i I If** III 3( 1 r iir 446 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. 11, CHAP. XVIII. I r OLileur tiu'on ne trouve, m moins tres affaibl melaiigee, dans les types origincls; les couleurs secon- c^azVes deriveiit toujours des couleurs primitives. Deplus, on dislribution des taches, si variab capricieuse qu'elle puisse semblei Lsea quelques regies. Non-seulem I'a diL one « toutes les fois glk -J meme sou- off quelconque et d de blanc, une couleurplus claire, « ce blanc » ou cette couleur plus claire « est terminate » (2) ; mais il est Ires ordinaire aussi, quand I'animal n'est pas de teinte uni- forme, que le blanc ou la couleur claire se retrouve en dessous, aux patles et sur le milieu du museau, et qu'au foncce occupe partie superieure et poster la totalite des oreilles, et en arriere, la croupe et la base de la queue. En un mot, rien de plus variable, chez le liondes couleurs claire et foncee nte, couleurs dont Fune peut meme propo dont disparaitre completement ; mais, lorsqu'elles existent F toutes deux, leur distribution presente une fixite dont on est d'autant plus frappe qu'on I'etudie davantage. Chez le chien, ce ne sont pas seulement les poils et la peau qui varient dans leur couleur, c'est aussi la mu- queuse buccale. Elle est noire chez quelques races euro- pe'ennes de chasse et chez le chien chinois de boucherie. \ m ..I \ \ '( I (1) Desmarest, Encyclopedie methodique, Mamrnaloyie, Paris, in-/j, i'^ partie, 1820, p. 190, (2) J'aiverifiece fait sur des niilliers dechiens; je n'ai jamais ren- contre que deux exceptions. 4 n VARIATIONS CHEZ LES ANIMAUX DOMESTIQUES kill L'abondance^ lal ongQeur, la nature du pel difient considerabl ^ dont les soies tomhe d des raees ss dont les poil f rises et laineux : d chien du Kamtehatka, sont jprotegees contre le froid par epaisse foui de de payschauds, an eontraire, le pelage devieht peine y de poils pour la peau est meme denudee, sauf deux bouquets de poils, dans la singuliere race connue autrefois sous le nom de de Barb e chien Egypte, aujourd'h ;, en realite, ni turque, mais originaire de la cote de Gui T I), dont elleporte baresq lierement du Caconso dans quelques pays. h Les extremes des variations sontdonc ici, pour ande distance encore aue che cun autre domestiq et Lesson, Con: LIT (1) Le Cacongo estaussi appele Calongo, d'ou Calongos, nom sous lequel on desjgne en Colombie, d'apres M. Rol^lin, loc. ciL\ p. 333, les chfens nus dits turcs, ct, par extension, les boeufs nus qui naissenl aussi parfois dansle pays (voy. p. /i31) Le chien no est tres repandu dans TAinerique chaude, particuliere- mentan Perou. Voyez Humboldt, Tableaux de la nature, traduction d'EYRiES, Paris, in-12, 1808, t. 1, p. 121 et 122; plement des ceuvres de Buffon, Paris, in-8, 1829 Quelques auteurs ont cru le chien. lure originaire de VA chaude. Dans quelques parties de TAmerique, on le croit originaire- ment chinois; d'pii le nom dePerro chinesco ou Chino, (Humboldt, loc. cit.), Daubenton assimilait le chien tun; a un petit danois ayant cii " a » peau alteree et le germe des poils detruit par la grande chaleur ». {Hist, natur. de Buffun, t. HL p. 2/i8: 1755.) meriqiie ! I * \ « * t ! i i i . I I n I J I, 1 1 :i H^*. ' \ I \ % F A i * ** f m ^x— «v i^ V" N<. \ /i/|8 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. 11, CHAP. XVIIl. 11 en est de meme pour les varialions relatives a la lie; et quoique Cnvier le dise (res explicitement, il ne dit pas encore assez : les limites au'il admet doivent etre reculees de beaucoup. On SLiivant, ou i'indique les .din •a par le tableau des principales d'apr ) Daubenton P i* I i r V w \ St \ J' -I ^T- I 4 • > NOMS DES KACES. Grand chien de montagne , Autre chien de montagne Bogue de forte race ...'..... Grand danois Chien de Terre-Neuve , Grand levrier . Matin Chien des Esquimaux Chien, couranl Dogue de moyenne race Barbet , ^ . , Basset a jambes torses Braque de Bengale Chien marron de la Nouvelle-Hollande Chien de berger. . Levrier de moyenne race de petite race Epagneul de Pekin a museau court du Japon (2) . . . . Petit danois fipagneul de petite laille Petit bichon 1 LOXGUEUK (la queue non comprise). 1,332 1,2^0 1,191 1,137 1,056 1,042 0,947 0,900 0,892 0,825 0,812 0,812 0,771 0,744 0,731 0,C45 0,534 0,450' 0,415 0,365 0,309 0,220 HAUTEUR du train de devanl. 0,770 0,761 0,776 0,690 0,690 0,629 0,636 0,595 0,588 0,541 0,487 0,297 0,409 0,568 • 0,546 0,365 0,365 0,245 0,240 0,225 0,162 0,112 h A -^ (1) Tableau deja donne dans mes cours, dans xii^^Es^ahdezooL gmer. (memoire sur les variations de la taille), p. 381, et plus com- plet dans la /i*^ edition de mon oavrage sur les Animaux utiles, p. 232. (2) Le museau, qui est comme relrousse, n'a pas plus de 2 cenlim. de long, la tete en ayant 11. J'ai pu niesurercetterace, extremenient curieuse, ainsi que la pre- cidente, chez M. deMontigny, qui a ramene et possede un couple de cliacune d'elles. '" 5 1 - / ./' y \-' r- -,' ^-. -#-»--- _,^ VARIATIONS CHEZ LES ANIMAUX DOMESTIQUES. Iih9 H ■ La taille ordinaire dii chien est, comme on voit, de 8 decimetres environ ; elle se trouve ainsi inlermediaire entre celle du loup et celle du chacal. Les extremes etantl"\o3'2et0"\220. 0'",770etO"\H2, la taille maximum n'est pas seulement, comme le dit J Cuvier, quintuple, mais plus que sextuple lineairement du minimum ; par consequent, la plus grande race n'est pas centuple, mais plus de deux fois centuple en volume de la plus petite. II est a remarquer que, parmi les races les plus diffe- rentes parlenr taille, se trouvent des races extremement et le le grand voisines par leur organisation, comme petit levrier, le grand et le petit danois. Ce rapproche- ment fait voir que les variations de taille doivent elre en grande partie attribuees, quelques vues qu'on adopte sur les origines du chien, a des deviations du typespecifique, et par consequent a I'influence de la domesticile. Le tableau qui precede ne fait pas seulement aperce- voir d'enormes differences dans la taille des races canines, il montre aussi combienen varientles proportions : avec la meme longueur, deux chiens peuvent differerdans le rappoi nous fa is 1 a 2, 3, et meme pres entrer les levriers en 5 de Tandis que ceux-ci sont plus elances et plus sveltes ( que le guepard et la cynhyene, les bassets, par la bi des membres, qui meme deviennent tors dans une et par I'allongement extreme de leur corps, se /i, si npte. se rappro chentdes carnassiers dits vermiformes, et meme des plu vermiformes de tous. des loutres et de ouelaues aenre gtemps confond i i HI. 29 \ I i :\ ■N } if r \ 4 •i 4 J u M. * f f ■ ! * #'! 1 »' # ^tr,'^frti^i'T^tf«^l»i:*|^««l t r t f i^i w\ i i I ; *> m\ t ti a ft # h I \ r / 450 NOTIONS FQNDAMENTALES, LIY. II, GHAP. XYIII. r ' On troiive souvent, meme chez des chiens dont !es proportions generates sont les memes, de tres grandes L differences dans la grandeur relative des oreilles. Les conques auditives sont beaucoup plus courtes chez le chien chinois de boucherie, que chez le loup ou le cha- cal ; dans un grand nombre de races, eJles deviennent tres tongues et tombantes ; chez quelques chiens,, elles pendent presque jusqu'a te Une deviation du type for est fiss part les anomalies individ le qui caracterise les ra soit nasale et labiate , tes a deux nez : la seulement nasale. D'autres aussi ont une fissure labiate sans fissure nasale. Une autre, tres interessante en ce que nous en saisissons la concordance avec les habitudes, est I'existence d'une membrane interdigilaie tres elendue. chez le chien de ■ Terre-Neuve, si remarquable par ses habitudes aqua- tiques. Cette -membrane, au lieu de s'arreter a rorigine ■ de la seconde phalange, s'etend dans cette race jusqu'a la troisieme : les pattes sont done palmees (1 ). Une autre, bien plus remarquable encore que les pre- r \ - cedentes, est.l'obliquile des molaires dans les races a mu- seau tres court. La brievete des arcades dentaires rendant impossible le placement des molaires les unes a la suite desautreset dans le sensde leur longueur, elles se mettent ^n travers, parallelement les unes aux autres. Quand, au contraire, les machoires s'allongent beaucoup, les dents ■ (1) Sur les instincts de ce chien palmipede dans leur rapport avec ses caracieres organiques, voyez Fr. Cuvier, Histoire naturelle des r(iammifereSy articles sur le Chien de Terre-Neuve, 1820. \ J VARIATIONS CHEZ LES ANIMAUX DOMESTIQUES. 451 conservent leur direction ordinaire; mais, nepoiivant plus occuper toutel 'arcade, eiles cessent d'etre contigues. I)ans ce dernier cas, il se developpe quelquefois une molaire de plus, et cette molaire peut etre une tuberculeuse aussi bien qu'une fausse molaire. Mais ces deviations du type pi des malies purement individuelles ; I'obliquite des et leur non-contiguite sont aa contraire des ( de Qsequen montrent tres commu nement a I'observalion. II en est de meme de I'inegalite des machoires dans quelques races, oii, rinferieure etant la plus longue, des rapports nouveaux en resultent pour les dents d'une ma- de fer / • supeneures , et ies molaires ne se correspondent plus de bas comine a I'ordinaire. 5nfin ily a aussi, selon k dents eJles-memes : les des differences dans ieres et les tubercu- leuses ne sont pas toujours developpees dans le meme - t rapport, fait qui a surtout ete reconnu et qui a ete tres bien etabli par M. Giebel (1). En presence de ces variations, presque toutes si faciles a constater, on ne lit pas, sans quelque etonnement, dans le memoire de Frederic Cuvier sur les caracteres osteolo- giques des chiens{2), cette assertion reproduite depuisun V (Ij Hunderassen oder Hundearten? dans la Z eitschrift fur die ge- sammten iVai«rw;mensc/ia/'iende Giebel etHEiNTZ, t. V,1855, p. 358. (2) Annates du Museum d'histoire naturelk, t. VIII, 1811, voyez p. W-i. I \ . i / / \ 1 % \ -> \ m- *4 i » 4. ti \ 1 t v •^ *, f 4 M . i ! i i I i #«■ a* 1^ iJi ' ^ II inftil'i' -- - . r -■ _ -■?--■ t I I'r t i 1. it 4fl j*-j \ ,!■ 1 ^ #» n L • ^ /|52 dem NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XVIII. « De toLites dents » for d'line maniere appreciable pom rapports dans quelque race que » quelquefois line fans tuberculeuse de pi Jucun cbangement appreciable dans les rapports ! Faut-il croire que Frederic Cuvier n'avait pas connu ou qu'il oubliait les fails que nous venons de citer, et parti- culierement les dispositions si curieuses par lesquelles le svsteme dentaire s'accommode aux longueurs ine- gales des arcades alveolaires? Y a-t-il des changemenfs non-seulement plus appreciables^ msiis lAusremarquables, dans les rapports, que recartement dece qui se touchait, et surtoufc que la juxtaposition, pour ainsi dire bord a bord et parallelement, de ce qui etait bout a bout dans un ordre serial ? Les caractcres osteologiques ne sont pas plus fixes que les caractcres odontologiques. Nous venons deja de le voir pour les proportions des machoires, et il en est de menie de tout le reste dii squeletle, particulierernent du I crane. Selon Frederic Cuvier, les differences craniennes sont a la fois nombreuses et importantes. Celles qui separent le cbien de berger dii barbet sont, dit-il, « considerables );, mais, quelles qu'elles soient, «elles paraissent faibles », par comparaison avec celles bien plus considerables que presenle le dogue : ici «il semble que toutes les partie » aient ete repoussees en haut v^ ici « les parietaux, an ^ » lieu d'etre bombes, sont aplatis '-•, et «]a tete, quoique » d'un tiers plus grande, est loin d'avoir la capacite s ,■ . ^_ —r^^r—ww^ — f * y ^ I f ^ 4 ;« I VARIATIONS CHEZ LES ANIMAUX DOMESTIUUES. 453 a » du crane aussi etendiie ». Dans les races canines, dit a son tour Georges Cuvier, « la forme de la tete, tantot grele, a museaii effile , a front plat , .tantot a museau court, a front bombe » amene des « differences ap- parentes plus fortes que celles d'aucunes especes sau- vages d'un meme genre naturel » . A cette declaration, » » » semble-t-il pas qu'on ne p rien ajouter ? Et ce- pendant.^ si elle est vraie, elle est loin encore d f • - / P la verite. Les differences ne sont fortes que celles des especes conge'neres, ell( dela de celles ciu'on rencontre d'ordinaire dans pi I'un a la i5 de Taufre dans la serie. Ou trou- aammiferes, non-seulement deux verait-on, parmi les man « especes d'un meme genre naturel », mais deux genres voisins differant entre eux par les caracteres suivants : r d'une part, un crane aplati lateralenlent, a cretes cra- I ables, a cavite cerebrate tres reduite ; de I'autre, une boite cerebrale globuleuse, a cretes pi ou moins effacees, et dont la ca pour loger un encephale double • - / amplifiee en meme temps d'une conformation a plusieurs egards tres differente? Voila ce qu'on chercherait en vain entre deux rapproches dans la serie, et ce que pour- genres tres tant nous rencontrons parmi les races canines, entre les dogues d'une part, et de I'autre le barbet et le roquet. II y a aussi a ajouter a ce qu'on a dit des autres parties du squelette. Le nombre des vertebres caudales varie, selon Frederic Cuvier, de 21 a 16 ; mais, d'apres lui-meme, le minimum doit etre beaucoup baisse, car il \ t i A \ %k I t ■* » 9 1 ^ « f n. i I i .1 4 \ii « M< . >« «'«i rf , 4 t44f;i{ i — J ■ H / v;--^ - :i . '-:f T,/ ;, - . h ' -ri ^ .*f^ P :> r ,». I r •f^ I I >i fr-i^t # I I ? ■ 'i f f * - I T * r k^h NOTIONS FONDAMENTALES5 LIV. 11^ CHAP. XVill. parait exister une race a queue extremcQient courte foutefois ce fait n'est pas encore bien etabli. Quant T _ mbres des vertebres dorsales. lombaii ? G ■} r n'onf cherche a les deteroiiner. Les OS des membres, Ires moJifies dans leurs propo tions, et parfois dans leurs formes, notamment cbez les L bassets, out aussi leurs varialious nuuieriques. Au lieu dc quatre doigts avec des vestiges sous-cutanes de pouce, on frouvc en arriere, dans quelques races, quatre doigts sans trace du cinquieme ; dans d'autres, au contraire, \ cinq doigls. La premiere de ces variations se rencontre surtout dans les petites races, comme I'a recemnient constate M. Giebel (2), etla seconde dans les grandes, comnie je I'avais apercu depuis longiemps (3). Georges Cuvier, qui a passe si rapidement sur plusieurs des faits precedents et laisse tous les autres de cote, a insisle au contraire sur la pentadactylie poslerieure du ehien, comme sur un caractere tres remarquable, le plus remarquable meme de tous; car, dit Cuvier, « ceci est le » maximum de variation connu jiisqu'a ce jour dans le (1) Quant a Tabsence de la queue, je ne la connais, soit^par le temoignage des auteurs, soit par mespropres observations, que coranie anomalie individuelle. Cette anonialie est d'ailleurs moins rare qu'on lie Ta preteiidu. On s'est trompe en supposant qu'elle n'avait meme jamais ete vue par lesiialuralistesacluels. Voyez une note de M. Martin Saiivt-Ange, inseree dans les Annales des sciences natiirelles, t. XII. (2) Loc. cit., p. 355. (3) Hisioire generale et particiiliere des anomalies, Paris, in-8, t. I, p. 692, 1832. —La pentadactylie est, tantot et le plus souvent, un fait individuel, tantot un caractere de race, . ■_ V, fr ^ ^. -T't.-- :a . ' n I i / I ! VARIATIONS CHEZ LES AiNIMAUX DOMESTIQUES. 455 » r !gne animal » ou, selon les expressions de M. Flou- rens (1), « i'extreme des differences que I'esclavage,' » porte a rextreme, a produites». Le maximum., Vex- treme, est bicn pIut6t,pour nous, dans les changements que subissent la conformation generale de la tete, le de- veloppement relatif da crane eidela face, et la propor- tion meine de Tencephale qui varie en volume du simple r ' au double. Mais nous n'en voyons pas moins dans la subsliiudonde la pentadacLylie a la tetradactylie une devia- tion tres remarquable du type; deviation a I'importance de laquelle ojoute meme beaueoup unfait omisparCuvier et par tons ceux qui sont venus apres lui.. . Non-seulemcnt, dans la pentadactylie, on voit se sur- L ■ ajouter au type normal, avec le doigt lui-memej un raeta- tarsien, «[deuxos du tarse», comme le dit Cuvier, et les parties molles correspondantes ; mais les connexions r memes changent parfois, malgre cette affirmation de Cuvier : du moins, «dans toutes les variations, les rela- tions » des os restent les memes ». Pour reconnaitre le contraire, Cuvier n'avait qu'a jeter les yeux sur plusieurs pieces des lors preparecs par ses ordres, ou plus sini- plement encore, a se souvenir des resuUats d'un travail qu'il avait non-seulement suivi pas a. pas, mais dirige, celui de son frere. Frederic Cuvier, signale, en effet, expressement. «dans quelques varietes » pentadactyles, des changements notables dans les connexions des os du tarse, et particalierement I'union du grand cuneiforme' r ' avec I'astragale par « unelarge face articulaire >^(2}. Done,. r (1) fiuffon^ hist, de ses trav,'^ loc, cit.^ p. 97 2) Loc. cit., p. 3li'3. L H . > n * r ^ * /■ a \ r t i I I i i ' 4 4 1 1 4 I ii H i I f r i i 11 i: M^ I 1 #-**4li 1 h i u* *M .i I 4191' I \ /|56 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. H, CHAP, XVIII. J ici encore, la limite doit etre reculee : si les connexions infiniment moins variables les caracteres de forme, de disposition, de grandeur etdenombre sont-elles pas absoluraent c( Apres tons ces exemples de n d'avoir epuise un siijet qi sommes dire, inepu sable: mais precede suffit amplement a notre demonstration. Les caracteres acquis paries races cani sous I'influence de ladomesticite, ne sont, pour quelq unes, qu'accessoireset soperficiels, mais dansd'autre deviennent profonds et acqiiierent une grande val( / • / les regies ordinaires de Appi devraient souvent etre dits , non-seulement specifiques, mais plus que specifiques, conclusion de Lamarck (1), en partie admise parCuvier (2), en un mot, generiques (3) et encore n'est-ce pas dire iusqu ) ' dent differences qui separent les ra( nt assimilables a celtes de deux s eten- es ca- voisins^ elles sont parfois plus considerables (1) Voy. p. Zi23. (2) Au moins en ce qui concerne le crane, voy. p. Zi55.— Parmi les defenseurs de la flxite de I'espece, voy. aussi Maupied, loc. cit, (3) Conime je I'ai dit, des 1832, p6ur Tensemble des caracteres, voy. Eist. gener. des anom.^ loc. cit.^ p. 219.— Et comme M. Giebel Ta parfaitement elabli pour le crane, he. cit., p. 356. BuFFON, sans employer ce mot, n'a-t-il pas exprime la meme idee, lorsquMl a dit {Hist, natur., t. V, p. 192) : « Dans le meme pays un » chien est tres different d'un autre chien, et Fespece est pour ainsi » dire toute differente d'elle-meme dans les differents climats. « La 4 succession rapide des generations chez le chien est, selon Buffon, une des causes de la multitude et de I'importance des variations qu'il subit. 1 I » tk k VARIATIONS CHEZ LES ANIMAUX DOMESTIQUES. 457 telles qu'on ne saurait rencontrer d'aussi grandes diver- sites qu'entre deux genres plus ou moins distanis dans la serie. YII. i t ., i ^ » i f i I Dans ses remarques sui^ les variations subies par les animaux domestiques sous I'influence de la domesticite, Cuvier s'arrele apres le chien. Avait-il juge moins dignes d'attention les modifications qui se sont produites, sous la meme influence, chez les autres animaux ? De celles-ci cependant, on peut dire aussi bien que de celles qui pre'- cedent : elles ne sont pas seulement superficielles et ac- cessoires, mais souvent profondes, et assez importantes pour etre considerees comme de valeur specifique, et meme plus que specifique. Nous n'avons pas besoin, pour le montrer, de longs details; les fails qui vont se presenter a nous ont avec ceux qui precedent une analogic qui rend notre tache * facile. Les oiseaux sont, apres les mammiferes, la classe qui a donne a I'homme le plus grand nombre d'especes domestiques (1), et quelques-unes sont tres anciennement en son pouvoir. Aussi est-ce dans cette classe que nous aliens trouver le plus de variations. - Nous y voyons d'abord changer, comme chez les mam- miferes, les couleurs des teguments, soit celles de la peau r elle-meme, soit celles des parties epidermiques. Le phi- (1) Voy. p. 51. • \H % ft I «4W t 4 m4'-^m I f _ k til v I I % ^m I 'I '. I / I* -I fi|a /l58 NOTIOiNS FOiNDAMENTALES, LIV, 11, CHAP. XVUh mage est, chez les poules surtoiit, de teintes si di\ ond mde attention p \ couleurs prir rtaines races gallines, i! y a meme quelque chose de us : la coloration varie a Finterieur comme a I'exte- rieur. Deja, chezle chien, nous avionsvu noircir la mu- qLieuse buccale ; la coloration noire penetre bien plus poules dite de beaucoup foncees qu'a I'ordinaire, mais il en est de f • d dur de branes qui peuvent devenir bleu r dans pi musees d'ana- quelette V per conserve. II n'est p de fai 1 que pays chauds Chez la poule negresse a plumes blanches, race do la peau effet recouverte d'un plumage par faitement blanc, la region auriculaire estrevetue d'une peau bleuatre, briilante, nacree. La couleur des oeufs a elte-meme change sous i'in- fluence de la domesticite. Les poules Nankin et Brahma- poutra pendent des o^ufstres colores,leur teinteestrous- satre \ les races europeennes pondent toutes, au contraire, ^ ■ des oeufs blancs : la domesticite les a decolores. L'abondance, la nature, la disposition du plumage, se modifient aussi considerablement. 11 y a des races galline dont le plumage, en conservant les caracteres ordinaire^ devient plus serre', plus abondant ; d'autres ou les plume V y. \ Fj 'l* ^ ' T — T \ VAHIATIONS CHEZ LES ANIMAIJX DOMESTIQUES. /459 sonlTrisces et dirigees en arriere ; d'autres oil elles sont molles et presque laineuses comme chez le Gallus lanatus; d'autres que recouvre seuleinent du duvet qui occupe d'or- dinaire la base des plumes. Un fait iiiteressant, du a M. Roulin (1), est la nudite du poLilet de ia race gallinequis'est constitueeen Colom- bie depuis quelques siecles : ce poulet nait avec un peu de duvet, le perd bientot, et Pl po de races poi nu. Les sont au contraire vetus de duvet, L J Une modification tres remarquable aussi, mais deve- nuesi commune qu'ois y fail le plus souvent peu d'altcn- tion, est celle qui a lieu chez 1 dits paltus : des plumes pousseni les doio'ts. s'etendant ainsi sur -^ pigeons des parties qui, dan type originel, ne sont recouvertes que d'ecailles. I aille able du pi haul des dindons ; dans d'autres, ils sont petits comme de pigeons on des perdrix; d'ou les noms de poule- pigeon e J ■ powie-perc/ncc. Par centre, on a des pigeons gros commi des ponies de movenne taille. Chez le dindon, le canard chez Toie sui tres marquees J diffei d'm moind dans le rapport de et nieme o. C'est en grande partie, comme chacun le sail, sur les caracteres fournis pariebecqu'est fondee, en ornithologie, la distinction, non pas seulement des especes, mais des (1) Log. cit.^ p. 350. "« I II* * « k r « ' t ti I, 1 1 ! 5 ) ¥ ■| I -■ « Y ^ »4 >t ^'m m km 4 ■ I |i \i \ 1 r- ! < 1^ « « i m » i J M /l60 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. 11, CHAP. XVllI. t genres. Dans les races domestiques, Ic bee tantot se rac- coLircit, tantot s'allonge notablement ; ailleurs il devient plus grele, oil au contraire s'epaissit: ces variations sont surtout prononcees cliez la poule et le pigeon, dout plu- sieurs races, a ce point de vue, formeraient des especes et meme des genres bien caracterises, si Ton appliqiiait aiix animaux domestiques les regies ordinaires dela zoologie. Pour les poules en particulier, il est m6me vrai de dire que cene sont pas quelques-uns des caracteres generi- ques, mais tons qui viennent tour a tour a disparaitre. Dans quelques races on voit la queue, dont la disposi- tion est si reniarquable cbez le coq et la poule sauvages, non-seulement se simplifier, mais cesser completement d'exister ; parfois, avec les rectrices, manquent les ver- tebres coccygiennes : ainsi s'efface un des deux princi- paux caracteres distinctifs du genre Ga/^M5. Le second, qui est I'existence d'une crete charnue, n'est pas plus constant : la crete, qui se dedouble dans certaines races, manque dans plusieurs autres, dont quelques-unes, huppees, ont le crane singulierement modifie dans sapartie superieure : il se releve, en effet, pour former une sorte de renfle- ment au-dessus duquel la voute cranienne est percee de troLis ou meme largement perforce : le cerveau, tres de- veloppe et tres modifie dans sa forme, se prolonge dans rinterieur de ce renflement (1). M (1) (cCerebrum prwter modum luxurians omnem camtatem explet », dit Pallas, qui avait deja tres bien etudie les poules a vertex renfle, vertice tuberoso, comme il les appelle. Voyez les SpiciL zooLf asc. IV, p. 20, 1767. — Sur ces poules, voyez aussi Vimont, Traite de phrenologie, Paris, 1832-1836, in-4 avec atlas in-fol. Dans la pi. XVII sont figures cinq cranes. I 4 T— ■7~— . T' in - — ' ^ n - t I * t « ■• -r -k-^ ^ ** Ir* = ^"^ "'T'- •r•^'^■ ^ l^> VARIATIONS CHEZ LES ANIMAUX DOMESTIQUES. 461 \ Quant aux doigts, chez les poules, non-seulement la disposition, mais le nombre memeen est variable : il y a des races a cinq doigts. On observe, soit chez la poule, soit chez d'autres oi- seaux doniestiques, des modifications dont il ne soffit pas de dire qu'elles alterent le type specifique ; elles changent les conditions de la locomotion. Les jambes s'allongent dans quelques races galhnes, qui deviennent compa- rables a des echassiers; d'autres races ont, au con- traire, les membres si courts, que leur plumage trainea terre, et qu'elles ne peuvent plus s'avancer rapidement que par une suite de petits sauts : d'ou le nom de poulc sauteuse. Dans d'autres, c'est sor les membres anterieurs • \ poi la diminution de volume. Chez po Nankin, I'aile cntiere, pennes, squelette, muscles, y compris les trois pectoraux, est imparfaitement develop- pee., en sorte qu'a vrai dire, I'oiseau ne vole pas, il vol- lige. A I'inverse, dans quelques races colombines, on voit les ailesse developper bien au dela des conditions, deja si favorables au vol, qu'on rencontre dans le typeprimitif. Quelques pigeons se rapprochent de I'hirondelle, et on leur en a depuis longtemps donne le nom. Dans d'autres races, la queue se compose souvent d'un beaucouD plus crand nombre de rectrices, et de rectrices sposees qu'al'ordin modification tres notable dans les cond locomotion (1). ! •» t |1 ' s I 3 f 1 * !»i #« »t « ^ . 1 J I 4 ■^ J r i i i k * \. \ ^ \ (l) Outre les ouvragesornithologiqiies, lesnombreuses publications A speciales (parmi lesquelles le journal le Pigeon^ 1855), voyez sur les i I t u^ M m c _' ** q L ij '■ i.^ :'v.\..^'- ri n ■" ■ -.^ \ -* ;..^.^--. -.--^' ^ . HT T» _■ .. ■ L - ^-f ^ ■ . * * ; 1 ^ ■.r-^-O ■l'^ ■" ,* _ > h I ^ / ■^ ^r^^^k^^■ana "Wi n r: 462 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XVIII. Enfin, chez le canard, les membres abdo portes si loin en aniere dans une race, le nard-pin brer sa station, surtout hate, se tient d tude presqu cornme les manchots et comme les pingouins, auxquels on I'a compare. Ce dernier exemple, peut-etre moins remarquable en lui-meme que plusieurs des precedents, offre nn interet particidier par I'espece ou on i'observe, et qui n'est pas, h beaucoup pres, une des plus anciennement domestiquees. YIU '■: ¥ I t dehors des deux premieres classes du regno ani- mus n'avons, a I'etat domestique, que deux pois- ?t quelqiies insectes, dont un seul est, a la fois. "cs completement et tres anciennemen homme. Nous n'aurons done ici qu'u I 'exemples, raais encore ne seront-ils p Parmi les poissons, la carpe varie non a coloration , sa taille et la grandeur de ^ ans ses proportions generates (1 po de petit bi confoi r^ IB* in-8, 1859, p. 20 etsuiv. / J / (1) Valenciennes, Hist. nat. des poissons, Paris, in-8, t. XVI, p. 62, r GoDRON, loc. cit.,\). Zi58. 11 est particulierement question 18/i2. dans ce passage d'une carpe Introduite de Pologne en Lorraine par le roi Stanislas, et dont « la longueur est seulenienl double de la )> hauteur. » r I .'1 1 i ■ V -J — '■ * I* * r vj^ J ;j.*^.'* »- »i : I 4 i« -•**-. - 4-IV - tf 4 f '1' ■^ » I •* ki'^4; ^ 1 -» » ". ' T J ■ I j-1.4 •T i/ VARIATIONS CHEZ LES ANIMAUX DOMESTIQUES. - . ! - - - de satefe, qui tantots'allonge, tantot et plus ,' 463 qui, parfoismeme machoire inferie 'pe mopse f des Allemands, dont / a fait quelquefois meme la cavpe a visage humain, -Ces diverses deformations, et notamment la derniere, qui est, de toutes, la plus remarquable en meme temps que la plus commune, se trouvent reproduire, par anomalie, chezla carpe,les caracteres normaux de plusieurs autres poissons malacopterygiens,et notamment de divers mormyres(2). Le cyprin dore, non moins variable que la carpe dans sa couleur, sa taille et ses proportions, se modifie aussi dans ceux de ses caracteres qu'on considere comme par excellence specifiques ou nieme comme generiqaes. Les I nageoires se sont considerablement ecartees du type dans quelques races ; et i! arrive meme que la dorsale, non- seuleniient devienne tres petite, mais disparaisse com- pletement. , Parmi les insectes, on connait plusieurs races chez I'abeilie e!le-meme, qui pourtant n'est qu'imparfaitement domestiquee. Les apiculteurs distinguent particuliere.ment la petite hollandaise, qu'ils preferent aux autres (3), et la ) V- i ^ 1 i . if I Mt "I (1) MOPSKARPFE. — Cijprinus rostratus de plusieurs auteurs, entre autres de Hamberger, De cyprino monstroso rostrato. lew^, 1792 (trois dissertations). " (2) Comme jeTai h\t\oiY,Hist. gener. desanom.^ t.l, p. 285, 1832. (3) On falsait deja, chez lesanciens, les memes distinctions, et Ton avait les memes preferences; temoin cesvers : - " ; Namque alice Hrjies horrent ...',. elucent alice, et fulgore coruscmit, Ardentes auro, et paribus lita corpora guttis, HcEC potior sol)oles /^ ._ ■ {WmGKMj GeorfiiqueSjVivAW) \ \ ¥ 6 9 4 I i «f 1f^ T ■ ^ r -* / r I* «» / l T! \\ \ »1 Itr- I !^ / mh NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP.. XVIII. noire, qui se distingue, non-seulement par sa couleur, mais aussi par sa taille beaucoup plus grande (1). Chez le ver a soie du murier, les races sent plus nom - breuses, et distinguees par des caracteres plus impor- tants. Selon les races, les cocons sontjaunes ou blancs, gros, moyens ou petits, presque spheroidaux, ellipsoides OU etrangies dans leur milieu. A ces differences, qui sont les plus connues parce qu'elles interessent surtout la culture et I'industrie, il faut ajouter celles que presentent lesinsectes eux-memes, tres inegalement volumineux, et tres diversement soit d ble lent colore's, parties, line deviation tresremarquable du type, commur races europeennes, est la privation plus on plete du vol. Elle a lieu sans nul doute, er que leurs instincts se sont modifies, mais £ parce qu'elles se sont alourdies, et parce que I'appare locomoteur n'y subit plus une complete evolution. Parmi lesinsectes, c'est chez le ver a soie du murier I'espece donl I'homme s'est le plus completement rend parti maitre, que modifical loin. ont ete portees le chez les insectes. et de les fails ne sont plus aussi decisifs que c precedentes, ils sont done du moins dans poissons I -%\% ;■) mM 1 ^n \ (1) Selon quelques auteurs, les abeilles, transportees en d'aulres lieux, se raodilieraient tres rapidement. « Les petites abeilles briines » de la Bourgogne, dit Gerard, transportees dans la Bresse, devien- » nent grosses et jaunes k la seconde generation. » (Voyez I'article /Jspece du Diet, univ. d'hist. mtur., t. V, p. ^38, 18/i^.) '^* jH ^ ) i i VARIATIONS CHEZ LES VEGlfelAUX CULTIVES. /l65 fiei proposition • \ et concoLirent e longtemps contestee : Partout ou des causes pu I "^^"^ pcrmanente, letype asubi,cbezles animaux domestiqiies, des modifications, non pas seulemeht accessoires et su- perficielles , mais importantes et profondes ; et, pour preciser davantage, il s'est produit des caracleres ecraux fferencie d en zoologie, les especes, soil meme les genres. ii 1 i $ t f k ^■ ! ( JX. Les faits relatifs aux vegetaux ne tendenl p^^s seule- ment vers la m^nie conclusion ; lis sont, autant que ceux qui precedent, decisit's en sa favour. Nous sa- 'ons deja, par I'etude desplantes sauvages, que, dansle \ regno vegetal aussi, forganisation se modifi6 sous I'in- lluence des circonstances exterieures; I'etude desplantes cultivees montre que les modifications produites sous I'homme sont trcs multipliees et peuvent siderables ; plus multipliees meme et non influence de etre tres iderables que trouve I'exfreme des variations zoologiques. I A defaut de cette etude, qui ne saurait trouver place dans cet ouvrage essentiellement zoologique, jetons du moins un rapide coup d'oeil sur les effets de cet ensem- ble tres complet de causes qui resultent de faction com- binee du deplaccment et de la culture. L'exislence, cbez les vegetaux cultives, d'une multi- jri f 30 i H br ■V- : -^-':--' - i-i-. ■" -^ j: "- -^-■-' _,j^: fH.-.Ii4- - ^ ,- r^ Ak --, a^.. -■ '' ^m *. ri I 'I M i!i: I » • • J aw 1 Vtft I I /l66 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XVIII. tude devarietes, estun premier fait generaleraent connu ; pour I'ignorer, il faudrait n'avoir jamais ni parcom^ verger, iii visite ime exposition florale : mais ce que -*U' de sait de la variabilite bien faible par lie de pi vegetaux utiles, chez plusieurs plantes d'ornement, c'est par centaines, c'est par milliers qu'on compte les varietes obtenues par la culture, ou plutot on ne les compte plus, onlesdistribuepar groupes, distingaant seulement, dans chacun, ce qu'on a appele les varietes de cboix ou d'elite. Pour commencer par les plantes les plus utiles de toutes, comment faire le denombrement exact de toutes les cereales, et particulierement de tous les froments? Olivier de Serres v renoncait lui-meme il v a deux siecles Vj et demi, tant il voyait les bles ^< autant diversifies lesjms » des autres » : diversifies, ajoutait-il, « autant comme » il a de terres qui les produisent » Les varietes sont cepcndant plus multipliees encore parmi les plantes de nos jardins, qui sont, pour ainsi dire, dans im contact plus intime avec I'homme. Les oeillets sont si varies, qu'ils ont du etre rapportes a quatre groupes prin- cipaux, tres distincts, etcomprenant cbacun une multitude de varietes et de sous-varietes. On a des milfiers de tuli- pes : celles quel'oncultivede preference comme varietes d'elite, sontau nombre de huit cents. Les dahlias, qu'on ne cultivequedepuisun demi-siecle, sontdeja presque aussi varies que les tulipes ; et les pensees, les reines-margue- rites, les camellias et bien d'autres (2), ne le sont guere (1) Theatre cVagricultitre, edit, in-i de I8O/1, t. 1, p. I'Slx- [2) 3e laissede cole \ei^ Pdargonhim. Leurs innonibrables varietes \. •¥ / i * ^ cv - j; 'C' < ' r---. ^ ^ -^--i ^ii-fc f \ i VARIATIONS CHEZ LES Vl^GETAUX CULTIVISS. 467 Parmi les rosiers, arbustes dont la culture parail: remonter denomme plus haute antiq • -r f on a disting et trois milJe varietes quelles b d'autres pourraient etre ajoutees (i). On les partage e dix groupes principaux qui sont comme autant de grand genres subdivises Les arbres fruitif en sous-genres. varietes. On cultive des centaines de pominiers, ^ la table, soit pour la fabrication du cidre. Les poir bien plus multiplies encore : oncompte aujourd'h po le Bon iardinier plus de trois mille noms de » poires inscrits sur les catalogues » . Quant aux vignes, Virgile disait deja (3) : comment en savoir les noms et les nombres ? autant vaudrait compter les grains de sable dont le vent se jone au bord de la mer : '..wqiiorts idem Discere qudm multw zephyro turbentur arencs (li). La valeur considerable des modifications produites par la culture n'est pas moins generalement connue que leur multitude. Parmi les fails les plus vulgaires, se rencon ont pour souches, non un petit nombre d'especes ou raeiueune seule, mais au contraire un assez grand nombre qu'on a k la fois modifiees par la culture et hybridees. . (1) Ces varietes se rapportent, il est vrai, a plusieurs especes dis~ tinctes. (2) Anneel861, p. 359. (3) Georgiques, liv. II. V (Zi) Dans une seule collection formee a Grinzing, pres de Vienne, on avait reuni 565 cepages frangais, 632 autrichiens,Zi89 italiens, etc., et la collection etait loin d'etre complete. (Odap.t, Ampelographis universelle, 2' edit., Paris, in-8, 18/j9, p. 56.) ♦ ^ i H** I ,!• i » f < ^ •■ill f i A } f « * m t t fi i t iii a i »*■ li ^_- H -" ^ L H l"? - -^-t^ifa ^* I* i t f il 1 4- II* t fH ***, I' im ff Ji ;? /l68 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP, XVIII. trent ici, a cliaque Qu'est-ce que la p( pies les plus decisifs 7 ' I esl-ce que la pomme et la poire sauvages? De | fruits acerbes qu'acceptent a peine les animaux. Or ce qu'eii a, fait la^culture, Qu'est-ce que la rosedans de nature? Cinq pelaies en couronne, entourant un grand nombre de pislils, un Ires grand nombre d'etamines. La rose de nos jardins, au contraire, 'est a cent feuUles, ou plutot a innombrabl{?s petales, sans ou presque sansor- ganes reproducleui s : cum damno slaminum quce excres- pelala dej plus belles lleurs sont, e'est encore Lfn des monstres et des pas degre de la metamorpho! rose prolifere est encore cent feuillcs ('2). Nos no lasers n' off rent flor car la un champ moins riche que nos rd lleuristes. Cest fait tres reraarnuable apres les belles experien * s (3), que d mis en pleine la racine pe- ,(1) Philosophia botanica, prop. 150. On salt de plus aiijourd'hui que dans les roses doubles il y a souveilt multiplication en ipemc temps que metamorphose. (Voyez MoqUin-Tandon, Elements de tera- tologievegetale, Paris, in-S, I8/1I, p. 215.) (5) Cest encore ce que dit L^ne, ibid,: ^(Proliferi monstrorum. » augent deformationem. » (3) Le plus grand nombre et les plus decisives sont dues a Vilmo- RjiN pere, qui les a ainsi rcsumees lui-meme, (Description desplanles potageres, Paris, iu-12, 1856, p- ho) : « Kn prenant a sa source le type >> de la carolte, nous avons youIu experimenter par quels moyens on I » ^* » '".- '- TT n X » \ VARIATIONS CHEZ LliS VEGETAUX CL'LTIVES. /|G9 tile efc mince, corincc ct rihindrcuse dii Daucus carota ea un legume conique c presq ( ;lqiiefoi iendre et charnu. On n'arrive pas sans etoni connaitre un seul et mpme vegetal, modifi( J ture, dans le radis, globuleux ou allonge, blanc ou gris, qu'on sert babituellement sui n raifort noir, a tissu si dur, rechercbe V le efois pour son acrete meme, et le radis de Chin utile seulement par ses graines huileuses. M quables que soient ces variations, celles qi ab ! sont bien pi les choux de pom cho ehoux innomb / - f s vanetes (1), ne des derives de la menie B ( Qie encore ainsi des ctioux-fleurs et des b h fleurs etant atrophiees et les pedoncules ay tlo ^ 'i ) 5 i ] h ,4 'f r* i ft 4 f > k •i i I ) » i i '^ i ^ ft * f \ i r / '^-^il I t 1 » pouvailamener une plante de I'etat sauvage a la perfection qui en » fait une plante usuelle par des semis successifs.... et par des cliolx w fails avec discernement, nous avons obtenu, apres quelques annees » de culture, des racines de volume egal a celles qui solit cultivees » dans les jardins: nous y avons meme retrouve la plupart des varietcs » cultivees. » ' Pour plus de details, voyez le memoire de Vilmorin insere en 18/iO dans les Transactions of the Horticultural Society de Londres, 2^ $erie, t. II, p. 3^8, et reproduit par son fils Louis Vilmouiin, No- r tices sur Vamelioration des pldntes parte semis, Paris, in-8, 1859, p. 5* On a, par des experiences ou dans des circonstances inverses* ramene la carotte cullivee au type sauvage. (1) Yoyez sur ces varieles, GoDRorv, loc. cit., U J, p. 5i, W t =t * s 4 i i . -+ "-^ ^»r i JH' -tajr ^ r -t *k »J ^ ^. •» If } H ! V ! 1 •*♦* X \ ' It /i-70 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. 11, CHAP. XVIII. 5 prendTaspect d'nn corymbe charnii s devia lions du type, ii en est qui ne sai des varietes proprement dites, et non des fecondation possibilite de pas transmissibles par semis, on ne le sont que gulierement, et par consequent ne constituent encore que de simples varietes. Mais il en est aussi, et en grand nombre, dans lesquelles'les caracteres produits par la culture sont regulierement transmis par la generation ; si bien que, de meme que les animaux domestiques ont leurs races, les vegetaux cultives ont aussi les leurs. Les botanistes I'ont nie longtemps, mais ils le niaient contre I'evidence des fails, et quand De Gandolle a dit, en 1813 (2) : il y a des races chez les vegetaux cultives, et « les jardiniers le savent tons », il eiit pu ajouter : les agri- eulteurs le savent aussi et depuis bien plus longtemps encore-, car ce ne sont pas seulement, ajoute cet illustre botaniste, « toutes les nuances de nos haricots, de nOs » pois, » qui « se conservent par les graines « ; ce sont aussi toutes celles « de nos bles, et, en general, de nos » plantes cultivees annuelles » ; ce qui est incontestable- ment vrai, niais ce qui n'est pas encore la verite tout ' (1) Moquin-Tandon, loc. c«i.,p. 166. Pour diverses modifications qu'a subies le chou transporte dans des pays chauds (ainsi que pour des fails non moins interessants relatifs ^d'autres legumes), voyez Sageuet, Pomologie physiologique^ Pelvis, in-8, 1830, p. lZi2. ' (2) Theorie eUmentaire de la 6ofamgwe, Paris, in-8, 1813, p. 171. f / ii I h I k J I * -* k \ \ i VARI4TI0NS CHEZ LES VEGETAUK CULTIVES /t7l plantes bi effet 5 les, leurs que les p! c s fixes et hereditaii especes culturales >; transmis, / appelees (2); et si De Candolle, qui de le dire, ii est facile de supplee n r exemples abondent dans foutes no P Parmi les arbresd'ornement, phisieurs sontobtenusde + graines, avec toutes les qualites qu'ils ont acquises : tel est I'elegant pecher a fleurs semi-doubles ; de ses graines, dit M. AlphonseDe Gandolle(3), sortent « invariablement » des pieds a fleurs semi -doubles ». Parmi les vegetaux utiles, « les pepins de raisin blanc «, E comme le fait rernarquer le meme botaniste, donnent », et Ton a bien d'au- des vig • « pies blanc (h) J expressions de M. Ghevreul, d de vignes assez fixes pour se propager de E pi (1) Pour plusieurs autres legumes, voy. Godron, loc. cit,, I II, p. 56 et suiv. — Voyez aussi, et surtout, le Bonjardinier, Pour les melons et les autres cucurbitacees, voyez les memes ou- vrages, et surtoutles memoires speciaux de M. Naudin, particuliere- ment : Noiivelles recherches sur les plantes du genre Cucurbita^ dans les Ann. des so. nat,, Botanique, k^ serie, t. VI, p. 5, 1856, (2) Ou especes conditionnelles . Leclerc-Thouin, Considerations sur I'etude des races vegetales,d?ins les Annates de la Societe royale d'horticuUure, t. XXX, p. 382 k 389, 18A2. L'auteur insiste particulierement sur les varietes et races precoces, et sur celles qui resistent au froid. (3) Geographie botanique raisonnee, Paris, in-8, 1855, t. II, p. 1082. {[[) A. De Candolle, ibid. (5) ChevreuL; Rapport sur VAmpelographie de M. Odart, dans les Mem. de la Soc, rotjaleet centrale d'agrwulture, anneel846, p. 359, 4 ir rj ,i^ 'A « J *< ^ 3 f i \ t - t ' iM f I ^1 L * # ^ f. im ^ 4 II \r _■ ' * h ' ' J ^ _ J I -X;.-c'-' J* ' ^^ , ' '.'■ \ :^-y : -\- ..■'^- -■ -' ^ ^ _■ 1 " * J 4 ^ J ^m i 9* 4 •I i u «^ P d:i *i- / /|72 i NOTIONS 10.M)AMKiNTALL,S, LIV. II, CHAP. XVllI DC nous manquent pas non plus parmi les arbres des vergers : selon les vorietcs dont on seme les pepins ou les noyaux, on obtient, tantol, et il est vrai le plus souvent, des sauvageons, tantot, au conlraire, des vdgetaux qui reproduisent les caracteres de I'arbre pater- nel. Done il y a aussi des races parmi les arbres fruitiers, et Ton aurait lort de eroire qu'elles n'y existent que par exception : clles y sent au contraire en grand nombre, et il n'est pas un bon livre d'horticulture qui ne le con- state en plaQant, a cote des pre'ceptes relalifs a la greffe et aux autres precedes analogues, les regies pratiques de la propagation par semis de ce qu'ils appellent les varietes constantes. On a de ces « varietes constantes », c'est-a- dire de ces races (1), parmi les poiriers, les pommiers, les pechers, les abricotiers, les pruniers, les cerisiers, et chaque jour en augmente le nombre (2), (1) Ce mot parait avoir ete introduit de la zoologie en botanique et en horticulture par Duciies?j dese perpetuer par gTainessansaucuncment degenerer. » (1) « Toutes 165 modifications », dit M. A. De Candolle, loc. cit,^ p. 108Zi. Les fails qu'il cite, p. 1082, seraient loin de justifier, k eux seuls, cetle assertion. Mais ce ne sonL que des exemples auxquels nn grand nombre pourraient etreajoules : lesunS;, tres analogues aplu- sieurs de ceux que cile M. De Candolle, les autres tres differents. Parnii Ie.s premiers, je meationnerai I'existence de plusieurs races de reines-marguerites tres disUnctes par ies couleurs et la disposition de leursfleurs: races dontj'ai puconslater par moi-meme la Constance a une epoque ou les fails de cet ordre etaient encore tres contestes par les botanistes, " ' ^ Parmi les seconds, un des plus remarquables est la creation, due a M. Louis Vjlmorin, d'une nouvelle race de betteraves, tres riche en Sucre. (Voy. les Compt. rend. deVAcad. dessc, I. XLlll, p. 871, 1856, et les Notices deja cilees de L. Viimorin, p. 25.) La mort si regrellable de cet eminent agriculteur n'a pas inter- rompuses belles experiences ; ellessepoursuivent encore aujourd'hui, grace auxsoinsaussi eclaires que pieux demadamc L. Vilmorin. i «# t i w \ I 7 "^ I #4ti ( i^ ^, \:^ .-^- - iH r-^ r * i f t ! V y dill NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XVIII. tisans de la fixite de Fespece, comme la plus fidele et la meilleure expression de I'etat present des connaissances r botaniques (1). La culture produit done sur les veaetaux des effets de tout point analogues a ceux de la domeslicite sur les ani- maux. Les premiers, aussi bien que les seconds, subis- sent, sous I'influence de I'homme, des modifications qui {leuvent n'elre que superficielles, qu'accessoires et qu'in- dividuelles, mais qui, souvent aussi, sont profondes, im- portantes et hereditairement transmises. Et encore une fois, ce qui est vrai d'un des grands regnes organiques, rest aussi de I'autre. - \ / X. ( i tl En descendant successivement des mammiferes aux oiseaux, aux poissons, aux insectes domestiques, et en venant de ceux-ci aux vegetaux, nous avons parcouru la serie tout entiere des etres organises soumis a Tempire d ■ ' t i r^ ! (I) Dans son ouvrage plus recent encore ^iwVespece et les races^ M. GoDRON arrive aux memes conclusions quMl formule ainsi, [loc. cit.^ r t. II, p. 107) : (cLa culture modifie les vegetaux, memedans les carac- *» teres importants, » « EUe a donne naissance, surtout parmi les plantes annuelles et » bisannuelles,a desvarietesdevenues peraianentes..., veritables races » analogues h celles que nous observons chez les animaux domestiques.)) M. Godron etait dejk arrive aux memes conclusions, dans le me- moire publie en 1848 et dej^ cite, dont son livre De Vespece est le developpement. Dans ce memoire, et surtout dans son livre, M. Godron a reuni un grand nombre de faits a Tappui de ses conclusions. \ V r \ V (^.-■■■■.'.' . \ I VARIATIONS BIOLOGIQUES. 475 de rhomme, et il pent sembler que notre tache soil vie. Mais elle Test tout au plus en ce qui coneer variations organologiques, c'est'-a-dire celles des or consideres en eux-raemes et des caracteres organiques, et, a cote de ces variations, il en est d'autres, relatives \ aux fonctions, au naturel, aux habitudes, aux instincts; en deux mots, biologiques et ethologiques. Ces variations ne sont, en elles-memes, ni moins mul- tipliees, ni moins remarquables queles precedentes; mais leur etude n'appartient pas autant a notre sujet que celle des variations du type lui-meme ; etc'est pourquoi, sans entrer dans de longs developpements, nous nous borne- rons a citer quelques exemples, pris^ en zoologie, dans divers ordres de faits. Parmi les effets biologiques de la domesticite, nous mentionnerons, en premier lieu, pour commencer par les faits les plus conrms, la rapidite plus grande du develop pement et Faccroissement de la fecondite. La premiere de ces variations n'est pas rare chez nos mammiferes domestiques. On I'observe particuliere- ment dans les races bovines, ovines, porcines, et c'estun fait qui n'est ignore de personne. Dans quelques-unes de ces races, le male est deja apte a feconder, et la femelle en etat de concevoir, dans un age on les individus sau- vages peuvent etre dits tout au plus adolescents. La pra- tique agrieole utilise meme de plus en plus cette matu- L rite hative, parliculierement dans les races ovines. Les animaux de races perfectionnees ne sont meme pas les seuls dont la domesticite rende le developpement tres pre- coce : nous avons vu, a la menagerie du Museum, une J 4 1 V \ r ^ i ♦.A ^ If t >t ¥ \ \ A i 1 t i »» ^ #1 Kf - L ^. (H I" I * I I \ i ^ i i - 1 ! If -t V I { \ t r I \ I .« *> i « IV i '* f a76 NOTiOINS FONDAMENTALKS, LiV. II, CHAP. XVIII. vacbe yak concevoir avaiit neuf mois ct devenir mere avant dix-huit ; son pelit a ete, il est vrai, beaiieoup moins beau que les produits de ses portees ulterieures. Les oiseaux et les insecles domestiques ont aussi, soit leurs individus, soit leurs raees precoces. L'extreme ra- pidite du developpement est une des quabtes qui rendent si precoce la race galline de Crevecojur : « a cinq mois pre » une volaille de cette taille est presque complele cc » taille, poids et qualite (i) »?. Parmi les vers a soie coces, on pent citer, comme exemple de developpeme plus rapide, a des points de vue differents, les vers a trc niues seulement au lieu de quatre, vers qui blent pi promptement que les autres, etles trevoUini dontlcs oei eclosent dc quinze a vingt jours apres la ponte ; d'ou possibibte de faire, dans la meme annee, trois education y davanta s L'accroissement de la fecondite n'est pas un effet moins general et moins connu de la domesticite. Parmi les races gallines pondeuses, plusieurs sont encore, comparabve- ment aux poules sauvages, d'une etonnante fecondite. Les femellesdes mammiferes produisent aussi beaucoup plus en domesticite que dans I'elat de nature; et par deux rai- sons 5 cr. ;* iffon en a f;bt a plusieurs reprises la remar- iutrent en rut et conQoivent plus souvent, t bas, a cbaque portee, en moyenne, un plus grand nombre de pebts (3). C'est ce qui (1) Jacque, ie PoulaiUer, Paris, in-8, 1858, p. 130. (2) Voyez particulierement Hist, natur., L XIV, p. 350, 1766, et Supplements, t. Ill, p. ?Zt, 1776. (3) On cite des exemples de portees de 19 individus cliez le ctiien,et I kB ,.,?--'^""-'* ■ ■ ^ ' \ i : r '. M- I. .J :.'r .- ' I - - -^uj X > 4 VARIATIONS BIOLOGIQTJES. /l77 r cbiennes, les chattes de nos maisons, et les truies de nos fermes, qui produisent plusieurs fois par an, an lieu de deux ou d'une seule, ct dontles pelits sont souvent beau- coup plus riombreux que ceux des chaeales, des cbattes sauvages, des laies et des femelles domestiques de races moins modifiees. La meme difference exisle, mais bien plus marquee encore, des cobayes domestiques aux sau- vages : landisque, dans I'etat de nature, les cobayes ne ^ produisGiit que pendant une partie de Tannee (l)^ et seu- lement deux pelilsala fois, quelqiiefois meme un seul, le cochon d'Inde ne cesse pas de produire : il n'est pas rare que la meme femelle mette bas huit fois par an, et le nombre des petils est communement de h a 8 individus; on en a vu naitre ensemble jusqu'a 12 : « Avec un seul s'ex- » couple, dit juslement Buffon ('2), on pourrait en avoir w un millier dans un an. » La precocite et raccroissement de la fecondite pliqiient par I'abondance plus grande de la nourriture en domesticite -et par diverses influences qu'on peut de meme rattacher a Taction directe de I'homme sur les V animaux qu'il s'est soumis. Parmi les variations dont I'homme n'est au con-, traire que tres indirectement la cause, sont celles que subissent les phenomenes periodiques, lorsqu'une / I espece ou une race est transportee dans une region *\ N i **, ; xf; >.» J ■4 M * ■•"* ^^ .. f : 'li! ; * ;V--. ;;-'^v,l'. ^ ; ;; ?ir : :.i*v ^.>.. -.i* :. t-t^ ■ ; *J 4*«-^- ^ ^ fr4 * *t V ^1 ■i ^ - ^ \. ;/ ; f ^'»« '■( I4 :- .;'- \ ■) f B V i ^ >* VARIATIONS BIOLOGIQUES. [il9 de d'Australie en Europe, se reproduisent I'hiver ; [ sont lies chez nous le font dans la belle saison ; leurs congeneres, tout receminent imnorte de Amerique du Sud, a deja commence a se pi ditions de ^ '\ Conduits dans I'hemisphere austral, nos animaux do- mestiques reportent, au contraire, du printemps a I'au- tomne I'epoque annuelle de leur reproduction : c'est I'experience inverse, avec des resultats inverses aussi. On pourrait deja prevoir,d'apresces fails, les resultats de la translation des animaux domestiques dans les pays dont les conditions climatologiques varient extremement pen durant tout le coursde I'annee. S'il n'y a point de difference marquee entre le printemps et I'automne, entre I'hiver et Fete, il n'y a pas de raison pour qu'il y ait d'epoque fixe pour la i^eproduction. On voit, en effet, dans ce cas, les animaux se rechercher presque in-, iremment en toute saison. Ce fait remarquable, qu'Oviedo (I) avait deja aper^u ily a plus de deux siecles pour lechaf, n'estpas vrai seulemcnt de cette esp6ce, mais doit etre etendu a presque tous les mammiferes domes- tiques, ainsi que M. Roulin I'a constate en Colombie, durant le long sejour qii'il a fait dans rAmeriqoe cen- trale \ I'Acad. des sc, t. XXV, p. 528, 18^7), raais iion, comrae on Fa dit, par mes soiiis. Je n'ai pas agi sur les bernaches d'Egypte, j'ai laisse agir le climat, et les resultats obt^nus n'en sont que plus remar- quables. " L (!) UHistoire naturelle et gmerale des hides, trad, franc., Paris, in-foL, 1G56, p. 99, verso. (2) Voy. son remarquable memoire deja ate, p. 3l\6. ) 1 r 4 \ \ 4»t ^ i - 4 ^■^^1 ^^^^^^^^L wK ^^H m i ' i * i 1 1 f ^ 1 ^ I. 1 ii 1: L r I r ^ - 1 i L s < ! 4 4 1 f 1 4 r J * I I ! . f ^n J .^ -^ r- \ \ \ * 4 B If % 4 H » ' % •If I Hi ft /l80 NOXrONS FONDAMENTALES, LIV. Tl, CHAP. XVIll. s ces faits, auxquels bien d'autres encore pour ^ e ajoiites, ont leurs correlatifs parmi 1 lie part menie ne se manifeste mieux parallelisme des modifications siibies de s L r blables influences, dansl'un etl'autre des grands regnes organiques. La culture, en effet, a aussi bien donne des races vegetates hatives, que la domestication des races animates precoces. Les vegetaux de nos jardins et de nos champs, comme Ics animaux qui vivent autour de nos demeures, surpassent pour la plupart, en fe'condite, leun souches sanvages ; et c'est surtout chez les premiers que la difference est le plus marquee : la multitude des graines obtenues sur le meme pied est quelquefois prodigieuse. Entin les phenomenes periodiques, journaliers, se modi- fient selon la longitude, et les phenomenes annuels selon la latitude, aussi bien dans le regne vegetal que dans le regne animal, et exactement selon les memes lois; si bien que les animaux et les vegeiaux d'uii meme pays, etant ensemble transportes dans un autre, y deplacent sembla- blement ou meme y renversent a la longue leurs beures de sommeil et d'eveil^ de reproduction et de repos, et finissent par se retrouver en harmonic les uns avec les autres. *■ fl k \ XI. 1 Les variations ethologiques, c'est-a-dire relatives au naturel,'aux instincts, aux habitudes, ne sont, chez les animaux, ni moins multipliees ni moins remarquables que X • ,^,.*^,^.*>•'•■• (-■4 V « r.« 4 »^ 1 * ^ ■ ^> -.i,*^^.!* -t : I .1 - f 1-^ ! ^K ^ .,li^ ^ ^ I.I '-Vl -. la' f »'- ■■I : : -.M;' I. V J r J ■ ; : - ■ « '4 • "-f 1*_' !.^1 ', 1 \ \ f ^ VARIATIONS ETHOLOGIQUES. im ques etbiologiques, et pen meme est-ce ici que serencontrent les effets,sinon lesplii importants en eux-memes, du moins les plus frappants del'influencemodificatncede la domeslicife. Si elle a fai varier le type et notablemeiit altere I'ordre normal de fonctions, elle a, on i)eut le dire. « entierement change le naturel des animaux que rhomme s'est souniis. lis V farouches, sauvages, nuelouefo f( /i fa homme, mansueti ft d la nomenclature linneenne, appl chien, et il ne conviendrait pa moins a d'autres ani w maux. Dans des especes nalurellement ennemies, I'homme plus fide! des serviteurs, des comp nt, ou plulot cette inversion des instinc (establement pour point de depart I'appi duel continue et complete durant les pn fa licite, c'est 1 apprjvoisemen! race. Pour quelques espece positivement, il fallait, chez canards dans des lieux clos individ dit beso r les Romains, enfermer les et converts, ne possit anas I cesse pen a pen d'avoir d ces precautions, et depuis pi plus les demeures de loin bandes de canards sauvages se recrutent de (1) Dererustka, lib. Ill, cap. xi. ur. 31 i ^ m -I I \ ' I -J \ kt .1 ^ I I ^ : 1 ill ^^1 L if ± ] ^ 1 1 4 ,1 4 ^ ■ s *t i i i . 1 I ■'-■■'■ ■-.. '■.'* M ^ m J ) ii] « K ••j « 4 * « 1^ i i k p i I I I i 1 II f I ■ C li I f i &. 4 »* * '- .V /j8 ■} KOTIOINS FOP^DAMENTALES, LiV. li, CHAP. XVIII quelques desert eurs. 11 ii'estpas douieux qu'il n'ait fallu de meme, dans des temps tres reciiles, tenir la brebis et la chevre dans des enceintes, lapoule etle pigeon en cage, et lechien a lachaine ; aujourd'hiii, la brebis et la chevre siiivent le berger ; la poule ne quitte plus nos maisons ; et le pigeon etle cliien n'y restent pas seulement, si on les en cbasse, ils v reviennent. ^Lesanimaux domestiques ne different pas seuTement par leiir naturel de leiirs ancetres sauvages, ii, y a aussi entre eiix des differences d'habitades et d'instincts, et souvent tres marquees d'une race aTautre. . Parmi les mammiferes, il est des races cbevalines plus ardentes, d'autres plus palientes; d'autres encore se recommandent par leur friigalKe. II y a des ch a vaiix ani marchent naturellemenl Famble; nous avons de ces cbevaux en Europe, et Ton a de meme en w Amerique, dii; M. Roulin (i), « une race, les aguilillas^ r » cbez ' lacfuelle Famble est pour les adultes Failure » naturelle ». Les boeufs ont, comme les cbevaux, leurs races lourdes et lentes, et leurs races plus f^ctives et plus rapides. Les vacbes a demi sauvages de la Camar- gue ne laissent pas approcber de leurs petits, qu'elles cacbent autant, qu'elles le peuvent a tons les regards (2). .a chevre d'Angora n'a pas les habitudes vagabondes et desiruclives des aulres dievres ; elle se laisse garder et conduire en troupeaux presque aussi facilement que -1 ^ (1) Loo, cit., p. 337. (2) Geiivais, Histoire naturelle des maramifercs^ Paris, in-8, 1855 s t. II, p. 181. On a observe des fails analogues en Ecosse, coninie le fait reniarquer M. Godp»oiv, loc- cit,, t. I, p. /i"6. ( ' ». r / .1 { i t i I le mouton VARIATIONS I^THOLOGIQUES. Le chat d'Aiipjora est bien ^83 seden- que notre race feline commune ; dans celle-ci, . chasser dans les le chat, plus vagabond parfoi champ " ou les bois ansporte d'Europe dans I'A / rique meridionale, le meme •de Oviedo. et M, Roulin (2), a per « habitud e entendre ces incommodes d pai » jalousie » . pay expi ses desirs et sa bien plus diffei d'unc race al'autre : le dingo, et parmi nos chiens d rope, les dogues et surtout le boule-clogue, contrasi par leurs habitudes hargneuses, roces, avec-les epagneuls, les bichons et tai si doux, si affectueux, si caressants. Lebarbet b fe d Terre-N 'j I'eau : le i. Plusieurs pr a tout dans le Nord, sent fouisseuses, etse refugient parfois dans des trous. Les chiens de chasse sont habiles a de- couvrir la trace du gibier, ardents a le poursuivre re, et de ference, son mode de recherche et d'attariue : des efois dresses, soit a ne produit des races q app apporter (S) pies remar- (1) Voyez Albert' Geoffroy Sahn-t-Hilaire, Rapport d la Societe d'acdimatation sur les animaux deposes en Auvergne, dans le recueil de cette societe, t. V, p. 53, 1859. ' ' ('i) OviEDO, loc. ciL, p. 99, verso. — RouLlN, loc. cit., p. 3Zi6. (3) Bureau de la Malle, Sur la domestication des animaux. ^ \ > -_ j ■1 I ! f Is I ■ I } 1 i A i i .t .- '."- f- - ■ ■ 4^ ^ ' " "* •^ -'■ ^ . ■ " . •■; ^-::-:-M- -'-:'T'* ''^.' .■''.' -\'i ' ■ ■■ F ."1'* ,^■w :■:... r, ■:--' - ■ -H ■ A H n - I 1 t ■ ^- - ■"■::V : ' •tf 1^- ' ' II i> 1 f p. I n M J n i ( « J 4 ^84 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XVIH. quables d'habitudcs imposees a dcs animaux contre leurs instincls nalurels, ct devcnues, a la longue, hereditaircs elinnees. Les exemples de variations ethologiques que nous rencontrons dans la classe des oiseaux ne sont guere moins remarquables. II est des pigeons sedentaires, d'autres sont Ires vagabonds; il en est qui, sortis clu colombier, perdent bicntot leur voie, et ne reparaissent plus ; d'autres, si lointaines que soient leurs excursions, ou meme si loin qu'on les ait transportes, reviennent bien- tot an point de depart. Les uns sont pcu habiles a trouver leur nourriture : la plupart des pigeons de voliere peri- ■ raient si le grain ne leur etait apporte ; d'autres, comme les pigeons de colombier, savent explorer les champs qui environnent leur demeure, ils maraudent, ils pillent. 7 Les poules ont aussi leurs races sedentaires et leurs races vagabondes et maraudeuses; au nombre des pre- r mieres est la poule de Nankin; parmi les secondes sont plusieurs de nos races indigenes. Plusieurs races sont excellentes conveuses et excellentes meres ; d'autres laissent a desirer comme reproductrices. II est des poules qui se recommandeiit par leur nalurel trauquille et doux. » \ i * r dans les Annales des \ sciences iiatiirelles^ L XXVII, p. 5, 1832, (I'apres Magendie qui avail verifie par lui-meme ce fait a regard d'une race angiaise. M. RouEiN {loc. cit., p. 3:59) cite plusieurs fails analogues consta- tes parlui en Colonibie. D'individus dresses il y a troissiecles pour la chasse, les uns des ccrfs americains. les aulres des pecaris, sont issus des chiens qui chassent d'eux-menies ces animaux selon la lac- tique enseignee k leurs ancetres, et sans se laisser ni frapper par les cerfs, ni entourer par les pecaris* I* I ) i f *\ I VAIUITIONS ETHOLOGIQUES. ' /uSo defender] t et de dent et ne manquent guere, si dies sont laissees en societe. d'ensanglanter la basse race maiaisc, qa'un de nos plus liabiles avicnlteurs n'hesite pas a de- clarer « de moiurs feroees » et ». impossible an milieu de » nos volailles » (1). II n'est pas jusqu'aux insectes domestiqaes cliez les- quels on ne puisse signaler, selon les races, des diffe- rences tres notables denaturel, d'habiludes et d'inslincts. Le papillon du murier est loin d'etre partout lent, lourd et inerte, comme nous le voyons dans nos magnaneries. Parmi les abeilles, on connait des races plus laborieuses, us actives, et d'autres qui le sont moins ; et si la race jaune, connue sous le nom de petite hoUandaise. est si appreciee des apiculteurs, « potior soboles »(2), c'est pare qu'elle est a la fois, comme ilsle disent, « vive, ardente, » active au travail et d'humeur facile « (o). II done, chez les animaux, du ni ime desfonctions et comme des et des I'etat sauvage a i'ctat domestique, ils sc sont considera- blement modifies, et ils varient memo souvent, tres no- tablement, d'une race a line autre. (1) Jacque, loc. ciLy p. 20Zi. (•i) ViKGiLE, Gcor^.,liv.IV. Voy. p. l\6o. Tout ce que (lit Virgile de la race preferee par les apiculteurs ro- mains s'applique tres bieii a la race qu'on connait aujourd'hui sous le nom de' petite hollandaise. (3) Debeauvoys, Guide de Vapicultem\ 5*^ edit., 1856, pag. 9. Voy. aussi Febuuier, Traitesur les abeilles^ Paris, in-S, 1810, p. 18* 1 > t ^ $ . I: t \ 4k\ U\ m f L 1 \ L I J ; ■ \ » ^1 i ^ J I I V i% -4'^ m-. 4 J )! I i \ I I *'• « i f. f t m * 11 i fi i I I I /{86 NOTIONS FONUAMENTALES, LIY, li, CHAP. XVill. 'J D'ou celle conclusion, dans laquelle peuvent se resumer tons les faits exposes dans ce chapitre, el; une mullitude d'autres qui pourraient er Les variations qui se pi I'intluence de la domestic laiix, sous etendues et pi pi incipa On tres Icgeres modifications des organes : d'apres les fa plus compleiement etudies, les modifications organiq sont souveniimportantes aussi bien qu'accessoires vs, pro- fondes aussi bieo que superficieiles, biologiques et etho- logiques, aussi bien qa'organologiques. Quand i'etre organise, enleve par I'homme a i'etat de nature, a ete mainteno dans un ensemble tres different de circon- stances, ce n'est done pas un pen et a quelques points de vue seulement qu'il s'ecarte du type, c'est beaucoup, b ;t assez pour qu'on puisse dir dehors des conditions de so espece « % :i^ I I / ^ I \ i >. 1 I «vvv'\/\^v'\/v'\/\/Ny%y\j-\/%yv/\/v^v/\y\j'\/\yv^\j'wvvv*^/\/w\/^-'\/"^\/ CHAPITRE XIX. DEMONSTRATION DE LA VARIABILITE 1)U TYPE i PAR l'eTUDE DES AKIMAUX REVENUS DE LA DOMESTICITE A l'etat SAUVAGE (i). J' it* I ■i I r . r V t m r )V SoMMAiPtE. — L Remarques gerierales. n. Refour a Tetat sauvago de quelques especes veg-etales et animales, parties de Tanciea monde. III. Animaux redevenus sauvages en Europe et dans les autres IV. Animaux redevenus sauvages en Amerique et ca Australie. — V. Modifications subies par les animaux au sortir do la domesticite. Reiour vers un type unifornic. -^ VL Determination de ce type qu*on avail considere a tort comme le type specifique restitue. — Vll. Concordance des fails entre eux et avec la theorie de la variabilite. I ^ I I. x^ Les forets et les champs de divers pays n'ont pas ete peuples seulement par I'homme d'animaux etrangers, arraches tout a la fois a leor region natale et a la vie sauvage ; ils Font ele aussi de descendants , devenus libres, d'animaux depuis longlemps reduits en domesti- cite. Un peuple, memebarbare, n'etabiit pas une colonic, si loinfaine qu'elle soit, sans s'y faire suivre de son betail et de ses animaiix auxiliaires ; et s'il ie fait siir une grande echelle, s'il emmeiie iin grand nombre d'individuSj un (1) Ce chapitre est Ie developpement de vues deja iiidiquees dans rarticle Domestication des animaux de V Encydopedie nouvelle^ t, IV, L r p. 376^ 1838 ; article reproduit dans raes Essais de zoologie generale, Paris, in-8, 1841. Voy. p. 300. i * I lim^ tl f « I n 4« -M' ^ *1 ».4 *«. k .u I* M I 11 « /|88 doul NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAI>. XIX. d o d les forels, les pampas, les betail et un aibiei steppes q espece donne ainsi a la fois i b ies peuples eiitrament de meme, dan par la difference des climats, I'expan bitatio 8' noiivclies dans les champs cultives de leur zone nalurelle d trodu'ise des pi a d quel pas encore etendue la main de Nous avons done des plantes vages par retour a I'elat libre; en d'autres termes. redevenus sauvages, verwilderte , comme disent, en un seul mot, les Allemands (I). On peut rapprochcr des especes que Thomme a seule- inent Iransportees hors deleur patrieoriginelle, etpar suite modiliees ou plutot laisse modifier par le climat, les ani- maux etlesvegetauxqui, de I'etat de domesticite ou de culture, sont revenus a la vie sauvage; car sur les uns et iment ont ete les IS tous et de tout \ sur les autres, les effets du depl Q d 'Individ ps sauvages, ou, qu'entre des ancetres sauvages et d ages q generations vecu en tiomesticite ; qu ijssoient a propn uvages, ou qu'on doive les dire redevenus i (!) Par opposition a Wilde, on ursprUnglich Wilde, comme le dit Blume^bach, Bcitrage zur Natiirgeschichte, 2<= edit., Goltirii;-en, 1806, p. 3/). . - M I ; J"T - . ^C- - '. 1 t % UETOUUS A L ETAT SAUVAGE. /l89 les animmix et les vegetanx qui vivent librement hors d d lieu des observations qui se resument de memo dans cetle conclusion : le type primitif se modifie rapidement sous rinfluencc d'un cli- matnouveau; et les modifications produites sont tres marquees quand I'ancienne et la nouvelle patrie de ces etres deplaces different notablement entreelles. i * '♦ )i II. bien plus grand nombi domestiques. Des de plantes sont devenues communes dans nos champs et nos jardins plusieurs y son t representees par des Qiilliards d'individus ichesses nombre de nos pi ! transportees en bi nnmense a travers les continents etpar ces transports, sans cesse renouveles .^ ecbelle, et des accidents qu'ils amener plus grande /itablement. r tombe perte d'une multitude de graines dont unepai fails par les animaux, particulierement par vo\ par par les inondations ou par d'aulres phenomenesdu ) ordre (1). ;emblerait done que le non bre des reve- & ■ diit ctre consider > (1) Voyez pages 38 et 39. * ■ T 1 \ t '^ \ r"#» m m I 4^ '■i- ■'- ^ % \ \ i t m 1 NOTIONS FONOAMENTALES, LIV. II, CHAP. XIX. /j90 dussions faire ici dii regne vegetal Fobjet principal de Dotre etude. Mais, pardes causes qu'indiquetres bieii M. Alphonse de Candolle (1), les semis accidentels restentle plus sou- vent sans resultat. Tantot la graine est mangee par les tombee sur un mauvais sol, elle v pourrit v i y desseche, et ne leve meme pas e parait, mais pour languir entre d b plus robustes qui I'etouffent bientot par intern p / • o d'un climat trop chaud ou trop froid trop sec ou trop humide. Bien pesi de pi loutes ces epreuves et arrivent a donner des g d r 3 perpeluer dans des li accidentellement appor les, et a plus forte raison, ou leurs graines avaient petit nombre des vegetaux verilablement rede -1 f venus sauvages, qu'on trouve decrits dans les livres des botanistes. 11 est communquedes grainesde plantescul- tivees, par exemple de cereales, soient semees acciden- tellement en dehors de nos cultures; il arrive assez quemment que ces graines produisent des pieds sai ; mais il est tres rare qu'elles donnent des s' durables d'individus ; et quand la tlore d'un pays s'enr :es •> \ d'especes J presque toujours d'espece portees a I'eiai sauvage, ou recemmeniintroduites d if ; jardins et non sorties de nos ancieimes cultures. I (1) Geographie botaniqiie raisonnee, Paris, in-8, 1855, t-II, p. 623. (2) Commeon peut levoir parrouvragedejacite de M. A. De Can- DOLLE, particulierement dans son savant travail sur I'origine des plantes les plus generalement cultivees, t. II, p. 809 et suiv. \ J r I -^ mm 'W.' . ^ / if t i * 4 I UETOCHS A L ETAT SAUVAGE. Le contraire a lieu pour le regne animal. Les especes zoologiques, inlroduites d'un pays dans un autre, arri- ventbien plus souvent a I'ctat de veritable et -ancienne domestieite qu'a I'etat sauvage, et quand des demeures de I'homme, elles ont, par diverses causes, passe dans les forefs, les steppes, les savanes, il n'esL, pas rare, non-seuleaient qu'elles y subsistent a I'etat libre, mais qu'elles s'y multiplient, et, de proche en proche, se re- paiident au loin. C'est ce qui a eu lieu pour I'abeille, pourquelques oiseaux, pour le chien, le chat, et pour presque toufes les especes herbivores anciennement domestiquees. Piusieurs de celles-ci ont meme forme en r dehors et souvent fort loin de leur patrie originaire, des troupes innombrables qui doivent leur origine a des individus, tantot echappes, d'oiiles nomsde marrons.de fiigitifs, d'insurges^ tantot mis en garenne ou I dans les champs pour faire souche de gibier, ou simple- •e, tantot encore, indus a la liberte. V ment a cause de grand nomb coniQie Or dans une intention de bienfaisance et de piete De quelque maniere qu'elles se soient troupes d redev se soient formees, les sauvages ne manquent de se recruter d'individus enlev(^s a la domestic dep des habitations des caravanes qui ne s cava- pas se garder de leur approche : plus d'un te demonte par son cheval, appele dans les stepp 5 ou dans les pampas americaines par les henni s des chevaux sauvages. Chaque troupe peutain etre compo des observa divers, et donne r I ft ! ^ 1 •* 'i f i im \ i t i i m ■m Ml Ml <. i 4 m t .. -- / V H tilt -i ;4 I I 1 t r J Ir / 692 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CIJAl'. Xl.V, animaux redevenus libres ont, de Fantiquite anos fixe rattention des voyage urs : il n'est pas departie dii moiide quons Irop souvent sur eux d'observat pouvon d multitude de gnagesqui, bienqu'incomplets,sont dans leur ensemble d'un grand prix pour la science. A cote de cbaque auteur il s'en rencontre presque toujours ici un autre q plete en ce qu'il a omis de dir tifie qu Et c'est pourquoi ce n'est pas du plan de cet ouvrage essentiellement zoologique, c'est parce que les fails relatifs animal sont plus nombreux, mieux determinables et d'un plus grand interet, que nous etudierons, particulierement dans ce resne, les effets du retour a I'etat sauva^e. III. • » -•, f ( L'Europe a ete Ires riclie en animaux redevenus sau- vages. Quand elle e^tait moins peuplee et en grandc partie couvertc soit de forels, soit de steppes, les mammi- I feres les plus repandus a I'etat domestique y vivaient presque lous aussi a Tefat marron , ct plusieurs n'y etaient pas rares : tel etait particulierement le cheval, dont des troupes sauvages existaient, dans I'antiquite, sur un grand nombre de points, de I'Espagne alaScythie; il y en avait encore, au moyen age, en Germanic et ail- leurs, ct jusquedans les temps modernes, dans quelques M-t « I ■) L ri f. y I i ; ■ J ^ % J ^ r \ ( f* J J 1 J RETOURS A L ETAT SAUVAGE /l93 parties cle I'Europe septentrionaie (1). Parmi les oiseaux, la poule parait de meme avoir recouvre sa liberie, cliez les Romains, dans Tile Gallinaria, ainsi nominee en raison meme de ce fait (2) . iVnjourd'hui nous ne connaissons plus dans I'Europe, soil cenlrale soit occidentale, que les fai- r sans, qui encore ne se conservent que parce qu'ils sont pro- teges, etlelapin : eelui-cibien veritablement libreou mar- ron ; car son extreme fecondite en a fait un animal a'ussi common aujourd'hui, et parfois aussi nuisible dans le nord et dans le centre, qu'il I'etait originairement dans le \ (1) Les temoignages relatifs aux chevaux sauvages d'Europe sont nombreux. Lesprincipaux onl ete cites ou resumes, pour ranliquile, par H.Cloquet, Faime desmedecins, article C/icm?, t. IV, p. 6/j,1823. DuREAU DE LA Malle, Considerations Qeuerales sur la domestica- tion; Hisioire du genre Equus, dans les Amiales des sciences natu- relies, t. XXVII, p. 5, 1832 (travail qui renferme aussi de nom- brcuses indications relatives a Tane sauvage); et Economic politique LiiNK, Die Urivelt des Romains, Paris, in -8, iSliO, t. 11, p. 157. und das Alter thum^ Berlin, in-S, 183/i, traduct. de M. C Mullet, Paris, in-8', 1837, t. II, p. 301. — Hamilton Smith, Horses (dans le Naturalist /z6rary deW..lARDiiNE), Edimbourg, in-12, 18Ztl, p. 1Zi6el suiv. ;— etGODRON, De Vespece et des races^ Paris, in-8, 1859, 1. 1, p. 386, (ouvrage ou onl ete soigneusement recueillis un grand nombre de faits relatifs aux animaux, soit doniestiques, soit redevenus sauvages). Pour le moyen age et les temps modernes. voyezles memes ouvrages et mes Lettres sur les substances alimentaires, et part iculierement sur laviandede cheval, Paris, in-12, 1856, lettre Yiii. (2) On chassait la poule dans cette ile, dit Columelle, Dere rus- tica, lib. VIII, il — Varron {De re rustica, lib. IIl,ix) mentionne les memes faits, mais en des termes qui laissent du doutesur la determi- nation des gallinaces de Tile Gallinaria. D'apres les memes auteurs, quelques Romains faisaient elever des paons a Tetat sauvage. i '' 7' i^ 1 I •«^ ^ ff M H 1 i I < J i^f f4 1^ I ! ! y Mi h %■ t r r H iU i ^ r n I I ♦ » -ft /i9/i NOTIONS FONDAMENTALES, LIV, II, CHAP. XlX. midi (i). Le cheval uarait s'6tre r \ -,, / Sardaiii'ne ; an moins existait-il encore dan vers fin du siecje 1 Quant aux chevaux de Camargue et d'autres pays pen habites, et aux boeufs dits sauvages de quelques parties de I'Espagne, ils ont le^irs maitres; les chevaux se laissent meme facilement prendre et dresser, et si ces animaux ne sont pas veritablement domestiques, encore moins peut-on les considerer comme tout a fait libres ; a plus forte raison en est-il ainsi des paons et des pintades qu'on lache parfois dans des pares pour les chasserou chasserieursjeunes : on obtient ainsi des individus tres farouches , mais on ne fait point, ou du moins on n'a pas fait encore une race sauvage. Les animaux revenus a I'etat sauvage sont plus nom- breux dans TEurope orientale et dans les autres parties moins civilisees et nioins peuplees de I'ancien continent. La poule, parmi les oiseaux, le chien, le pore, le boeuf, lachevre, le chameau, I'ane, ontrepris leur liberie en divers lieux (S). Mais, de tous les mammiferes, le cheval N (1) Voy. le Chap. IX, sect, ix, p. 75. .(2) Getti, Floria naturale di Sardegna^ Qiiadrupedi, Sassari, iii-8, mil, p. 3. lls'agit bien ici de chevaux verilablement sauvages. lis sont, clit I'auteur, indomptablesettouta fait libres : « Soggettianes- » suno ed occupabili da tuttu » Marmol, dansson ouvrage sur VAfrique (voy. la traduction de Per- ROT d'Ablancourt, Paris, in-i,1667, t. I, p, 5Zi), place aussienSar- daigne Fane sauvage, mais il est conlreditparCETTi, ibid., p. I7a20. (3) Des troupes de chiens libres vivent, selon plusieurs auteurs, dans diverses parties de I'ancien continent , notamment I'Ind TAsie Mineure et TAfrique occidentale, auxquelles devrait etre ajoutee I'Afrique australe. Mais les citations par lesquelles on a cru pouvoir fH I t I » 1 1. r h ■ K \ 1 RETOURS A L ETAT SAUVAGE. 495 est celui qui dans I'aricien continent a le plus souvent echappe au joug de I'homme. I En Afrique, Kolbe a vu des chevaux sauvages au cap de Bonne-Espcrance (I); Mungo-Park, pres de Sem- bing, petite ville frontiere du royaume de Ludamar (2); d'autres voyageurs au Congo (3); d'autres encore a Sainte- Helene (/i), sans parler du nord de FAfrique, qu'on a justifier ce dernier habitat, se rapportent, au raoins pour la plupart, r ^^ a la cynhyene : c'esl ce carnassier qui est connu au cap de Bonne- Esperancesous le iiom de chiensauvage. Le pore est redevenu sauvage dans quelques forets, mais en se me- lant aveclesanglier. La vache sauvage existe^ ou du moins existait sur quelques points deFAfrique occidentale, d'apres le pere Labat, Nouvelle relation de V Afrique occidenlale, Paris, iu-12, 1728, t.I, p. 277. La chevre s'est echappee et muUipliee sur les montagnes ou les rochersdeplusieurs lies de la Mediterranee et sur ie pic de Teneriffe. Dans cette derniere localite el!e existe de temps immemorial, dit Hum- boldt, Voyage aux regions equinoxiales du nouveau continent, Paris, in-Zi, t, I, p. 122, 181/i. — La chevre existe aussi, ou du moins exis- tait au xvin^ siecle, k Sainte-Helene. Voyez Forsteh, note adressee k Buffon, qui I'a inseree dans VHistoire naturelle^ Supplements, t. IV, p. dU, 1782. Le chameau et Fane vivent libreSjSur quelques points de I'Asie et de TAfrique, par troupes qu'on a lieu de croire originairement sau- vages, mais auxquelles des individus marrons se reunissent assez souvent pour que leur sang se soil mele en grande proportion au pur sang, ou meme ait fini par predominer. Yoyez, pour ces deuxmam- miferes, p. /t97, note 1, (I). Description, du cap de Bonne-Esperance^ Amsterdam, in-12, 17/i3, t.lll, p. 22. (2) Premier Voyage dans I'interieur de VAfrique, traduct. de Cas- tera, Paris, in-8, 1800, 1. 1, p. 166. (3) BuFFON, Suppl, L III, p. 50 ; d'aprcs A. Deglt Auzr. (Ix) BuFFON, ibid.^ p. [\9. t * * \ :J k « • it- ) \ I '« 1 1 If t ,1 iiil i i. m \ \ i I z . ^i — — ^^*<™ ■\. 'A T ■ "T , ^~l < ^ ^1 "-■ *l • < m ^ tf 11 ^ 4 i i r I i 4* 1 *. ( t; /i% NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XIX. / souvent cite, mais d'apres un temoignage tres clou- teux (1), comme ricbe en chevauxlibres. En Asie et dans la Riissie d'Europe, qu'on ne pent se- parer de I'Asie, il existe un grand nombre de cbevaux sauvages : des troupes, ordinairement composees de dix a vingt individus, vivent dans les steppes, soitdel'Ukraine, soitde I'Asiecentrale : au xviif siecle, si Ton doit en croire Forster, ces troupes elaient meme repandues « dans toute » I'etendue du milieu de I'Asie depuis le Volga jusqu'a la » mer du Japon )> (2). La plupart doivent certainement leur origine a des cbevaux domestiques ecbappes; mais d'autres , etabli temps immemorial dans le pays fie pi dans dont le cbeval est originaire, paraissent F ucbe de respcce, dont toutefois elles sont loin le fyp dan pui car 7 troup s primitives se (1) MAR3J0L, loc, ciL, t. I, p. 51. L'auteur, comme le remarque BuFFON, Hist. naL, t. IV, p. 237, ne fait que reproduire un passage *, ires court et tres vague, de Leon l'Africain, De Africce descrip- tione, lib. TX. (2) Forster, loc. cit. — Sur les chevaux de I'Ukraiiie etde I'Asie, consultez aussi, et de preference a tous les autres auteurs : S. G. Gmelin, Reise durch Russland, Petersbourg, ia-li, l""^ parlie, 1770, p. tilil, pi. IX ; — et Pallas, Zoographia rosso-asiatica, t. I, p. 260, et Voyages dans I'empire de Russie. Voy., dans la trad, de G. de la Peyronie, edit, in-8 de 179/i, le t. J, p. 376, et le t. VII, p. 89 a 93. Voyez aussi, pour diverses localites, Hamilton Smith, loc. cit.; et (sur les chameaux sauvages aussi bien que sur les chevaux) Du Halde, Description de I'empire de la Chine, Paris, in-fol., 1735, t. IV, p. 28. ' 4 (3) Ainsiquel'ont dejk fait remarquer quelques auteurs, etparti- culierement Desmoulins, article Cheval du Dictionnaire classique d'histoire naturelle, t. Ill, p. 560, 1823. y - M *! 1 i 1 RETOURS A L ETAT SAUVAGE. 497 sont successivement formees, des individiis domestiqiies vienrientfreqiiemment rejoiiidreles autres(4). ' 1 ■■: i V IV. f I Dans le noiiveaii monde, les faits sont plus nombreux encore que dans I'ancien, et ils s'y presenlent, si ce n'est pour le chien, completement exenipis des difficulles et des doutes qui nous anelent quelquefois dans I'elude des ani~ maux de I'Asie et du nord de I'Afrique. Avant I'arrive'e des Espagnols , PAmerique du Sud ^ r (1) II en esl de nieme des troupes d'anes sauvages qu'oii renconlre siir quelques points de I'Asie occidentale et meridionale et dans le nord-eslde FAfrique. On n'a aucune raison de croire que Tane sau- vage primitif, apres s'etre eteint dans ces localiles, y ait ele remplace, et non continue, par les onagres- actuels. J'ai presente quelques -^ remarques a ce sujet dans une note Surle genre cheval^ inseree dans les Compies rendus de V Academic des sciences, t. XLl, p. 1221, 1853. , La menie reinarque est applicable, au moins avec une tres grande vraisemblance, au chameau, qui, selon la plupart des auleurs, n'exlsterait plus qu'k Telat domeslique : les petites troupes qu'on r I rencontre dans quelques deserts de TAsie centrale ne seraieu absolumentcomposees que d'individus redevenus llbres et de leurs descendants. A Tappui de cetle opinion, Cuyier fait remarquer(/{^}(//ie animal, t. I, 1^*^ edit., p. 250 ; 2*^ edit., p. 257) que les Kalmpuks, « par principe de religioH, donnent la liberte a loules sortes » d'animaux)), Le fait esl vrai, maisrien ne prouve que, sur quelques points, il n'exisle des troupes originairement sauvages auxquelles sont venus et viennentde temps en temps se reunir les individus domestiques evades ouliberes. La question est au moins iiTH^ loc. cit., p. 73 et suiv, — A. d'Orbigny, loc. cit., p. 206, /i31 et/i32. — C. Gay, Historia de Chile, Zoologia, t. I, p. I/45, 18/i7. Martix de Moussy, loc. cit., p. 72. ' Pour TAmerlque septentrionale, voyez, entreautres indications: Beverley, The History of Virginia, 2^ edit., Londres, in-8, 1722, p. 276. — IIaajilton Smith, loc, cit., p. 179, d'apresG. A. Murray. AuDUBOiN, Ornithological biography, gr. in-S, Edimbourg, t.UI, p. 270, 1835 , traduction de M. Bazin, Paris, in-8, 1857, t. 1, p. 169, L'auteur decrit un chevalsauvage pris vers les sourcesdel'Arkansas. it 1 I \ J 1 ■ ? I >_ *^ i « I / ^i^.^^rr^^^'^ n m\ i I tw *H!^ t 502 V NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, QiAP. XIX. des chevaiix amenesd'Espagne en 15o5 par le fondateur meme de Buenos- Ayres, Mendoza. Enfin I'Amerique et quelques-Lines de ses iles ont eii aiissi leurs chats (1) et surtout leurs chiens, sauvages , ces derniers vivant en troupes souvent tres nombreuses et Ires fjcroces ': un siecle apres la decouverte de I'Amerique, ils s'etaienl tel- lement multiplies aux Antilles et etaient devenus si redou- tables, qu'il avait fallu mettre leur tete a prix (2). Ces i; it t 9 ? \ t If '1 ' in K t \ (1) Lesexemp!es,beaucoup plus rares pour le chat, lie nous manquent cependaiitpas absolument. Voyez Oyiedo, Histoire naturelle des Indes, Paris,in-fol., 1656, p. 101.— M. Rolxin, loc.cit., p. oi3, mentionne aussi, (I'aprcs divers auteurs, des chats d'origine domestique, Irouves r sauvaaes a Juan Fernandez. \ — L'existence de chats niarrons dans la region argentine est alfeste par M. Martin de Moussy, loc. ciL,]). 96. (2) AcosTA, loc. cit.MwlY, chap, xxxiii, p. 182. Voy- aussiliv. I, chap. XXI, p. /i2. . En quelques lieux, on avail utilise leur ferocite. Des chiens avaient ete ISchesa Juan Fernandez, afm d'yobtenir, par la creation d'une race de chiens sauvages, la destruction des chevres, afin decouper les vivres auxcorsaires qui venaientrelacher dans cette ile. Voy. Jorge Juan et Ulloa, loc. cit.y et C, Gay, loc, cit., p. 58. Selon M. Gay, Tile a en- core aujourd'hui ses chiens sauvages. HuMBOLDTa reuni quelques faitsinteressantssur les« hordes de chiens 5) devenus sauvages » des pampas deBuenos-Ayres.Toy. rafeLrf^/a/iaL, trad. d'EvRiES^ Paris, in-12, 1808, t. 1, p. 21, et p. 117 etsulv. L'au- teur considere comme des « chiens europeens >> devenus libres, les chiens qui se trouvaient deja a I'etat sauvage a Cuba et' a Saint- Domingue lors de la conquete par les Espagnois. Cette opinion n'a pas ete reproduite par Humboldt dans Tedition recenie des Tableaux, traduite par M. GALUSKien 1851. Voy. t. I, p. 128 etsuiv. Pour d'autres parties de TAnierique, voyez Hamilton Smith, Dogs (dans TheNatur, libr.), Edimhourg, 18/i0, p. 120 et suiv. — Roulin, loo. cit., p. 3Zil et suiv.; bon resume des faits recueillis par les voya- geurs. — Castelnau, Expedition dans les parties centrales de I'Ame- rique du Swd, Hisloire du Voyage, t. I, p. 387; 1851. — Martin f^f -j^ i RETOURS A L ETAT SAUVAGE. 503 ^ troupes se soiit perpeluees sur divers points jusqu'a iios jours. . ^ En voyant avec quelle rapidite les animaux domes- tiqaes transportes aux Antilles et sur le continent de i'Amerique y sont revenus a la liberte^ on ne s'etonnera I pas que d'autres terres plus nouvellement decouvertes aient deja aussi leurs animaux redevenussauvages. Non- seulement le cochon et surtout le lapin, transportes par les navTgateurs (1) dans plusieurs iles du grand ocean meridional et du sudde I'Atlantique, se sont multiplies darts quelques-unes a Fetat libre; mais le plus grand denos ru- minants domestiques estlui-merae devenumarron en Aus- tralie. Dans la Nouvelle-Galles du Sud, cinq individus echappes en 1788 d'un des premiers troupeaux amenes dans la colonic, ont ete les ancetres d'un grand nombre de boeufs sauvages (2) : ces animaux s'etaient multiplies, il y a un demi-siecle, au point d'obliger les colons a leur faire la guerre, et d'en detruire un grand nombre. Parmi les animaux redevenus sauvages en Austra- lie, on a place le dingo, ou, comme on I'a d'abord ap- pele, le chien marron de la Nouvelle-Hollande. Mais, pour ce carnassier qui tantot habite, demi-domestique, les huttes des Australiens, et tantot, completement sauvage. -I ^1 *# ? 1 L f \ K i I »^ ■ ^ deMoussy, loG. cit.y p. 93. Selon ce dernier voyageur, on est encore oblige de faire de temps en temps des battues pour detruire les chiens sauvages, OU bien on les empoisonne en saupoudrant de strychnine des cadavres de chevaux. . (1) Notarament par le capitaino Cook, dont Texemple a ete souvent \ - ■ suivi. (2) Voyez Freycinet, Foj/ag^e aiicourdu nionde de rr/mn/6, Paris in-ii,t. 1, p. 697; 1819. ( J I I h 1 t !*i \ ff7 Ji « **i 1 «4« ! I ^ **^ in f H ! I ? r *I4 l!tf i t. U) 1/ *^ .fiV ■^ il 50i i^OTlo^:s fondamentales, liv. ii, chap. xix. fait la guerre et la fait aux Iroupeaux des color ^slicalion et I'elat libre sont eoalement sans date obscuritc qui envelope orio-ine comme celle des Australiens eiix-memes, on a cm poiivoir considerei chien rede aboi donl une partie auraitetedomestiqueepar les A Laissons done le dingo, et, nousreservant de fliire valoir ailleurs les raisons qui mililent conlre cctte derniere opinion f; exempts de toute equivoque;, a ceux dont on pent dire qu'ils ne sont pas seulement vrais, mais qu'ils le sont de I'aveu dc tons; autrement, avant de justifier par eux les consequences auxquelles nous devons arriver, il nous fau- drait les justifier eux-mernes, et pour ainsi dire prouver nos preuves. \ V. d voyageurs qui out rencontre et observe des aux redevenus sauv; inus sauvages, nous les represenlent sous les couleursles plus diverses. Les uns nous en par- lent comme d'agregations plus ou moins uombreuses d'individus Ires varies de couleur, de laille et meme de formes ; d'autres nous les depelgnent comme des associa- tions d'auimaux, lous ou presque tous tres semblables les uns aux autres. On aurait tort de prendre pour des con- tradictions ces appreciations opposees d'auteurs qui ont observe dans des circonstances et dans des lieux diffe- i i I % r iP 1.' i I ^ i VARIATIONS CHEZ LES ANIMAUX REDEVENUS SALVAGES. 505 VU cun a cut ce qu des etats succ par lesquels pa le troupes redevenues libres. Toutes se composent d'abord I d'individus Ires divers de type comirie d'oriaines, et toutes Pl de generation en generation, depl \ ^ . f Comment le seraient-e^les au debut? Pom^ qu'ellesfus- sent des lors composees d'individus semblablcs, il faudrait que des animaux de la memo race et de la meme vari„_ se fussent seuls echappes dans la meme tbret ou la meme steppe, cc qui n'est peut-etre janiais arrive; ou que les iridividus marrons se fussent groupes d'eux-memes par races et par varietes, ce qui est encore moins supposable : car, comme tout le monde le sait, les chevaux, les boeufs, I et les autres animaux domestiques, sans meme excepter les chiens, malgre Textreme diversite de leurs carac- teres, se reconnaissent entre eux et se recherchent, sans distinction, soit de varietes, soit meme de races. De la, dans les compagnies ou les societes de formation recente, et c'est en effet cc qu'on y a generalement vu, des me- langes d'individus, tres dissemblables : par exemple, de pores differents de taille ou de couleur, de boeufs et sur- tout de chevaux de plusieurs robes, et de chiens de tbute race, de toute taille et de toute couleur, comme le disent des premieres troupes americaines plusieurs auleufs espagnols du xvf siecle. , De parents aussi dissemblables ne sauraient naitre des Ills ni meme des petits-fils qui se ressemblent tons. Mais ce qui pent et ce qui doit arriver, c'est que les differences individnelles deviennent moins nombreuses et moindres II 1 i * '«»( m i 1 k i f 1 i '* i 7 4 1 i i If!. ^ / t ( ■ i M ft» » 4 « u ^ ! f -♦♦ / " .^ I 1 I i I'. lii *_ - \ - , Q''* » tp -/ I ^ V \ 1 :l 8 f \ ) » i « ' / V F 508 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XIX. se composent toujours d'individus en tres grande niajorite sernblables de formes et suiiout de couleurs : sur cent individus, quatre-vingt-dix soot bai chataiii, et les dix autres zains; et « quand on en voit un d'line autre teinte, » on est certain que c'estun cheval qui s'est echappe », ou au moins le descendant presque immediat d'un cbeval echappe. a edevenus sauvages a un type iiniforme a done lieu, non pas seulemer diquait la theorie, mais au dela meme d peu anque i Buffon (1) : a La nature.... neii prendre ses droits des qu'on lalaisseagir en libert( I'ec le temps, on la verrait « detruire le produit d t qui la contraint, et.... se rehabiliter » (2). ' . v VI . I \ Les auleurs ont generalemenl suppose forme dans leouel tenclent a se fondre pecifique restitue (3) ; etque c'est preci est specifique que les animaux v revi( primitif m I ' (1) Mais non tout a fait comine Tentend Buffon, trop dispose a admettrc la restitution du type specifique lui-meme. Voyez la section suivante. (2) Hist, nat., t. V, p. 196; 1755. Voy. aussi t. XII, p. xiv; 176/i. (3) Buffon le suppose lui-meme, mais non sans des reserves, dans le passage qui vient d'etre cite. y :4% II ^1 / ->j I ^- ^- 1 tl i 4 \ + 1 DETERiMINATION DU TYPE DE L AMMAL SAUVAGE 509 ce fait doiit il n'y aiirait pas a doiiter, serail meme, les partisans de la fixite de I'espece, une des es les plus demonstratives de cette « verite fonda- selon elle y reviei pire de I'hc conduirait a preintede I'espece est, disent-ils,inefra- r e s'est monientanement ecartee du type^ iSilot que cesse sur les animaux Fern- et des nu'elle renrend le sien. Ge oui derer le type specifi comme tou- jours subsistant en tendance, sinon en realite; ou nous n'en voyons plus rien, il existerait encore en quelque sorte tout entier, au nioinsvirtuellement. Les auteurs qui ont developpe ces arguments ct admis cette conclusion, en eussent bientot reconnu le peu de solidite, s'ils eusscnt tenu comple, non de quelques faits seulement, mais de lous ceux que possede la science. Les resullats de Tetude d'une seule troupe ou de troupes Yoisines peuvent sembler favorables a la suppo- sition du retour au type primilif et specifique; mais il suffit, pour dissiper cette illusion, d'etendrc la com pa deux ou pi fique que fit reparaUre d c d le retour a I'clat sauvage, il est clair qu'il ne devrait y avoir qu'un seul et meme type pour toutes celles qui sont de meme origine ou de meme sang. Or,, c'est ce qui n'a pas lieu. L'observation montre que I'ensemble de carac- teres vers lequel tendent les divers individus d'une meme troupe, n'est pas celui vers lequel tendent ceux d'une propi typ forme distinct, et par P' pe el ifique, mais une forme en 1 r" ¥m \ ^ Rr 3 \ il 4 I I ■V > A \ ■f ^. !i J # I <# • l*'^ 8 * ' * n »ii «^ 1 1 f 4 4 f I 510 NOTIONS FONDAMENTALESy LIV. H, CHAP. XIX rapport avec les circonstances ambiantes. Et ou Ton avait cm trouver un argument decisif en faveur de la fixite de I'espece, nous trouvons, les faits plus com'plete- etudies preuve de plus du pouvoir des par consequent de la variabilite. \ par peut V avoir nous fei E chez eux par / Pour eclaircir d'obscur dans ces remarques gi I'applieation aux chevaux redev type originel el specifique qui le retour a la vie sauvagc? Oui, disent les auteurs. Mais, d'accord sur ce point, ils se divisent aussitot qu'ils veu- lent repondre a cette seconde question : Quel est ce type ; - - * specifique? Car autant de pays et d'ensemble differents de circonstances, autant d'ensemble de caracteres : et c'est ce qui ressort clairement de la comparaison des faits con- states par les voyageurs. II est des pavs ou les chevaux sau- r ^ vages sont de moyenne stature, et d'autres ou ils sont tres petits, et leurs formes ne varient pas moins queleurtaille. Leur poil est tantot ras, tant6t long, touffu. Ce develop- pement du pelage se rencontre dans les pays froids : les d deja observe chez les chevaux sai obe varie, selon les pays, d fauve clair, a Tisabelle Ces dominent As bai chatain est la couleur habituelle des brables troupes des pampas de I'Amerique du Sud. S'il n'ya et ne peuty avoir, a proprement parler, i\u\m seul (1) Strabon. (2) Gris de&ounsiMausfarbe), (lit meme Gmelin, loc. cit.,p. m. f I I *^JM ^ N. ^ DETERMINATION DU TYPE DE l'aNIMAL SAUVAGE. 511 chevalsauvag'e,c'est~h-d\reun seul originairement saiivage et encore dans sa piirete primitive, il y a done incon- I ^ F testable mentp/mJewn chevauoc redevenuS saiivages ; cha- que pays pent avoir le sien ; etlorsqiie Azara (1) et d'autres r auteurs, raisonnant cornme on I'a fait si soiivent en pa- reil cas, nous disent : le cheval sauvage americain etait bai chatain, le premier cheval et la premiere jument ont du etre aussi bai chatain. lein^ conclusion n'est ni inoins fondee que ne I'eiit ete celle-ci : ■ pie a du etre ou fauve, oil gris, ou bai bi ^ ni plus h premier \ 4 chevau? tel autre dans tel pavs fauves, dans dans tel autre encore bai bi (1) Essai sur I'hisU nat. des qtiadr. du Paraguay ^ loc. cit,^ et Voy. dans I'Amer. merid,, loc. cit, p. '37 Ix. — A cetle conclusion, Azara ^ croit meme pouvoir ajouter celle-ci ; Les chevaux ijai chatain doivent etreles meilleurs comme moins « eloignes du cheval primilif ». V V (2) Ajouions que la conclusion d'Azara n'est pas seulement contes- table au point de vue logique : les fails lui sont aussi defavorables. Les troupes dans lesquelles nous devons cherclier sinon le cheval pri- mitifd.aps toutesa purete, du moins le cheval aussi voisin que possible de son type, sont evidemment celles des steppes de I'Asie centrale. D'une part, ily a tout lieu de croire qu'il y esttoujours reste des che- vaux sauvages; et quant aux chevaux marrons, s'ils doivent quelque part revenir au type originel, c'est assurement dans ces troupes oti ils se nielent h des individus d'origine sauvage et retrouvent toutes les conditions de Texistence primitive de leur espece. Or, en Asie, la cou- leur qui domine estle fauve tirant sur Tisabeile ou sur le grls. Azara a fail pour le boeuf un raisonnement analogue a celui qu'il a fait pour le cheval. La couleur des taureaux et des vaches sauvages I ■_ H ■ ■ ■ ■ t d'Amerique est d'une maniere « invariable et constante^, brun rou- » gealre sur le dessus du corps et noir sur le reste ». De ce fait Azara > croit qu'on pent avec vraisemblance assigner, ce mode de Coloration au « couple primitif ». {Voyage dans I'Amer, mh\, loc. cit.^p. 378). "> \ i : I 1 J 4 \ \ i 1* \ \ ; u ^ 4 I i 1 I ! / I r t tf i I* f f J / * * ■^ 51 2 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XIX. Ce qui est vrai des chevaiix Test aussi des aulres ani- maux redevemis sauvages en plusieurs lieux. Si Tem- preinte de la domesticite s'est bientot effacee chez tous, elle ne Fa pas fait partout de meme. 'On ne voit plus, apres quelques generations, chez les chevres libres, ni oreilles longiies et tombantes, ni mamelles hyper- trophiees et pendantes , ni cornes bizarrement con- lournees. Les cochons marrons ont bientot les oreilles droites, et leurs crochets se developpent, non cependant dans tontes les troupes, en veritables defenses dont ils chasseu cedent en rien acelles des betes de nos forets. Les chiens sauvages, fussent / des chiens domestiques les plus modifies, en perdent eux- memes les caracleres : dans les troupes libres, et apres un temps dont la brievete a souvent etonne les observa- teurs, plus d'orcilles tombantes, plus d'anomalies dans le nombre ou la disposition des doigts, et a peine quel- defo phale, q bles quelques-unes des races de nos villes. Aio dan dev ns marrons se modifient dans leur naturel mo3urs co'mme dans leur organisation : farouches, souvent feroces ; ils cessent d ils boyer (1) ; quelquefois ils fouillent la terre; et il est vrai de dire qu'ils se rapprochent a tous les points de vue des loups et des chacals, comme les cochons marrons des / ^ (I) Surle niutisme des chiens redevenus sauvages en Anierique, Yoyez surtout Roulin, loc. cit., p. 3Zi1. » iffVt' t!« «4 U f r DETERMJNATION DU TYl»E DE L ANLMAL SALVAGE. 513 sangliers 7 et les chevres libres des boiiquelins. ce n'est la qu'ime partie de la verite; ce qui n'esl pas moins digne d'attention, c'est que, cbez la cbevre, le cochonetle chien, comme cbez ic cheval, les effets d-o la domeslicite ne disparaissent, par le retour a I'etat saa- vage, ni au meme degre, ni par les mcmes modifica- , tionsj celles-oi tendent, non a reproduire partout le type specifique, mais a produire, selon les beux, des types trcs divers, dont le plus souvent aucun ne peut etre assimile a celui-ci. Cbez la cbevre libre, moins etudiee que le cocbon et le chien marron, il y a au moins, d'-une troupe a I'autre, des differences de robe et de taille ; eL il ne parait pas qu'elle soit completement revenue, ni en Afri- que, ni en Amerique, au type de sa soiicbe unique ou principale, I'egagre (1) : si elle Teiit fait, les voyageurs n'eussent pu manquer d'indiquer au moins la grandeur et la disposition si caracterislique de ses comes. Cbez Ic coclion, les defenses sent, selon les localites, tres ment developpces et les dimensions notable- ment differentes. La peau est tantot denudee, lantot cou- vcrlc de longues soics, quelquefois d'une couleur voisine de celie des sangUers, soit d'Europc, soit d'Orient, mais pays cbauds. in eg; bien plus souvent noire, surtout dans l( Chezlc chien, les troupes different, non-sculement par la couleur et par la taille, mais par les proportions et les formes : s'il en est qui, a ce point de vue, se rappro- chent beaucoup du chacal, d'autres sont plus sveltes et plus liauts surjambes, a ce point que les voyageurs les (1) Voy. le Chap. IX, Sect \i, p. 85 et suiv *> ' in. -6 3 L i 1 . 1 I i f i m f i^-^ -, \-;5*^**=^v-^ 1 > . - *. -■ . - :* J - ^ . >\'.' .. -.r -.■■■ «* f i * % t - t I V f i 1 9 I"! ii I it P 'f NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP, XIX 5i!i ont compares, iion-seiilement au matin, mais aii levrierfl r Yoilales faits; et la conclusion a laquelle ils condu bien differente de On croyait pouvoir d de la domesticite differences Individ type originel et specifique. La verite est qu'il amene simplement la restitution de ce qu'on pent appeler, en general, le type de I'animal sauvagc. Cette restitution, non du type specifique, mais seule- ment des traits generaux de I'etat sauvagc, concorde par- laitementavec la theorie des influences cxlerieures et de la variabilite. Ce qu'on observe est precisement ce qu'elle pouvait nous faire prevoir. Quand cesscnt la domesticite et toutes les causes modificatrices qui en derivent, com- ment n'en verrait~on pas disparaitre plus ou moins com- pletement les effets? Sublatd causd.^ tollilur effectus. Les animaux perdent, pour ainsi dire, la livree qu'ils por- taient comme de I'h Mais alors P paraissent les effets d'autres influen sont presque Jamais domestiques, s en des lieux plus ou moins differeni mitive. Les effets de la domesticite anspor { pi primes, et n'y eut-il meme plus a tenir comple de I'atavisme, restent done du moins les eifets du deplace- ment des animaux; et comment pouri etre nuls quand nous avons vii la translation a I'etat sauvage al- terer rapidement le type specifique (2) \ 3 % (l)VoyezBuFFO!\, Bi&t. nat., l V, p. 197; d'apres divers voyageurs. J'ai moi-meme recueiUi recemment des temoigiiages analogues. (2) Voyez !e Chapitrc XIV. ft >i I t ^ 1 CONCOKDAKCE DliS FAITS. 515 Done les animaux ne doiveui; pas, en rcvcnaiit a la libcrfc, revcnir aiissi a leurs caracteres prirnilifs : ils doi~ vent sc rapproclier de leurs conoeneres sauvaacs m a 1 s noD leur devenir semblables (1), et c'est ce qui a lieo. VII. 1 1 1 1 t 1 1 i t •■ t 1 1 ■ ¥ < 1 1 J 1 • i La trequence des variadoiis individuelles chez Jos ani- maux domestiques soumis individuellcment a une multi- tude d'influences diverscs, et le retour a un type uniforme ehez les animaux revenus aux conditions uniformes de la vie sauvage, sosU deux faits dont il est impossible de q ison. L un est ia contre-parde de I'au- meme, il eomplete et eclaire, et tons Idirectement a la the'orie de la varia- bil des etres organise's sous Fintluence des circon- mbiantes. Posez effet, eette vadabilite prineipe, et vous en deduirez immediatement consequences ; deu blables elant sep devront se mod permanentes t"* div don I. Et au contraire : etant ^lonnees c'cs nombreuses va (1) A moins qu'ils ne soieiit redevenus saiivages precisement dans leur patrie prioiitive, ou dans des localites et des conditions equiva- lentes. Mais c'est \k un castres particulier et exceptionnel qui ne s'est peut-etre jamais compleiement realise. Voyez, pour le cheval, la note 3 de ia page 501. i n I h ■ It 4 i I I . ^ im s* i 1 4 T^ ~ / . ^ET iT M-^ ■-"•■r-.'.;.-':- ^"'■■:>■^>■??.■v'^ -■ '^^ * '4f s \ f n k 4; J ■4> w \ 'J ll 1 1 i, H L. ■ .r 1 ^ H: / 516 rsOTlOiNS FONDAMEJNTALES, LIV. II, CHAP, XIX. rietcs, et les etres qui les prescntent etant places dans des circonstancGS permanentes semblables , ces etres devront devenir semblables. Dansle premier cas, il devray avoir divergence, dans le second convergence. Voila ce que vent la theorie ct voici ee que montrent les fails : Chez les animaux amenes de I'etat sauvage a I'etat domestique, la multiplicite des influences et des causes est substiluee a I'unite d'influence et de cause : la multi- plicite des effets est substituee aussi a I'unite, la variete a I'vjiiformile^ et toujours avec une relation enlre I'in- tcnsite, et la duree des causes, et la multitude et la grandeur des effets. Chez les animaux revenus de I'etat domestique a I'etat sauvage, a Tinverse, c'est I'unite d'influence et de cause qui se substitue a la multiplicite des influences et des causes : I'unite des effets est de memo substituee a la multi pi ? /' Done, nous avons iapreuve et la contre-preuve, Tunc decisives ; et les fails d'exposer dans ce chap tout inverses qu'il s s ont des precedents, ou mieux, parce qu'ils le dent parfaitement c iabilite de di m point observation ( !ue, et ec que la theorie nous faisait pre tion le met sous nos yeux. #«ii* f *«iH u «t t ^ \ i L / ^•^\y"w/\/ vy-w/* -'-w^-^^^ 'vy-^-./^y-^■v-^'V-^^^v■^^/"V^y^v^/^-/•^^vy^y yv^\y y\^-^^--' . ;\/v/\-'\y\y CHAPITRE XX. : ^r CONCLUSION GENEHALE EN FAYEUR DE LA VARIABILITE LlMiTEE DU TYPE i^T REPONSE A QUELQUES OBJECTIONS. 1 I SOMMAIRE. 1. Conclusion commune des fails relatifs aux animaux et aux vegetaux, soil dans Vetal de nature, soil deplaces, soit domestiques ou cullives, soit redevenussauvages. Reponse ?i quelqnes objections. — IT. Objection contre 'les preuves de la variabilile, fournies par I'etude des animaux domestiques : ceux-ci auraient ete modifies par la main de I'homme. Distinction des face^ artificielles ei des races natur ell es. —III. . . . . L ' 1 1 i ■ \ ' : 1 1 1 I 1 V i 1 i f I Nous venous de considerer les etres organises dans toutes les conditions oii ils se presentent a {'observation ; a I'etat de nature, dans la vie sauvage, mais hors de leur F pat en domesficite , da ge;et p faits, et aussi bien pour les vegetaux que po Ges des etres organises ne sont fixes qu / • qv si elles changent, et selon Ic senset le degre des change- I'organisation se moditle, et il inents qa'elles subissent se produit de nouveaux caracteres dont la valeur pent etre specifique et plus que speciiique. \ ^ J I L t i I ! i ^ ^ i ■: ^r-.'.-- \- -- m t- - 4 I * I •1 r I * « J « i I M 1 1 1 \ » "^' 518 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XX Qu'esl^cG done que le principe, si lojietemDS affi espece hypotl pi hypothe vain qu'on dr d ses disciples ont fini \m reconnaiire la necessite; s'il est hux que I'espece soit inimuable, qu'elle ne se modifie « en aucune fa^on », il n'est pas vrai non pins que les modifications qu'elle subit, n'aillent jamais au dela des ca- racteres accessoires et superficicls. Si ceux-ci sent seuls atteinls dans le plus grand nombre des cas, les variations portent aussi, dans d'autres, sur les organes profonds et sur les caracteres considcres fin par les naturalistes II eut ete digne deCuvier et de ses principaux discipk de ne pas s'arreter a mi-chemin, et de rejeter complete ment une hypothese vieillie, au lieu de se borner a la res treindre par des concessions qui ne pouvaient satisfair personne. Les parlisans absolus de la fixite les ont re poussees commc de premiers pas vers le systeme con trairej et nous ne saurions y voir que d'inutiles effort pour attenuer I'erreur, au lieu de I'extirper. Mais Cuvier et ses disciples se voyaient en presence di svsteme de g de I'esp pas qu'elle put retomberait dans le ch de la Genese, lelle qu' n \ \\ ri (M ' I - -J -i ■ w^'^ V*'? Z " . ^ si I REPONSE A QUELftUES OBJECTIONS 519 ■ n fort, inlerprelee (1), lis devaicnt ctre presqiie ioevita- blemeiit entraines, ao defaut de I'hypothese, trop mani- festement fausse, de rimimitabilite specifique, a essayer d'en maintenir les debris debout dans la science, a pen pres comme on etaye, pour en retarder la chute, les ruines d'un edifice qu'on ne saurait plus restaurer. C'estla ce qu' avail fait Cuvier et ce qu'essayent encore de fairc ses disciples, malgre la multitude des preuves presentement acquises a la science ; aujourd'hui encore, its passent, comme s'ils n'existaient pas, sur des faits qui contredisent leur hypothese favorite, ou ne les mentionnent que pour leur opposer des denegations que rien ne justifie; et s'il en est qu'ils croicnt ne pou- voir con tester, ils s'efforcent d'en attenuer la valeur et de les reduire, a I'aide de distinctions et d'arguments, tout au plus specieux, au rang de simples exceptions par les- quelies la regie ne saurait etre infirmee. a la rigueur, nous dispenser de nous la pi u part pourr } arreter sui les faits qui precedent distinctions et ces arguments. Ap de notre demonstration achevee, et par conseque 4 ter tout ce qui est en desaccord avec notre contre la fixite du type. II n'y a pas d'argum les faits, et une verite une fois etablie, it ne pe contrer une autre qui la contredise. plus nccessairc de p d Ol usl'avons dlt ailleurs, premier obiel de la science est de mcttrc la verite ^ \ i 4 (I) Voy. le Chap. XII, p. 291 i r ( I J ^ / 4 t I 4! 5-20 i\OTIONS FONDABIIiNTALES. LIV. II, CHAP. XX, h rs N laissons done derriere nous aucun argument sans I'avoir discute, auciine objeetion sans I'avoir resoliie, surtoiit lorsque, comme iei, Fai Cuvier, et empruntent, de ce grand nom, une valeui 'Of t5 obi une fois en respeetueux advert Recherches sur les ossemenls fi oblige, de se po I t V k. I , s h' r- Ml( IT C'est dans ce grand ouvrage que se trouve, sinon de- veloppe, clu moins pour la premiere fois indique (2), un argument qui ne tendrait a rien moins qu'a desarmer d'un seul coup la tbeorie de la variabilite de la plupart des ftifs qui la justifient le fnienx. Des animaux domestiques des >-^ des animaux dans I'etat de nature et des & sauvages; car les inlluences qui s'exercenl sur les uns et de dres differe elant « natorelles h artificielles. Un animal, un vegetal, tres modil domesticite, ne serail ainsi qu'un produit except (1) Lefe faits et les considerations par lesquels je crois pouvoir re- pondre aiix objections de Cuvier, ont deja ete exposes dans mes coiirs, mais non dans mes oiivrages. On les trouve seuleraent indiques Vie, p. 355 et suivantes. tifique d'E. Gsoffroy (2) Tome T de Fedilion in-/i" de 1821, p. lxi et lxiti. ^ 4 M \ t(( h 1 11 y i M V REPONSE A QUELQUES OBJECTIONS. 521 (le I'art luimain, dominant la nature et I'entrainant en dehors de ses voies et au dela de iamais franchies d'elle-meme. qu'elle n'ent C'est par cette vue que Cuvier a era pouvoir justifier ee qui serait, selon lui, le resultat capital de ses recherches sur les animaux fossiles : la non-filiation de ceux-ci et de leurs analogues actuels. En effet, dit Cuvier, « auand il ph 5 1 les rhinoceros, les elans, » les ours fossiles ne different pas plus de ceux d'a pre- » sent que les races de chiens ne different entre elies on ') ne pourrait pas conclure de la I'idenhte d'especes, parce » que les races des chiens ont ete soumises a I'influence » de la domesticite, que ces autres animaux n'ont ni subie » ni pu subir ». Argument oii se trouve manifestement sous-entendue la non-existence, meme au passage d'un ordre geologique a I'autre, « d'influences naturelles » ana- logues ou equivalentes aux causes « humaines », c'est-a- dire etrangeres a I'ordre naturel, qui derivent de la do- mesticite. Les animaux domestiques et les plantes cultivees doi- vent, sans nul doute, a I'intervention de I'homme les caracteres par lesquels ils s'eloignent de leur type origi- nel. II n'y a et il ne pent y avoir, dans la science, qu'une opinion a cet egard. Mais de ce que cette intervention est le point de depart des modifications qu'ils ont subies, suit-il que les « influences » dont elles derivent directe- ment, que leurs veritables causes ne doivent pas etre considerees comme « naturelles «; et qu'on soil fonde a les dire d'un autre ordre que celles qui agissent sur les animaux sauvages ? " 1 4f / /\ i J 3 \ - ** ■^ 1 *« X r J ^ ^ ri ^ :■■.-■: -- :..:'-::;.■•- • .\ ■■- : ■-... :■■ ^■.■ / ■■ ■> ^1 h ■J \ ' 1 ■ \ il >4 " r » M f^ f M't k' Hft Mli 52^2 NOTIONS FONBAMENTALES, LIV. II, CHAP. XX All moins eut-il follu faire ici une distinction entre les races si singiilierement modifiees, qu'ont creees pour ainsi dire de toiites pieces les Bakewell, les Colling et lenrs successeurs, et celles qui, dans tons les temps, danj ft tous les pays, se sont formees sans la moindre interven- tion de I'art zootecbnique. Que les premieres aient ete « faconnecs de mille manieres, tant au physique qu'au » moral », et comme « petries par la main de rhomme(l))) , nous I'admettons , tout en remarquant qu'elle n'a fait ici meme que diriger la nature. Mais ces races ne sont que de rares exceptions, a cote de celJes, infiniment plus nombreuses, dont il est vrai de dire : I'homme ne les a pas creees, il les a laisse creer, sous ses yeux, par la nature. Les premieres sont parliculierement celles qui ont ete formees par la selection longtemps continuee des repro- ducteurs. La selection est-elle, comme le croit M. Dar- win, et comme il a ingenieusement entrepris de le de- montrer (2), le moyen habituellement employe par la nature pour creer permis d'en doutei encore se refuser. de nouveaux tvp fut-il ainsi, on po table 3) » , a M ullipl face du globe, les selections que pratiquent (1) Expressions de M. Godron dans son ouvrage deja plusieurs fois cite : De I'espece et des races dans les etres organises, Paris, in-8, 1859. Voy. t. II, p. 6. (2) On the Origin of species, Londres, in-8, 1859. (3) Natural Selection. Darwin, loc. cit. P m ^m I y M < t t-J I REPONSE A QUELQUES OBJECTIONS, 52 O culteiirs : celles-ci, en pen seulement la nature n'eui, jamais tait naitre les races qui fair A disparailre. Sans les soins assidus dont cheval anglais de course, le boeuf de T de Berkshire, la poule de Dorking, auraient bientot perdu nctifs. Ces races, etp] double titre, des oeuvres de es a nroduites. ef n'psf Im' maintient. qui Mais ce qui est vrai de quelques races pi par d'habiles ne Test nullement de toute: s dire, d'une part, 1 du plus grand nombre des notres, et, de de avances. S : possedeot les peuples barbares ou peu nul doute, celles-ci n'existeraient pas plus que les precedentes homine n'et.ait p ordre portant divers lieux des individus enleves a la vie deja domestiques ailleurs, il ne les avait, oar la meme, soumis aux conditions d nouveau climat, d'un nouveau regime, et amenes a prendre de r qua fait I'homme, et ce qui habit Voila cc pour reprendre les expressions de Cuvier, des « influences » humaines » ; mais le reste est I'effet des « influences na- « turelles « ; et si les premieres peuvent etre considerces comme les causes des. modifications produites, c'est seule- ment comme leurs causes indirectes et occasionnelles : les vraies causes , les causes directes et efficientes, sont les secondes, c'est-a-dire les influences exercees sur les I i f ■^ 4 I i / 1 ^ m m # .'-' ^i * « !' I ^^■n^^ m f*» 524 NOTIONS FOND AMENT ALES, LIV. II, CHAP. XX caracteres des etres organises, qu'ils soient domestiqiies le climat, le sol, la nourriture, et en Cette es, par le clir par I'ensemble proposition est pletement justifiee par fait m tendent manifeslement au meme / principe et a rapporter au meme ordre de causes le difications qui se sont produites chez la plupart des domestiques, et celles, en si grand nombre subies, selon les lieux et les circonstances, les especes encore dans I'etat de nature; par consequent, a faire tomber k barriere qu'on pretendait clever entre les in- fluences qu'on disait seules naturelles, et celles qu'on qualifiait Almmaines ou artificieUes. Avant d'introduire cette distinction dans la science et d'en faire la premisse de conclusions d'une si grande portee, on eiit dii refle- chir combien elle est pen conciliable avec ce que nous Savons de I'anciennete de plusieurs races domestiques dont Forigine se perd dans la nuit des ten:ips, et de I'exis- tence a toutes les epoques, et encore actuellement, d'une multitude d'autres chez tant de peuples barbares ou meme sauvages. Comment imaginer, en des temps si re- cules et chez des peuples aussi grossiers, d'autres effels de I'activite humaine que la simple translation des ani- maux dans un ensemble nouveau de circonstances, ou la i' nature agissait ensuite a son gre? On eut du remarquer aussi que les animaux sauvages et les animaux domes- tiques qui se trouvent reunis sur un meme sol et sous un meme ciel, subissent tres souvent des modifications toutes semblables : la similitude des effets serait-elle possible sans celle des causes, et s'il fallait attribuer les modifica- i«i^ ■ ' - - 4 "J -V \^ -?-i-L,. I 3 «.i t^ ■ ♦ i f % ^It mi .i. 526 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP. XX. du de placemen t des r par celui de leurs effets modifications qa'elies determinent, loin d'etre etrangere a I'ordre nature], realisent precisement les etats nature! des especes soumises a ces memes influences par leu mode normal de vivre et de se nourrir. La conclusion qu'il fa.ut, dans ces exemples, degage des faits, est, dans d'autres, presque evidente par elle meme : tels sont les deux suivants. Parmi les modifica bovines transp produites chezles descendants •tees d'Europe en Amerique, une des y plus remarquables est la dimension des mamellcs qui neme de donner du lait apres Tallaitement du ; surles memes points et sur d'autres, lalaincdu I perdu sa tinesse; elle s'est melee de jarre. Ces modifications que I'agriculteur appelle des d( jeune (1 nt des retoiirs vers le type festement des effets. non de des fluences surmontant la d On ne saurait dav humaines dans le sens ou ce mot a ete employ pre les variations correlatives a celles du climat, que sen tent les mammifercs domestiques dans I'abondance, la longueur et la finesse de leur pelage. Tout le monde salt qu'ils sent generalement representes, dans les pays chauds, par des races a polls ras, dans les pays froids, par des races a polls longs et touffus : le chien, le cheval 1, (1) Fait constate par M. Roulin. Voy. p. hok- J / i -fc y « H i UEPONSE A QUELQUES OBJECTIONS. 527 lui-meine sorit enveloppes de veritables fourrures dans les regions voisines da cercle arctique. Ces changemenls sont-ils les effets d'influences humaines, artificiellement exercees sur les animaux qui les presentent, on ceux des influences naturelles du climat? Tous les naturalistes feront eponse ; car aucun d que les especes qui vivent dans I'etat de nature, ont au^ lorsque leur distribution geographique est tres etendue latitude, leurs races a poils plus courts dans les pays chauds, plus longs et plus touffus dans les pays froids. Les races domestiques ne font done, quant aux varialions de leur pelage, qu'obeir a la loi commune, et ceder aux influences naturelles du climat, agissant dans le meme sens sur tous les animaux, sauvages ou non, qui y sont soumis. Ce qui est indubitable pour ces variations qui depen- dent de la seule action du climat, ne Test pas moins pour d'autres ou interviennent, avec les infl ■s naturelles du climat, celles du sol et de la nourriture. Nous citerons en exemple les petites races domestiques, et notamment les tres petits chevaux, qu'on rencontre dans plusieurs pays septentrionaux, et particulierement dans les iles au nord de oudi devenues telles parce que que ces races pi des technique? Ceserait oublier que I'observati a cote d'elles, parmi les animaux sauvages, racterisces par de semblables modifications : le petit cerl des Hebrides est, en particulier, aux autres cerfs, ce que le cheval nain de ces lies est aux autres chevaux. Done / ■ * i i _> i i T c =r r- S^ * I -'I it L » W' 4 I* «f'» .' r*iii^ ' * I ■ ¥ 528 NOTIONS FONDAMENTALES, LIV. II, CHAP, XX. encore ici les animaux domesliques se sent inodiiies sous les memes influences que les animaux dans I'etat de na- ture, par consequent, sous les influences naturelles. Pour echapper a cette consequence, il faudrait supposer que les influences generales sont restees sans effet sur les animaux domestiques, mais qu'elles ont ete rempla- cees par d'autres, agissant dans sens, et produisant des effets tout semblables. Nous nc pensons pas que personne veuille abriter derriere un tel sophismc une supposition que rien d'ailleurs ne vient justifier. Qu'est-ce done que 1' ex plication des variations des animaux domestiques par les « influences humaines »? Une opinion que conlredit I'immense majorite des faits, car elle n'est applicable qu'aux produits artiliciels de la selection et des autres precedes zootechniques; c'est-a- dire, a une partie seulement, et de beaucoup la moindrc des races domestiques qui nous sont connues. Les vues que nous. venous d'exposer pourront semblcr nouvelles aiix naluralistes ; elles ne le paraitront pas aux agriculteurs, a ceuxdu moins qui savent reflechir sur les faits qu'ils ont tons les jours sous les yeux. Comment, livres a I'etude et a la culture assidue des races domes- * tiques, n'auraient-ils pas reconnu que les unes, races de les a quelquefois appelees, subsistent ? pays^ com me on dire d'elles-memes. et ciue jd V traire, ne peuvent etre mainlenues, comme pu etre creees, qu'a force de soins et d'effoi pour conserver les pi gir selo?i la nature^ et presque \ iW i W*^ «^ ^ I iiACKS AilTil'lClKLLJCS ET f'.ACl':S A'ATUIIKLLES. 529 tigir; il lie rcstc Diaiire des secondes qu'a la coridilioi) do liUlcr conlre elle ct dc la vaincrc par Fari. I Voila ce que Ics agriculteurs iie pouvaieiit inaiKiuer au moins d'eiitrcvoir, ct ce qu'iin des plus eminenls d'cDtre eiix, M. Richard (du Caiital), a nettcmcDt apcrcu et e(ab]i('l).C'es(. a ce savant, egalement consomme dans la iheorie et dans la pratique agricole, qu'on doit la distinc- pcs qu on pen tificiellcs dit M. Richard, de « pi » d u 1 de rhomme » ; et les premieres, qui sont en bien nd nombre, ayant ete au contraire « tbrmc'es par luences de localite » , c'est-a- dire, par « Faction mat, de la nourriture et du sol on clles so w trouvent ». L'cxperience des agriculteurs nous vient done ici en r aide; cc que nous avions reconnu par I'etude des faits zoologiques est p / que pp \ } \ (-4 w" / ^ i (1) Dictionnaire raisonm d'agricull/ure, Paris, in-S, 1854, t. 11 article Race. Vovez aussi TarUcle Courses. En histoire naturelle, ces niemes mots Races naturelles et Races ar~ iificielles onl ete souvent employes par M. de Quatrefages, dans ses cours et dans ses ouvrages, notamaient dans le livre qu'il vient de publier sous ce litre : Unite de Vespece humaine, Paris, in-J2, 1861 (voy. p. 79 et suiv.). Mais ce sont les races sauvages que M. de Qua- trefages appelle naturelles. Ce mot a done ici une autre signification que dans les livres de M, Richard. A plus forte raison, n'y a~t-il rien de commuo entre les vues de ce savant agronome et celles dllliger, qui, un demi-siecle avant lui, avait [tropose de distinguer les especes en naturelles et artifidelles. — Voyp>: Versach eincr systcniatischea Tenninolofjie , Ilelidstadl, in-y. 1800. \\u M n 4 . ■ ''■■ . -.4 -* .V '.-.. ■ > -V :< ' - ^- \m< V ^ b *• 530 NOTlOiSS FOiNDAMEINTALES, LIV. II, CUAP. XX. I'etiide des fails agricoles, et la theorie et la pratujue sc reiicontrent dans cette conclusion : ■ Les modifications que presentent la plupart des races f d par monde ambi barriere ciu'on avait pretendu tombe devant les fails bien obser ment interpretes. ■- HI. *■ » il " t II ■ F ;l 1 r \-\ 1 n ^ _ ^ — M. Isidore Geoffroy Saint -Hilaire est inort le 10 iio- vcmbre 1861 ^ avant d'avoir termine Toeuvre qu'il avail cntreprise. : Le tome P*" de VBistoire naturelle generale des regnes orga- niques avait pam en 185i^ — le tome II en 1859^ — la 1^*" partie du tome III en 1860, et la 2' partie de ce meme tome devait J paraitre a la fm de 1861. All mois de novembre 1861^lGsfeuilles 18^ 19^ 20^ 21 et 22 du tome III^ comprenant les chapitres XII/XIII et XlV^etaieiil imprimees et recues par Tautem^; les feuilles 23, Ik, r 25 et 26;, comprenant les chapitres XV^ XVI ct XVII etaient a Tetat d'epreuves^ en correction plus ou moins avancee;. les chapitres XVIII^ XIX et XX n^etaient qu'en manuscrit. La faraille de M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire a pense que ce manuscrit devait etre public sans additions ni retran- chements^ et elle a livre a Timpression jusqu'aux dernieres pages ecriles par Tauteur. Paris, juiii 18G12. i -4 i * V ri 4 ^^Z ^^* ■ .: * "■ - d J _ "r ' ■_ ^ . ^* q -w ■ 1 ■ _■, ' H -.J '.>■ f^ \ Jl I i 'j^ ij * m^i W «li I !*l^ '% 1 v/v/x^ -/^v_/^^\/^^'v/^v^ s^xr ^ \j'^w\y ^\j^ «- v ^^'"^Kyx/v/vy ^^^a\-/^vy^v/^^^^\^\^^y^v v/^v/ ^"wV/ vy x^^^'v-' , DES MATIERES GONTENUES DANS LE TROISIlilME VOLUME t SUITE I)E LA SECONDE PARTIE. I \ SUITE DU LIVRE DEUXIEME. l)E L^ESPEGE CHEZ LES jfilRES ORGANISES. \ CHAPITBE VIII. — Notions sur les anomalies de t/organisation 1 1. Modifications anomaies de Torganisation i If. Confusion longlemps faite de la teratologie avec I'anaioniie pathoiogique ' 3 II!. Esquisse de la classification teratologique. Hemitcrios. Iletero- t^xies. Hermaphrodismes. Monstruosites ; monstros iini- taires et monstres composes 5 IV. R(^'gularite des etres anormaux. Inversion et redoubleineni de Tordre normal 13 r V, Conservation d'unordre ancien. Arrets dans ledevoloppenient. 17 VI. Similitudedes anomalies d'une espece avec les elatsnormaux d'une autre 20 Vil. Origiae accidentelle d'un grand nonibre d'auoinalics. 25 VIII, Heredite teratologique 28 r CHAPITRE IX. — Notions SUR les races domestiques et determina- tion DE LEURS ORIGINES 33 + I. Petit nombre des animaux reduits en domesticite. Diversity de ces animaux, 33 II. Grand nombre des plantes cultivdes. . . . # 36 HI, Origines des animaux domestiques. Hypothesedela creation dVspeces originellement domestiques iO i '■^■'4: — r H ^ * y .V h Wv Hi ill 5o/| TABLE DES MATIKRES. r I IV. Insecles 45 r V, Poissons 48 VI, Oiseaux domestiques dans les temps modernes 51 VII. Oiseaux domestiques dans Tantiquit^ romaine; dansFanti- quite grecque; dans les temps aute-historiques. Poule. Pigeon i . . . , . 56 VIII. Mammiferes domestiques n'existant pas en France. .... 6S IX. Mammiferes domestiques dans les temps historiques. ... "i X. Mammiferes domestiques dans les temps ante-historiqnes. Cheval. Ane 7(j I' XL. Suite : Pore. Chevre. Mouton go XII. Suite : Boeuf 89 XIII. Suite ; Carnassiers. Chat 96 XIV. Suite : Chien -. tOl XV. Tableau synoptique. Distribution par classes zoologiques, ^poques de domestication et patries originaires 115 XVI. Resume g^n^ral et principales consequences. Predominance des classes superieures 118 XVII. Animaux cosmopolites et non cosmopoliles. 120 r XVIII. Origine orientale, et particulierement asiatique, des ani- maux tres anciennement domestiques, et des vegetaux tres anciennement cultives 1 24 XIX. Etat des animaux domestiques et des vegetaux cultives, chez les peuples civilises, et chez les peuples barbares ou sauvages 131 CHAPITRE X. — Notions sur les metis. . . , 13", . h I. Nomenclature. M^tis homoides et metis hybrides. Hybrides st^riles ou mulcts 135 II. Cr^dulite desauteursjusque dans le xviu*^siecle. Pr^tendus hybrides d'animaux de deux classes, dedeux ordres dif- ferents 141 III. Scepticisme exagere des auteurs modernes, partisans du syst^me de la fixity de Tespece. Negation des unions mixtes h. P^tat de nature, et des hybrides bigeneres. . . 147 IV. Hybrides bigeneres fabuleux ; tres douteux; douteux. . ... 151 V, Hybrides bigeneres authentiques. Mammiferes. Oiseaux. Exemplos a Tetat sauvage 160 f > \ , 1 I \ l4 4t 11! I * ti!!- 1 *'*^^EM*i'N'V ^ I \ TATTLE OKS MATIKRE^. 5 3 5 VI. Hybrides congeneres. Mammiferes 169 Vn. Oiseaux. Exemples a I'etat sauvage. 178 VIII. Poissons, Insectes 183 IX, Hybrirles vegetaux '. , 186 h L X. Rapports des metis avec Ics types originels. Distinction pro- posee par Kant entreles metis de deux varietes, et ceux de deux races. Distinction entre les metis homoides et leshybrides. Etat variable des premiers I9i XL Etat mixte des hybrides. 200 XII. Aptitude a la reproduction chez les metis. Fecondite des homoides. Pretendue infecondite des hybrides 207 XIII. Hybrides infeconds et peu f^conds. Faux exemples de fecon- dite ; exemples conlestablcs 213 XIV. Hybrides f^conds chez les mammiferes. 218 XV. Autres hybrides feconds 224 XVI. Objections conl're la fecondite des hvbrides 227 CHAPITRE XI. — Complement DK la notion positive de l'espece, et DES NOTIONS SUR LES RACES DOMESTIQUES ET SAUVAGES I. Termes complementaires de la definition de Tespece 235 II. Suites specifiques. Transmission 7iaturollGy reguliGre et inde- flnie de leurs caracteres disfyiclifs, . 237 III. Suites non spdcifiques. Suites naturelles par transmission irr^guliercet passagerede caracteres anomaux ou depen- dant de rhybridite 243 IV. Suites regulieres et d'une dur^e indefinie, formees sous Tin- fluence de Fhomme. Races domestiques dites artificielles 250 V. Races domestiques dites naturelles. 25G VI. Suites naturelles regulieres et indefinies comme les especes, mais non distinctes. Races sauvages 263 VII. Resume 269 \ s- CHAPITRE XII. Introduction a la xiiiioiuE de la variabilite LIMITEE DU TYPE* et REMARQUES GENKRALES SUR LES SYSTEMES opposes a CETTE theorie 273 I. La notion, dite positive, de Tespece nesuffitpasa la science. La necessite d'une notion pins complete est reconnue par tons les naturalistes 273 II. Cette notion ne peut etre obtenue qu'a Taide dela rne^thode / ! J t Ci \ J ■ Wi X - ■- .r^ "-' ■"-.," ,^ . , . ---'- -.• ^. "-. I ( '' r 1 I 1 1-. 530 TABLS: T>JvS ^lATlKUl.S. de g('*ncralisatioii logique. laobsorvaLion (ies regies dc cette ni^thode par presque tous les uaturalistcs 278 ill. Direction sviivie par Lamarck : ses efforts pour rcmontor, desetres actuels, aux etres primitifs,supposf^s Ires simples et produits par generation spontanee. . . 280 IV. Direction inverse, suivie par Linne. Scs efforts pour fon- der la science sur la Genese, interpret^e dans !e sens de la fixite ; d'oii I'aphorisme sur Tcspece 284 . V. Efforts de Cuvier dans la m^rne direction 291 VI. [nsucees de tons ces efforts. Impossibilite , au luoins actuelle, de parvcnir a des notions veritablemeiil pciea- tifiques sur Torigiae des choses et la premiere apparition des etres organises -9" CHAPITRE Xlll. — PREMltBKS PUF-UVES DE LA VARIABILITE BU TYPE, CONSiOEKEE CHEZ LE3 KXRES ORGANISES 30 1 I. Division du sujet. Impossibilite d'en aUeiadrc !es liaiites. Point de depart ^^^ r II. Premiers exemi>les de variations ehez les animaux et ehez les vegetaux 305 III. Premieres preuves de IMnflueuce des circoastances exterleu- res sur les etres organises 311 rjFAPlTRE XIV. — DEMONSTUATrON DE LA VARlABlLirE DV TYPE, PAR l'eTUDE des AMMAUX ACTUELS, dans l'eTAT DE NATURE. . . . 315 I. Objet de ce chapitre : preuves tirees de I'etude des animaux sauvages ^ ^ '-* II. Mammiferes. Modifications sous riuflueacedu climat. Eiles ne soat pas seulement superficielles 318 ni. Oiseaux. Les especes voyageuses otTreat elles-memes des cxea^ples de diversitos locales. Modifications chez les especes sedentaires, sous IMnfiueace du climat et sous ceile da sol * ■ '^--^ IV. Vertebres inferieurs. tcrrestresctaquatiques. Poissons d'eau douce et de mer : diilerencc seloa le climat et les eaux 33() V. Crustaces. Annelides. Insectes et aulresarticules terrestres. Variations dans la !ail!c et les i)ro[iortions scion le cli- aiat. Variaiioas dans les coulcurs. Dcveloppeaicnt ou ! t 1! ilr |i:!ii 1^!': * -ir- i 1 i "* s. y TABLE i)ES MATIEHES. S"')? atropliie dos ailcs seloo les cliaiats 341 VI. Mollusqueset classes ioferieores du regno animal. Varia- tions sous I'influence du climat : similitude dcs rnodlGca- tions produites par les differences do latitude etd'altitude. Influence tie la nature du sol et de cellc deseaux. Con- elusion pour les mollusques, et conclusion generale. ^ , . 3i8 CHAPITKE XV. -~- l)fhiONSTRAi[ON dk lx wmuahuate du type, par l'etude des ykgetaux actuels dans l'etat de NATUHE. 363 I I. Remarques geuerales sur la variabiiite chez les vegetaux . 363 IL Vegetaux phanerogames. Variations i)ro;!uiu's sons Tiii- fluence du climat, et particulierement de la latitude. Modifications de Tensemble de la plante et de plusieurs de ses caract^res 367 4 III. Autres variations ehe/ les phanerogatues. Influence de la nature du sol el du milieu 372 IV. Cryptogames , , - , 379 V. Conclusion pour rcnseniblc des vegetaux : eile est lamemc que pour les animaux 3iS2 CHAPITRE XVI. — Nii:CKPSiTE d'en complement de DEMoxsinATiON PAR L'eIUDE des ETRES ORGA?sMSES QUI ONT ETE OU SONT SOU- MIS A l'homme 385 I. Insuffisance des r(3sultats de robservation des (;t res organi- ses, consideres seuleraent dans I'etat de nature 385 11. Insuffisance des resoltats de toutes les experiences que nous pouvons inslituer - 389 111. Necessiie de recourir a Tetude dcs etres qui out etc depuis longtemps soumis ci Taction de rhommc 392 CHAPITRE XVII. — Demonstration de la VAuiABjLiTE du type pah l'etude des animaux qui ont subi l'influence de l'homme ■ SANS EIRE REDUITS EN DOMESTIGITE 397 I, Deplacement des animaux et des v^getaux a P^tat sauvage. ^ Les fails sont ici en petit nombre et ordinairement pen decisifs 397 II. Deplacement des vegetaux. Les cxeniples no sont pas rares, mais lis u'amenent (lue dc legeres variations 399 ill. De[)iaceinc!ils dcs uuimaux. Excmplt-s rcceats 401 I 1 \ 1 -i I 1 i i i i ^y£7i^t * ^"^fS 7»r- « Y. i f • * ^ N ■ I 4 5o8 TAKLK l)i:S MATJEUES. IV. Kxcmpk's aiicicns, CeiTs de Barbaric et cerfs do Corse. . . . 40i V. Consequences des fails de cet ordre 411 I CllAPITRE XVlil. — Demonstration de la variabilite du type par l'kTUDK DliS ANIMAUX DOMESTIQUES ET DES VEGETAUX CUL- TIVES 415 I. Importance de I'elude des variations des animaux doines- tiques 415 II. Opinions diverses des auteurs sur T^tendue des variations organologiques. Opinions de Guvier et deM. Flourens : de plusienrs autres partisans de la fixity de Tespece; de Lamarck 4 19 M HI. Examen des faits. Chat 426 IV. BcEuf, moulon, et aulres ruminants anciennement domes- " tiques 429 V. Cheval, anc et cochon 437 VI. Chien 445 VII. Oiseaux 457 Vill. Poissous ctinsectes. Conclusion commune de tons les faits relatifs aux variations organologiques chez les animaux. 462 IX. Variations organologiques chez les vdgetaux 465 X . Variations biologiques 474 XL Variations elhologiques. Conclusion g^n^rale 480 CHAPITRE XIX., — Demonstiution de ea variabilite du tvpe par l'ktuoe des animaijx revknus de la domesticite a l'etat sauvage ■> 487 F I. Remarques generalcs 487 ,11. Rctour a l'etat sauvage de quelques especes vegetales et animales 489 HI. .\nimaux redevenus sauvages en Europe et dans les autres parties de Pancien monde 492 IV. Animaux redevenus sauvages en Amerique eten Australie. 497 V. Modifications subies par les animaux au sortir de la do- mesticite. Retour vers un type uniforme 504 VI. Determination do cc type qu'ou avait considere a tort comine Ic type specifique restituc ^08 VIE Concordance des faits enlre eux et avec la theorie de la variabilite * 515 rt ■ - A • ■■ • *,' -. c^ y CHAIHTKE XX. TABLE I)i:S MATIEJIES. GOiNGLUSION GENERALE EN FAVEUR JUE LA VAU1A131L11E r J O -J I I LhMlTEE DU TYPE ET REPONSE A QUELQUES OBJECTIONS. . . . ■ • I. Conclusion commune des fails relatifs aux animaux et aux vegetaux, soil dans T^tat de nature, soil d^place.s suit domestiques ou cultives, soit redevenus sauvag^s. Re- ponse h quelques objections n 17 II. Objection centre les preuves de la variabilite, fournies par r^tude des animaux domestiques : ceux-ci auraieut etc modiees par la main de Thomme. Distinction des races artlficiGlles et des races naiurelles III j20 530 Note de T^diteur 531 ? -^^. ->J 1 \ i i I I i ^- r ^- t^ PAGES. 12 57 117 155 173 251 302 438 » 450 470 502 LIGNES. •; 18 Tableau col. 12. 31 23 24 3 3 21 7 14 \TA. %■ MOTS A EFFAGER. Attache /E nates, Cock. d'Inde Aura it Vues 1/2 Dont Hi"* I ' 1 !■> ire Seuloment collc-ci P. 455 Precoce Attcslc. MOTS A SUBSTITUEU. Altachee. A 11 ate s . Coch. cl'Inilc. Avail. Vus. o D ou. Baskirc , Sculoiiicnt ; celle-ci. P. 453. Precieiise Atteslco. 1 > { » "-^ *^f^i/^', ^- m^^vVy- .>^ " f ..-".^ -^ '^u? y - .- J - .-H -^ J ^>A *^* ^dZ. h-i^fc^_^ i V r - ,f- i / 1 ,1 »:5a. r J ^ / t .^^ h - -"f ^,- 1 I J 1 i I. i — F -M '^ - i : 1 lU > ■'i- I •^C OUVRAGES DU MEME AUTEUR Considerations generales sur les Mammiferes, ia-i8; Paris, 1826. Histoire gen^rale et particuliere des anomalies de I'organisation chez rhomme et les animaux, ou Traite de teralologie. 3 vol, in-8 ei atlas; Paris, 1832-1836. Essais de zoologie g^nerale, ou Memoires et notices sur la zoologiegeneralc, Tiinthropologie et I'histoire de la science, 1 vol. in-8, avec pi. ; Paris, 18il . Vie, travaux et doctrine scientifique d'Etienne Geoffrey Saint - Hilaire , 1 vol. gr. in-8, avec portrait; Paria, l^T. *" Le mi^me ouvrage, I vol. in-12; Paris, 1847. Catalogue methodique du Museum d'histoire naturelle, Mammiferes. Intro- (Juclion et Primates, in-8; Paris, 1851. ■ Domestication et naturalisation des animaux utiles. Rapport general adresse en 1849 a M. le Mlnistre de ragriculture ; 3' edition, avec fig, in-i2; Paris, 1854, Lettres sur les substances alimentaires et particulierement sur la viande de cheval, i vol. in-i2; Paris, 1856. r Histoire naturelle generate des Regnes organiques, principalement etudiee Chez Phomme et les animaux, grand in-8, t. I, 1834; t. I!, 1835 1859. Analyse des Lecons de teratologie, faites en 1836 par M. Is. Geoffroy Saint-Hilaire, par M. V. Meuisier, in-8; Paris, 1836. Resume des Lecons de mammalogie, professees par M. Is. Geoffroy Saint- Hilaire, par M. Geryais, professeur a la Faculte des sciences dc ilontpellier, in-8; Paris, 1836. Mammiferes; Classification parallelique de M. Is. Geoffroy Saiut-Hilaire, Tableau synoptique avec caracleres, par M. Payer, de I'lnstitut, professeur a la Faculte des sciences de Paris; in-plano; Paris, 1845. Lemons de zoologie generale, faites au Museum d'Histoire naturelle, resumees par M. A. Blanc, licencie es-sciences naturelles, ia-8; Paris, 1848. Lemons sur I'usage alimentaire de la viande de cheval, faites au Museum d'Histoire naturelle, resumees parM. Delvaille, in-8; Pans, 1856. Lecons sur I'anthropologie , faites k la Faculte des sciences par M, Geoffro\ Saint-Hu.aire, r(5sum6es par M. Delvaille, in-8; Paris, 1856. fr Paris.— Imprimcrie de L. Martimct, rue Mgiioii, -2 ^ N_ "> I L-^ % r .1 ' '- <. -. A ., . L> H ' I ^^ ■' f ^m V ^ ^ ■' 'I 'm m '%» L - \ w 1 1 I 1 1 4 ■■'X . 1 % m h. -: .^ (, f % I - ■ii ■^ ' I m ■^ t0